rémi schulz
A
la demande du directeur des éditions Chalagam, je précise que ne sont concernés
ici que les 4 livres des dites éditions de la collection Nombre d’or, figurant
dans le catalogue Tangente 2002-2003. Je ne sais rien des autres ouvrages que
publient les éditions Chalagam et ne porte en conséquence aucun jugement à leur
sujet.
Je
précise encore que le directeur des éditions Chalagam n’a pu me fournir le moindre
argument propre à modifier mon avis, à savoir que notamment les pages 32 à 36
de la 3e édition de Géométrie du Nombre d’or de Robert
Vincent relèvent de la plus grotesque affabulation, et qu’aucun des autres
ouvrages de la collection ne mérite de caution scientifique.
« La Recherche » est le plus sérieux des journaux
de vulgarisation scientifique français. Je me suis étonné l’été dernier du
courrier de lecteur de la rubrique « Jeux » du numéro 352 d’avril
précédent, à propos de Pi et du nombre d’or :
Le
nombre mythique attire toujours. Jean-Luc Roger nous signale quelques-unes de
ses propriétés déjà connues des Egyptiens. « Ceux-ci, nous dit-il,
constituaient un cercle à l’aide d’une ficelle de 6 coudées royales (environ
0,5236 mètres), ce qui porte son périmètre à 6 x 0,5236, soit 3,1416. »
Je passe sur la suite. Le 19 septembre 02 j’ai envoyé aux
responsables de la rubrique Jeux de « La Recherche »,
Elisabeth Büsser et Gilles Cohen, ce mèl intitulé
"lecteur indigné
!"
à retardement puisqu'il s'agit du numéro d'avril 02 de La Recherche. Et bien
sûr cette indignation n'aurait pas lieu d'être si je ne tenais en haute estime
le journal aussi bien que votre rubrique.
Il s'agit de la seconde lettre de lecteur, publiée sans aucune distanciation,
qui énonce quelques poncifs hallucinés de l'obscurantiste mystique du nombre
d'or. Ainsi si "les Egyptiens calculaient Pi avec une corde de 6 coudées
de 0,5236 m = 3,1416", il faudrait admettre que ces braves gens employaient
aussi le système métrique !!!
C'est grave car il existe toute une mystique à propos de cette prétendue coudée
de 52,36 cm, qui alimente une importante littérature et va jusqu'à la
fabrication d'artefacts. Ainsi les visiteurs de l'abbaye de Senanque (84)
peuvent contempler la "quine des bâtisseurs romans", une mesure
articulée analogue à notre mètre pliant et dont l'élément central est
"l'empan" de 20,00 cm, en rapport d'or avec le pied de 32,36 cm et la
coudée de 52,36 cm. (!!!!!!!!)
Je n’ai eu
de réponse ni de Gilles Cohen ni de sa collaboratrice. Quelque temps plus tard,
j’ai reçu le catalogue 2002-3 « Tangente », dont le directeur est
Gilles Cohen, qui présente comme des ouvrages scientifiques les livres des
éditions Chalagam qui participent de cette mystique hallucinée et qui ont
notamment repris à leur compte les inventions du Cahier de Boscodon #4,
révélations sur la science des bâtisseurs romans, vendu selon l’abbaye de
Boscodon à 60 000 exemplaires, mais dont la réédition a été refusée par les
ayant-droits du père Betous, l’auteur principal.
J’ai trois
pages extraites du Cahier de Boscodon. J’en déduis que le père Betous,
obsédé par le Modulor du Corbusier, a projeté l’idée dans le passé. Il donne
différents tableaux de valeurs des mesures que l’on sait très variables, en
donnant un statut spécial à la « Quine du Maître d’œuvres »,
l’ensemble des cinq mesures paume-palme-empan-pied-coudée, qui seraient l’une à
l’autre en proportion d’or.
Pourquoi
pas après tout ? Quelqu’un aurait pu en avoir l’idée avant Le Corbusier,
mais aucun élément d’aucune sorte ne corrobore l’idée.
