LE SORT A UNI ça

 

89 et 109

J’expose sur mon blog ma découverte du site goldennumber dont le responsable est Gary Meisner, nom au nombre doré car

GARY = 51 ; MEISNER = 83

Non seulement il s’agit d’un partage optimal de la somme 134 selon la section dorée 0.618 (134 x 0.618 = 82.812 arrondi à 83), mais ces nombres font coïncidence avec l’angle de 51.83°, l’angle dit « d’or » parce que son cosinus vaut 0.618.

Je me suis attardé sur ce site parce que j’y ai découvert quelque chose que j’ignorais, sur la page 89 and 109.

Je connaissais déjà cette propriété du nombre 89 : le calcul de la fraction 10/89 fournit une suite de 44 décimales se répétant à l’infini, et ces décimales correspondent à l’addition à l’infini de tous les termes de la suite de Fibonacci, décalés à chaque pas d’un rang vers la droite.

Ce n’est en rien un résultat magique, il se démontre facilement, et il est possible d’obtenir d’autres suites périodiques par d’autres décalages d’autant de pas que l’on veut, dans n’importe quelle base, mais il s’agit d’une petite curiosité qu’à ce décalage immédiat de 1 pas dans la base usuelle 10 corresponde 89, qui est le 11e terme de la suite de Fibonacci .

La nouveauté, pour moi du moins, est que la fraction 10/109 livre une série périodique de 108 décimales qui correspondent à l’addition de tous les termes de la suite de Fibonacci, décalés à chaque pas d’un rang vers la gauche. Ceci se démontre encore, et il existe pareillement d’autres fractions dont les décimales correspondent à tous les décalages vers la gauche. Voici une façon symétrique de représenter ces résultats :

0,112359… = 10/89      10/109 = 0,…853211

  1                F1                   1

   1               F2                  1

    2              F3                 2

     3             F4                3

      5            F5               5

       8           F6              8

       13          F7            13

                  F…           

Si j’avais des raisons personnelles d’être frappé par ce nombre 109, que j’exposerai ultérieurement, elles se sont trouvées concurrencées par le fait que la traduction littérale du nom du site, golden number, est doré nombre = 42 + 67 = 109.

Le partage doré optimal de 109 est précisément 67-42, ce qui s’additionnait aux multiples coïncidences gématriques rencontrées sur le site du Phi Guy.

Hans Bellmer = doré nombre

Le 1er mai, en visite chez un copain parisien, j’ai avisé le numéro spécial de la revue Obliques, consacré à Hans Bellmer après la mort de celui-ci le 23 février 1975.

La lecture il y a quelques années de La petite anatomie de l’image a été une révélation, où je me suis découvert en rare harmonie avec plusieurs phrases, comme

Un "génie" ardemment appliqué derrière le "moi" semble ajouter beaucoup du sien afin que "je" perçoive et imagine. Un génie irrespectueux sans doute, pour qui la logique d'identité, la séparation du corps d'avec l'esprit ou les balivernes du "bien" et du "mal" sont tout au plus matière à plaisanteries et qui ne chante de tout cœur que la gloire de l'improbable, de l'erreur et du hasard.

Je n’aurais pu mieux dire, et Bellmer donne quelques exemples fascinants des agissements de ce « génie », dont l’un m’avait semblé en résonance étroite avec Perec. En 1937 il a été averti que sa femme M. était condamnée, et à partir de cet instant il a compté les jours qu’ils vivaient ensemble, compte qui s’est soldé sur « 53 jours ». Parallèlement, son goût de « l’articulation », né de ses recherches sur les poupées, l’a conduit à s’intéresser au cardan et à son inventeur. Jérôme Cardan vécut un événement épouvantable, la condamnation à mort de son fils, qui le conduisit à rester prostré en comptant le nombre des journées jusqu’à l’exécution : 53.

Il est difficile de ne pas songer au dernier roman, inachevé, de Perec, « 53 jours », bien que la raison « officielle » de ce titre ait été le temps de l’écriture de La Chartreuse de Parme. Cette hypothèse a déjà été envisagée par Claude Burgelin, mais il est aussi possible de relier cette histoire a la trame principale de La Vie mode d’emploi (VME), l’entreprise de Bartlebooth menée avec Valène et Winckler, trois personnages représentant chacun pour une part un aspect de la personnalité de l’auteur.

Seul Winckler était marié, avec une Marguerite morte en novembre 43, dont Valène était amoureux, peut-être également Bartlebooth. Winckler meurt en 73, Bartlebooth le 23 juin 75, Valène le 15 août suivant, soit 53 jours plus tard (découverte de JP Tarrazi).

