Fin 1996 j’ai voulu tester sur un
texte un peu moderne les techniques mises au point sur des textes anciens. Le
premier texte auquel j’ai pensé, pour sa brièveté et son riche symbolisme, a
été le sonnet Voyelles, de Rimbaud, que j’ai aussitôt soumis à mon
programme de comptage. Rien n’en est sorti.
D’autres harmonies suivirent, qui
me firent écrire un premier commentaire, admiratif devant l’exploit, puis
étudier d’autres textes de Perec. La découverte d’une version ultérieure de Vocalisations, où les harmonies étaient perdues, me fit
supposer que ces harmonies n’avaient rien d’intentionnel, ce qui rejoignait mes
conclusions sur d’autres textes. En mars 97 j’imprimais à 50 exemplaires une
brochure de 52 pages sur 3 textes de Perec, où je me refusais à faire la part
entre intentionnel et non-intentionnel.
Durant l’été 99, j’écrivis le
roman Sous les pans du bizarre, essentiellement consacré aux curiosités
de l’Eglogue 8 de Virgile, sa structure en 3 parties de 5-4-6 chapitres
calquant les 3 premières strophes du chant d’Alphésibée, en 5-4-6 vers. En
cours d’écriture, il me vint l’idée de coder dans chaque chapitre numéroté un
vers de Vocalisations, et dans le dernier non numéroté la signature
« Arthur Rimbaud », que Perec avait pu utiliser telle quelle. Au
cours de cette opération, il me vint l’idée de modifier la fin du 13e
vers, Nadir ou Nirvâna, en radin ou nirvana. Puis, comme Rimbaud
est né dans le 08 et mort dans le 13, j’eus l’idée d’opérer une modification
similaire dans le 8e vers, ou alcool devint loocal, et
de placer dans les chapitres concernés des mentions explicites de
Charleville-Mézières et Marseille.
J’ai eu la curiosité de calculer
les rangs des mots concernés, loocal et radin, soit 66 et 102, de
somme 168, nombre de pieds du sonnet ou somme de ses nombres clés 56 et 112.
Par ailleurs leurs valeurs numériques 58 et 46 donnaient 104, soit 8 fois 13
pour les vers 8 et 13.
J’avais conscience de ces
relations lors de l’établissement de ma version définitive, en novembre 99. A
la fin du mois, un ami me transmit une étude numérologique sur le Coran,
concernant notamment ses deux premiers mots, Bism Allah, de valeurs
numériques 102 et 66 dans l’alphabet numéral arabe. Il me vint que les deux
mots de rangs 112 et 66 que j’avais déformés, Nadir et alcool,
étaient d’origine arabe. Par ailleurs 7 sourates, débutant comme toutes les
sourates par ces mots Bism Allah, sont préfixées par les lettres HM, de
rangs 8 et 13 dans l’alphabet numéral arabe. J’écrivis le 14 décembre une étude
sur la question, réservée à quelques proches tant le sujet est sensible. J’y
remarquais notamment qu’en ajoutant la signature « Arthur Rimbaud »,
comme l’avait fait Perec et comme je l’avais repris dans mon codage, on passait
à 510 lettres, tandis que les parties dévolues à l’O, la lettre originellement
quintessentielle (soit O azur et le dernier tercet), représentaient 102
lettres, exactement le 5e du total.
L’élément le plus notable suivant
vint le 23 avril 2004. Un colistier de la liste Oulipo donna un lien vers une
page, aujourd’hui disparue, transposant les substantifs de Vocalisations
selon le procédé S+7. La page donnait un lien vers ce site anglais proposant 3
anagrammes de Vocalisations, que j’étudiais aussitôt, dans l’espoir d’y
trouver des échos aux harmonies du sonnet de départ, mais je m’aperçus bientôt
que les anagrammistes étaient partis d’un texte erroné, avec 4 lettres omises,
une dans chaque strophe.
Cependant ces erreurs pouvaient
faire écho à une des principales curiosités découvertes à première analyse dans
les 112 mots de valeur moyenne 56. Cette valeur correspond à deux mots du
poème, en fait le même mot NOIR répété en 2e et 19e
position, mot essentiel résumant idéalement la récriture du sonnet sans E
blanc. C’est par ailleurs l’A qui est noir, et le texte compte 56 A.
Un seul mot correspond à 112 (2
fois 56), BROUILLARD en 38e position. Ainsi l’addition gématrique
NOIR + NOIR = BROUILLARD
peut être complétée par une
égalité multiplicative des rangs de ces mots :
2 x 19
= 38
Or les lettres oubliées par les
anagrammistes anglais sont
B = 2, au 4e vers dans
BOMBINAIT ;
S = 19, au 9e vers
dans RONDS ;
2 fois S = 19, aux 8e
et 14e vers, dans le même mot DANS.
La correspondance est frappante,
surtout en couplant deux S, et je la signalai le 24/4/04 dans un message à la
liste Oulipo.
Début décembre 06 j’ai suggéré à mon ami Gef, développeur de plusieurs
outils en ligne concernant les jeux littéraires, de s’atteler à un programme
polyvalent de calcul gématrique, et ce fut la naissance du Gématron, le 5 décembre
dans sa première version. La facilité d’emploi de cet outil me donna l’idée de
réaliser enfin un vieux projet : une anagramme de Vocalisations où
chaque vers compterait 8 mots et la gématrie exacte 448. Après m’être assuré
que le premier vers était possible, le plus difficile car quatre de ses
« mots » sont obligatoirement les voyelles a-i-o-u, je composai le 8
décembre mon sonnet,
http://quatramaran.ens.fr/mailman/private/oulipo/2006-December/012899.html
avec quelques contraintes additionnelles :
Conservation des mots noir-noir-brouillard aux positions 2-19-38 ;
Surdétermination des deux sections d’or du sonnet selon 4
critères :
ses 168 syllabes en 64-40-64
ses 497 lettres en 190-117-190
sa gématrie 6272 en 2396-1480-2396
Ces contraintes ont orienté le
contenu du sonnet, au-delà de leur réalisation effective. Ainsi les 8 mots par
vers interdisent toute allusion à la voyelle manquante dans le premier vers.