Les choses
se gâtent avec l’ « étalon des initiés », où l’empan vaut
exactement 20,00 cm, le pied 32,36 cm, soit 20 fois 1,618, le nombre d’or, et
la coudée 52,36 cm. Il suffit d’en aligner 6 pour avoir 3,1416 m, soit
construire pi.
Donc il
est clair que le père était un brin timbré, et on comprend la disparition du Cahier
#4, remplacé par Bâtisseurs au Moyen-Âge, où il n’est plus du tout
question de Quine ou de Coudée Royale, où l’intervention du nombre d’or dans
l’architecture romane n’est plus considérée que comme une hypothèse parmi
d’autres.
Mais Géométrie
du nombre d’or, le maître-livre des éditions Chalagam, reprend ces notions
absurdes sans s’encombrer de fioritures. Il n’est plus question d’initiés,
chaque maître d’œuvres avait la quine ci-dessus, et une corde à nœuds de 12
coudées royales pour construire pi (et des angles droits à l’occasion). Summum
du débile, la co-quine page 36 est un penta-empan articulé de 5 x 20,00 cm,
plus précis que le maître-étalon de Breteuil qui ne mesure que 99,97 cm.
Je n’ai
pas réagi, et n’avait d’ailleurs pas à ce moment pris connaissance du détail de
l’ouvrage, rangé dans le rayon « débilités » après quelques coups
d’œil. J’aurais cependant réagi si j’avais eu une réponse au mèl précédent.
Le 14
janvier 03, j’achète le numéro spécial de « Tangente », Mathématiques
et Architecture. J’envoie aussitôt ce mèl aux précédents, ainsi
qu’à Alain Zalmanski, que je connais, responsable d’un des articles :
« Architecture
tangente »
Le numéro spécial Tangente
contient une série inquiétante d'inexactitudes.
page 5 : "L'Homme
vitruvien" de Léonard n'a aucun rapport avec le nombre d'or, il suffit
d'étudier attentivement l'ensemble de la gravure originale pour s'en assurer.
page 14 : l'article sur
l'Art Roman rapporte les théories de la plus haute fantaisie du père Betous.
Pour information, l'abbaye de Boscodon à l'origine du cahier n° 4 contenant ces
élucubrations l'a remplacé par "Bâtisseurs au moyen-âge" où il n'est
plus du tout question de "coudée royale" ou de "quine des
bâtisseurs".
page 25 : La citation
d'Hérodote est apocryphe, aucun pyramidologue n'a jusqu'ici pu en donner la
référence !
Ce n'est peut-être pas tout.
En tout cas il ne s'agit pas d'idées soumises à la controverse mais
d'inexactitudes flagrantes qui sont même des énormités pour certains points de
l'Art Roman (il faudrait admettre que le système métrique était connu au
Moyen-Age !). Je m'interroge aussi sur la présence dans votre catalogue des
ouvrages des éditions Chalagam qui véhiculent des inexactitudes voisines, qui
n'ont en tout cas rien à voir avec les maths. Je veux bien croire à de la
naïveté, mais j'aimerais quelques explications.
Le « peut-être pas tout » concernait au moins
l’article de Zalmanski, qui citait Géométrie du nombre d’or, et
reprenait les idées de Quine des maîtres romans et de Khéops construite selon
le nombre d’or.
Ceci ne reçut pas davantage de réponse. Je passe sur toutes
les manœuvres qu’il me fallut faire (en voir le détail ici)
pour entrer en contact avec le rédacteur en chef du numéro, Benoît Rittaud, qui
me remercia de signaler des inexactitudes et s’engagea à les publier si je les
étayais.
Il était lui-même l’auteur de l’article sur Khéops, où il
commente ce « témoignage d’Hérodote » auxquels les prêtres égyptiens
auraient révélé le secret doré de la construction de Khéops (plus de 2000 ans
plus tard, si c’était vrai). Il avoua avoir découvert la citation d’Hérodote
dans Géométrie du nombre d’or, des éditions Chalagam, dans une édition
plus ancienne que la mienne (mars 2001) où cette citation ne figure plus. Si
l’auteur se garde bien d’expliciter cette disparition, la Pyramide demeure
imperturbablement construite selon le nombre d’or.