Si M. n’est pas nommée plus précisément dans le récit de Bellmer, il n’est pas difficile de savoir qu’elle s’appelait Margarete, et pour qui connaît Perec il n’est pas indifférent qu’elle soit morte en 37. Au plus bref son œuvre est jalonnée de repères biographiques secrets qui sont essentiellement deux dates, celle de sa naissance le 7/3/1936 et celle du départ de sa mère pour Auschwitz le 11/2/1943, dates qui peuvent apparaître sous de multiples formes, essentiellement 73 et 37 d’une part, 11, 112, 43, 34 d’autre part. D. Bertelli a montré comment Perec privilégiait dans ses emprunts littéraires des textes où il pouvait reconnaître ces repères, et ce cas ne déparerait pas à côté de ses trouvailles.

Je n’y insiste pas, car il ne s’agit pas ici de jauger la validité d’une hypothèse littéraire, mais d’abord d’expliquer pourquoi, ce 1er mai, j’ai feuilleté cette revue sur Bellmer que, fort probablement, Perec avait lue en son temps. J’y ai donc trouvé un texte intitulé Mode d’emploi, tiens donc !, et appris que ce texte avait été publié en 1944, accompagné de 3 tableaux et 7 dessins, de quoi faire réagir Perec.

Puis il est question des anagrammes, je connaissais celles sur Rose au cœur violet déjà présentes dans la Petite anatomie, mais ensuite viennent 15 anagrammes de Rose ouverte la nuit, célèbre gravure de Bellmer qui apparaîtra dans le film La comtesse Dolingen de Catherine Binet, financé par Perec. C’est tout à fait frappant quand on sait que le premier titre prévu de Alphabets, le recueil d’hétérogrammes de Perec, était Rose la nuit, car chacun des 1936 « vers » du recueil est une anagramme de la série esartunilo (dont l’une est « rose la nuit ») + 1 des 16 autres lettres de l’alphabet.

Les anagrammes de Rose ouverte la nuit sont d’un tiers, JM Garbair, mais ceci ne change rien à la possibilité de relier assez directement à Bellmer 3 titres d’œuvres majeures de Perec.

Si j’avais eu jadis la curiosité de calculer les valeurs associées aux lettres HANS BELLMER, elles ne m’avaient guère parlé, alors qu’en ce 1er mai HANS-BELLMER = 42-67 avait une résonance immédiate avec le « doré nombre » découvert 15 jours plus tôt.

Le lendemain j’ai été en bibliothèque chercher si le nombre d’or présent dans le nom apparaissait dans l’œuvre. Je me suis limité aux œuvres de format doré, tant toute autre recherche laisse part à la subjectivité, et n’ai rien trouvé d’immédiat. Quelques gravures ont le format 21 x 13 cm, je suppose que c’est un format existant (probablement lié au nombre d’or car 13 et 21 sont des fibos), mais Bellmer ne semble pas avoir exploité pleinement ce format. Seule la gravure La Colonie pénitentiaire occupe la totalité d’un espace 21 x 13, et un détail curieux occupe l’un des 4 points d’or parfaits de cette gravure donnée de 1975, qui serait donc l’une des dernières de Bellmer (mais pouvait-il encore travailler, frappé d’hémiplégie depuis 68 ?)

 

Plus tard j’ai refait un calcul que j’avais certainement fait dès que je me suis intéressé à Perec : quels sont les rangs dans l’année des deux jours fatidiques ?

Le 11 février est le 42e jour de toute année normalement constituée ;

Le 7 mars est le 67e jour d’une année bissextile comme celle de la naissance en 1936, le 66e autrement.

Le 42-67 que je venais de trouver chez Hans Bellmer, découvert dans la foulée du doré nombre !

5/5

Je n’avais pas encore fait ce calcul lorsque, revenu de Paris, j’ai décidé de reprendre mon blog interrompu après le billet sur le site goldennumber, en poursuivant tout naturellement par un billet sur 89 et 109. J’ai donc commencé ce billet le matin du 5 mai, écrit quelques lignes, mais mon esprit était presque totalement accaparé par la suite que j’y imaginais, sur Hans Bellmer.

Je me suis alors aperçu que je n’avais pas encore utilisé les ressources de la toile pour explorer le rapprochement avec Perec, aussi j’ai immédiatement soumis à Google la requête Bellmer Perec. Les premières réponses concernaient un article de revue, proposé par le site CAIRN, avec plusieurs surprises immédiates.

D’abord cet article occupait les pages 89 à 109 de la revue Essaim ! les nombres qui formaient le titre de mon billet !

Il était écrit par Dominique de Liège, que j’ai rencontrée, dont un autre article était lié à la fantastique série de coïncidences contée ici.

