Elisabeth Lovendale

Louis Roman et Louise Loven

Le contrepoint XIV

roman amor

Roman Novel

Noir roman et Amour noir

Les Monte-en-l’air

Gématrie chez Leblanc

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LE CONTREPOINT XIV

 

Comme les 18 lettres du roi George IV à Dorothée imaginées par Leblanc, il existe une œuvre en 18 parties dont la 14e, pourtant essentielle, manque, ou du moins est incomplète.

Il s’agit de L’Art de la Fugue, dernière œuvre de JS Bach, mais avant d’aller plus loin j’essaierai d’indiquer en quoi il pourrait y avoir un rapport entre le Bach et Leblanc.

L’Agence Barnett et Cie est un titre dont les substantifs mettent aisément en évidence les initiales ABC. C’est un recueil de 8 nouvelles où il me semble distinguer des réminiscences de l’emploi des mots de 8 lettres débutant par H, Huitième lettre, caractéristique des Huit coups de l’Horloge.

Si Lupin ne se montre guère mélomane en général, on voit dans Les Douze Africaines de Béchoux Jim Barnett prendre des cours de flûte avec Mlle Haveline, nom de 8 lettres débutant par H qu’on peut éventuellement interpréter : (to) have line, avoir une lignée (généalogique).

Si j’ai pu parvenir à 14-1.13-15.18 ou N-AM-OR en considérant la lettre d’amour no 14 extraite des 18 lettres, il est fascinant de constater qu’en considérant La Lettre d’amour 2e nouvelle parmi les 8 du recueil, le même jeu conduise à 2-1-3.8 ou B-ACH.

Et la 3e nouvelle, qui achèverait cette partie du nom BACH formée des lettres consécutives ABC, se nomme précisément La partie de BACcara (c’est moi qui majuscule).

 

On peut revenir à Bach, qui a collaboré étroitement avec son imprimeur pour éditer son Art de la Fugue conformément à sa volonté. Il a ainsi été établi que la plupart des matrices de cuivre utilisées pour cette édition posthume avaient été calquées sur des feuillets spécialement préparés par Bach lui-même.  Le recueil se serait ainsi composé de 18 pièces :

14 fugues intitulées Contrapunctus I à XIV, sur un même thème, connu comme le Grand Thème, occupant les pages 1 à 50

4 canons sur des variantes de ce Grand Thème, occupant les pages 51 à 59

 

Mais Bach, malade, aveugle, mort enfin, n’a pu mener à terme cette dernière entreprise. De peu, car sur ces 59 pages prévues ne manque que la musique correspondant à une page, la dernière du Contrapunctus XIV qui aurait occupé les pages 46 à 50. La fin connue du manuscrit de cette fugue s’achève sur une mesure incomplète, ceci probablement parce qu’il s’agissait de faire le lien avec le début d’une autre feuille débutant par cette mesure complète, la page 50, précisément, qui aurait contenu la fin de la fugue, déjà écrite.

Or cette page aurait été la principale. Peut-être pas d’un point de vue musical, d’autant plus subjectif ici que la musique est inconnue, mais du point de vue du sens. Ce Contrepoint 14 est une fugue à 4 thèmes. La gageure des fugues à plusieurs thèmes est d’exposer des thèmes à première ouïe fort différents pour montrer ensuite qu’ils se superposent harmonieusement. L’exercice ici est encore plus inventif : après avoir entendu un premier thème, et ses variations fuguées, puis un second thème, ses variations fuguées et ses superpositions avec le premier thème, vient un troisième thème qui n’est autre que BACH, le nom de l’auteur dont les lettres sont aussi des notes selon la notation allemande, formant un motif chromatique unique. Après développement de ce thème BACH vient la superposition des trois thèmes après laquelle s’interrompt le manuscrit.

Or il serait apparu ensuite le Grand Thème, selon une évidence péremptoire dès qu’on entend les quatre thèmes correctement superposés, mais cette reconnaissance n’a eu lieu que plus d’un siècle plus tard. Bach avait si bien mené sa barque que ses propres fils n’ont pas aperçu cette implication, qu’ils n’ont donc pas compris que ce manuscrit faisait partie de L’Art de la Fugue et le couronnait, et qu’ils l’ont classé comme une fugue à trois thèmes. Lors de l’édition posthume, le trou laissé par l’absence du Contrepoint 14 a été rempli par une version antérieure du Contrepoint 10, et la « Fugue à trois sujets » reléguée en annexe avec une autre pièce sans rapport avec L’Art de la Fugue.

Il va de soi que Bach ne s’est pas aperçu par hasard qu’il pouvait utiliser son nom dans son testament musical, aussi le Grand Thème a-t-il été conçu pour permettre cette superposition, et chaque passage de L’Art de la Fugue est-il déterminé peu ou prou par le nom Bach. Mais la présence du nom BACH va bien plus loin :

- Si ce thème BACH apparaît dans le 14e et dernier Contrepoint, c’est assez certainement parce que ces lettres-notes ont les rangs 2-1-3-8 de somme 14.

