rémi schulz : moi et mon
jules
rémi schulz : sur le bizarre
des Pans
A. L. N.
Combien change de force un
mot suivant les cas
* *
* * *
1 Le bateau de partir quoi l’empêche
au vauvert
2 Quand tu, rimailleur, as aligné quelques vers*
Cas-l’amarre il fallait trouver, puis cas-t’as strophe,
Attends-toi plus, lecteur, à semblable apostrophe,
L’aide devient entrave au chercheur d’absolu.
3 Un Jules que jamais personne n’a bien lu
4 Le sceptre au Vert Gaulant
5
Un glacé fleuve russe
6 Ce qu’on décline
7 Elle l’atteint d’un saut la puce
8 Ce qu’un neuf Ravachol rêve un soir d’accrocher
A l’utile accessoire à l’étal du boucher
9 Ce soûl-ci s’il avait eu ça sous son déluge,
Aurait-on aujourd’hui besoin de vermifuge ?
10 C’est entre trois et quatre, en Corrèze un chef-lieu,
A l’aube s’y lamente un vieux
prophète pieux
* * *
11 Une ruade au
ballon pour gagner la presqu’île
12 Un aviron, à l’avion rôdé
fort utile
13 Pas entendu, pour sûr
14 Le trouvé précédent
Pour l’occire
15 Hors service elle use au pré ses dents
16 L’oiseau des bords du Nil, il élit ou condamne
17 Le mot sépia, que son sylvestre époux moins crâne
18 A de mauvais amis (que
d’anglais amis faux,
Mais outre-Manche lie est
toujours en défaut,
Et store ― où
sont logés Titans et Titanides ? ―
Du soleil aussi garde)
19 Et lui trois pyramides
20 Chair à canoniser, chère
à Napoléon
21 Vaine enveloppe, on s’en
gave près d’Oloron
* * *
22 Plus qu’un os pour saint Paul, point saint Jean ne le vante
23 Une note
24 Elle-même, autrement
25 La suivante
26 Comment le jardinier
donnait de l’air au sol
27 L’esprit rude
28 Aux
hirondelles le plan de vol
29 Deux notes de nouveau,
dans l’accord de la gamme
Action et réaction, du monde elles sont l’âme
30 Peint n’est plus uniment
accessible au regard
31 D’un inverti l’envers,
pour qualifier Gouffar
32 Par un chuintant Achab
maudissant les Sargasses
33 Ce que, mimétique, sur Mars aurait
Pégase
* *
* * *
Combien de chance forge un
mot suivant les cas
Là, Caesar et Daphnis, au
cas nominatif,
N’ont pas valeur égale, or,
c’est affirmatif,
Il en est autrement au cas
accusatif
* *
* * *
34 Custer sentait des pieds,
selon Gérimono
35 La nonne épiant Lennon et
la nipponne Ono
36 Au club est bienvenu (on
feindra là Shakespeare)
37 C’est la vérité ferme, en
Perse, qu’il respire
38 Ceci c’est un peu chaud
39 Et cela plutôt froid
40 La bergère d’âge tendre
et jambes de bois
41 Onc ne l’est la rainette
à bocal à l’échelle
42 Plus qu’un frère pour le
suivant
43
Jamais pour
Elle
44 Sire à pénultième
45 On peut vivre dessus
Sur un calendrier par exemple aperçus
Daniel, Urbain, Martial, Alexandre et Sévère*
C’est souvent sans espoir que l’auteur persévère ;
Un jour lointain verra, qui sait, sa création
L’auréoler de l’ultime consécration
46 On la cuit dans la terre,
un grand de Macédoine
Réclamant, enfantin, la double épreuve idoine
* * *
47 Pour aller à la nef, et
pour en ressortir
48 Ils l’osèrent, arguant
« bon sein ne peut mentir »
49 Chevron pointe en bas,
Elle, chantre au faux Domaine
50 Bourg côtier plus coté,
même en fin de semaine*
Chacun préfèrera sur un Watteau miser
A l’embarquement vers un site atomisé
51 L’aigle (le vrai, pas la double hure
à Malaparte)
52 Un mollusque jamais ne
s’en paye une parte
53 La bergère causeuse aux
jours de Céladon
54 On met les mets dessus, Tichbite
sans pardon
55 Ce mot trouvé réjouit, le
mot comme la chose
56 Insecte helvète panomphée
57 Ah pas la glose
Sur l’usage, au Porânak, de l’A fricatif
58 On le met dans le poêle,
un juif démonstratif *
Faudrait point voir ici de jeux blasphématoires
Nul n’irait plaisanter sur les fours crématoires
59 Le fin mot décrypté, au mur par Balthazar
60 Il est sur lui choisi, le pantin de bazar
* * * * *
Combien change de forme un
sot suivant les cas
Déclenchez tel appeau, tel
néon, tel accourt
En vers mités comment faire
entendre Roussel ?