Je savais qu’Unica Zürn était la compagne de Bellmer, qu’elle avait écrit diverses choses, mais pas beaucoup plus. Mon premier réflexe a été de calculer les valeurs de son nom :

UNICA ZURN = 48 + 79 = 127

Le partage doré de 127 donne 79 et 48 !

Je n’avais pas encore mentionné ici que les valeurs correspondant à GEORGES PEREC sont 76 et 47, en idéal rapport d’or, ainsi D. de Liège a réuni ici trois personnes aux noms dorés. Disons qu’une estimation minimale de la probabilité de rencontrer un tel ensemble nom-prénom soit d’1 chance sur 30, alors la probabilité de rencontrer deux noms serait d’1 chance sur 30x30 = 900, celle d’en rencontrer trois 1 chance sur 27000…

 

Mieux, les relations dorées entre deux nombres A et B sont de divers types. Il y a les excellentes, comme celle des valeurs 47 et 76 de Perec, où Ax0.618 donne une bonne approximation de B et  B/0.618 une bonne approximation de A ; les moyennes, où seule une de ces possibilités est réalisée, et les mauvaises, où il faut passer par le total A+B pour valider le partage doré en A et B. Il suffit d’ajouter ou de retrancher 1 à l’un des termes d’une « mauvaise » relation pour en obtenir une excellente, et c’est le cas des deux relations Bellmer et Zürn :

42-67 est proche de 42-68, soit 2 fois la relation fibo 21-34 ;

48-79 est proche de 48-78, soit 6 fois la relation fibo 8-13 ;

Dans un cas il faut ajouter 1, dans l’autre le retrancher, c’est-à-dire que le couple forme une relation de type excellent, 90-146, autour de la moyenne 45-73 qui serait évocatrice pour Perec avec le nombre clé 73 significatif de la naissance. Je me borne à constater cette adéquation, sans proposer la création d’une agence matrimoniale visant à apparier les êtres selon ce principe.

A Binet Catherine

Lorsque Catherine Binet est entrée dans la vie de Perec, le 23 juin 1975 vers huit heures du soir, elle a amené le couple Bellmer-Zürn dans ses bagages, 4 mois après la mort de Bellmer disparu le 23 février. Unica s’était suicidée le 19 octobre 70.

Catherine avait été la femme du psychiatre qui soignait Unica, et les deux couples étaient devenus intimes. Elle avait réalisé un documentaire sur Bellmer en 72 et venait d’achever le scénario de La Comtesse Dolingen,  inspiré de Sombre Printemps de Zürn.

Il est effarant ici de constater à quel point les dates s’accordent aux valeurs numériques, selon le principe de concaténation employé par Perec :

Catherine est née un 12 mars, 12/3 devenant 123, valeur de Georges Perec.

Georges a magnifié le début de sa liaison le 23/6 avec Catherine en en faisant l’instant démultiplié dans les 99 chapitres de VME. 236 correspond à la somme des valeurs du couple Bellmer-Zürn (109+127).

J’ai indiqué la prodigieuse adéquation des nombres de Bellmer avec les jours clés de Perec, le 127 d’Unica Zürn semble prédire la rencontre de Catherine et Georges, natifs des 12 et 7 mars.

Enfin si la date de naissance de Catherine la prédestinait à un 123, celle d’Unica un 6 juillet la prédestinait à un 67, valeur de Bellmer seul.

 

VME s’achève sur un post scriptum énonçant :

(Ce livre comprend des citations, parfois légèrement modifiées, de : René Belletto, Hans Bellmer, … (27 autres noms dont Georges Perec) …, Unica Zürn.)

Cette liste alphabétique contient les auteurs du Cahier des Charges, avec quelques écarts ayant donné lieu à moult interrogations chez les exégètes perecquiens, et des intrus, Belletto, Bellmer, Price et Zürn, lesquels, à ce que l’on sait à ce jour, n’ont fourni chacun qu’une unique citation. Celle de Belletto concerne ce post scriptum car il a énoncé à la fin d’un de ses romans :

 (Ce livre comprend des citations, parfois modifiées, de : ……..

Ainsi le livre VME lui-même, sans le post scriptum, contient-il un ensemble de citations programmées d’auteurs compris alphabétiquement entre Bellmer et Zürn…

 

CATHERINE BINET = 83 + 50 n’offre pas une relation dorée acceptable selon les critères définis plus haut, mais 50-83 est néanmoins à une unité près du couple « excellent » 51-83 incarné par Gary Meisner, 51-83 qui est pour moi l’un des « miracles » d’Alphabets, constitué de 1936 vers contenant chacun les voyelles AEIOU = 51 et les consonnes LNRST = 83, plus 1 autre lettre parmi les 16 restantes, de B à Z, de Bellmer à Zürn ?

