Czul Shimer
Comme d’habitude, la grande Brenda en dit le moins pour signifier le plus. 1606 = (11.2)(73) et au revoir. Tous les détails de ces 6 phrases, 43 mots, 147 lettres pourraient être étudiés, par exemple la seconde phrase, dont les 11 mots ont pour gématrie 307, un 37 disjonctif… Une curiosité fascinante est donnée par les trois nombres de cette page 73, non foliotée, qui s’écrivent en toutes lettres :
ONZE = 60
DEUX = 54 (…)
QUARANTE = 97
TROIS = 81 (EXE/TER = 34/43)
–––
292 = 4 . 73 (et 473 = 11.43)
Les 21 lettres (7.3) de ces 4 mots sont en harmonie avec les 147 lettres (7.21) des 43 mots écrits en toutes lettres, les gématries le sont aussi avec un important diviseur commun, 146 : 1606+292 = (11+2)(146)
Aussi 11+2+40+3 = 56 = 4 . 14, et QUATORZE = GEORGESPEREC = 123
« Je remonte le drap » est une citation de Comme d’habitude, légèrement modifiée car les paroles officielles données page 260 sont « je remont’ le drap » ; cette apocope donnerait 146 lettres. La disparition d’un E est bougrement perecquienne, mais cet E est encore, en comptant les 3 chiffres de « 2 » et « 43 », le 100e caractère alphanumérique de ce chapitre 11, ce qui rappelle une autre œuvre de PereC où un chapitre C a disparu. Qui plus est cet E est aussi le 60e caractère du second paragraphe, et le clinamen a touché la dernière de la série de 60 lignes en E du compendium, celle qui aurait dû commencer par un E.
La poursuite de cette analyse n’appartenait en fait pas à Brenda Mergan, puisqu’il ne s’agit pas d’un texte de Perec. J’admire, comme d’ailleurs aussi Brasseur, l’ingéniosité et la finesse déployées par Bernard Magné dans ses lectures. Il est clair qu’il faut reconnaître l’omniprésence du 11 dans l’œuvre de Perec, mais faut-il toujours donner une résonance tragique à des 11 qui semblent souvent purement ludiques ? S’il faut aussi admettre plusieurs concomitances loin d’être triviales du 11 et du 43, faut-il absolument les interpréter, sachant que des réseaux de coïncidences non intentionnelles ont été mis en évidence ailleurs ? S’il faut vraiment trouver un lien entre 11 et 43, ne peut-il y en avoir d’autre que le 11 février 43 ?
Par exemple Perec aurait eu quelques raisons d’être fasciné par le chapitre 11 d’une des plus grandioses aventures d’Arsène Lupin, Les Dents du tigre, où don Luis Perenna reprend toute l’énigme : « chaque expression est passée au crible, chaque période disloquée, chaque phrase réduite à sa valeur essentielle. » ; la vérité lui apparaît soudain, en un éclair, si formidable qu’il en tire sa montre et énonce à haute voix : « C’est donc à onze heures quarante-trois minutes que j’ai pénétré jusqu’au fond des ténèbres. » Cette vérité, c’est qu’un père a tué son fils et s’est suicidé pour assouvir une vengeance longuement préparée.
Luis Perenna est encore l’extraordinaire légionnaire qui a conquis un pays à lui seul, pour l’offrir à la France. LUIS PERENNA = 61 + 73, inverse du matricule 3716 du père annulé, Isie Perec mort le 16/06/40 d’un éclat d’obus. Bartlebooth, image du père, meurt en laissant 61 puzzles intacts, Véronique Altamont croit trouver la photo de son père à la page 73 de L’Age de raison.
(à propos de ce matricule 3716, les 37 poèmes « Chats » en écho aux 16 poèmes « Gaspard Hauser » de Perec)
On ne sait si Perec a lu Les Dents du tigre, il a en revanche été marqué par Roussel dont un court texte est la source essentielle de La Disparition, Parmi les Noirs où le narrateur effectue dix tours trois quarts (presque 11) pour inscrire Les (43) lettres du blanc sur les bandes du vieux billard. 43 lettres pour écrire non 10 mots mais 11 puisque le « billard » devient un « pillard ».