Le
directeur des éditions Chalagam m’a affirmé que cette citation ne figurait dans
aucune des éditions de Géométrie du Nombre d’or de Robert Vincent. Dont
acte, mais il doit bien y avoir quelqu’un qui se trompe.
Après cette belle preuve d’honnêteté, M. Rittaud ne devait
plus avoir beaucoup d’illusions sur le crédit à donner aux éditions Chalagam.
Pourtant, après que je lui eus expliqué ce qu’était une citation apocryphe, il
continua à exiger « une référence prouvant que la citation était
apocryphe » pour publier ma réponse, et il n’était pas question par
ailleurs que je formule la moindre critique contre un quelconque ouvrage, ce
qui ne correspond pas à la politique de la revue…
Je l’ai envoyé paître.
Je précise ce que je lui ai expliqué, à savoir que seules
les vraies citations ont des références, et que c’est l’absence de référence
d’une citation qui amène à suspecter son caractère apocryphe. Si l’on pouvait
autrefois avoir n’importe quel culot, c’est beaucoup plus risqué aujourd’hui où
toutes les œuvres des grands auteurs sont accessibles en ligne avec des
fonctions de recherche permettant de référencer en quelques minutes une
citation authentique.
Par ailleurs, si M. Rittaud avait fait confiance aux
ouvrages sérieux plutôt qu’aux éditions Chalagam, il aurait découvert que les
égyptologues qui se sont évidemment penchés attentivement sur le voyage
d’Hérodote en Egypte n’y ont jamais vu cette confidence. Certains d’entre eux
se sont abaissés à signaler comme apocryphe cette « citation » qui
n’apparaît que dans la nébuleuse ésotérico-charlatanesque.
Enfin, depuis quelques décennies, la mathématique égyptienne
antique est mieux connue, et l’hypothèse d’une construction d’or apparaît
absurde à tous les égyptologues sérieux, depuis, entre autres, Le secret des
Pyramides, de Jean-Philippe Lauer (1973) jusqu’à la récente compilation de
Roger Caratini, Les Egyptiens.
Second point, la Quine des bâtisseurs et la Coudée Royale…
Il suffirait de citer intégralement les textes originaux, du Cahier de
Boscodon et de Géométrie du nombre d’or, en n’oubliant pas de
rappeler que l’idée du mètre n’est apparue qu’au 18e siècle, et
qu’il s’agit d’une unité basée sur le diamètre de la terre inaccessible à la science
du Moyen-Age (on trouverait trace de la quine au 12e siècle !
sans parler de la Coudée Royale déjà utilisée pour Khéops…), pour démontrer à
tout être doué de raison qu’il s’agit du plus navrant délire.
Et pourtant il s’est trouvé des mathématiciens, trois, dont
le distingué Maître de Conférences Rittaud, pour gober ces sornettes dont il
n’existe pas trace avant le Cahier de Boscodon 4.
J’ignore si quiconque a pris la peine de les démentir, donc
si Tangente publiait mes interrogations de lecteur devant ces
assertions, sans en dénoncer l’origine frauduleuse, il suffirait au trio de
remarquer que je ne donne aucune référence, alors qu’eux peuvent en donner
plusieurs concordantes ; outre les doctes ouvrages précités, certains
francs-maçons ont adopté la Quine aussi (comme Jean Ferré dans son Dictionnaire
des symboles maçonniques), et il ne manque pas de sites web qui
donnent leur écho.
Troisième point, le nombril doré de L’homme vitruvien
de Léonard. C’est le plus simple à démontrer puisqu’il suffit de mesurer, mais
sur la reproduction de Tangente le nombril est caché ! C’est
néanmoins le centre du cercle dont le rayon mesure 97 mm, tandis que le côté du
carré fait 159 mm, selon les approximations les plus favorables à l’hypothèse
d’or : 159/97 = 1,64 ; on peut admettre que ce n’est pas loin du
nombre d’or (1,62), mais la précision apportée par Léonard aux autres
proportions du corps humain (des moitiés et des quarts clairement cotés) est nettement
supérieure, et c’est un fait que le nombril se situe chez tout homme à peu près
(ne pas oublier cet « à peu près ») à la section d’or. Tangente
donne aussi page 15 les deux croquis séparés du traité vitruvien qui ont
inspiré Léonard, où les tracés plus nets donnent un rapport supérieur à 1,65.