Au cours de ma semaine parisienne, j’ai prêté une nouvelle attention au fait que Alphabets était dédié A CATHERINE, le reliant à l’histoire du recueil. Perec a d’abord écrit , dans la foulée des 400 permutations d’Ulcérations en novembre 73, la suite beaucoup plus contrainte de 11 poèmes de 11 vers sur la même série ESARTULINOC, du 1/1/74 au 4/2/74, ce qui constituera la suite en C du recueil. Je ne suis pas du tout sûr qu’il ait alors songé à poursuivre, tant les contraintes particulières à cette suite semblent inapplicables à une suite basée sur une lettre complémentaire difficile, comme K ou W.

Ce qui est certain, c’est que le onzain suivant, le premier en B, est daté de près de 17 mois plus tard, du 27/6/75, 4 jours après le début de la liaison avec Catherine. L’esprit alphabétique de Perec pouvait-il manquer de remarquer que les initiales CB de sa nouvelle compagne correspondaient à l’ordre peu orthodoxe par lequel il débutait ses Alphabets ? L’ordre logique sera rétabli dans le recueil, avec des suites « b » à « z », comme Bellmer et Zürn ? Qu’il l’ait su ou non lorsqu’il s’est engagé dans la voie de l’hétérogramme, forme particulière de l’anagramme, l’ami de Catherine ne pouvait plus ignorer à quel point Bellmer et Zürn ont été les grands précurseurs dans cette voie : Bellmer semble bien avoir initié la chose en poésie, en français, dans les années 40, puis il y a converti Unica qui s’est prise au jeu au point d’en perdre le contact avec la réalité, et qui a composé en allemand des œuvres si fascinantes qu’elles ont appelé des répliques oulipiennes.

 

J’avais donc vu que le premier titre envisagé pour Alphabets, Rose la nuit, semblait un hommage au Rose ouverte la nuit de Bellmer, mais sans être alors conscient de l’importance du personnage. En allant plus avant, il me semble patent que Perec y a fait une allusion plus directe encore dans le premier poème de la suite en V, le premier où il pouvait employer le verbe ouvrir. La contrainte de l’hétérogramme ne permet pas d’écrire rose ouverte, et je ne vois pas de meilleure solution que ce que Perec a trouvé : N’as-tu lo/vé la nuit ros/e ouvrant l’is/sue

Curieusement (ou non), j’avais cité l’intégralité de ce onzain au début de ma première page sur Alphabets, car il me semblait pouvoir être une allusion à une éventuelle contrainte dorée, Voir en ta Sultane l’or visuel où t’asservit la nouante loi…La Sultane, c’est Catherine, qui était une vraie brune, mais Perec l’associait volontiers à l’or, comme dans le poème Daphné fit le doux visage que j’ombre (énonçant CATHERINE en belles absentes).

Toujours est-il que la dédicace A CATHERINE sous-entend BINET, et il m’est venu qu’elle pouvait le sous-entendre sous la forme A BINET CATHERINE, soit ABC, bel acrostiche pour Alphabets, avec d’autres possibilités :

ABINET CATHERINE = 51-83 correspond gématriquement au AEIOU LNRST présent dans chaque vers du recueil.

A CATHERINE tel qu’il se présente a même valeur 84 que ALPHABETS

ABC lu 123 correspond à la gématrie de GEORGES PEREC.

Je précise à nouveau que je me borne à constater ces jeux, sans préjuger de leur intentionnalité.

L’article

J’ai profité de ma connaissance de D. de Liège pour lui demander l’article en question, qu’elle m’a gentiment communiqué.

C’est une analyste lacanienne, ce qui a tendance à me rendre méfiant, mais, comme dans le cas de l’article précité, sur Perec et Pontalis, j’ai été séduit par une écriture limpide dépourvue de tout jargon professionnel.

C’est de cet article que je tire l’évidence de Bellmer et Zürn précurseurs de l’anagramme poétique, et D. de Liège a remarqué également les 53 jours de Bellmer, ainsi que son Mode d’emploi, bien sûr.

Elle parle de l’intérêt commun à Bellmer et à Perec pour le palindrome, alors que ma première surprise a été de remarquer que l’article occupait les pages 89 à 109, nombres que je venais de découvrir en relation avec une forme de palindrome.

Une surprise m’attend à la fin de l’article, doté de nombreuses notes de bas de page qui sont essentiellement les références des citations données dans le texte, mais la dernière note est appelée à partir de la date donnée à la fin du texte : 23 novembre 200586.