J’ai reporté l’idée de disparition au second vers
a noir, …, i quinquinas, u troublant,
o violin,
an du jour disparu, surtout pas par
hasard.
avec ce jour évoquant la clarté,
le blanc, mais aussi le jour de la disparition de Cyrla Perec, le 11/2, en
pensant au mot jour en hébreu, yom de gématrie 56.
Les sections d’or sont marquées
par des syllabes OR, inspirées par des curiositées pereco-rimbaldiennes. Pour
la petite section d’or, à 64 pieds, je me suis souvenu du Dormeur du val,
dont la grande section d’or à 104 pieds tombe sur un étrange point, suivi d’un
non moins bizarre enjambement :
Les pieds dans les glaïeuls, il dort.
* Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un
somme:
Donc j’ai réutilisé ce dort, associé à l’agonie et au
départ ; ce parti pourrait bien être la lettre E :
but tabou; agoni dans son brouillard
aux mains,
un parti dort, * cristal, la croix du
maquisard;
Le hasard voulait que la petite
section d’or du sonnet tombât à la grande section d’or des 21 pieds (13 pieds)
dévolus par Rimbaud à l’E. Ensuite débutait la section médiane, de gématrie
1480 que je connaissais pour être la valeur en grec du mot Christos,
« Christ ». Ceci me fit débuter la section par cristal, qui
était déjà présent dans Vocalisations, substitut de la candeur de
Rimbaud. Je fus très satisfait de parvenir à un vers correct en
ajoutant la croix du maquisard, qui me vint assez facilement. La
création c’est 5% d’inspiration et 95% de transpiration, disait je ne sais plus
qui, ce qui était peut-être valable pour lui, mais je crois que mes créations
les plus réussies ont reçu une bien plus grande part d’inspiration, qui se fait
le plus souvent vainement attendre en d’autres occasions. J’ai composé ce
sonnet en 5-6 heures, et ce sont plutôt les vers les moins réussis qui m’ont
demandé le plus de temps.
Pour l’autre section d’or, à 104 pieds, j’ai voulu garder le divins
achevant les 104 pieds de Voyelles comme de Vocalisations. La divine proportion
était interdite, mais divin rapport est une excellente solution, d’autant
que rapport a la valeur 104.
u
zut, ufo, divin rapport, * nul fric crural
Je suis toujours très satisfait
des deux derniers vers, composés assez tôt. Il me fallait caser un K, et
Knossos s’est imposé ; je me suis réjoui qu’il s’agisse d’un mot de valeur
112.
la raison à valoir où nous aussi
saurons
au knossos infini franchir son portail
d'or !
Je passe maintenant au 8
septembre 2008. Ma bizarre intuition du matin au réveil, que le 4/4/44 soit
situé exactement aux 4/5es de la vie de Jung, se vérifia aussitôt levé :
Jung a vécu 31360 jours (et 20 heures) dont les 4/5es tombent le 4/4/44 vers
midi. La période unitaire correspond à 6272 jours (et 4 heures), ce qui m’a
aussitôt fait penser à Vocalisations.
J’ai remarqué dès la première relation
de ma découverte quelques points étrangement précis de mon anagramme, son organisation
autour de la valeur centrale 1480, alors que la pierre de Bollingen a été
sculptée par Jung en 4 quadrants autour de la figure centrale de Telesphoros,
dieu grec de valeur 1480, ma mention de Knossos, alors que j’attribue ma
découverte à mes lectures de romans se passant en Crète, notamment à Knossos.
Il m’a fallu un délai inouï pour
prendre pleinement conscience que, dans l’intention du moins, il existait 5
dispositions du jeu de lettres composant Vocalisations, soit donc un
ensemble valant 31360, ou 5 fois 6272, dont j’étais responsable du dernier
cinquième. J’avais mentionné les 3 anagrammes anglaises dès cette première
relation, mais ce n’est que le matin du 26 novembre 09 que j’ai eu la curiosité
d’y revenir voir. J’ai donc retrouvé la page avec les 3 anagrammes, et me suis
avisé qu’il n’y manquait plus qu’une lettre, un S dans ronds marins,
9e vers, 70e mot, 307e lettre. J’ai d’abord
pensé m’être trompé dans mes calculs de 2004, avant de vérifier le lendemain
que ce n’était pas le cas, et que la page anglaise avait été corrigée le 18 mai
06. Une erreur était cependant demeurée, et, ignorant encore la correction, je
me suis émerveillé qu’il s’agisse de la 307e lettre des 497, à la
section d’or la plus immédiate du sonnet. Ainsi ma section médiale de valeur 1480
débutait sur la 191e lettre (cristal), et s’achevait
sur la 307e lettre (divin rapport). Je me suis souvenu
de cette valeur 1480, valeur connue de Christos correspondant aussi au Telesphoros
de Jung.
Je devais
découvrir ensuite que ce s omis n’était pas la 307e lettre, mais la
309e. Naviguant entre les divers sites proposant les anagrammes
anglaises, j’ai d’abord vu les versions modifiées qui comptaient 496 lettres,
et c’est probablement en prenant le texte français donné par Mike Keith sur son
site que j’ai vu 306 lettre jusqu’à rond ; or il s’agissait de la
version primitive de 2001, avec 2 lettres omises précédemment.
Je suis ensuite allé à Digne, et
la balade évoquée ici dans
un endroit où je n’étais encore jamais allé m’a fait passer devant une boîte
aux lettres signalée d’un énorme 1480. Je découvris qu’il y habitait des dames
Jung.
