Le secret de LA VIE, père C ?  -  suite  -  plus fin  -  addenda

Sur le clivage des W et des X

Le Jeu de la Vie

Pas  de palier pour Percival

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Le jeu de La Vie

 

 

L’épilogue de La Vie mode d’emploi (VME) est un texte bref, il s’appesantit cependant sur le sort estival d’un des occupants du 11 rue Simon-Crubellier, Cinoc, parti visiter « deux lointains cousins, un Nick Linhaus qui possédait une boîte de nuit (le Club Nemo) à Dempledorf, Nebraska, et un Bobby Hallowell, médecin légiste à Santa Monica, Californie ; … ».

 

Selon le Cahier des Charges de VME, deux contraintes du chapitre 99 précédant l’épilogue sont résolues dans ce passage : les éléments « Bobby Hallowell médecin à Dempledorf » sont tirés de Cristal qui songe (CQS), et « légiste à Santa Monica, Californie » évoque la mort de Stan Laurel en ce lieu.

Ces indications de Perec sont incomplètes. Le Club Nemo aussi est en provenance de Cristal qui songe (CQS), alors qu’il évoque plus immédiatement Verne ; il est probable que Sturgeon ait choisi ce nom pour honorer Verne, par lequel il a découvert la Science-Fiction, mais il est plus probable encore que Perec ait choisi cette citation pour évoquer Verne dans ce chapitre-épilogue où il n’était pas convoqué.

Il faut d’abord préciser que les éléments Dempledorf, Bobby Hallowell médecin, et Club Nemo, n’ont pas de rapport immédiat entre eux dans le roman de Sturgeon, et que Perec a donc fait l’effort de les piocher à diverses pages avec, peut-on espérer, une idée derrière la tête.

Je rends ensuite hommage à Dominique Bertelli qui a fait un travail exemplaire en relisant tout Verne et a découvert dans VME de nombreuses citations non programmées. Il donne ainsi un argument essentiel pour appuyer ce qui va suivre, en analysant un passage du chapitre 41 dont la vedette est « Hortense », alias Sam Horton, chanteur transsexuel, histoire directement inspirée par CQS selon une citation programmée : « Sa première chanson, Come in, little Nemo, resta trois semaines au Top 50 de Variety, mais les suivantes – Susquehanna Mammy, Slumbering Wabash, … »

Bertelli ne semble pas connaître Sturgeon aussi bien que Verne, et voit une allusion immédiate à Verne dans ce Nemo, alors que Sam Horton dans CQS est guitariste au Club Nemo. Les chansons suivantes correspondent à une citation de Lowry, mais Bertelli remarque que les deux premières, citées ci-dessus, contiennent les noms géographiques Susquehanna et Wabash qui apparaissent dans diverses œuvres de Verne, notamment la rivière Wabash dans Le Testament d’un Excentrique (TE). Je crois voir une nette suture entre la 1e chanson et la 3e, à cause de Little Nemo in Slumberland, bande dessinée débutée en 1905 par Winsor McCay, plébiscité comme le père de la BD, dont le nom du héros est ouvertement tiré de Verne, mort en 1905. Slumberland signifie « pays du sommeil », le REVE que le Français trouve en Verne, comme l’Anglais trouverait DREAM dans le nom de Madera, prototype de Bartlebooth dans Le Condottiere, où il est tué par son employé Gaspard Winckler.

Curiosité à propos de McCay : kay est le nom anglais de la 11e lettre K, or Perec a choisi de situer le Club Nemo de l’épilogue à Dempledorf, un nom qui n’apparaît qu’une seule fois dans CQS, à la page 11 de l’édition J’ai Lu, celle utilisée par Perec (ce nom n’est pas celui de la ville où se situe l’action, que Sturgeon n’a pas nommée, pas plus que l’Etat concerné).

 

Le Testament d’un Excentrique (TE) est celui d’un millionnaire de Chicago qui meurt à 50 ans, en léguant ses 60 millions de dollars au vainqueur d’un Jeu de l’Oie à l’échelle des 50 Etats de l’Union. Des tirages enverront les 7 concurrents aux Etats désignés par le sort, la correspondance entre les Etats et les 63 cases du Jeu de l’Oie étant donnée en homologuant les 14 cases Oie au seul Etat de l’Illinois.