Et voici le texte de la note, au bas de cette dernière page 109 :

86. Grâce aux travaux de Rémi Schulz, j’apprends, le 8 décembre 2005, en corrigeant ce texte, que le premier titre envisagé par Georges Perec pour son recueil de poèmes hétérogrammatiques Alphabets était : Roselanuit, en hommage et claire allusion à l’œuvre de Hans Bellmer Rose ouverte la nuit. Roselanuit est l’anagramme de la suite des lettres esartinulo, les dix lettres les plus employées en français et qui sont la base de la construction des poèmes d’Alphabets. « Ce qui n’est pas confirmé par le hasard n’a aucune validité… »

La phrase finale est une citation de Bellmer, que D. de Liège avait également placée en exergue de son article. Cette phrase m’avait aussi séduit lors de ma lecture de la Petite anatomie, et je l’avais citée en mai 04 lorsque j’avais fait part à la listeperec de mes réflexions sur les 53 jours de Bellmer. Je ne peux m’empêcher de jouer avec le numéro de cette note finale, 86, d’autant que mon billet sur Gary Meisner est récent. Non content d’être un 51-83, et d’avoir nommé son site doré_nombre = hans_bellmer, Gary se nomme le Phi Guy, soit 33+53 = 86, 33-53 formant un excellent couple doré, a fortiori 53-86.

D. de Liège m’a passé l’article sous forme d’un fichier pdf reprenant le contenu exact des pages 89 à 109 de la revue, mais le logiciel de lecture Adobe Reader identifie ces pages sous les numéros 1 à 21. Ainsi la note 86 est au bas de la page 21, et il se trouve que la note 53 est la dernière de la page 13. 13 et 21 sont des nombres de Fibonacci formant un couple doré excellent. Il n’y a rien d’extraordinaire à ce que les notes se répartissent grosso modo équitablement selon les pages, mais une parfaite adéquation est plutôt inattendue, et l’examen de la répartition effective des notes montre que parmi les 21 pages seule la page 13 donne le compte idéal correspondant à 86/21 notes/page (avec la page 21 bien sûr).

Il n’est pas indifférent que cette note 53 soit la référence à la définition par Perec de l’hétérogramme. Seules 5 notes concernent directement Perec, Perec qui a pris la peine de recenser dans ses travaux préparatoires à « 53 jours » les neuf manières dont le nombre 53 peut faire partie d’une suite de Fibonacci (sic, il faudrait mieux préciser les critères retenus par Perec, mais l’important est qu’il n’a pas oublié la suite idéale 1-6-7-13-20-33-53, qui se poursuit par 86). Ces travaux préparatoires montrent qu’une contrainte fibo était envisagée à plusieurs niveaux, mais l’inachèvement du texte ne permet guère d’en savoir plus.

Quant à la note 33, elle donne précisément la référence de la phrase de Bellmer : Ce qui n’est pas confirmé par le hasard n’a aucune validité.

Cette note 33 est en page 10, et non idéalement à la fin de la page 8.

Découverte la nuit…

D. de Liège m’informait dans son courrier accompagnant l’article d’une erreur qu’elle avait faite en nommant une fois la traductrice d’Unica Zürn Ruth Benedict (au lieu de Ruth Henry), ce qui avait donné lieu à un erratum.

Il y a au moins une autre erreur, plus grave peut-être, à mon sens du moins, et cette erreur semble magnifier un faisceau de coïncidences me concernant.

Toutes les sources que j’ai consultées donnent Unica née le 6 juillet 1916, alors que D. de Liège indique le 16 juillet.

Il se trouve que je suis né aussi un 6 juillet, en 1950, le jour du 34e anniversaire d’Unica donc.

C’est en avril et mai 2005 que j’ai fait mes découvertes essentielles sur l’architecture dorée d’Alphabets. Certaines sont d’évidents hasards, mais ces hasards renforcent les questions litigieuses. La plus patente de ces découvertes est sans doute celle-ci : le mot à valeur substantivale le plus fréquent dans Alphabets est le mot « or », et la différence de répartition des « or » entre les deux parties du recueil s’exprime par le rapport 34/55, deux nombres de Fibonacci donnant une approximation optimale du nombre d’or. Le nombre suivant dans la suite, par définition la somme de 34 et 55, est 89, valeur de mon nom Schulz, et je n’avais pas manqué de remarquer que c’était dans sa 55e année qu’un Schulz avait fait cette découverte qui m’ébahit encore aujourd’hui, malgré le recul.