La nuit suivante, ce fut le rêve
où je vis les mots die Salbe, que j’appris le lendemain vouloir dire
« le baume », « l’onction » en allemand, le Christ étant
« der Gesalbte ». Voici maintenant pêle-mêle mes trouvailles diverses
sur le sonnet et ses anagrammes :
1 - L’erreur laissée par les
anglais est sur le 70e mot de 112, or en latin
IESVS CHRISTVS = 70 + 112 = 182
70-112 correspond au partage doré
idéal de la somme 182.
La triade 70-112-182 correspond à
la triade des nombres de Fibonacci 5-8-13, multipliés par 14.
Il est par ailleurs plus connu et
commenté qu’en grec
IHSOUS XRISTOS = 888 + 1480 =
2368, ce qui correspond à la triade des nombres de Fibonacci 3-5-8, multipliés
par 296.
Ce fut l’occasion de plusieurs
coïncidences troublantes, sur mon premier blog Blogruz dont l’identifiant, ou BlogId, un nombre de 19 chiffres, finit par les chiffres 1480. La
plus extraordinaire survint pour mon billet du
12/12 2007, posté à 12 :12, ce qui était intentionnel. Ce qui ne l’était
pas, et ne pouvait l’être puisque j’ignorais alors que chaque billet avait un
autre identifiant de 19 chiffres, ou PostId, qui lui était attribué une fois
pour toutes dès la création de son brouillon. Plusieurs mois plus tard, je
découvris que le PostId
de ce billet débutait par 888,
et, ce PostId étant précédé dans l’URL du billet par le BlogId, il y apparaissait la succession …1480-888…, or ce billet
était le premier que j’avais illustré d’une représentation du Christ, une image
d’un film de Rohmer.
Je remarquais aussi que ROHMER =
77 = CHRIST
et que ERIC ROHMER = 35 + 77 =
112 = CHRISTUS (en romain, römer ou rohmer, son pseudo), ce qui
contribua à me faire soupçonner une œuvre cryptochristique chez ce cinéaste se
prétendant né à Nancy le 4 avril 1920, un dimanche de Pâques (mais il était né
en fait à Tulle le 21 mars).
2 – Le second sonnet anglais
contient le mot savior dans son 12e vers, le 3e Saviour
achevant le 13e vers.
Ce sont les formes américaine et
anglaise de « sauveur », traduction de Yeshoua (« Dieu
sauve »).
SAVIOR = 84 = HAEMMERLI = 4 x 21. Le
docteur Haemmerli a sauvé JUNG = 52 = 4 x 13, et je me suis émerveillé de
trouver cette conjonction 13-21(-34), la triade 13-21-34 étant particulièrement
insistante dans ma recherche.
Coïncidence en temps
direct : tout en écrivant ceci le 14/01 vers 10 h j’opère quelques
recherches sur le web, passant par un site affichant une pub pour le roman Level
26, éveillant ma curiosité. Après avoir tapé level dans la barre Google, le
navigateur me suggère Level 42, nom d’un groupe de rock. 26/42 = 13/21.
SAVIOR = 84 m’a fait me rappeler
que j’avais vu que alchimie était le 84e mot de Voyelles,
un mot d’origine arabe comme alcool et Nadir, les deux mots dont
j’avais proposé des variantes dans mon codage de Vocalisations, aux
rangs 66 et 102, moyenne 84.
Les valeurs numériques de ces
mots, 58 et 46, ont pour moyenne 52. Ainsi mon codage correspondait à un 52-84,
bien que je l’aie plutôt vu comme un 104-168, comme sur cette page où je
note d’autres correspondances.
Perec a remplacé
« l’alchimie » de Rimbaud par « un fol savoir ». SAVIOR (82e
mot chez Brodie, sans scinder les mots composés) est l’anagramme de SAVOIR (88e
mot chez Perec).
3 – Si SAVIOR = 84 = 4 x 21
SAVIOUR = 105 = 5 x 21.
Ainsi les 2 formes anglaises du
Sauveur correspondent-elles à un motif 4-5, alors que le dernier cinquième de
la vie de Jung (6272 jours) doit beaucoup à son sauveur Haemmerli.
L’addition de ce Saviour
aux coïncidences précédemment repérées m’a fait étudier séparément les 13 vers
de David Grantham s’achevant sur ce mot, sans S tel qu’il a été écrit, puis
avec la minime correction qu’il ne manquerait pas de faire lui-même s’il était
informé de l’erreur.
A ce second essai le Gématron a
affiché une correspondance dorée exacte (5854/3618) à la fin des 8 premiers
vers, des quatrains. Puisque cette dernière anagramme est vers par vers, cette
relation dorée idéale était déjà présente dans l’original de Perec, ainsi
j’avais pensé introduire des proportions d’or dans ce poème où existait une
relation effective presque totale, puisque le dernier vers est chez Rimbaud
comme ses imitateurs une conclusion se suffisant à elle-même (répétition au
début du vers du O, unique cas parmi les descriptions des voyelles).
Et ma fantaisie des Pans avait
concerné deux mots de ces vers 8 et 13, alcool et Nadir.
Nadir ou Nirvana est donc devenu Sun or Saviour chez Grantham,
qui a aussi transformé alcool mortifiant en sin and curaçao.
Je m’ébahis de trouver ces vers 8-13 s’achever sur les lettres O-R, syllabe que
j’avais choisie pour marquer mes sections d’or dans mon anagramme.