La rivière Wabash est une frontière naturelle de l’Illinois, cette perle des 50 Etats qui pourraient être évoqués par le Top 50 où a figuré Little Nemo. Le Club Nemo de l’épilogue se situe au Nebraska, ce qui ne répond apparemment qu’à la seule fantaisie de Perec ; la Californie, l’autre Etat visité par Cinoc, répond à la contrainte Laurel, mais rien n’obligeait Perec à cette allusion particulière, ni à la fondre dans une citation de Sturgeon impliquant Verne. Or il y a six cases particulières dans le Jeu de l’Oie, dont les cases 42 et 58, le Labyrinthe (sa mise en abyme) et la Mort, correspondant au Nebraska et à la Californie, et les concurrents du TE n’échappent pas à ces cases redoutables.

Il serait extrêmement significatif d’avoir ces Labyrinthe et Mort sous forme allusive dans ce dernier chapitre de VME (dont fait partie l’épilogue selon le Cahier des Charges) car c’est le chapitre où meurt Bartlebooth le 23 juin 1975 à 8 h du soir devant un puzzle dont la description emploie le mot « labyrinthe », celui d’une ville antique qui est vraisemblablement Troie, où la légende situe l’invention du Jeu de l’Oie, appelé aussi Jeu de la Vie, tandis que le labyrinthe est nommé dans les pays nordiques « Ville de Troie »...

Troie qui est aussi Ilion, et il n’est pas exclu que Verne ait situé son excentrique en Illinois pour une anagramme du type lis Ilion

A remarquer encore que les cases 42 et 58 ont pour somme 100, le réel ordre de ce chapitre XCIX selon le parcours du cavalier qui régit VME.

 

Le roman de Verne débute par l’enterrement de l’excentrique, William J. Hypperbone, dans un cercueil drapé dans une étoffe brodée des lettres WJH. L’ouverture du testament annonce ses curieuses dispositions, et les noms des 6 concurrents choisis pour se disputer l’héritage, mais un codicille leur adjoint un mystérieux 7e joueur, connu par les seules initiales XKZ, lequel s’avèrera lorsqu’il aura gagné n’être autre que WJH, « William pas mort » pour paraphraser le Gaspard pas mort de Perec.

Dans Jouvences sur Jules Verne (1974), Michel Serres a vu les lettres XKZ correspondre au décalage d’un rang de WJY, en étêtant le millionnaire en Ypperbone ;  j’envisage une interprétation légèrement différente, à consulter éventuellement ici, mais qui conserve le jeu X-W, et lui confère en fait plus d’importance.

Le 24 juin 1897 à 8 h du matin est tiré le coup gagnant de XKZ, un double six qui l’amène de la case 51, le Minnesota, au but, le château de l’Oie, la case 63. Il y a diverses incohérences numériques dans TE, dont le détail serait fastidieux, mais l’une de ces incohérences a un écho immédiat : selon les volontés très précises de WJH, le premier coup de dés tombe le 30 avril, et les suivants doivent se succéder ensuite tous les deux jours, ainsi le 28e jet de dés gagnant aurait dû être effectué le 23 juin à 8 heures… du matin, il est vrai, mais il y a encore à constater que ce jeu entre le 23 et le 24 correspond aussi aux rangs des lettres W et X dans l’alphabet.

 

Un millionnaire anglo-saxon consacrant sa vie à un jeu, un 23 juin à 8 heures, un X à la place d’un W, un roman-jeu transformant un espace en une série de cases chiffrées, je crois avoir mis en évidence certains parallèles entre TE et VME, mais il n’en va pas de même pour les traces d’emprunts délibérés de Perec : le Nebraska, Little Nemo in slumbering Wabash, le Top 50…, c’est tout de même pour le moins contourné.

TE n’apparaît pas dans la liste officielle des emprunts à Verne, et c’est encore Bertelli qui apporte des éléments essentiels, avec les citations certaines de Verne non programmées qui semblent toutes offrir des échos à cette piste.

Je commence par la plus immédiate, qui ne cite pas TE, mais le second roman de Verne, qui m’en semble indissociable, Les aventures du capitaine Hatteras. John Hatteras arme un navire pour partir à la conquête du Pôle Nord, mais il a si mauvaise réputation qu’il a décidé de ne se faire connaître que par les initiales KZ : un JH qui devient KZ, quelle meilleure préfiguration pourrait-on souhaiter du WJH devenant XKZ ?

