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Vokapisations

 

Ces textes sont nés essentiellement de la rencontre entre les réalisations formelles de Robert Rapilly et mon obsession des Voyelles de Rimbaud, plus particulièrement d’ailleurs de leur récriture lipogrammatique par Perec, Vocalisations.

Robert a d’abord eu l’idée d’écrire un sonnet « corner », un sonnet qui s’inscrivait dans une matrice carrée de 19 x 19 lettres, dans laquelle on le lisait aussi bien horizontalement que verticalement.

Ce sonnet respectait l’équilibre des rimes masculines/féminines du sonnet classique. Comme par ailleurs ce genre de mots croisés utilise presque obligatoirement la contrainte de l’okapi (1 voyelle – 1 consonne – 1 voyelle – 1 consonne…), il manquait quelques lettres pour remplir la matrice de 361 lettres. Robert y palliait en incluant le titre du poème dans la matrice, j’ai pour ma part songé qu’un sonnet pouvait s’y inscrire exactement, à la condition qu’il ait 12 rimes féminines, ce qui est précisément le cas des Voyelles originales.

 

Gras U, bel E, vif I, fol O d'or, A s'ulule,

Tu vocaliseras à l'été de colère.

Ni le su lé n'a d'U - Râ ton âge t'écule -

Ni là ce mélo n'agite but à la mère ;

 

Le mil avale l'E d'ami, l’ère d'émule,

Gelé Duce, l’écale sera délétère ;

Reçu mon I, Lisa, revu caméra, mule,

L'âne le pivote, le lolo mata l'ère ;

 

Fol O, l'Eden ému, l'O d'ici, ri, ce nome,

Si là l'O mut à vif, A ranime l'atome,

Le désolé galurin adulé, nada !

 

L'inégal A se lit en âme positive...

D'Alec, Adam, Eve, de l'étagère rive,

De vélo recelé, le péri sape l'A.

 

La grille 19 x 19, gématrie 3637 :

 

G R A S U B E L E V I F I F O L O D O

R A S U L U L E T U V O C A L I S E R

A S A L E T E D E C O L E R E N I L E

S U L E N A D U R A T O N A G E T E C

U L E N I L A C E M E L O N A G I T E

B U T A L A M E R E L E M I L A V A L

E L E D A M I L E R E D E M U L E G E

L E D U C E L E C A L E S E R A D E L

E T E R E R E C U M O N I L I S A R E

V U C A M E R A M U L E L A N E L E P

I V O T E L E L O L O M A T A L E R E

F O L O L E D E N E M U L O D I C I R

I C E N O M E S I L A L O M U T A V I

F A R A N I M E L A T O M E L E D E S

O L E G A L U R I N A D U L E N A D A

L I N E G A L A S E L I T E N A M E P

O S I T I V E D A L E C A D A M E V E

D E L E T A G E R E R I V E D E V E L

O R E C E L E L E P E R I S A P E L A

 

 

Puis Robert eut l’idée de l'origami, où les lectures horizontale et verticale d’une grille donnent des textes différents.

Sa première tentative donnait d’une part un sonnet okapi, d’autre part un poème libre avec quelques dérogations à la règle okapi, car il était basé sur une grille de 21 x 16 lettres

J’ai utilisé pour ma part une grille de 24 x 15, soit 360 lettres permettant d’écrire un sonnet okapi avec 12 rimes féminines, cas des Voyelles.

Ce sonnet vertical a été ma priorité, et le laïus horizontal est plutôt abscons…


E jet, I tic, O d'or, U rut, A l'apanage.

Vocalise du mot écuré de césures.

E le lérot amer évadé de natures,

E vagi de névés, E Ravel en image,


Casimir. I têtu, talus ôté, visage,

But à vol étêté, rare rime, figures.

O mine, l'ire d'or agite, ligatures,

Ecole ; l'Opalin avive le ratage,


Sonorité d'un âge d'Or. U le timide,

Révéla le gaba*, tira ripé fétide ;

Gâte l'idole, va ! toril en U d'état.