4 – L’harmonie dorée 5854/3618 =
1.618021… est bien plus proche du nombre d’or (1.618033…) que ce que j’avais
construit à partir de la gématrie totale du sonnet, 6272/3876 = 1.618163… C’est
que certains nombres sont plus favorisés que d’autres pour ces jeux, ce qui se
traduit par une autre propriété : un « bon » nombre mènera plus
loin dans une suite soustractive de type Fibonacci qu’un nombre moins
favorable. Ainsi 6272 et sa section d’or arrondie au plus proche entier 3876
sont les 10e et 9e termes d’une suite de type Fibonacci
débutant par les termes 72 et 140, tandis que 3618 et 5854 sont les 12e
et 13e termes d’une suite de type Fibonacci débutant par les termes
14 et 32.
Ainsi nous avons un 13e
terme au 13e vers, avec un écho immédiat : ces 13 vers
totalisent 466 lettres, soit le 13e terme d’une suite de type
Fibonacci débutant par les termes 2 et 2, formée des doubles de la suite
originale de Fibonacci, débutant par les termes 1 et 1.
Très curieusement, Perec a
probablement projeté une contrainte utilisant ces doubles pour son poème Noce, dont le
brouillon montre ces doubles, soit 2-2-4-6-10-16-26-42-68-110, devant les
numéros de 1 à 10 des strophes, puis ces nombres ont été surchargés par les
nombres de la suite simple, soit 1-1-2-3-5-8-13-21-34-55. Ainsi à une
éventuelle 13e strophe aurait été assigné le nombre 466, puis 233.
La suite débutant par les termes 14
et 32 est aussi une suite double, se déduisant de la suite primaire 7-16, ces
premiers termes correspondant aux lettres G-P, initiales de Perec. Mon intérêt
pour Noce a été éveillé par ses 76 vers, et une franche coupure après le
47e vers. Georges/Perec = 76/47, bonne relation dorée car 47 et 76
sont les 8e et 9e termes d’une suite de type Fibonacci
débutant par les termes 1 et 3, de fait la 3e suite offrant les
meilleures approximations dorées, après les suites 1-1 et 2-2. J’avais remarqué
que le 6e vers de Vocalisations avait pour valeur 521, 13e
terme de cette suite 1-3.
5 – Cette suite 1-3 est encore
appelée suite de Lucas, car elle a des propriétés particulières. L’une d’entre
elles est que le rapport Ln/Fn donne les meilleures approximation de la racine
carrée de 5, soit 2.23606…, à la base du calcul du nombre d’or, Phi = (√5+1)/2. Ainsi, au 13e rang, 521/233 = 2.23605…
En fait chaque terme de la suite
de Lucas se déduit aisément à partir de la suite de Fibonacci par la formule Ln
= Fn–1 + Fn+1, et la propriété qui vient d’être vue n’est
qu’un cas particulier de la relation générale pour les suites de type
Fibonacci :
(S n–1 + Sn+1)/Sn = (S n+1 + Sn–1)/(S
n+1 – Sn–1) tend vers √5
quand n croît.
On exprime souvent le nombre d’or
avec 3 décimales, 1.618, et 1618 peut être considéré comme le 13e
terme d’une suite de type Fibonacci débutant par les termes
2-10-12-22-34-56-90-146-236-382-618-1000. La suite à laquelle appartiennent les
termes 3816-5854 peut être considérée comme une « suite de type
Lucas », dont chaque terme serait la somme d’un terme de la suite
précédente et du terme suivant le suivant, soit
14(=2+12)-32(=10+22)-46(=12+34)-… à
partir de cette suite, utilise de même
la valeur 2.236 pour racine de 5.
2236 est le 11e terme
de cette suite, c’est la valeur des 5 vers 9 à 13, dans un texte où la 5e
lettre est interdite, frappante car 2236/1000 = 2.236, valeur communément
donnée de √5.
Ce n’est frappant que d’un point
de vue non mathématicien, car les rapports suivants 3618/1618 et 5854/2618
donnent de meilleures approximations de √5.
6 – Les 13 premiers vers du sonnet de Perec comptent donc 466 lettres,
ce qui m’est évocateur d’une curiosité que j’ai exposée à la liste Oulipo le 23
octobre 2008 :
Le film "Pi" a été cadré au format Phi (rectangle d'or) par son director,
Aronofsky (récemment Lion d'or).Il s'achève par deux colles arithmétiques auxquelles le héros autolobotomisé
est incapable de répondre :183 x 255 = ?
46665 doit répondre elle-même la questionneuse.
748 : 238 = ?
The end, le spectateur suffisant est invité à trouver 3.14... , soit Pi,
titre du film.
Le roman HOL (House Of Leaves) de Danielewski s'achève (pour sa partieprincipale des Navidson records) sur deux documents :
046665 qui fait allusion au culte de la spirale (dorée) du nautile081512 qui montre 30 clichés, desquels le lecteur suffisant isole les 08,15, et 12, correspondant aux rangs des lettres H-O-L, soit le titre du
livre.
Suite à ce parallélisme, que je peux imaginer non concerté, j'ai eu la
curiosité de chercher la séquence 046665 parmi les décimales de Phi, qui a
une probabilité acceptable d'être présente parmi le premier million de
décimales, comme toute séquence de 6 chiffres, mais la séquence apparaît à
partir de la 463e décimale seulement, avec une curiosité supplémentaire.
La 466e décimale est un 6 précédé de 46, or j'avais l'an dernier proposé un
texte composé d'après les 60 premières décimales de Phi, où j'avais exploité
que la 8e décimale est 8, et la 20e 0 précédé de 2.
466 est le cas suivant, j'ai vaguement vérifié qu'il n'en venait pas d'autre
de sitôt.Le texte est ici:
http://remi.schulz.club.fr/or/rayon.htm
Il y a encore divers rebonds. Mark Z Danielewski est un nom
doublement doré, avec
DANIELEWSKI = 112
MARK Z = 69, section d’or arrondie de 112
MARK = 43, section d’or arrondie de 69.
Je remarquais ici que j’avais
découvert les propriétés de ce nom exactement un an après avoir composé mon
sonnet anagramme, dont j’avais partagé les 112 mots en 69-43, 43-69, 43-26-43.