Le chapitre 83, décrivant l’ancienne chambre d’un domestique, est consacré principalement au couple Danglars, le magistrat Maximilien et sa femme Berthe, cambrioleurs de haut vol qui ont attiré l’attention du policier Blanchet après la tentative de vol d’une tiare scythe (LA TIARE SCYTHE = ICY LE HATTERAS, et hatter signifie chapelier) par Berthe chez Timothy Clawbonny, de la banque Marcuart, Marcuart, Clawbonny et Shandon. Bertelli a parfaitement reconnu ici des noms issus du roman de Verne, mais n’a peut-être pas poussé assez loin l’analyse. Les Danglars trouvent un alibi culotté, mais Blanchet vient fouiller leur appartement la nuit de Noël 1925, pendant qu’ils réveillonnent chez des amis. Alors qu’il a découvert une preuve dans le boudoir de Berthe, Blanchet se trouve coincé par les domestiques venus déguster les liqueurs des patrons, et n’a d’autre ressource que de déclencher un incendie pour détourner l’attention, dans ce boudoir qu’on apprend chapitre 49 être le futur bureau où Bartlebooth résout ses puzzles, où il meurt en fait ce 23 juin à 8 heures.

Or, le jour de Noël 1860, le docteur Clawbonny parvient à persuader John Hatteras alias KZ de commencer à brûler son Forward, pris dans les glaces depuis des mois, après qu’ait été brûlé tout le charbon, puis tout l’esprit-de-vin (liqueur !), pour sauver l’équipage du terrible froid polaire. Ceci établit donc un lien entre l’entreprise de Bartlebooth et ce roman de Verne au jeu JH-KZ, préfiguration du WJH-XKZ.

D’autant que cette citation certaine donne du poids à une autre, possible. Au chapitre 44 Bartlebooth a choisi son faiseur de puzzle à la suite d’un test gagné par Winckler qui a proposé une image peinte par sa femme, La dernière Expédition à la Recherche du Franklin. De multiples détails sont donnés, qui à une exception se trouvent dans le Capitaine Hatteras, mais ces détails historiques peuvent avoir une autre source. Perec indique que ce passage correspondrait à la résolution de la contrainte Littérature danoise, Bertelli déclare ne pas être parvenu à identifier de texte source danois… Au moins sommes-nous assurés que Perec ne pouvait pas ne pas penser aussi au Capitaine Hatteras avec ce puzzle initiateur.

Je reviens au chapitre 83, où l’affaire Clawbonny finit par provoquer l’arrestation des Danglars. Lui meurt au bagne, elle une fois sortie de prison devient une clocharde édentée, vêtue d’une robe de chambre caca d’oie. Ce caca d’oie ne résout ni la contrainte Couleurs appelant du jaune (un coussin de soie jaune en fin de chapitre), ni la contrainte Animaux voulant une mouche, et l’oie pourrait être une allusion au TE.

 

Autre citation non programmée, Aronnax qui figure parmi les lectures de Cinoc au chapitre 60. Court mais suffisant car l’index donne au naturaliste Pierre Aronnax les dates 1828-1905 de Verne, et d’une part Vingt mille lieues sous les mers se présente comme un récit à la première personne de Pierre Aronnax, d’autre part les dessins originaux de De Neuville ont utilisé le modèle de Verne pour le professeur Aronnax. Tout ceci contribue à en faire quelqu’un de très proche du lecteur, face à l’énigmatique Nemo, « personne ».

Dans VME, cette citation certaine concernant Cinoc confère un statut presque équivalent au Club Nemo où est parti Cinoc dans l’épilogue, et dans le Nebraska dont la connotation labyrinthique chez Verne est renforcée.

 

Dernière citation non programmée certaine repérée par Bertelli, au chapitre 72, doublement importante car elle concerne Bartlebooth et un chapitre où CQS est programmé. Nous sommes dans la cave de Bartlebooth, soit exactement à la verticale de l’ancienne chambre des Honoré du chapitre 83 contenant l’allusion à Clawbonny.

