Haine

Indécente

Dix mots

Délire

E = Amour

Noce

 

L’OR DURE

 

 

 

31 janvier 2003

J’ai mis hier en ligne la page délire contant les faits liés à la lecture du numéro de Tangente 14H et d’un roman de Joyce Carol Oates engrangés tous deux le 14 janvier.

J’ai ensuite commencé un thriller, en n’en attendant qu’un peu de détente après ces journées éprouvantes.

Il s’agit donc de « Le Huit », de Katherine Neville, et la raison de ce choix tenait d’abord au fait que le livre trônait l’avant-veille au rayon des Nouveautés de la Bibliothèque Municipale où je l’ai emprunté. J’ai une petite faiblesse pour les titres comportant des éléments numéraux.

Je semble en être le premier lecteur.

J’aurais peut-être abandonné rapidement sans une information ne devant rien au génie de l’auteur. La reine des échecs s’appelait Ferz dans le jeu persan originel, or j’ai créé le personnage « Irène Deferzenier à Rennes » dont le nom en partie surdéterminait « reine », soit Queen : Irène et « enier » sont des anagrammes de « reine ». Au milieu « Deferz » était l’anagramme de Fredez, pour Charlotte Fredez, compagne de Raymond Roussel, mon roi littéraire personnel. La manipulation des lettres m’avait conduit à ce qui me semblait le plus harmonieux, « De Ferzenier », sans que j’ai conscience d’un quelconque sens à « ferz » (mais je me suis jadis intéressé aux échecs et ce détail était peut-être gravé dans mon inconscient).

Par la suite je découvre que l’héroïne du passé de ce roman double est la « reine noire » Mireille de Rémy ; à l’équivalence i-y près cette identité renverse le jeu que j’avais imaginé, la première partie du prénom « mire » est l’anagramme du nom « rémi », et c’est une « reine » !

 

Je note un jeu sans doute intentionnel : l’héroïne du présent Cat Velis travaille pour une entreprise d’expertise comptable, Fulbright, Cone, Kane & Upham, donnant l’acronyme FCKU ou FUCK.

Mais Le Huit n’a rien d’intelligent dans sa conception. L’auteur n’a visiblement qu’une approche purement documentaire de ses thèmes, l’histoire, les échecs, la numérologie, et je passe vite en lecture rapide…

… jusqu’à la page 278, où Cat Velis arrivant à Alger se trouve inquiétée par le chef de la police secrète en personne parce qu’elle a avec elle un livre intitulé Les Nombres de Fibonacci. Je n’essaierai pas d’expliquer ce que Fibonacci vient faire dans l’histoire, l’auteur ne le pourrait pas davantage qui nous assure page 348 à propos du nombre d’or : « Les Grecs l’appelaient aurio sectio : le juste milieu. »

aurio sectio ressemble tout de même plus à du latin, en l’occurrence sectio aurea, « section dorée », expression qui n’est apparue qu’à la Renaissance. Quant au « juste milieu », il semble qu’il y ait confusion avec la « Voie d’or » d’Aristote, qui n’a rien à voir avec le nombre d’or.

Mais le fait demeure que les nombres de Fibonacci jouent un rôle dans cette intrigue, or je n’ai aucun souvenir d’avoir vu Fibonacci intervenir dans un « vrai » roman, sinon dans VALIS de Philip K. Dick (1980, Siva en français), le texte même qui m’a fait intituler mes Dix Mots VERY DICK.

 

Ce qui est le plus délirant dans ce roman délirant, c’est que c’est à peine un roman, que Dick y relate essentiellement sa propre expérience, avec le recul de l’écrivain. VALIS est l’acronyme de Vast Active Living Intelligence System, le plus simple est de le traduire par DIEU. Les humains contactés par VALIS se reconnaissent entre eux par les mots clés KING FELIX, ou par les décimales du nombre d’or, ou par les nombres de Fibonacci…

 

Je ne reconnais pas en Katherine Neville une lectrice de Dick, mais peut-être puis-je proposer une hypothèse rendant compte de la ressemblance entre VALIS/FELIX et Velis nom de sa reine. La république américaine a connu un roi incontesté, The KING, ELVIS !