Que son livre soit H-O-L, ou 81512 succédant à 46665, est
fabuleux, car l’affaire du rond-point
est arrivée peu après ma découverte que le vieil anglais HOL,
« sacré », était antinomique de l’hébreu HOL, « profane ».
La suite me mènerait à une autre antinomie à partir de l’autre sens de HOL,
« sable », donnant par atbash et permutation circulaire KSP,
« argent », sable et argent étant en héraldique « noir » et
« blanc », les deux seules couleurs de Voyelles conservées par
Perec. Si je n’ai pu approfondir auprès d’amis meilleurs hébraïsants que moi,
mon dictionnaire d’hébreu moderne indique aussi pour HOL une forme verbale,
« tourner en rond » (échos avec Pi et le rond-point…)
Le message Oulipo auquel je faisais allusion était celui du 30
septembre 2007, où j’avais proposé ceci :
Vendredi, cette page commentant mon blog
http://www.netlexfrance.info/?p=1790
m'a appris que Robert Bonnefoy avait imaginé une forme poétique en 1-6-1-8
vers exprimant l'approximation courante à 3 décimales du nombre d'or, 1.618
(sous-entendant son partage en .618 et 1):
http://users.hol.gr/~helen/index.files/LE%20NOMBRE%20DOR%202.files/Poemes.htm
Ces poèmes gouvernés par l'acrostiche "L'eau va à la rivière" m'ont amusé
pour deux coïncidences :- le nouvel article de mon blog, alors inconnu de mon commentateur,
concernait les pleurs de Marie Rivière...- l'acrostiche pourrait exprimer les approximations à 1 et 2 décimales de
Phi:
- .6 + 1 = 1.6 car LEAUVA à 6 lettres et ALARIVIERE 10
- .62 + 1 = 1.62 car à ce découpage immédiat correspondent les gématries
62 et 100
Ceci m'a rappelé une coïncidence vue récemment sur 30 et 60 décimales de
Phi,
618 033 988 749 894 848 204 586 834 365
638 117 720 309 179 805 762 862 135 448
Il serait trop long d'expliquer pourquoi je trouve fabuleux que les 30
premières décimales s'achèvent sur 365, et les 30 suivantes sur 448, voir en
partie ici
http://remi.schulz.club.fr/813/printemps.htm
Toujours est-il que je me suis dit hier qu'approchait aujourd'hui 30
septembre, remarquable
niveau phi car 30/9 > 309 = 618/2
niveau 365 car c'est le 273e jour de l'année, et la gématrie de
trois cent soixante-cinq = 273
D'où l'idée d'écrire un poème sur phi, avec ses 60 premières décimales
exprimées par des mots de nombres de lettres correspondants (10 lettres pourun 0). Voici :
Trois cent cinq soixanteNombre d'original,
coïncidant dès son éclatante huitième décimale,
sixième pour Fibonacci.Derrière viendront plus imprécis
deux chiffres en vingtièmes,puis, auris vellerum, chacun devinera son sème,vil cuivre promu,
anobli par alchimie à l'annuité révolue.
Oh miraculeux phi,
proportion calibrant d'intimes harmonies,
certains appelèrent cette section divine,ou deuxième trente,et c'est trois cent cinq soixante.
5448
618 033 988 749 894 848 204 586 834 365 638 117 7
20 309 179 805 762 862 135 448
Essentiellement, le 448 terminant la seconde trentaine de
décimales m’évoquait la valeur moyenne du vers de Vocalisations.
Si ce n’est pas particulièrement extraordinaire que j’aie
choisi de découper ces 60 mots en deux strophes de 8 et 5 vers, il reste que
j’y ai fait allusion aux décimales 8 (huitième) et 20 (en vingtièmes)
de Phi, sans savoir que le cas suivant concernait les décimales 466, que les 13
premiers vers de Vocalisations comptaient 466 lettres, qu’une division
idéale pour leur gématrie apparaissait pour le découpage de ces 13 vers en 8 et
5.
7 – Ce 466 m’a mené à m’intéresser aux décimales de Phi
correspondant au sonnet. Le résultat le plus frappant à mes yeux est la
présence de la séquence 2368 s’achevant à la 510e décimale, soit à
la dernière lettre de la signature Arthur Rimbaud, donnée dans La
Disparition comme dans mon codage des Pans. Or 510 est la valeur du
nom de la lettre grecque Phi, 500+10 (Φι), et 2368 est la valeur déjà
évoquée de Iêsous Christos en grec (888+1480). Certes Phi est une désignation
toute récente, mais le sonnet est récent aussi et de toute façon je ne prétends
pas décrypter ici une intention quelconque.
La
première désignation de la section d’or semble avoir été tomê,
« section » en grec, or c’est un mot de valeur 418, comme le dernier vers,
qu’il faut « couper » du reste pour avoir la magnifique relation d’or
sur les 13 premiers vers.
Je ne suis
guère expert en gématrie grecque, où je ne connais, par hasard essentiellement,
que les valeurs de quelques mots. C’est ainsi que je sais que 154, valeur de
ARTHUR RIMBAUD, correspond au grec êmera, « jour ». Un mot
important puisqu’à la dichotomie blanc/noir fait immédiatement écho jour/nuit,
particulièrement dans ma version où j’avais renoncé au mot « blanc »
pour un jour disparu.
J’ai besoin de chercher comment se dit « nuit » en
grec, nyx, mot de valeur 510 ! Ainsi ce JOUR final transforme
l’ensemble du sonnet en NUIT…
8 – 154 est une valeur que je connais par ailleurs, et qui à
ma connaissance est la première « gématrie latine » commentée, celle
du mot antichristus, « antéchrist ». Les 112, christus,
mots du sonnet sont donc suivis par cet antichristus qui convient assez
bien à Rimbaud.
