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yaron vert

 

 

 

Cette page est une suite de mon billet blog sur Le Rayon vert de Rohmer, qu’il est conseillé de consulter d’abord.

 

Anniversaire

Le 18 septembre 06, je reçus vers 11 h un paquet contenant le petit livre Gibbey ! Dernières nouvelles !, de J. Barine, prélude à la série de coïncidences relatées ici.

Le 18 septembre 07, je reçus vers 11 h un paquet contenant 4 DVD de Rohmer, commandés 4 jours plus tôt à la suite de la vision à la TV de Conte d’été.

Depuis avril je m’intéresse aux films de Rohmer, après avoir vu Ma nuit chez Maud qui m’a donné l’idée de créer un blog, où je mettrais des choses diverses difficiles à intégrer aux rubriques actuelles de mon site. Puis j’ai vu quelques autres films de Rohmer, ceux que proposait ma médiathèque et ceux que diffusait la télé, et deux d’entre eux ont conforté mon idée d’une possible construction selon le nombre d’or.

Enfin il y a eu Conte d’été le 13 septembre, prétexte à un autre billet, m’amenant le lendemain à décider que je ne pouvais plus me contenter d’attendre les rediffusions TV, et donc à m’inscrire auprès d’un loueur de DVD en ligne, et à commander une première série de 4 films de Rohmer. Je regardai immédiatement Le Rayon vert, qui m’intéressait depuis longtemps pour diverses raisons.

A la même heure le 18 septembre 06, j’avais différé ma lecture du livre de Barine parce que j’avais une balade programmée du côté de Jaron, lieu-dit des environs de Mézel, et ce sont des coïncidences autour du nombre d’or rencontrées à Jaron qui m’ont amené aux formidables coïncidences onomastiques détaillées sur la page déjà mentionnée, où j’écrivais notamment :

Ceci m’a fait me demander si jaron avait un sens en hébreu, langue que je connais un peu. Oui, jaron ou yaron est la troisième personne du verbe ranan, « chanter joyeusement », « exulter ».

YARON est l’anagramme parfaite de RAYON, et j’avais illustré ma page avec le panneau indiquant le nom du lieu-dit, en VERT sur fond blanc, panneau lui-même fixé sur un piquet VERT (et au milieu de la verdure) :  

Après brève enquête, ce panneau ne répond qu’à la norme locale de la commune de Beynes. Sur ma commune voisine, Mézel, les noms des lieux-dits sont en noir, entourés d’un liseré rouge, sur fond blanc.

 

Bach et Verne

Ce film de Rohmer est exceptionnel en ce qu’il est le seul à avoir une musique propre. Dans tous ses autres films il n’y a de musique que si les personnages en écoutent (ou en font).

Cette musique se limite à un air monodique, joué au saxo à de rares occasions du film, et cet air a été écrit par Rohmer lui-même :

Il explique qu’il est parti des notes BACH, soit si bémol-la-do-si naturel dans la notation allemande, mais que divers tâtonnements l’ont amené à la mélodie ci-dessus, qui débute par les notes CHBE, A n’apparaissant que dans la dernière mesure.

Pour le musicologue, ce thème de 8 mesures se scinde en deux parties de 4 mesures, la seconde étant pratiquement le renversement de la première, soit la lecture dans un miroir horizontal (l’autre lecture spéculaire, la rétrogradation, s’obtient avec un miroir vertical). Il y a deux différences : la première phrase musicale a dix notes, la seconde omet la 10e, et la 8e est un sol au lieu d’un si qui serait le renversement attendu du fa (de fait le renversement exact de la première phrase ne passerait pas bien, alors que la solution de Rohmer est plutôt audible).

Il est assez évident que Rohmer a des connaissances musicales, et qu’il a pensé ici à l’Art de la fugue de Bach, s’achevant sur une fameuse fugue dont la fin a été perdue, le Contrapunctus XIV où Bach, pour la première fois de sa vie, a débuté un thème par les notes BACH épelant son nom. Ce thème a 10 notes, et Bach l’utilise ensuite renversé, mais sa forme renversée n’est pas le strict renversement de la forme première, n’ayant ainsi que 7 notes. Par ailleurs Bach s’est montré le maître sans rival du renversement avec les deux contrepoints précédents, deux fugues à 3 et 4 voix qui ont une seconde version en miroir, note pour note.

 

J’ai exploré les pistes raisonnables dans mon billet blog, d’autres le sont beaucoup moins, en étroite corrélation avec mes propres recherches, bachiennes et autres.

Il y a d’abord ceci, voulu ou non par Rohmer : le chapitrage du film sur le DVD le segmente en 14 chapitres, or 14 correspond à la somme des rangs des lettres-notes BACH, et il est aujourd’hui admis que ce n’est pas un hasard si Bach a choisi de signer son testament musical dans sa 14e et dernière fugue.

