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Jeux numériques (rosicruciens ?)

 

Selon les rangs des 23 lettres de l’alphabet latin (i et j confondus, de même u et v, pas de w) :

ET IN ARCADIA EGO = 5+19+9+13+1+17+3+1+4+9+1+5+7+14 = 108

 

La représentation en lettres grecques de la prétendue inscription de la dalle « Reddis Cellis » a pour isopséphie (somme des valeurs des lettres dans l’alphabet numéral grec) :

ET IN APXAΔIA EΓΩ = 5+300+10+50+1+100+600+1+4+10+1+5+3+800 = 1890

L’expression compte 14 lettres, or 1890 se divise par 14, ainsi la valeur moyenne d’une lettre serait 135.

 

C’est curieux, car les inscriptions du tombeau de Christian Rosencreutz comptent 135 lettres, dont la somme des rangs donne 1484, correspondant à la date de sa mort.

Ce sont d’abord les inscriptions proprement dites sur le cercueil,

l’épitaphe en 48 lettres :

ACRC Hoc Universi Compendium Vivus Mihi Sepulchrum Feci = 544

5 inscriptions totalisant 72 lettres, formant un mandala :

Jesus Mihi Omnia      = 157

Nequaquam vacuum = 180

Libertas Evangelii    = 162

Legis Jugum              = 118

Dei gloria intacta      = 142

En tout 120 lettres de valeur 1303 auxquelles il faut ajouter l’inscription de la porte du caveau :

Post CXX Annos Patebo = 181 en 15 lettres + CXX (120 en chiffres romains)

« Dans 120 ans je m’ouvrirai », et derrière cette porte il y a les 120 lettres des inscriptions du cercueil…

En tout 135 lettres de valeur 1484, l’année de la fermeture du caveau, à laquelle il suffit de rajouter les 120 de CXX pour obtenir 1604, l’année de l’ouverture du caveau.

 

Ces inscriptions ont été décrites dans la Fama Fraternitatis publiée en 1614, attribuée généralement à Valentin Andreae, auquel on attribue également les Noces Chymiques de Christian Rosencreutz de 1616. Dans ce texte apparaît une énigme gématrique où il est demandé à Rosencreutz de trouver un mot de valeur 55, avec diverses indications sur les valeurs des lettres le composant. La solution de ce problème[1] emploie les mêmes valeurs de lettres utilisées plus haut, ce qui montre que les « Rose+Croix » connaissaient ce procédé utilisé par ailleurs au 17e.

 

Sède indique que Rosencreutz serait mort à 108 ans, ce qui ne correspond pas aux documents originaux. Né en 1378, mort en 1484, il aurait donc vécu 106 ans. Il se trouve que 1378 et 1484 sont des multiples de 106, mais ceci ne semble pas avoir été exploité.

Selon les documents Lobineau, le Prieuré de Sion (dont l’un des maîtres aurait été Valentin Andreae) aurait été créé en 1188, ce qui est un multiple de 108.

Sède estime que 1891, date de la « découverte d’un tombeau », serait une année particulière dans l’histoire de l’ésotérisme, mais les quelques faits allégués ne semblent pas absolument prééminents. On pourrait tout aussi bien pointer 1890, l’année où le Sar Péladan a fondé sa Rose-Croix Catholique, dont les noms de certains disciples apparaissent dans l’affaire R-le-C (Emma Calvé notamment).

1890 = 35 x 54 a une certaine harmonie avec 108 = 2 x 54.

Le multiple suivant de 108 est 1944, qu’Umberto Eco a choisi comme date clé de son Pendule de Foucault, satire des mythomanies ésotériques où on retrouve sur fond de Rose+Croix le Prieuré de Sion sous le nom du Tres. C’est encore un faux document qui conduit les héros à imaginer un secret des Templiers transmis tous les 120 ans (Post CXX annos…) jusqu’à un ultime rendez-vous en 1944.

 

Une petite curiosité à propos de la « clef PAX 681 ». Il est possible de transcrire PAX en grec par Pi-Alpha-Chi, et l’équivalence numérique de ces lettres est 681…

J’observe encore que les deux croix de l’inscription ETINA+PX  AΔ+IAEΓΩ correspondent à très peu près aux emplacements désignés par le berger dans les deux versions du tableau de Poussin.

 

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[1] Il s’agit du mot ALCHIMIA, découvert par Leibniz en personne. Il y a en fait une incohérence irréductible dans l’énoncé de l’énigme, mais elle ne remet en cause ni la solution ni le codage.