A car il a salé l'âme de délébiles,

A le peson élu si pumas inutiles,

A lacis itéré d'un Alef à carat.

 


*GABA, un truc endocrinien...

______________

Et Icare, solide, voleta, ce sur jas émérite (go, sire !),

gîta dotée, le sésame tu,

revit adoré nid...

Ta dure vive race, Tibéri le lui...

Pure vérité, golem agile, l'entame valise, s'il édita l'abus à Ino,

sage tarot, érudite...

Sisal, ça te dîne, gamelan, ère n’a l’île, ô gel !

Editer îlot à Râ,

Lu : le paf décédé,

Mu
Béni page ridé, suc à ovule nature, gage vide là...

Micro renégat, il a le dépôt à la sauce rave

L'ami t'isole l'âme-sir, radote...

Cuver.
Un or a fêté Pi.

Taule, t'usas ? ô fer à nul évadé net !

 

                                             

La grille 24 x 15, gématrie 3821 :

 
E T I C A R E S O L I D E V O L E T A C E S U R

J A S E M E R I T E G O S I R E G I T A D O T E

E L E S E S A M E T U R E V I T A D O R E N I D

T A D U R E V I V E R A C E T I B E R I L E L U

I P U R E V E R I T E G O L E M A G I L E L E N

T A M E V A L I S E S I L E D I T A L A B U S A

I N O S A G E T A R O T E R U D I T E S I S A L

C A T E D I N E G A M E L A N E R E N A L I L E

O G E L E D I T E R I L O T A R A L U L E P A F

D E C E D E M U B E N I P A G E R I D E S U C A

O V U L E N A T U R E G A G E V I D E L A M I C

R O R E N E G A T I L A L E D E P O T A L A S A

U C E R A V E L A M I T I S O L E L A M E S I R

R A D O T E C U V E R U N O R A F E T E P I T A

U L E T U S A S O F E R A N U L E V A D E N E T

 

 

Ma tentative suivante a été un cubonnet, ou sonnet à trois dimensions de 7 x 7 x 7 lettres pouvant se lire de trois façons, correspondant dans l’espace au sonnet corner à deux dimensions.

On devine que cette complication ne favorise en rien l’intelligibilité des textes ainsi obtenus, et ma première tentative fut si catastrophique que je ne la livre pas. Le hasard fit qu’au même moment Robert proposa un nouvel exploit, la première paire de sonnets orthogonaux, ou schizonnets, deux sonnets okapi parfaitement réguliers à lire l’un horizontalement, l’autre verticalement, dans une grille de 19 x 19 lettres.

Je voulus imiter l’exploit, en y ajoutant une touche personnelle. Je profitai de mon travail sur une grille 7 x 7 x 7, mais en oubliant la 3e dimension, en ne veillant donc qu’à obtenir deux sonnets sur une grille 49 x 7.

Par ailleurs je voulus aussi inclure un point original de mon cubonnet, qui rendait justice à la voyelle oubliée par Rimbaud, l’Y (dont la forme peut évoquer la projection du sommet d’un cube), la lettre samienne (ainsi appelée parce qu’elle figure dans le nom de Pythagore de Samos, qui, dit-on, mourut crucifié sur une croix en forme d’Y).

Ainsi mon premier poème est composé de 7 distiques d’alexandrins, ou presque, car des erreurs dans le placement des lettres rimantes ont fait que chaque poème a deux alexandrins spéciaux (11 et 13 pieds), et après tout, pourquoi pas ?

 

 

  A nec, E tar ; I sor, O bet ; U met Y :

  vocalisera-t-on à mon obit à sec ?

 

  A, le ramage lu, vérité des adages,

  écumage ravi du recel à codages ;


  E maman, E solen, étude de l'Opel,

  E demi-sel à rital, ère bétel ;


  I navire, l'ire salace de cabotines,

  Eden usé, las, I le lama de mutines ;


  O, ce rude cul, édit ému de cador,

  usine de canevas, une lune d'or ;


  U, sa dose rata la télé, tu l'amuses,

  ô mérite gêné ! cela tu le récuses ;


  Y venu de Samos, alizé miré,

  désir itéré né lu de l'axe lavé.