Dans le 14e chapitre, le thème qui n’avait été entendu jusqu’ici qu’à de rares occasions sous sa forme monodique est repris aux cordes sous une forme fuguée, due à Jean-Louis Valero.

Peut-être donc ce partage en 14 chapitres est-il dû à Rohmer, mais il relève du pur hasard qu’il m’ait semblé indispensable le 14 septembre de commander Le Rayon vert, à cause de la vision la veille de Conte d’été. Alors que j’avais depuis le début de mon blog le 14 avril décidé de me limiter à 2 billets mensuels, il m’a encore paru indispensable de déroger à cette règle pour écrire un 3e billet de septembre sur Conte d’été, soit le 13e du blog, puis un 4e sur Le Rayon vert, soit le 14e

Cela parce que j’ai vu des possibilités immédiates de structures d’or dans ces deux films, qui ont un autre point commun : la chanson de Conte d’été, La fille du corsaire, à la composition de laquelle le spectateur assiste « en direct », a également été écrite par Rohmer…

 

Si ce film est le premier que j’ai désiré commander et regarder, c’est que je savais depuis plusieurs années que sa musique était basée sur les notes BACH, et que l’interprète principale en était Marie RIVIERE (Bach en allemand). Je l’avais appris le 9 mars 04 dans un contexte de coïncidences multiples autour des poissons, où intervenait aussi le dauphin, et voici que cette Rivière interprète un personnage nommé Delphine.

J’attendais cependant jusqu’ici une hypothétique diffusion TV pour découvrir ce film, et puis ma découverte des structures d’or chez Rohmer a accru mon intérêt jusqu’à ce 14 septembre… Il se trouve que le dernier volet de mes recherches bachiennes avait été cette page en août, consacrée à la Passion selon Saint-Jean. Elle tournait aussi autour des poissons, et donnait le lien vers la page précédemment signalée. Par ailleurs c’était la première de mes pages bachiennes où je commentais le mot Bach explicitement présent dans la musique bachienne : le premier récitatif de cette Passion débute par les mots de l’évangéliste « Jesus ging mit seinen Jüngern über den Bach Kidron » en 14 syllabes et 14 notes.

J’avais commencé cette page le 2 août, aussi je l’avais dédiée à mon ami Jean-Pierre Le Goff, dont c’est l’anniversaire. Parmi les sujets d’intérêt de Le Goff figurent le nombre d’or et le rayon vert, or la section d’or du Rayon vert de Rohmer tombe au moment où Delphine (Marie Rivière) entend un groupe de personnes discuter du rayon vert, à Biarritz, le 2 août.

 

Ces personnes évoquent notamment le roman de Jules Verne, que j’avais lu, mais un nouveau coup d’œil fut enrichissant. Le roman se passe dans les îles écossaises, notamment à Iona où les protagonistes arrivent au chapitre 14, et j’ai écrit en juillet un billet blog à propos d’Iona. J’avais alors cherché la signification originelle du nom de l’île, sans la trouver sur le net, et sans penser au roman de Verne, où il y a une proposition qui m’a permis d’aller plus loin et de compléter le billet.

Par ailleurs j’avais vu, notamment à la fin de cette page sur Bach, des possibilités de relier Verne à Bach, notamment dans le seul « roman musical » de Verne, L’île à hélice dont les héros sont les membres d’un quatuor dont le chef est le violoncelliste Sébastien Zorn. Bach était couramment appelé Sébastien Bach au 19e siècle, et Zorn est également un substantif allemand, signifiant « colère ». Ce roman est en 2 parties de 14 chapitres chacune ; le chef Zorn a 55 ans tandis que ses violons totalisent à eux trois 89 ans : 55 et 89 sont des nombres de Fibonacci que je rencontre dans plusieurs jeux bachiens…

 

13 septembre

Le Goff a réuni dans Du crayon vert (Au crayon qui tue, 2001) ses aventures autour des crayons et rayons verts. Il relève notamment une coïncidence de date : le 13 septembre 97, il découvrit chez un bouquiniste le livre La vie jusqu’au bout du rêve, de Maurice Patry, qu’il lui sembla opportun d’acheter et d’envoyer à un ami. Ce même jour un ami de Le Goff lui posta Perles, de Celia Brayfield. Les destinataires de ces livres y trouvèrent des résonances bien au-delà de ce qu’imaginaient les envoyeurs, le détail en importe assez peu ici. Le rayon vert n’apparaît qu’en rapport indirect à ces coïncidences, avec une illustration montrant un rayon vert transformé par un rêveur en un voilier…

Ce qui m’a frappé est la date commune de ces envois, un 13 septembre, 10 ans exactement avant la diffusion sur Arte de Conte d’été, dont une conséquence pour moi a été la vision du Rayon Vert 5 jours plus tard, avec Hubert Reeves venant faire son cours sur le rayon vert à la section d’or du film. Le Goff avait intitulé son histoire Au bout du rêve.