A propos de Valis/Velis, Irène Deferzenier dans mon roman était la femme de Tom Lapnus, inspiré par moi-même. Le prénom complet de Lapnus était Tomieslav, permettant de passer du « mot » (Tom) au « mot-valise » (Tomieslav).

Lapnus né le 2/1/38 et habitant 83120 Sainte-Maxime avait aussi quelque chose à voir avec BACH (2-1-3-8), or Le Huit fait aussi apparaître Bach en tant qu’initié au grand mystère occulte de l’échiquier et de ses 64 cases auxquelles il aurait consacré une pièce. Il se trouve que j’ai vu une portée fibonaccienne étonnante aux Prélude et Fugue 14 du Clavier bien tempéré, en 24+40 = 64 mesures.

 

Le Huit offre une surprise dans son dénouement, que je n’hésite pas à révéler. Mireille de Rémy a réussi à se débrouiller de tout son fatras ésotérico-numérologique, elle a découvert la pierre philosophale et la vie éternelle, ceci grâce à l’ « eau de lune », l’or du 8e matin.

S’il n’était pas inattendu de trouver la rosée dans ce catalogue de l’occulte, cette expression « eau de lune » (page 687) est rare, et j’avais eu l’impression d’apprendre sa signification quelques semaines plus tôt grâce à Nathaël Moreau et sa propriété « Ayguelune » devenue « NOMBRE D’OR ».

Katherine Neville m’a aussi rappelé que Fibonacci avait été l’élève d’un Maure d’Alger, ce qui fait encore écho avec le duc de Milan Ludovic le More qui a commandé La Divine Proportion (O Maure, vieux capitaine…).

 

Ce matin, j’entends aux infos du matin à 7:30 sur France-Inter qu’il existe un litige entre Télérama et la Fédération Française de Football à propos du sigle FFF.

Dans VALIS, les héros sont fascinés par un film éponyme, où le monde est dirigé par un dictateur nommé Ferris F. Freemount (Fremont dans la première version), dont les initiales FFF correspondent au 666 de l’Apocalypse.

 

Le lendemain, 1er février, 9 heures, environ. Je repense à Noce et je fais la découverte fondamentale exposée sur la page dédiée.

C’est fou, il y a une autre section d’or dans le poème, cette fois ponctuée carrément par « mon nombre d’or » ! Je suis en plein calculs pour vérifier la chose lorsque ma compagne met la Cinq pour regarder une nouvelle émission de décoration, à 10 heures, Question Maison. Une importante partie en est consacrée à la Cité Radieuse, de Le Corbusier, mais il n’est pas un instant question du Modulor, du nombre d’or, ou d’esthétique des proportions !

Il y a une certaine ressemblance avec le chiasme du 14 janvier, où le hasard a mis entre mes mains à quelques minutes d’intervalle la revue Tangente répétant des absurdités communes sur le nombre d’or et un roman pouvant donner à penser que son auteur était une fanatique insoupçonnée du nombre d’or.

Il y avait d’ailleurs un article sur Le Corbusier dans la revue, honnête, mais gâché par un malheureux paragraphe pouvant donner à penser que son Modulor n’était qu’une copie de la Quine des maîtres romans.

 

Le 4 février j’ai achevé une première description de ces nouvelles découvertes sur Noce, que j’ai mise en ligne. Le lendemain je vois le nouveau Télérama, sous cellophane, avec en couverture Simenon, et un fascicule qui me semble devoir avoir trait à Simenon, qui est un auteur qui m’intéresse, pour d’autres raisons que le nombre d’or, bien qu’il ait écrit un roman où il en est question, Les Sœurs Lacroix.

J’achète, pour découvrir que le fascicule est en fait un recueil de  « coups de cœur » de 40 personnalités à l’occasion du 50e anniversaire du Livre de Poche. Attendu que ce sont les personnalités et non les auteurs qui sont classés alphabétiquement, c’est Laure Adler qui ouvre le bal, pour présenter Joyce Carol Oates !