Par aujourd’hui j’entendais plutôt l’hier proche où j’ignorais que, sans Bellmer et Zürn, il n’y aurait peut-être pas eu d’Alphabets, ou du moins que le recueil aurait été obligatoirement autre. Est-ce par hasard si le nom ZURN apparaît hypographié dans le seul onzain final ? il est azur noir

Hasards encore si le UN commUN à UNica et zUrN s’insère dans « la nuit rose » dans un autre onzain en Z, le 165, dernier de la suite « y » ? Zazie sort la nuit un rose lazzi

si l’une des rares autres occurrences de « la nuit rose » est dans un autre onzain en Z, le 168 ? La nuit rose ni azur total ni or

Il est par contre fort douteux que le dernier vers de la suite en C, écrit avant la rencontre avec Catherine, débute intentionnellement par une anagramme d’UNICA (onzain 28) : ci, nu, art l’ose (LE SORT seul a voulu que UNICA appartienne à la série ESARTUNILOC : ce qui n’est pas confirmé par le sort…)

 

Je reviens à 2005 où j’ai été particulièrement attentif le 6 juillet, mon 55e anniversaire, mais je n’ai rien constaté de spécial ce jour.

Sachant maintenant que ç’aurait été aussi le 89e anniversaire d’Unica (décédée dans sa 55e année), je reprends mes courriers de l’époque et découvre ceci : l’événement marquant de la semaine a été l’attentat du métro de Londres le lendemain, le 7/7. J’y ai vu la répétition d’une quaternité jungienne (3+1) déjà présente dans les 4 détournements du 11 Septembre (dont 1 qui n’a pas atteint sa cible, comme l’un des kamikazes du 7 juillet a failli au plan d’ensemble), quaternité que je vois aussi à de multiples niveaux dans Alphabets, détaillés ici. J’avais fait part de ces constatations à un ami avec qui je corresponds quotidiennement, en déplorant que cette exaltation de la quaternité n’ait pas eu lieu la veille (mais j’ai bien sûr en horreur tous ces attentats aveugles), il m’avait répondu que ce 7/7 était le 82e anniversaire de sa belle-mère (Bellmer…) séjournant alors chez lui (et le 7/7 est la date idéale d’une BELLEMERE = 77…)

Zürn/Schulz/Belle-mère est un brin forcé, mais correspondrait bien au caractère plaisantin du « génie » décrit plus haut par Bellmer (ou Mercure que Jung nomme volontiers trickster, « escroc », « faiseur de tours »). Du moins la coïncidence du 6 juillet est-elle incontournable, et il se trouve que c’est loin d’être un jour quelconque, ce qu’un hasard complet m’a appris le 7 juillet dernier, précisément, en 2006.

J’ai probablement calculé de multiples fois que mon jour de naissance était le 187e de l’année, sans y voir quoi que ce soit de significatif. Un message à une amie daté du 8/7/06 me rappelle que je m’étais encore livré à ce calcul à l’occasion de mon 56e anniversaire, pour obtenir ce 187 toujours peu évocateur. Et puis le 7 juillet 2006, sans rapport, une exploration du net sur Bach et Fibonacci, à la suite de récentes découvertes, m’a fait découvrir cette page concernant une page que j’avais tenté d’écrire en anglais en 2003, lors de mes premières trouvailles bachiennes dorées. Ayant vu diverses discussions numérologiques intéressantes sur le forum américain Bachcantatas, je m’y étais inscrit, et avais écrit cette page pour appuyer mes interventions, qui n’ont guère provoqué de réactions fructueuses.

Mais voici que le 10 février 06, un membre d’un autre forum, Jerome, y a donné un extrait de ma page, où il était notamment question de la naissance de Bach le 80e jour de l’année, et des interprétations cosmiques qu’en faisaient certains. Un certain Ammes répliqua ironiquement qu’il était né le 187e jour de l’année, cela lui assurait-il un destin cosmique ? Jerome lui répondit aussitôt qu’effectivement 187 était un curieux nombre, car, en ne citant ici que les seuls nombres de Fibonacci 21-34-55-89 :

187/21 = 8.9

187/34 = 5.5

187/55 = 3.4

187/89 = 2.1

Ces curiosités s’expliquent par le fait que le produit des fibos consécutifs 34 et 55 est 1870, mais j’apprenais ainsi que le jour de ma venue au monde, 34 ans exactement après la naissance d’Unica et presque 55 avant ma découverte du schéma 34/55 des « or » d’Alphabets, avait un rapport avec les nombres 34 et 55.

Rapport tout à fait discutable, j’en conviens, mais que je n’invente pas et que j’apprenais le jour du 83e anniversaire de la Bellmère du copain, grâce à un Ammes = 51, et à un Jérôme, prénom bellmero-perecquien (Cardan et Les Choses).

Cette discussion s’était tenue le 10 février, 41e jour de l’année, et je calcule à l’instant que Jérôme Cardan inspirateur de Bellmer est encore un nom doré, de valeurs 66-41. Et ça marche aussi avec l’original, Girolamo Cardano = 90-56 ! (selon l’alphabet de 26 lettres). Son œuvre la plus connue est Ars magna, anagramme célèbre de l’anglais anagrams.