Ce 13 septembre 07 a été aussi pour moi marqué par un beau hasard. L’après-midi, FR3 diffusait à 15 h un film que j’avais aimé jadis, L’Alibi, de Pierre Chenal (1937), et j’étais au rendez-vous. Il devait y avoir fort longtemps que je l’avais vu, car je n’avais pas alors remarqué le nom de l’inquiétant assassin joué par Von Stroheim, le professeur Winckler. Il y a maintenant près de 12 ans que j’étudie l’œuvre de Perec où Gaspard Winckler est un nom récurrent dans plusieurs livres, notamment dans La vie mode d’emploi où il a ourdi une longue vengeance à l’encontre de Bartlebooth, lequel meurt en serrant dans sa main la dernière pièce d’un puzzle, en forme de W comme Winckler, alors que l’espace libre du puzzle est en forme de X, ou croix de Saint-André.

Le professeur Winckler de Chenal tue un homme surgi de son passé, puis s’achète un alibi auprès de l’entraîneuse Hélène. Le commissaire Callas parvient à démonter l’alibi en montant une fausse accusation contre un André (X croix de Saint-André) aimé d’Hélène, ce qui conduit Winckler au suicide, laissant un message sur un miroir à Callas :

Bien joué

Compliments

          W

Ceci m’a semblé être une piste intéressante, au moins autant que celle proposée par David Bellos qui a vu que la logeuse de M (le Maudit de Lang) était une Frau Winckler.

Chenal, de son vrai nom Cohen, a dû s’exiler en 1942.

 

J’étais donc un brin remué par cette découverte lorsque j’ai regardé le soir Conte d’été, or son principal personnage est Gaspard ! N’en est donné que le prénom, et il en va de même de ses trois amies, dont la plus sérieuse est Margot. La femme de Gaspard Winckler, morte en 1943, se nommait Marguerite.

 

Népotisme

A vrai dire, il m’a fallu quelques jours avant de faire le lien entre Margot de Gaspard X et Marguerite Winckler, et ce lien s’est opéré dans des circonstances encore hautement bizarres.

Le 18 septembre j’ai donc reçu vers 11 h un lot de 4 DVD de Rohmer, et nous n’avons pas tardé à regarder Le Rayon vert. Pas tout à fait jusqu’au bout, cependant, car nous devions passer l’après-midi à Digne. J’en ai profité pour passer à la médiathèque où, pour la première fois, j’ai consulté le catalogue à la rubrique Rohmer, particulièrement dans l’espoir de découvrir des scripts publiés dans L’Avant-scène. Il y en avait bien un, mais aussi une surprise, le roman de jeunesse de Rohmer, publié sous pseudonyme en 1946, La maison d’Elisabeth, venant d’être réédité.

Je l’ai feuilleté le soir, et suis tombé page 144 sur quelque chose qui m’a sidéré :

Je m’étais émerveillé le matin de trouver dans Le Rayon vert une affiche signée Jacques Hains, alors que Conte d’été m’avait fait penser à Raymond Hains, et voici qu’apparaît une Marguerite Neveux, alors que mon billet Oncle et Neveux évoquait l’historienne de l’art Marguerite Neveux, auteur d’une étude sur le nombre d’or dans la peinture française. Cette rencontre m’a fait prendre conscience que je n’avais pas un instant pensé à cette Marguerite lors de mes considérations dorées sur la Margot-Marguerite de Conte d’été.

Et que vient faire cette autre (du moins je le suppose car l’historienne ne devait pas être née lors de l’écriture du roman) Marguerite Neveux chez Rohmer ? J’ai lu avec peine ce livre heureusement pas trop long, et je dois avouer que je n’y ai à aucun moment partagé quoi que ce soit avec l’auteur. Des tas de personnages se perdent dans des futilités diverses. A un moment, sans que rien ne le laisse présager auparavant, Elisabeth va donc sonner à la porte de cette couturière, mais le chapitre se clôt là et nous ignorerons tout de leur éventuelle entrevue…

Toujours est-il que cette ligne Marguerite Neveux – Couture est la seule particularité typographique de tout le roman.

La maison d’Elisabeth est sise à Percy, localité imaginaire des environs de Meaux (Percival Bartebooth est le personnage principal de La Vie mode d’emploi, sensible au charme de Marguerite Winckler).