Il y a peu, le 29 août 09, les idées agitées sur le forum Unus Mundus
me conduisirent à rechercher la référence de cette gématrie 154, que j’ai
égarée, bien qu’ayant été vérifier à la Bibliothèque Nationale sa présence dans
la Patrologie. Je ne la retrouvai pas, mais découvris un texte contemporain, de
438, qui mettait en rapport cette valeur 154 de l’Antéchrist avec la valeur
alternative du nombre de la Bête dans certaines versions de l’Apocalypse, 616,
4 fois 154.
J’avais été frappé de retrouver ce nombre 154 dans Rosencreutz,
calculé dans le même alphabet latin, alors que le prétendu fondateur des
Rose+Croix se présente comme un rénovateur du Christianisme.
9 – Les 510 décimales de Phi s’achevant sur 2368, Iêsous
Christos, m’ont conduit à calculer quelle était la section d’or de ce nombre.
2368/Phi = 1463.504…
Ces nombres dont la section d’or est proche d’un demi-entier
sont les plus mauvais au niveau des suites de type Fibonacci, ainsi une suite
construite à partir de 2368 et du plus proche entier 1464 s’arrête vers le bas
après 7 autres termes (904-560-344-216-128-88-40). En revanche, si l’on part du
double de 2368, 4736, sa section d’or est proche de l’entier 2927, et les
soustractions successives dévoilent 12 autres termes, jusqu’à 16-7.
Or 2927, c’est la moitié de 5854, valeur des 466 lettres des
13 premiers vers de Vocalisations. Ainsi le sonnet complet avec sa
signature s’achève en correspondance avec les décimales …2368 de Phi, et ses
466 premières lettres, s’achevant en correspondance avec les décimales …466 de
Phi, correspondent à la section d’or de 4x2368, Iêsous Christos, tandis que la
valeur 154 de la signature, antichristus, a été mise en relation avec le
nombre satanique 4x154.
Et mon anagramme basée sur les 14 vers avait pour centre
harmonique 26 mots de gématrie 1480, valeur de Christos, découlant
arithmétiquement de la valeur de ces 14 vers, 6272, tandis que 4x2368 découle
de la valeur 5954 des 13 vers. Incidemment 13x14 = 182, IESVS CHRISTVS.
Incidemment encore, Perec est issu de l’hébreu perets, de valeur 370 =
1480/4.
10 – Parmi les multiples de 2368 considéré comme 888+1480,
9472 a un statut particulier car la différence entre les « Christ »
et « Jésus » est « Jésus-Christ » :
4 x 1480 – 4 x 888 = 2368
C’est la simple conséquence de 1480/888 = 5/3, et tout autre
couple de nombres en rapport 5/3 aurait livré la même relation, mais je
remarque que je l’ai découverte dans le cadre de mon étude des 13 vers
considérés comme 8-5, alors que le rapport grec Christ/Jésus = 5/3 a pour
correspondance latine 8/5, 112/70 étudié plus haut pour l’ensemble du sonnet.
11 – 1464, section d’or entière de 2368, est le nombre de
lettres du presque ultime poème de Perec, Noce, déjà cité parce que
Perec y avait inscrit sur ses brouillons les nombres de deux suites de
Fibonacci.
Il a été vu que la section d’or de 2368 est presque à
mi-chemin entre 1463 et 1464, or une particularité de ce poème en « beaux
présents » est d’avoir une lettre interdite par la contrainte, et donc de
compter 1463 lettres autorisées.
A ma première approche de Noce, j’ai repéré que le
poème comptait 76 vers, avec une césure spéciale après le 47e vers.
76 et 47 sont non seulement en parfait rapport doré, car termes de la suite de
Lucas, mais les valeurs de GEORGES et PEREC. D’où j’ai approfondi et dénombré
dans les 76 vers 1464 lettres, et dans les 47 vers 905, section d’or entière de
1464. 905 et 1464 sont les 10e et 11e termes d’une suite
de Fibonacci débutant par 1-26-27-53, envisagée par Perec dans ses brouillons
de « 53 jours ».
Il y a encore un autre niveau, en se souvenant que Perec a
inscrit les doubles de la suite de Fibonacci classique (2-2-
4-6-10-16-26-42-68-110) devant les strophes prévues de Noce, puis les a
raturés par les termes simples (1-1-2-3-5-8-13-21-34-55). Les 466 lettres des
13 vers de Vocalisations correspondent au 13e double de
Fibonacci, et leur valeur 5854 à un autre 13e double, de 2927 qui
est comme vu plus haut le 13e terme de la suite débutant par 7 et
16, les rangs de G et P, les initiales du Génial Poète (ou du Gémâtre Pénible).
Je rappelle que j’imaginais plus haut cette suite auxquelles appartiennent les
termes 2236-3618-5854 comme une « suite de type Lucas » formée à
partir d’une suite de type Fibonacci privilégiée, comportant les termes
618-1000-1618-2618.
Dans ses carnets personnels, Perec a noté que les numéros
des 3 adresses parisiennes où il a essentiellement résidé formaient une suite
de Fibonacci : 5 (rue de Quattrefages) 13 (rue Linné) 18 (rue de
l’Assomption). Il est clair que pour lui cela s’arrêtait au constat que les 3
numéros étaient tels que a+b=c, mais c’est un fait que ces 3 nombres
correspondent à la formation d’un nombre de Lucas, 18, à partir de l’addition
de deux nombres de Fibonacci non consécutifs, 5 et 13.
Autre écho entre Noce et Vocalisations :
une particularité de Noce est de comporter une lettre interdite, un S,
que j’ai écartée dans certaines de mes analyses, tandis qu’il manquait un S aux
anagrammes de Vocalisations redécouvertes le 26 novembre dernier, et que
c’est en rajoutant le S oublié au sonnet de Richard Grantham que j’ai vu
l’harmonie dorée des 13 vers finissant par Saviour.