Note ultérieure (19/6/7) : Bellmer écrit en toutes lettres cette forme Girolamo Cardano (=146) dans la relation de la mort de sa première femme, or il formera avec Unica un couple Bellmer-Zurn = 67+79 = 146 également, en rapport d’or avec leurs prénoms. Ceci a énormément de résonances abordées sur cette page.

 

Dominique de Liège introduit dans son texte quelques touches personnelles plaisantes. C’est ainsi que, à propos des lettres ESARTULINOC, elle signale en note 45 qu’elle a rêvé la nuit précédente d’une maison qui s’appelait « Threnodials ». Quelle idée ! En fait, Threnodials est l’anagramme de Etaoinsrhld : les lettres les plus souvent utilisées en anglais…

J’apprécie cette note peu orthodoxe d’autant plus que 45 est la valeur de mon prénom, Rémi. Il m’est arrivé à plusieurs reprises de faire des découvertes en dormant, notamment celle qui a concerné l’équilibre doré 51-83 des lettres « rose la nuit » (aeiou lnrst). Pas forcément par un rêve dont je me souvienne, ainsi dans ce cas-ci j’avais la solution clairement en tête à mon réveil, sans que je puisse expliquer quel mécanisme m’y a conduit. Je n’ai vu que plus tard que ce jour était le 13 avril, 13/4 se fusionnant en 134, valeur des lettres « rose la nuit ». Je découvre ce matin du 12/5 où j’achève ce pré-texte que Giambatista Cardano, le fils de Cardan lié aux fameux 53 jours, a été exécuté le 13 avril 1560. Mon second prénom est Jean-Baptiste.

J’ai découvert en écrivant la section précédente les valeurs dorées de Jérôme Cardan, 66-41 dont le total 107 correspond à la valeur de Dominique, mais je comptais conclure ce texte avec une autre coïncidence sur le nombre 107, concernant Perec (= 47 = De Liège). J’ai expliqué ici comment je me suis aperçu que les codes typographiques d’Alphabets étaient des rectangles d’or, et que Perec avait composé une partie de ses hétérogrammes sur des carnets au format d’or. Je l’avais découvert par des reproductions, agrandies, et j’étais curieux du format réel de ces carnets. C’était l’un des objectifs de mon voyage à Paris, ce qui m’a conduit le 26 avril au siège de l’AGP où sont conservés tous les papiers de Perec. Ces carnets sont de format 107x173 mm (continuant la série d’or 41-66…)

Juste avant d’effectuer cette mesure, je déjeunais avec mes amis Bruno (celui de la Bellmère, né l’anniversaire de la mort de Giordano Bruno) et Dominique, une autre qui n’est pas analyste, et qui est native du 10 février, le jour où un Jérôme postait sur un forum la petite curiosité précitée sur le 6 juillet, mon anniversaire.

Y’a Bellmer dans Ballmeyer

Les nouvelles pistes découvertes en écrivant ce texte ont perturbé le vague plan que j’envisageais, si bien qu’il ne va encore pas m’être possible d’expliquer en quoi le nombre 109 m’était important avant sa correspondance avec « doré nombre » et « Hans Bellmer ». Ni d’aborder ou de développer certains autres sujets.

Le nouveau point découvert ce matin me semble cependant exiger un commentaire. L’un de mes centres d’intérêt majeurs est l’affaire Dreyfus, vue sous l’angle des coïncidences dans la littérature. La plus patente de ces coïncidences est la fin du Parfum de la dame en noir, de Gaston Leroux, où le super criminel Ballmeyer-Larsan, démasqué par son propre fils Rouletabille, se suicide au soir du 13 avril 1895. Son fils assure qu’il n’avait pas voulu sa mort, et qu’il comptait profiter de la discrétion de la nuit tombante pour convoyer en bateau son père vers le lieu de détention où il aurait passé le reste de ses jours. C’est donc un cadavre qu’il va immerger en mer, après le coucher de soleil de ce 13 avril, au moment exact où, compte tenu du décalage horaire, Dreyfus est transféré de l’île Royale à l’île du Diable où il a été condamné à finir ses jours.

Ce drame entre le Père et le Fils s’est conclu dans la nuit pascale, car Pâques tombait le 14 avril en 1895. Je viens de vérifier ici qu’il en était de même en 1560, et c’est donc également la veille de Pâques qu’un Père n’a pu empêcher la mort de son Fils, dont il s’estimait en partie responsable (cette page en français a une orthographe approximative, mais elle est confirmée par d’autres sources).