On pourrait éventuellement passer sur ce point et accorder à
Léonard la possibilité d’avoir eu le nombre d’or en tête, mais rien ne le
prouve, or le commentaire de Tangente accompagnant la figure page 5 est
catégorique. Marguerite Neveux dans son Nombre d’or, Radiographie d’un mythe
voit au contraire dans ce dessin la preuve que Léonard n’avait aucune dilection
pour le nombre d’or avant sa rencontre avec Luca Pacioli, mais l’équipe de Tangente
préfère d’autres lectures.
Alors qu’il existe des statues grecques ou des peintures de
la Renaissance où le nombre d’or apparaît avec précision, sans ambiguïté, on
peut se demander pourquoi l’ésotérisme de pacotille tient tant à ce qu’il soit
présent dans ce dessin. Outre que chacun connaît Léonard et notamment ce
dessin, l’ésotérisme déduit du cercle (de rayon 1) et du carré (de côté présumé
1,618) que Léonard connaissait les « rapports mystérieux unissant Pi et
Phi » car
3,1416 (aire du cercle) x 5 = 2,6180 (aire d’un carré de
côté Phi) x 6
Apparemment cette relation frappe les esprits faibles, mais
ce n’est qu’une coïncidence parmi d’autres, ainsi on a aussi
4 / Pi = 1,27324…, au millième près « égal » à
Racine de Phi = 1,27202… (ou Pi² x Phi = 16)
La simple liste de toutes les aberrations inspirées par ces
coïncidences serait vraisemblablement fort longue, mais on ne les trouve en
principe que dans une certaine littérature fort éloignée des sciences exactes,
ce qui n’empêche pas contaminations et empiètements divers.
Ainsi Lucien Israël fait écho à la première
« équation » ci-dessus dans son Cerveau droit, cerveau gauche ;
« cerveau lent » serait plus approprié.
Un sympathique hurluberlu se prétendant mathématicien,
Jean-Claude Perez, la reprend à son compte aussi, et l’associe aux mystérieuses
harmonies d’or qu’il a « découvertes » dans l’ADN, que nul autre que
lui n’a pu vérifier. Il a néanmoins pu gagner diverses personnalités à son
entreprise, notamment des écologistes qui risquent ainsi de ridiculiser leur
cause.
Etc., etc.
Il va de soi que la Coudée royale de 0,5236 m a pour seules
origines cette « équation » et le fait qu’elle entre dans la
fourchette acceptable pour la coudée antique égyptienne, fort variable selon
les époques.
Il est effarant de voir Marie-José Pestel, dans son article
de Tangente, trouver « amusant de constater que 6 coudées
correspondent à 3,1416 m, soit une bonne approximation de π. » Ce
n’est pas du tout « amusant » dans le Cahier de Boscodon
dont elle tire ses « informations », où c’est une vérité première, et
la suite de l’article semble bien montrer que cette brillante matheuse
considère que les mesures du Maître d’œuvre sont indexées sur Pi. C’est un peu
flou, mais ça ne saurait guère ne pas l’être, et les autres génies qui assènent
que Pi = 6 coudées ou 3,1416 m se gardent bien de rappeler à leurs lecteurs la
date d’entrée en fonction du mètre.
La fin de l’article est cependant catégorique : il est
« on ne peut plus certain » que le nombre d’or est inscrit dans l’art
roman, mais « tout aussi certain qu’il n’y est pas seul. » Il s’agit
ici de tenter d’expliquer pourquoi, malgré tous ces outils dorés précis au
dixième de mm, aucun tracé immédiatement significatif n’a jusqu’ici pu être
relevé dans aucune abbaye romane !
Mme Pestel donne aussi une citation de Dante qui a sidéré un
spécialiste qui serait fort curieux d’en connaître la référence…
Je déduis des mèls échangés avec Mrs Zalmanski et Rittaud,
malgré la mauvaise foi de ce dernier, que tous deux admettent leurs erreurs,
s’ils ne sont pas pressés de les reconnaître publiquement. En revanche, je n’ai
pu obtenir aucun éclaircissement concernant Mme Pestel, que je soupçonne d’être
toujours convaincue de la réalité de la Quine et de la Coudée royale.