12 – Si le centre harmonique de ma version, niveau gématrie,
était 1480, son centre harmonique au niveau des 112 mots était 26, entre 43+43
mots = 86. Ceci est évocateur en gématrie hébraïque ou 26 et 86 sont les
valeurs des principaux noms de Dieu, YHWH et Elohim.
Le produit de ces nombres 26 x 86 est 2236, soit la valeur
des 5 vers 9 à 13 de Perec, mis en rapport plus haut avec √5.
13 – Pour
changer des noms « divins », la valeur 418 du 14e et
dernier vers de Perec est encore connue par les satanistes comme celle
d’AIWASS, éon avec lequel Aleister Crowley prétendait être en communication…
Cette valeur est donnée dans chacune des 7 strophes du Liber 813,
composée chacune de 14 sections numérotées de 0 à 13.
14 – La
section d’or entière pour les 112 mots de Vocalisations tombe après son
69e mot, scintillations. C’est un mot de 14 lettres de valeur
176, comme les 14 lettres de Carl Gustav Jung.
La date du
11/2 est aussi significative pour Jung dont la maladie de 1944 a débuté par une
fracture du pied le 11/2.
CARL JUNG
= 86.
15 – La
section d’or idéale pour les 466 lettres des 13 vers est 288, double du 12e
Fibo 144 (carré de 12), or les 8 vers des quatrains totalisent 289 lettres
(carré de 17).
On a
ainsi, au lieu de la répartition idéale 288-178, la répartition 289-177 qui
m’est fortement évocatrice d’un autre pan de mes recherches dorées, qui a
d’ailleurs croisé avec Perec, mon travail sur le Clavier bien tempéré de
Bach.
J’indique
ainsi sur cette page
comment mes investigations sur les deux volumes du CBT m’ont fait découvrir que
les 4 meilleures relations dorées horizontales (entre prélude et fugue)
concernaient dans les 2 volumes les mêmes tonalités 14 et 24, et que ces
relations horizontales dessinaient verticalement une relation acceptable :
177
mesures pour les préludes-fugues 14,
289 mesures
pour les préludes-fugues 24.
L’étude approfondie amenait à d’étonnantes harmonies
verticales dans chaque colonne de 11 préludes ou fugues, dont certaines ont des
échos avec le sonnet :
- exacte harmonie Fibonacci pour les 11 fugues du premier
volume (610 mesures réparties en 377-233) ;
- harmonie des 586 mesures des 11 préludes du second volume,
réparties en 224-362, soit les doubles de la suite 43-69-112(-181). J’avais
trouvé les mêmes nombres dans le Credo de la messe en Si, autour de la
Crucifixion, ce qui m’avait fait envisager les équivalences 112 = CHRISTVS, 181
= REX IVDAEORVM ;
- total 2367 mesures pour les 11 tonalités ; c’est pas
2368, mais un numérologue professionnel trouverait probablement quelque
artifice pour considérer
16 – Les 5
sonnets anagrammes totaliseraient en principe 5 x 497 = 2485 lettres, ce qui
est encore le triangulaire de 70, la somme des nombres de 1 à 70. Je rappelle
70 valeur latine de IESVS.
Le nombre 70 est évocateur pour les amateurs de curiosités
arithmétiques. A part le trivial 1, le seul nombre carré somme de carrés
consécutifs de 1 à N est 4900 = 702, somme des carrés de 1 à 24.
Avec l’erreur d’1 lettre des anglais, les 4 sonnets présents
sur leur page contiennent en fait 4 x 496 = 1984 lettres. 1984 m’évoque évidemment
le roman et le film, débutant le 4/4. 496 est le triangulaire de 31, et la
valeur de la 10e et dernière sefira Malkhout, la Royauté. Un autre
de ses noms est Shekhina, de valeur 385 dont certains exégètes ont jugé
significatif qu’il s’agisse de la somme des 10 premiers carrés : la
dernière sefira reçoit des influx de toutes les autres sefirot…
Si j’avais commis la même erreur, les 5 sonnets compteraient
5 x 496 = 2480 lettres. Un nombre connu encore, correspondant à la gématrie des
noms des 5 titres du Pentateuque, en 25 lettres en hébreu, ou encore à un
palindrome grec en 25 lettres également, Nipson anomêmata, mê monan opsin.
Mes études sur 620
m’ont conduit à voir que 1240 était la somme des 15 premiers carrés.
Attendu que le dernier vers de Vocalisations compte
31 lettres, ses 13 premiers vers comme ceux de l’anagramme vers par vers de
Grantham comptent 465 = triangulaire de 30 sur cette page anglaise. Ce 13e
vers de Grantham s’achève sur Saviour, et le nombre 30 est relié à
Jésus, qui selon l’évangile débuta son ministère à 30 ans.
Une analyse lettre par lettre de Vocalisations
m’avait révélé un équilibre en 109-279-109 lettres, avec les premières et
dernières 109 lettres totalisant la même valeur 1372, ou 22.73.
Entre les deux 279 lettres de valeur 3528, nombre qui combiné à l’un ou l’autre
1372 donne 4900, le carré 702 commenté plus haut.
17 – Si le
partage en lettres au sein des 13 vers de Perec n’est donc pas idéalement doré
(289-177 au lieu de 288-178), celui en mots l’est encore moins : 67-37 au
lieu de 64-40.
Il y a cependant ici encore une belle possibilité.
NOMBRE = 67 D’OR =
37
La subdivision D-OR = 4-33 est encore intéressante puisque
le 71e mot du sonnet est « divins », dont la dernière
syllabe en est le 104e pied, section d’or des 168 pieds du sonnet
(et NOMBRE D’OR = 104).