Le poème vertical est un sonnet presque régulier :


  à rêver un ami s'use ma rose came...

  cas égalé d'y tenir ovale rusé,

  ruse de nivôse, ruse, lac adoré,

  l'utérin à l'as : ôte cela, bête dame !


  du dit ôté d'été s'use cela, madame,

  le début italo du zygote levé,

  pic, Amos en ami celé du racé,

  SOS éludé rédimé du sésame.


  s'ose Gini, mires, une rare se rit...

  à l'édit ovale tenir à ce radis,

  âge mutin en orale, néné, le véloce !


  là cuber as, édile - muleta - banal,

  a cédé tas ôté, luxe d'émule, cal ;

  une l'agitera, le nid : Eve, sa noce...



La grille 49x7, gématrie 3583 :

 

aneceta risorob etumety vocalis eratona monobit asecale

ramagel uverite desadag ésecuma geravid urecela codages

emamane solénet udedelo pelédem iselari talereb etelina

virelir esalace decabot inesede nuselas ilelama demutin

esoceru deculed itemude cadorus inedeca nevasun elunedo

rusados eratala teletul amuseso meriteg enecela tulerec

usesyvé nudesam osalize miredés iritere neludel axelavé



 

J’ai pu me passer ici de l’émulatif Rapilly pour tenter un équivalent de la contrainte (de lecture) des Vocalisations perekiennes qui comptent 112 mots de gématrie totale 6272 = 112 x 56.

Ma version a 112 mots également, de gématrie 3696 = 112 x 33.

3696 est également multiple du nombre de lettres, 336 x 11, et du nombre de pieds, 168 x 22.

Le sens est minimal, je n'avais pas envie d'y consacrer plus de temps (environ 2-3 heures).

C’est un lipogramme en E comme Vocalisations.

On remarquera que la reprise de la répartition métrique pereco-rimbaldienne pour chaque lettre a pour conséquence que dans cette version okapi les 21 syllabes consacrées au (blanc) comptent 43 lettres (certains exégètes voient ce 43 prégnant chez Perec, inscrivant la disparition de sa mère en février 43).


                    Vokapisatif  IV


A nadir (un omis) I vin U lac O d'or :

ici tu n'y diras un amuti vocal.

A l'avili mûri d'un anus amoral,

un odorat a su la cata du cador,


A caca ; (s'abolir à l'avis opalin,

on isola Laban, on a tari l'anis)

I babil amical à l'agoni rubis,

on a puni l'Ubu par un alu malin ;


U calicot uni divin à son onyx,

anima du pâtis à l'ami pacific,

abus à l'ana lu du pâli papyrus ;


O finitif ubac à l'ocarina fol,

Onan usa du nid à son amati dol,

O du midi, rayon or à son oculus ! 

 

 

 

Ce nombre 4 me semblait propice à une réunion des vokapisations sur une page unique, et je me suis aperçu qu’elles comptaient 361+360+343+336 lettres, soit 1400 lettres en tout. Une de mes inventions est l’hyperokapi, permettant une quadruple lecture de 625 lettres (5x5x5x5) de la manière détaillée ici. 1400 + 625 donnerait 2025 lettres, ce qui n’est autre que le carré de 45, ainsi l’écriture d’une Vyperokapisation me permettrait d’envisager de réarranger toutes les lettres des cinq poèmes en un grand carré okapi… Cette option vertigineuse m’a poussé à l’écriture ce texte, la dernière étape n’étant pas encore à l’ordre du jour.

J’ai depuis écrit un autre hypervokapi de 625 lettres qui me semble plus réussi, voir plus loin.