Je suppose également qu’on peut toujours commander les
ouvrages des éditions Chalagam avec la caution scientifique assurée par le
catalogue de Tangente, largement diffusé dans les milieux scolaires.
Cette affaire me semble aller beaucoup plus loin que la
simple rectification d’inexactitudes mathématiques. Il est pour moi
parfaitement clair que les éditions Chalagam se livrent dans leurs ouvrages à
une manipulation caractérisée. Si j’ignore le but de leurs mensonges, la
mystique du nombre d’or a des côtés nauséabonds. Ainsi la bibliographie Chalagam
cite Le Nombre d’Or, clé du monde vivant de D. Neroman, le
premier ouvrage français à ma connaissance à donner la citation apocryphe
d’Hérodote. On y trouve aussi des considérations sur l’emplacement du nombril
selon les races, idéalement doré chez les indo-européens, le plus mal placé
chez les Nègres et les Juifs…
Ces idées de proportions d’or idéales du corps humain se
retrouvent chez Robert Chalavoux en personne, qui les étudie chez ses propres
enfants dans son ouvrage aux éditions dont je laisse deviner le nom. De quoi
devenir résolument mono-chalagame et faire stériliser (il est d’autres
solutions) tous les affreux.
Cette affaire m’a inspiré deux petits contes :
La
Coudée Royale expliquée aux naïfs
Comment
« T’entends-je ? » fit quinaud Remus Zilch
PS : J’ai appris plus tard un fait qui pourrait
expliquer les réticences des responsables de Tangente à rectifier
publiquement leurs erreurs. En septembre 03 est paru aux éditions Archimède le
premier volume d’une série de trois, Activités Géométriques autour des
polygones et du nombre d’or, de Robert Vincent, l’auteur du si contestable
Géométrie du nombre d’or.
Je présume que le contrat devait être déjà signé lorsque
j’ai mené ma croisade antiquine, et que la position de Tangente, édité
par les éditions Archimède, était délicate… Enfin c’était leur problème ;
peut-être aurait-il été au moins possible d’obtenir que ces livres, destinés à
nos chères têtes « blondes » (pour employer l’expression consacrée),
évitent toute allusion aux thèmes historiques controversés, mais ce n’est pas
le cas, et je constate que le second volume s’achève sur le schéma de la Quine
des bâtisseurs romans, par exemple.
Je ne sais si c’est une conséquence de ma croisade, mais,
alors que tous les numéraux spéciaux de Tangente ont ensuite connu une
édition brochée rassemblant les deux fascicules originaux, ce n’a pas été le
cas pour Mathématiques et Architecture.
Autre maigre satisfaction : dans le numéro de juin 2005
de La Recherche, Benoît Rittaud en personne interviewait Marguerite
Neveux, qui donnait quelques exemples des aberrations engendrées par le mythe
du nombre d’or, notamment l’architecture de Khéops ; Rittaud semblait
avoir oublié ses brillantes déductions de la « citation » d’Hérodote
données dans Mathématiques et Architecture.
PPS : A propos de la citation apocryphe d’Hérodote,
j’ai découvert cet article
(en italien) qui indique sa première apparition en 1859 dans un livre de John
Taylor, The Great Pyramid, Why Was It Built and Who Built It?
De mon côté, j’ai appris une utilisation antérieure à Don
Néroman, en 1923, dans un livre de l’abbé Théophile Moreux, La science
mystérieuse des pharaons.
PPPS : Alors que je menais ce combat dans l’espoir que
ces fariboles de quine et coudée royale ne deviennent pas des vérités
scientifiques, j’apprends que depuis 1999 le manuel de maths de 3e
des éditions Hachette, collection « Cinq sur Cinq », auteurs Delord
et Vinrich, mentionne la pige articulée des bâtisseurs romans et donne les
mesures fantaisistes de ses 5 éléments, ainsi que leurs correspondances dans la
suite de Fibonacci.