Et les récurrents 11 et 32 dans Finnegan’s Wake, avec 11+32=43, puisque d’autres voudraient mettre en avant 11+43=54…
Et aujourd’hui 2 juin où j’envisage ces hypothèses Santoro livre un curieux match contre Safin. Après 26 jeux à son complet avantage (6/4, 6/4, 4/2), Santoro concède son service pour laisser l’autre revenir à 4/3, et ce n’est que le premier de 11 jeux qu’il laisse filer. On le croit perdu lorsqu’il perd à nouveau son service au début du 5e set, mais il aligne alors 6 jeux gagnants. Score final, 6/4, 6/4, 4/6, 0/6, 6/1, en 43 jeux. Le 11e hétérogramme de La Clôture débute ainsi :
Clôture. Sa fin. Nul écrit. Sa mort n’a souci.
J’y lis directement « Safin », puis, après 11 lettres, « ortnaso », anagramme de Santoro, et le court poème de Nostraperecus donne en clair ensuite plusieurs mots du vocabulaire tennistique : trace, ligne, court…
Ce même jour la NASA expérimente son X-43 censé atteindre Mach 10, mais le truc ne parvient même pas à Mach 1. What a gap à Cap Carnaval !
Mais y’en a marre du 43, passons à une curiosité du chapitre central du 54e jour, un 19 auquel il faudrait peut-être s’intéresser, sachant que le W original avait 19 chapitres. Je relève page 124 la suture imaginée par un prétendu chercheur andorran entre la « table à quatre-feuilles » de la page 134 de VME et « Milwaukee » à la page 472. Je pourrais me demander si Brasseur n’a pas cherché ici plutôt une suture entre les deux PdG précédents.
Schulz est obsédé par 134, gématrie d’Arsène Lupin, qu’il relève par exemple dans l’invention par Leblanc d’une mention de l’Aiguille creuse à la page 134 des Chroniques Saxonnes.
Kerbellec est obsédé par 472, chiffre de la queue des Impressions d’Afrique, qu’il relève par exemple dans les deux dernières pages non foliotées de l’édition originale des Nouvelles Impressions, 235 pour le dernier dessin de Zo, 237 pour le contre-erratum.
Ni 134 ni 472 n’apparaissent explicitement dans les PdG des susdits, mais Gondol énumère 4 raisons de prendre le bus 72 à la page 65 de La Montre du Mède. Quant à moi, un de mes personnages essentiels est Irène Lapnus, et mon roman est construit sur le sonnet Vocalisations de la Disparition, dont la gématrie totale 6272 peut se lire 62-72, Arsène-Lupin. C’est encore un poème de 112 mots de gématrie 112x56, et je sais maintenant grâce à Brasseur que le premier sonnet lipogrammatique de Perec, Nos Chats, vient du 56e poème des Fleurs du Mal, sonnet de 112 mots.
Je passe sur les détails exposés ailleurs pour revenir à la suture 134-472 :
REMI SCHULZ = 134 (comme par hasard)
PHILIPPE G KERBELLEC = 171 (un nombre qui apparaît aussi chez Perec)
ROLAND BRASSEUR = 167 (le 16/06 est le 167e jour de l’année)
–––
472 (le tiercé de la queue !!!)
Incidemment, dans la première version des Pans du bizarre, mon triangle de tête des latinistes français se composait de :
DANIEL BURNACHS = 131
JACQUES COURTET = 178
ROLAND BOULENGER = 163
–––
472 (en 43 lettres !!!)
Ces noms avaient été choisis hors de toute considération gématrique, ce qui ne m’a pas empêché après coup d’effectuer les calculs et de me réjouir du résultat. Roland Boulenger sort en droite ligne de Gaston Leroux, ce qui ne m’a pas empêché de penser à Brasseur qui a été un des premiers lecteurs de cette première version. Par la suite je me suis aperçu que je confondais Courtet avec Cortier, nom incontournable, et Courtet est donc devenu Courtas.