 

                       Bases

 

A l’éros a lu de nivôse le palan

E ce sésame gêne la mare, le sel

I latin, état uni d’aber à mirer

U vénal édité, solos à ru lités

O dopage du revenu ravi de l’or

 

A canal étagé si l’ère ne dose du lé, mère, gel, et en anale Higelin, ase, le mène là, ce bêta pu, ten à ten, égale là Hidalego, l’âme RER en…

 

E, semer en inanité le mile des USA, tir a maté l’été, vu gus, Eden on, Eta d’ase canin, Eli la bête ne…, Geli t’amène pâté, vice, lise, VICAP

 

I nubile but à pis, à sas Ulam (a-t-il en ère l’été mac, épi radulé ?) rose, ni lune d’or, il a SAV ab, à vomer, I rat olé, l’alène pâme (humidité)

 

l'U le si, gala rubis, Ase sudète, l’Uvesata, hème bu, sut amure vide, le doré li, génitalité tel os, opes à rudérale, l’Emile lit « opérer »

 

O géré, séné de l’are, dites une nu…, dévalé ni mené, ça rogaton, épisode vomitisé, te dore le pilulé, punir en élu repu, sénile, ruser     



La grille 5 x 5 x 5 x 5, gématrie 6593 :

 

bases alero salud enivo selep

alane ceses amege nelam arele

selil atine tatun idabe ramir

eruve naled iteso losar ulite

sodop agedu reven uravi delor

 

acana letag esile rened osedu

lemer egele tenan alehi gelin

asele menel acebe taput enate

negal elahi daleg olame reren

eseme renin anite lemil edesu

 

satir amate letev uguse denon

etada secan ineli labet enege

litam enepa tevic elise vicap

inubi lebut apisa sasul amati

lener elete macep iradu leros

 

enilu nedor ilasa vabav omeri

ratol elale nepam ehumi ditel

ulesi galar ubisa sesud etelu

vesat aheme busut amure videl

edore ligen itali tetel osope

 

sarud erala lemil elito perer

ogere sened elare dites unenu

deval enime necar ogato nepis

odevo mitis etedo relep ilule

punir enelu repus enile ruser

 

 

Une autre création hypervokapi, entièrement en alexandrins, toutefois ni rimés ni césurés.

La proximité de la première version de ces 5.5.5.5 lettres avec le total gématrique 6666 m’a permis, par quelques ajustages, d’y parvenir effectivement.

 

 

              TUNER


U SAGE né, l'opéra péri va l'user

I CONE timide, là tune le canal

A VIDE, ras, ô né tarot, ô cep, ô reg !

O PALE, Pégase ravi, repère d'or

E PELE, sinécure tenace la Têt


U, ci les odes à ne piger en étage

soma, log uni du noté Nabe si bel

en item un Ab ose sas en alu, l'âne

redû ça n'obère, de liges en ôtés


I te n'alite le lever, ô la balise !

ni Sacem, ô su liner, ode repetat

adore nu sélène, de pose vitale

l'Eno, pin en âne mû, le dur or élit


A ré, t'ôtas an Onu, rire s'il a l'île

va, tore bale pâlot et ide-tiret

élaver à Rina, Tora pute, ce nope

gésir en ego, Râ ne le basa, né Leb


O père d'ode, te sus ire, ride vole

père du bésé tari, le sinoc a don

à Gap, ô celé, son île de Lonesèle !

recel île rave, péta code, là rot


E su, n'a-t-il (ola) bâti ? genèse lèse

pirate te lita, lira l'île, té, têt

en E ce ne va solo, de Pelo l'ébène

l'étêta le béret, et ose ne téter !



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tuner usage nelop erape rival

useri conet imide latun eleca

nalav idera sonet aroto cepor

egopa lepeg asera virep eredo

repel esine curet enace latet

 

ucile sodes anepi geren etage

somal oguni dunot enabe sibel

enite munab osesa senal ulane

reduc anobe redel igese notes

itena litel eleve rolab alise

 

nisac emosu liner odere petat

adore nusel enede posev itale

lenop inena nemul eduro relit

areto tasan onuri resil alile

vator ebale palot etide tiret

 

elave rarin atora putec enope

gesir enego ranel ebasa neleb

opere dodet esusi rerid evole

pered ubese taril esino cadon

agapo celes onile delon esele

 

recel ilera vepet acode larot

esuna tilol abati genes elese

pirat eteli talir alile tetet

enece nevas olode pelol ebene

letet alebe retet osene teter

 

 

 

rémi schulz