J’ai envie de lire « l’or alder », avec alder qui est l’ « aulne », lié étymologiquement à Ellery, synonyme du « verne », alors que le peintre Emmanuel Vernes des Sœurs Lacroix est l’auteur de « Recherches sur le Nombre d’Or », alors que le Quatuor Concertant de L’île à hélice de Jules Verne a un chef incontesté, Sébastien Zorn de 55 ans, les trois autres totalisant 89 ans.

La forme du fascicule me rappelle quelque chose. J’ai recours au vernier pour découvrir qu’une des 48 feuilles du fascicule, décollée, mesure très exactement 17,80 cm sur 11,00 (la reliure occasionne un petit millimètre de plus en largeur). Ce rapport d’or est peut-être choisi pour illustrer le cinquantenaire du mariage du Livre à la Poche, les noces d’or, et le format des fameux livres Penguin en était proche (18 cm sur 11). C’est encore le rapport 89/55 (le premier couple de Fibonacci donnant 1,618…) vu chez  Verne, celui que les pyramidologues imaginent pour Khéops.

Le lendemain je reçois un mèl de Nathaël Moreau intitulé « Télérama ». Je ne doute pas un instant que cet amateur de nombre d’or n’ait repéré la forme caractéristique, mais non, c’est pour signaler un article de ce numéro précis, le seul que j’ai acheté depuis je ne sais combien de mois :

Un petit signe pour vous dire qu'il y a un long article plein de photographies de Nicolas Frémiot tirées du livre "éclats d'histoires", que j'ai eu l'honneur de rédiger, dans le TélérAMA de cette semaine N° 2769.

Du coup je commande ce livre à la Compagnie du Cercle, l’équipe qui l’a auto-édité. Curiosité, il y a aussi dans ce Télérama la critique d’un film sortant cette semaine, Le Cercle. Par ailleurs je suis en train de lire Johnny Blues, de JC Oates, où l’élite des élèves de Willowsville forme un Cercle composé de 5 gars et 8 filles, les nombres de Fibonacci situant la maison de Moreau entre Gréoux et Valensole.

Je commande en même temps 10 exemplaires de la revue Florilège, au prix réservé aux auteurs de 40,60 euros, qui se situe encore dans un rapport d’or avec le prix des éclats d’histoires, 25 euros : 40,60/25 = 1,624.

 

Je me sens complètement dépassé par ce déferlement dont je tente un récapitulatif se limitant aux principaux faits :

25/03/02 : je découvre la césure d’or de Noce sur le mot « derbouka », qui fait l’objet d’une définition dans les mots croisés du TéléZ paru le jour même.

27/11/02 : le panneau « NOMBRE D’OR » en revenant avec JP Le Goff de la cité d’or, Thoard, peu après avoir parlé du nombre d’or dans Noce.

Quelques jours après, l’enquête nous mène à Nathaël Moreau, et un autre Moreau doré nous mène à Thoiry.

03/01/03 : la recherche « Ellery Queen » + « Fibonacci » me fait découvrir Queneau et la Tesina d’Alessio Palmero de Vintimille.

06/01/03, jour des Rois : les « Dix mots de Queneau » s’appliquent à merveille à l’affaire, et Queneau = « Queen + Au ».

14/01/03 : le lendemain du jour où j’ai achevé mes textes autour de Noce et des Dix Mots, je découvre le numéro de Tangente avec ses incroyables âneries sur la Quine dorée, et le roman Une troublante identité de JCO dans lequel le 10e Mot de Queneau, « courir », pourrait marquer une césure d’or.

30/01/03 : Le Huit parle de Fibonacci, de nombre d’or, et d’eau de lune.

01/02/03 : Je découvre une structure d’or absolue dans Noce, avec une césure entre « mon amour » et « mon nombre d’or », alors que j’ai intitulé ma page sur la découverte du panneau E = AMOUR (anagramme de Moreau), et alors que je suis encore en train de vérifier ces résultats la 5 diffuse un reportage sur Le Corbusier qui ne mentionne pas le nombre d’or.

05/02/03 : achat pour une mauvaise raison de Télérama qui contient un fascicule divinement proportionné débutant par un hommage « queenien » à JCO.

06/02/03 : Moreau me signale ce numéro pour une tout autre raison.

Et c’est loin d’être fini…

 

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