Braie,
fils torique !
Ce texte est né de la
contrainte « virgilienne » sur les lettres KLMNO, qui m’a fait
intituler la troisième partie de mon roman Le mystère K.O. et ses cinq
chapitres, numérotés 10 à 14, leurs rangs en latin, d’homophonies de K, L, M,
N, O.
Alors que les autres
lettres avaient dicté clairement le contenu des chapitres correspondants, je ne
savais que faire du K devenu Cas. Il m’est alors passé par la tête un
vers de Roussel ouvrant sur une liste d’homophonies, et une scène d’une pièce
de Ionesco (Amédée je crois) qui m’a jadis amusé, où on jouait sur les
Chat-peau, Chat-pitre, etc.
Comme par ailleurs
cette partie débutait sous le signe des calamars, allusion au Poulpe et à son
créateur Pouy, il m’est venu Cas-l’amarre et l’idée générale qui s’est ensuite
affinée.
- Il y aurait 60 cas,
répartis en séries de 10-11-12-13-14.
- Ces 60 cas seraient
contenus dans 60 alexandrins, mais sans correspondance « cas par
cas », ainsi 14 et 13 alexandrins décrivent les 13 et 14 derniers cas.
- Chaque cas d’ordre
10 contiendrait une allusion au département de même rang, et si possible à son
chef-lieu.
- De même pour les cas
d’ordre 12, avec un clinamen pour le 24, reporté sur un département voisin,
avec le cas 46 (cas-Lot ?) dont l’acrostiche OR donne le chef-lieu
(Cas-or).
Diverses subtilités
ponctuelles apparurent en cours d’écriture, je n’y insiste pas. Il me semble
bien plus important de souligner une double coïncidence découverte le texte
achevé, soumis par curiosité à un petit programme de comptage. Alors que
l’analyse virgilienne du roman insistait sur le « chiasme
holographique » autour des nombres 90 et 662, le compteur m’apprenait que
mon texte contenait 90 lignes et 662 mots ! Si je savais pertinemment
avoir écrit 60 vers de cas, 10 vers de notes à la Roussel, et 8 vers bornant
les deux principales sections des Cas, je n’avais pas prévu que les
enjambements découlant d’une des contraintes transformeraient les 60 vers en 72
lignes. Quant au nombre de mots, c’était le cas-d’Edmée-sous-six.
En fait, comme je le
détaille ailleurs, ces 662 mots correspondent à
un mode de comptage particulier. Pour cette version web j’ai récrit 3 vers de
la section intercalaire centrale, de manière à avoir 662 mots selon le comptage
le plus strict.
Cette récriture
respecte aussi l’autre contrainte accidentelle, révélée à cette même page, des
662 lettres ALN présentes dans les 90 lignes. S’il y en avait 663 sur le texte
soumis au premier comptage, une chiquenaude a transformé le Parâna emprunté à Perec au cas 57 en Porâna. J’avais eu
l’impression de créer ce mot « porana », erreur car non seulement
c’est le nom d’une convolvulacée, mais le hasard d’une consultation du dossier
48 des archives Perec pour un tout autre motif
m’a fait découvrir que Perec s’était amusé sur une feuille à envisager
les 125 formes possibles de Parana en en permutant les voyelles, commençant par
la ligne Parana-Perana-Pirana-Porana-Purana.