- Si c’est une fugue à 4 thèmes, c’est fort probablement parce que le nom BACH a 4 lettres.

- Si ce climax est suivi par 4 canons, c’est vraisemblablement pour la même raison.

- Sans prétendre se substituer au génie du compositeur, on peut avancer que cette partie manquante de L’Art de la Fugue ait été la première composée par Bach, qu’il l’ait couchée sur le papier ou non.

 

Approfondir les signatures numériques de Bach serait une tâche colossale, il suffira de dire qu’il y en a de multiples cas, souvent probants, et renvoyer par exemple au Bach et le Nombre de Van Houten et Kasbergen. Eux, et d’autres, supposent que la dilection de Bach pour les nombres 2-1-3-8 se soit étendue à toutes leurs combinaisons.

La constatation que le Contrepoint 14, en l’état, compte 238 mesures achevées et 1 mesure incomplète les a conduit à supposer que Bach ait sciemment laissé son œuvre inachevée. Un autre commentateur, Walter Corten, y dénombre 50 thèmes, 12 thèmes BACH et 38 autres thèmes. Pour ma part j’ai relevé d’autres curiosités, parmi lesquelles :

- le Contrapunctus 14 a 1 page manquante pour 4 présentes, 1-4 pour 14.

- c’est la page 50 qui manque, or XIV correspond dans l’alphabet latin aux lettres de rangs 21-9-20, de somme 50.

- L’Art de la Fugue a 1 page manquante pour 58 présentes, 1-58 pour 158 valeur de JOHANN SEBASTIAN BACH selon ce même alphabet.

- on compte sur les 58 pages 2088 mesures (58x36), et 2088 + 50 (numéro de la page manquante – qui pourrait compter 50 mesures !) = 2138 !

Bien qu’on puisse avancer d’autres remarquables coïncidences liées à cet inachèvement, un supposé machiavélisme s’accorde mal avec les détails des manuscrits et avec la pagaille de l’édition posthume. Ce n’est que grâce à la chance, au progrès technique, et à quelques cerveaux brillants qu’a pu être retrouvé il y a peu le plan prévu par Bach.

 

Il est utile de mettre ces coïncidences en parallèle avec celles de L’Agence Barnett, où on ne peut guère supposer d’intentionnalité, car le plan de L’Art de la Fugue n’était alors ni connu, ni connaissable, sa découverte étant liée à l’examen grâce aux techniques modernes de l’édition originale de 1752.

D’autres coïncidences peuvent maintenant être exposées :

- Il est remarquable que Leblanc ait choisi un auteur contemporain de Bach (1685-1750), Richardson (1689-1761), dont le début de l’œuvre romanesque se situe en 1740, et Bach a commencé l’écriture de L’Art de la Fugue vers 1740 également.

- Cette œuvre romanesque s’étale sur 14 ans, 1740-1754.

- SAMUEL RICHARDSON = 67 + 104 = 171, selon les rangs de l’alphabet latin généralement utilisé par les exégètes de Bach, la même gématrie que pour les 18 premières lettres ou les 18 lettres ELISABETH LOVENDALE selon l’alphabet actuel. Selon ce dernier, SAMUEL RICHARDSON = 71 + 109 = 180 = DIX-HUIT LETTRES (= 37 + 58 + 85)

- Le nombre 50 de la page disparue du Contrepoint 14 apparaît également puisque le libraire assassiné réclamait cinquante mille francs ! Pas un sou de moins ! pour le volume XIV de Richardson contenant la lettre 14, un volume dépareillé qui sans cette lettre valait cinquante francs.

- L’assassin et voleur de la lettre 14 est dit fugitif, terme qui n’apparaît qu’une unique autre fois, dans la 8e et dernière nouvelle – correspondant au H, auquel pourrait aussi correspondre le Grand Thème absent dans la 14e fugue à 4 thèmes homologués aux 4 lettres BACH.

- Enfin, niveau ultime, où aucune intentionnalité ne peut être soupçonnée, L’Agence Barnett est disponible sur le réseau comme 14e œuvre du corpus Lupin, l’ordre adopté ici étant celui de la chronologie fort discutable établie par Francis Lacassin, et, selon un format qui n’a pas été choisi pour ce texte particulier, c’est à la page 14 de cette 14e œuvre qu’apparaît le témoignage d’Elisabeth Lovendale et l’évocation du volume XIV de Richardson et de la lettre 14 du roi George.

http://ca.geocities.com/corpusmortuum/Lupin/14-Barnett.pdf

 

Il est un autre niveau de lecture,  encore plus abasourdissant.