Ballmeyer-Bellmer, Larsan-Cardan… Et l’invention majeure de Cardan, le cardan précisément, résonne avec Rouletabille, que Leroux avait d’abord baptisé Boîtabille.

Le 1er mai où j’ai feuilleté chez mon ami montmartrois la revue Obliques sur Bellmer, nous avons ensuite fait un tour ensemble au cimetière Montmartre, où je venais pour la première fois. Le hasard de nos pérégrinations nous a fait passer devant la tombe de Gaston Leroux, décédé le 15 avril 1927, un Vendredi saint.

 

Rémi Schulz, le 12/05/07note

 

Note unique : à 12 h 05 ce 12/05 où je viens de terminer la relecture de ce texte, France-Musique passe Dalida. Il y avait une animation spéciale le 1er mai au cimetière Montmartre, à l’occasion du 20e anniversaire de la mort de la chanteuse.

Eh non, dernière minute au moment où j’allais clore, je vais éteindre le gaz et mon regard tombe sur une feuille en évidence sur des papiers de ma femme, avec en gros CANDRA se déplace : il s’agit d’une maroquinerie de Digne dont elle est cliente, et qui change d’adresse. L’ARS MAGNA de CARDAN se déplace en ANAGRAMS de CANDRA…

Beau de Rochas, inventeur du cycle à 4 temps, aussi nécessaire à l’industrie automobile que le cardan. est né le 7 avril 1815 à Digne, la ville du magasin Candra (baptisé ainsi par son fondateur à partir de syllabes des noms de ses deux enfants).

Et puis je repense que le dernier avatar de Larsan-Ballmeyer est Darzac, dont il a pris l’apparence pour épouser à nouveau la dame en noir, la mère de Rouletabille, Mathilde Stangerson (soit Threnodials + magnets). DarzaC contient les lettres CD qui manquaient à Larsan pour faire Cardan, et mieux encore darZac et cardaN ne diffèrent que par les lettres Z et N identiques au quart de tour près. Le matin du 26 avril, l’autre Dominique m’avait montré un exemplaire du Jeu de l’oie de Marcel Schneider (=52-85, autre relation dorée minimale), annoté par un Japonais qui avait la particularité de faire ses U majuscules comme des N inversés. Je lui avais alors dit qu’un habitant de RIEZ faisait de même, ce que j’avais vu peu après que Jean-Pierre le Goff se soit interrogé sur l’inscription RIEN, avec un N inversé, qu’il avait trouvée au bas des marches du Regard de la lanterne, accès à un ruisseau passant sous la place des Fêtes. J’avais suggéré qu’il aurait pu s’agir d’un RIEU, « ruisseau » en occitan, en m’émerveillant d’avoir découvert cette solution à RIEZ, qu’un quart de tour du Z transforme en RIEN.

 

Note ultérieure du 20/6/7 : hier j’ai ajouté une note sur Girolamo Cardano = 146 en rapport d’or avec le couple Bellmer-Zürn = 236, peu avant de regarder Le mystère de la chambre jaune à la TV, d’un œil car je l’avais déjà vu. J’y avais fait peu attention alors à une innovation par rapport au livre, pourtant suivi assez fidèlement. Les noms de Larsan, Ballmeyer et Jean Roussel, ont été résumés en un seul, Jean Ballmeyer, et Jean c’est Hans en allemand. Je me souviens qu’il apparaît une poupée dans l’œuvre de Gaston Leroux, La poupée sanglante.

Le père de Mathilde Stangerson est joué par Michael Lonsdale, dont j’ai machinalement calculé les valeurs, 51-82, un nom doré… J’ai aussitôt pensé qu’il était l’un des principaux interprètes des Jeux de la comtesse Dolingen de Gratz, le film de C. Binet produit par G. Perec d’après Sombre printemps d’U. Zürn. L’autre interprète principal est Carol Kane = 49-31, encore un nom doré !

Lonsdale et Kane forment le couple Bertrand et Louise Haines-Pearson, les personnages principaux donc, avec cette particularité que Lonsdale n’apparaît de face qu’à la fin du film.

La première page française que je trouve sur ce film est celle du Forum des images, qui donne comme 3 premiers interprètes :

C’est évidemment une erreur qui sera peut-être rectifiée, mais voici encore une triade de noms dorés à l’affiche de ce film né des rencontres Bellmer-Zürn et Perec-Binet. Les Films du Nautile n’ont produit que cet unique film, or la coquille du Nautile est fréquemment citée pour sa spirale d’or (peut-être à tort selon certains, mais une célèbre affiche montre la coquille à côté du nombre d’or).

Juste avant de regarder ce film le 19/6, je venais d’achever un billet sur mon blog consacré à un autre film « doré » découvert par hasard.