Il est donc question ici des manies de Bartlebooth, exigeant pour sa barbe de l’eau à 86 degrés et non 84, ce qui est une allusion évidente (une fois découverte) à Phileas Fogg congédiant un domestique qui lui a apporté de l’eau à 86 degrés au lieu de 84. Le narrateur avait déjà statué chapitre 15, « il est vrai qu’il y avait du Phileas Fogg en Bartlebooth », or Hypperbone a bien des points communs avec Fogg, notamment celui d’être prêt à sacrifier sa fortune pour le frisson du jeu.

La présence dans la même colonne que l’allusion à Clawbonny n’a rien d’anecdotique, elle m’a fait découvrir une fantastique coïncidence sur ces citations non programmées, développée ici.

 

Il y a de nombreuses autres citations possibles, avec divers degrés de plausibilité. J’étudie ailleurs le cas des diamants de Dinteville, particulièrement intéressant puisqu’il mêlerait Verne à une autre citation de CQS, par ailleurs associée ici à une citation de Proust : la description du tableau-labyrinthe du chapitre 99 fait aussi divers emprunts programmés à Proust, le dernier s’achevant sur « en rêve », ‘e verne’ à rebours ; l’incendie quelque peu vernien chez Danglars a pour conséquence le noircissement de perles proustiennes… A noter que dans le chapitre 35 où CQS et Verne sont programmés ensemble, Perec a mêlé les deux citations.

Il faut avoir une personnalité un brin complexe pour envisager d’écrire un livre imposant la satisfaction de quelque 4500 contraintes.

Plus tortueuse encore est l’idée d’un dérèglement programmé du système par les contraintes Manque et Faux.

Les mots manquent pour qualifier la réalité du résultat. D’une part la satisfaction effective des contraintes programmées offre de multiples lacunes, jusque dans les dérèglements Manque et Faux, d’autre part les résolutions intempestives sont aussi légion, le travail de Bertelli n’en donnant qu’un exemple.

Il n’est cependant guère douteux que le corpus vernien ait une importance particulière, ne serait-ce que par l’épigraphe de VME, Regarde, de tous tes yeux, regarde, et je garde un œil (l’oie ?) sur le Nebraska.

 

Brièvement, quelques points :

Bartlebooth âgé de 25 ans s’est lancé dans un projet devant l’occuper 50 ans durant. Hypperbone âgé de 50 ans trouve une « moitié » à la fin de TE, Jovita Foley âgée de 25 ans.

La plupart des indicatifs des coordonnées de chapitre sont donnés sous la forme d’un nombre de deux chiffres, à l’exception du double zéro du chapitre 76 et du double six du chapitre 1. C’est par un double six que XKZ a gagné.

Le chapitre supprimé par Perec correspond à la case 01 de l’immeuble. La case 1 du jeu de l’Oie est la seule inaccessible aux joueurs (on peut imaginer une case 0 correspondant au Départ).

Le projet de Bartlebooth est énoncé au chapitre 26, qui correspond à la case du premier coup de XKZ, grâce à un tirage de 9 par 6 et 3. L’indicatif de ce chapitre est précisément 63, et est donné par le faire-part du décès de Gaspard Winckler dans sa 63e année. A ce que suggère le premier chapitre, l’échec de Bartlebooth est une victoire de Winckler, signifiée par le W final.

A propos de ce rare coup de départ par 6 et 3 (1 chance sur 18), il est réussi par 3 concurrents au départ, et il est doublement chanceux parce que la case 26 est le Wisconsin, mitoyen de l’Illinois. Un express relie Chicago à Milwaukee en deux heures. Il se trouve que la contrainte Racine amène Perec à mentionner Racine (Wisconsin, entre Chicago et Milwaukee).

A propos du dernier coup du 24 juin qui ramène XKZ victorieux à Chicago, je rappelle que la lettre grecque X est appelée khi ou chi (une légende veut que cette lettre ait été introduite par Palamède, inventeur du Jeu de l’Oie). X=chi, K=ka(ppa), Z est la 7e lettre des premiers alphabets sémitiques, disparue dans un premier temps de l’alphabet latin, remplacée par G… Chi Ka Go !