 

38-62-100

Le 28 septembre, j’ai découvert un article d’un blog commentant les pages de mon blog sur Rohmer et le nombre d’or.

L’auteur y avait inclus divers liens vers des sites sur le nombre d’or, dont un que je ne connaissais pas, où j’ai découvert une nouvelle forme poétique en 1-6-1-8 vers, exprimant l'approximation courante à 3 décimales du nombre d'or, 1.618.

La page offrait 4 poèmes de ce type, liés par une même thématique et gouvernés chacun par le même acrostiche, "L'eau va à la rivière". Ceci m'émerveille pour de multiples coïncidences :

– le nouvel article de mon blog, alors inconnu de mon commentateur, concernait les pleurs de Marie Rivière dans Le Rayon vert...

– l'acrostiche pourrait exprimer les approximations à 1 et 2 décimales de Phi:

- .6 + 1 =  1.6 car LEAUVA à 6 lettres et ALARIVIERE 10

- .62 + 1 = 1.62 car à ce découpage immédiat correspondent les gématries 62 et 100 (Rappel: le gématron de Gef est ici)

– cette suite d’or significative (38)-62-100 intervenait aussi dans l’affaire de Jaron, multipliée par 7 (266-434-700), j’en connais un exemple remarquable dans la musique de Bach (rivière), multipliée par 3 (114-186-300), et trois autres exemples récents :

- En août je suis resté baba devant le découpage des 100% de subventions pour la réfection de ND du Port en 38-24-38.

- En juin j’ai trouvé chez un bouquiniste un livre de Max Aub, Crimes exemplaires, qui m’a intrigué et que j’ai acheté. Je me suis avisé ensuite que MAX = 38 et AUB = 24, et que la partie principale de ce recueil de MAX AUB = 62 était une suite de 100 crimes, intitulée Confessions.

- Dans son Du Crayon vert, Le Goff parle d’une nouvelle de Algernon Blackwood, Max Hensig, et c’est encore un nom doré avec MAX = 38 et HENSIG = 62, complétant le cas précédent. Max Hensig est un médecin criminel qui utilise un stylo dont la plume inocule le germe du typhus… Il aurait été idéal qu’un des crimes de Max Aub ait fait intervenir un crayon, mais je n’ai trouvé aucune possibilité en ce sens.

 

un poème drôlement phichu

La forme en 1-6-1-8 vers m'a rappelé une coïncidence vue récemment sur 30 et 60 décimales de Phi, soit 1 (ou 0 pour phi), virgule

618 033 988 749 894 848 204 586 834 365

638 117 720 309 179 805 762 862 135 448

 

Il serait trop long d'expliquer pourquoi je trouve fabuleux que les 30 premières décimales s'achèvent sur 365, et les 30 suivantes sur 448 (voir en partie ici), toujours est-il que je me suis dit le 29 septembre que le lendemain était le 30 septembre, remarquable

- niveau phi car 30/9 > 309 = 618/2

- niveau 365 car c'est le 273e jour de l'année, et la gématrie de « trois cent soixante-cinq » est 273

- niveau la création dont il était question ici car 365+448 = 813


D'où l'idée d'écrire un poème sur phi, avec ses 60 premières décimales exprimées par des mots de nombres de lettres correspondants (10 lettres pour un 0). Voici :



     Trois cent cinq soixante


Nombre d'original,

coïncidant dès son éclatante huitième décimale,

sixième pour Fibonacci.

Derrière viendront plus imprécis

deux chiffres en vingtièmes,

puis, aurum velleris, chacun devinera son sème,

vil cuivre promu,

anobli par alchimie à l'annuité révolue.


Oh miraculeux phi,

proportion calibrant d'intimes harmonies,

certains appelèrent cette section divine,

ou deuxième trente,

et c'est trois cent cinq soixante.



Avec son titre, le poème compte 365 lettres, "trois cent cinq soixante" me suis-je permis d’écrire, à l’allemande (dreihundert fünfundsechsig).

Surtout motivé par le concept, j'ai bâclé la réalisation, faisant confiance au hasard qui donne les résultats suivants :

- 2402 gématrie des 37 mots de la 1e strophe (le 24/02 est le bissexte julien)

- 1565 pour les 23 mots de la seconde, soit le tétragramme YHWH (60 se répartit selon phi en 37-23)

- le Gématron donne la petite section d'or des 365 lettres (avec le titre) ainsi :

deux54 chiffres74 en19 vingt[1618]ièmes123[270]

soit donc un 1618 apparaissant alors que le déclic de départ avait été le poème 1-6-1-8, et à un point non quelconque puisque ce passage souligne que les décimales 19-20 de phi sont 20.

 

 

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