Pour les auteurs du précité Bach et le Nombre, Bach était un secret adepte de la Rose+Croix, et sa musique contiendrait de multiples allusions à sa foi cachée. On peut sourire en songeant à l’image usuelle de bon vivant du Cantor, mais l’ingéniosité des Hollandais est troublante, et tout à fait convaincante dans leur analyse du premier manifeste rosicrucien de 1614 où ils décodent les dates essentielles du fondateur de l’ordre, Christian Rosencreutz, né en 1378, mort à 106 ans en 1484, dont le corps miraculeusement conservé aurait été découvert 120 ans plus tard dans un caveau secret.

Ces dates apparaîtront ensuite en clair dans d’autres manifestes, ou feront l’objet d’autres codages, ce qui montre leur importance en tant que signes de reconnaissance parmi les membres de la secte.

S’il n’y a aucune difficulté à admettre la validité de ces investigations, les choses se gâtent quand on en arrive à Bach qu’aucun fait objectif ne relie à l’ésotérisme en général, à la Rose+Croix en particulier, mais on peut se laisser ébranler par les investigations des Hollandais, à moins d’être comme moi sceptique devant l’interprétation obligatoire de coïncidences qui me semblent d’abord valoir pour elles-mêmes, ce qui est déjà ça.

 

S’il est impossible de résumer ce bouquin foisonnant, je m’attacherai au thème BACH du Contrepoint 14. Ces 4 notes valent donc 14, elles sont suivies d’une résolution extrêmement simple en 6 notes de valeur 106.

Or 106 ans est la durée de vie de Rosencreutz

14 x 106 = 1484, mort de Rosencreutz

Et 14 + 106 = 120, le temps où son corps est resté caché dans son caveau (Post CXX annos patebo)

Ces relations permettent de constater que la vie de Christian Rosecroix, né en 1378 = 13 x 106, mort en 1484 = 14 x 106, s’inscrit harmonieusement dans l’ère chrétienne. Peut-être est-ce par hasard, ces dates correspondant à des événements historiques précis (la déchéance catholique romaine avec le début des antipapes et la naissance de Luther). Il est également difficile d’imaginer que la simplicité du thème BACH cache de telles allusions, nouveau hasard donc.

Le hasard persiste et devient exceptionnel selon une lecture rosicrucienne de Leblanc. On ne m’a pas attendu pour ça, voir par exemple Arsène Lupin Supérieur Inconnu de Patrick Ferté, ou, plus caustique, Le Pendule de Foucault, d’Eco, en 120 chapitres, avec apparition du Lupin de L’Aiguille creuse au chapitre 106.

L’Aiguille creuse se passe en 1908, 18 x 106, et on y voit la découverte d’un corps dans un caveau auquel Beautrelet, qui fête ses 18 ans cette année, accède par une échelle de 18 échelons. La découverte d’un ou de plusieurs cadavres morts de longue date apparaît à maintes reprises chez Leblanc, notamment dans la première nouvelle des Huit coups de l’Horloge, que divers indices situent en 08, en 1908 (et le fichier correspondant de geocities est 08-Horloge.pdf !).

La découverte du corps de Rosencreutz s’accompagne de celle d’un livre, le livre M. C’est dans une niche de pierre qu’on découvre le tome 14 de Richardson, « le volume que l’on cherche depuis cent ans ». Si Francis Lacassin a daté les enquêtes de Jim Barnett en 1920, c’est en faisant violence au texte qui les situe « peu d’années avant la guerre » ; de fait un autre lupiniste, André-François Ruaud, les date de 1908 ! (il n’existe en fait pas de bonne chronologie, les textes contenant des contradictions incontournables).

Il faudrait aussi mentionner les 106 ans de la comtesse de Cagliostro, l’occultiste dont le Lupin de 20 ans tombe amoureux en 1894, les allusions ésotériques sont si nombreuses chez Leblanc qu’elles ont nourri maints épais volumes, mais je pense être le premier à avoir souligné la possible correspondance entre les 18 « lettres » et une échelle de 18 périodes de 106 ans dont la 14e correspondrait à la vie de Christian Rose+Croix.

Son terme 1908 correspond aussi à une époque « cruciale » de résurgences rosicruciennes. En 1909 notamment concourent divers événements :

- Gaston Leroux publie Le Fauteuil hanté pour s’opposer à l’élection à l’Académie du Sar Péladan, fondateur d’une Rose-Croix catholique en 1890, proche de Georgette Leblanc, sœur de Maurice.

- L’américain H Spencer Lewis fonde l’ordre Rose-Croix AMORC, après avoir été initié dans un lieu secret près de Toulouse en 1908.

- Le danois Max Heinkel publie sa Cosmogonie des Rose-croix, puis fonde deux ans après la Rosicrucian Fellowship.

- Le 5 avril l’autrichien Rudolf Steiner pose la première pierre d’un temple rosicrucien à Malsch, il fondera en 1913 son Anthroposophie d’inspiration rosicrucienne.

 

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