Dans l’alphabet hébreu, la consonne waw ou vav est aussi utilisée pour noter la voyelle ‘o’, d’où ‘vie’ serait bien équivalent à ‘oie’.

 

S’il faut passer par l’alphabet hébreu, je mentionne tout de même brièvement mon hypothèse sur KZ, qui pourrait correspondre à une forme codée du Tétragramme sacré JHWH devenant kouzou, forme écrite traditionnellement à l’envers sur la mezouza, sorte de talisman marquant le seuil des maisons juives. Or il existe un autre chapitre Cinoc dans VME, qui débute par la description de sa mezouza et donne en hébreu un autre nom divin qui y est inscrit. Alors que l’autre chapitre Cinoc et l’épilogue contiennent des allusions lapidaires non programmées à Verne, ce chapitre 84 est programmé Verne et contient deux citations, la première issue de Voyage au centre de la terre dans la description de la chambre de Cinoc (où Otto Lidenbrock résout un cryptogramme d’abord renversé).

La deuxième concerne le récit principal du chapitre relatant les aventures de l’occupante précédente en Floride, alors qu’aucune contrainte n’imposait les USA, et c’est un passage de De la terre à la lune qui a été choisi, évoquant un gigantesque puits désaffecté, en Floride précisément, où se cache un voyou que tue Hélène après lui avoir extorqué la cachette de son frère, qu’elle tuera dans le bungalow n° 31 (indicatif du chapitre).

On peut imaginer des échos avec le parcours du 6e concurrent du TE, le commodore Urrican que les dés 5 et 4 expédient au premier coup à la case 53, la Floride, mais un 5 l’expédie ensuite en Californie, la Mort qui l’oblige à revenir à la case départ. La chance semble revenir avec les dés 6 et 3 et le facile saut à la case 26, mais un nouveau 5 l’envoie vers une autre case maudite, le Puits, case 31.

 

Il y a 3 autres cases spéciales du Jeu de l’Oie non encore évoquées :

– Le Pont, case 6 faisant sauter à la case 12, de l’Etat de New York au New Mexico. Olivia Norvell part pour un tour du monde « avec des étapes prévues à New York, Mexico, Lima… »

– L’Hôtellerie, case 19, Louisiane. Hélène Brodin tue un marmiton sur un bateau-hôtel du fleuve Mississipi en Louisiane. Si Bartlebooth trouve la Mort devant le Labyrinthe du 439e puzzle, le 438e lui a pausé d’autres soucis avec l’International Hostellerie au chapitre 87 qui contient une allusion non programmée à Verne, le tableau L’île mystérieuse de LN Montalescot, allusion non moins intempestive à Roussel, forcené séide de Verne et notoire excentrique.

– La Prison, case 52, Missouri. Blunt Stanley a rencontré la Lorelei à Jefferson, Missouri, et un pont peut certes être établi entre cette rencontre et sa condamnation à la prison à vie qu’il purgera en Iowa (oi – wa ?). Il n’y a qu’une seule autre mention du Missouri dans VME, à propos de la naissance de Mark Twain. Si Jefferson contribue ici à une quadruple résolution de la contrainte Laurel, aucune des trois villes importantes des USA nommées Jefferson ne se trouve dans le Missouri (où il y a tout de même Jefferson City). Le mot prison m’a évoqué immédiatement cet épisode, et je n’en vois pas d’autre après réflexion concernant directement la vie d’un prisonnier.

 

Sans exclure la possibilité de coïncidences dans tout ce qui précède, en voici une certaine. Je ne dispose dans mon réduit bas-alpin que d’une édition abrégée pour la jeunesse de TE (dans la Bibliothèque verte Hachette), qui s’avère être parue en septembre 1978, le mois même où Hachette publiait dans une autre collection VME. Je laisse découvrir le premier mot de la 4e de couverture :

(Nous sommes au 18e coup de la partie, où Kimbale a été expédié aux Bad Lands dans le Nebraska, le Labyrinthe que les règles du jeu l’obligent à quitter immédiatement après paiement d’une prime pour la case 30, Olympia en Utah.)

 

Je remercie encore Dominique Bertelli (son étude figure dans le Cabinet d’Amateur #5), ainsi que Willy Wauquaire sans la connaissance encyclopédique des contraintes de VME duquel cette étude n’aurait pas vu le jour.