A propos de Porana, je
me suis avisé qu’en ne comptant pas les 4 vers de la section intercalaire et
les 3 vers de la dernière section, la gématrie des 2737 lettres composant les Cas
était de 29779, différant de 11, la valeur d’un K précisément, de 29790,
plus petit commun multiple de 90 et 662. En conséquence le Porâna ci-devant
Parâna est devenu Porânak.
J’ai encore rectifié
le vers que je croyais avoir emprunté à Roussel, qui est « Combien change
de force un mot suivant les cas », combien préférable au selon
dont je me souvenais.
Enfin
j’ai intercalé dans le texte les notes de bas de page, signalées par des
astérisques. Ceci perturbe quelque peu certains jeux d’acrostiches, qui
n’étaient systématiques que pour les notes, donnant à lire, deux par deux,
CAL-CUL et CA-FN, anagramme de FNAC.
Sots,
l’eussions…
1 Calamar
2 Catastrophe
3 Caverne : cas-Verne
4 Cap Canaveral : cas-canne à vérole (en hommage
à la Kapkhan à vérole, pastiche d’Iznogoud par Roger Brunel)
5 Canevas : cas-Néva
6
Caca :
cas-cas
7
Caniveau :
cas-niveau
8
Cacatoès :
cas-catho-esse
9
Canoé :
cas-Noé
10
Capitulation :
cas-pi-Tulle-à Sion
11
Cataclysme :
cas-tackle-isthme
12
Caramel :
cas-rame-aile (hommage à Gainsbourg)
13
Canon :
cas-non
14
Calvaire :
cas-l’verre (le canon pour tuer l’ver)
15
Carosse :
cas-rosse
16
Callibistris :
cas-l’ibis-tri
17
Calembredaine :
cas-l’ambre-daine
18
C’est
un cas ouvert où n’importe quelle solution est acceptable, je propose Capote
19
Calcaire :
cas-l’Caire
20
Cap
corse : cas-peu-Corse
21
Capot :
cas-peau (-pot, -Pau)
22
Catharsis :
cas-Tarse-six
23
Cadeau :
cas-do
24
Cahute :
cas-ut
25
Carré :
cas-ré
26
Cabinet :
cas-binait
27
Casser :
cas-C
28
Caver :
cas-V
29
Camisole
de force : cas-mi-sol-deux forces (mi et sol sont les deux notes de
l’accord de do, gamma dans l’antique notation)
30
Capon :
cas-pont (parce qu’un peint pont est audible)
31
Cacophonie :
cas-quophe-honnie (quophe envers de phoque)
32
Cachalot :
cas-« Chale eau ! »
33
Cadet-Rousselle :
cas-des rousses ailes
34
Calumet :
cas-l’humait
35
Cas
ouvert
36
Camembert :
cas-member
37
Caïman :
cas-imam
38
Câlin :
cas-lin
39
Calotte :
cas-lotte (ou l’un et l’aut’e avec le précédent)
40
Calendes :
cas-Landes
41
Calibre :
cas-libre
42
Caché :
cas-Che
43
Castro :
cas-trop
44
Castriste :
cas-triste
45
Quarante-cinq :
cas-rentes-saints
46
Catherine
Deneuve : cas-terrine-« deux nœuds veux ! »
47
Calamité :
cas-lame-ite (ou l’âme)
48
Cathéter :
cas-têtèrent
49
Cavanna :
cas-V-Ana (VANA sont aussi les médiales de l’énigme)
50
Casher :
cas-Cher(bourg) (à cause de La Hague évoquant Lahougue au cas précédent)
51
Carapace :
cas-rapace (et Hure, « pute » en allemand, mène à Kaputt)
52
Cargolade :
cas-r’golade
53
Castré :
cas-Astrée
54
Canapé-lit :
cas-nappe-Elie
55
Caresse :
cas-res
56
Casuistique :
cas-suisse-tique (et Tik, mot universel selon Merritt Rühlen, alors que
Rabelais voyait en Trink un mot panomphée)
57
Canette :
cas-nette
58
Kamikaze : cas-mica-zeh (pronom démonstratif hébreu)
59
Cafard :
cas-phares (Mane Thecel Phares selon l’homophonie rousselienne
« manette aisselle phare »)
60
Capri :
cas-prix (c’est fini !)