18 – J’ai cherché
s’il existait d’autres cas de poèmes anagrammatisés par plusieurs auteurs. Je
n’en ai trouvé que sur le site Anagrammy, avec
un cas
remarquable : Mike Keith (le premier anagrammiste de Vocalisations)
a découvert que la strophe 26 d’un poème d’Amy Lowell contenait exactement 140
voyelles, le nombre de pieds d’un sonnet classique anglais. Il en a donné sa
version, suivie de 4 autres dans différents styles de Richard Grantham, le 3e
anagrammiste. Sa dernière version est une paraphrase de Voyelles où les
couleurs rimbaldiennes sont respectées, sauf pour O,
A
black, E snow, I red, U plum, O gold --
devenu un « O d’or ». Or sans connaître ce poème
mes premières imitations
contraintes de Voyelles associaient avec constance O à l’or, alors même
que le nombre d’or n’était pas au rang de mes préoccupations premières, en tout
cas pour le premier :
Gras
U, bel E, vif I, fol O d'or, A s'ulule,
où cet « or » avait pour seule motivation sa
voyelle o. Je l’ai à nouveau utilisé dans mon essai suivant,
E jet, I tic, O d'or, U rut, A l'apanage.
où une petite contrainte m’avait fait marquer la césure d’or
du sonnet par un « âge d’or. ». Dans mes 4 autres tentatives l’or
était pareillement associé à O, et OR deviendrait le dernier mot de mon
anagramme, rimant avec ses sections d’or dort et rapport.
19 – Dans l’anagramme de Richard Grantham, dont SAVIOUR
était le 115e mot à la fin du 13e vers, apparaît son
anagramme VARIOUS, 16e mot. Soit 100 mots de VARIOUS à SAVIOUR or
j’avais repéré que sur un cadran de téléphone CENT correspond à 2368. Je
rappelle que les 510 décimales de Phi, correspondant aux 497 lettres de
Vocalisations + les 13 lettres de sa « signature » Arthur Rimbaud,
s’achèvent sur 2368, valeur du grec IHSOUS
XRISTOS.
Le 24 janvier 2002 je proposais ma 1e
contribution à la liste Oulipo, le sonnet UN, inspiré par un sonnet d’une
colistière où apparaissait la date du début de la guerre de Trente Ans, 1618.
Dans les archives de la liste, ce message porte le numéro 3682. Ceci peut
encore se lire 36-82, évoquant les dates de l’écrivain favori de la liste
Georges Perec (1936-1982). Je n’avais alors qu’un intérêt plutôt négatif pour
le nombre d’or, et mon sonnet était d’abord destiné à montrer à quoi
ressemblerait un poème effectivement conçu selon Phi, pour le comparer à
certaines allégations pour des œuvres classiques.
C’était le premier sonnet que je composais depuis bien
longtemps (le précédent était en 84, peu contraint). Je commençais par écrire
quelques vers sans rien calculer, pour voir si les nombres de mots et lettres
obtenus étaient proches de nombres utilisables, et je fus très surpris que les
64 premiers pieds (petite section d’or de 168) de ce premier jet comptent 42
mots et 178 lettres, doubles des Fibos 21 et 89, et je n’y modifiais rien en
achevant le sonnet de 110 mots et 466 lettres. Je ne reliais alors en rien
Perec au nombre d’or, ignorais le magnifique équilibre des 466 premières
lettres de Vocalisations (correspondant aux décimales …466 de Phi),
comme l’inscription des doubles de Fibos sur les brouillons de Noce.
Peu après une curiosité sur les lettres IVRE devenant VIER
(« quatre ») en rot-13 m’inspira un autre sonnet, que je postai le 15
février. Il porte le numéro 3862 dans les archives de la liste, or 38-62 (ou
62-38) correspond au partage doré idéal de 100. Si le début de mon précédent
sonnet avait compté 38 mots, il est probable que j’aurais tenté un sonnet en
100 mots, significatif parce que l’un des clients dorés était le sonnet en –ix
de Mallarmé, pouvant compter 100 mots.
Ce sont les deux seuls sonnets que j’ai postés sur la liste
en 2002. Je n’avais alors aucun moyen de deviner ce que seraient leurs numéros
dans des archives construites ultérieurement.
Le 15 janvier 03, un colistier proposa un sonnet palindrome
intitulé E,
car c’en était la seule voyelle autorisée. J’acclamais la performance en
remarquant la gématrie du sonnet, 4472, soit 2236 pour sa moitié, ce que je
proposais de transformer en multiplication :
2.236 x 2.236 = E (puisque 2.236 = racine de 5)
20 – J’accordais une certaine importance à ce que le 5e
vers de Vocalisations ait pour valeur 497, nombre de lettres du sonnet.
HLP mentir romarin
PLH travailler servir
http://remi.schulz.perso.neuf.fr/bw/mark.htm
http://quatramaran.ens.fr/mailman/private/oulipo/2002-January/003682.html
http://www.graner.net/nicolas/OULIPO/gef/rs.php
http://quatramaran.ens.fr/mailman/private/oulipo/2002-June/004444.html
e=mp2
http://quatramaran.ens.fr/mailman/private/oulipo/2003-January/005485.html
http://remi.schulz.perso.neuf.fr/gondol/adia.htm
Voici d’abord l’original de Rimbaud, dont on peut voir le
manuscrit ici.
A noir, E blanc, I
rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,
Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles
;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;
U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;
O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
- O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux ! -
Voici le sonnet de Perec
dans sa version de La Disparition, selon une disposition que j’avais vue
avant de constater l’harmonie numérique
des 13 vers : quelques décalages permettent de lire verticalement ladisparition dans ces 13 vers.
Vocalisations
A noir, (Un blanc), I roux, U
safran, O azur:
Nous saurons au jour dit ta vocalisation:
A, noir carcan poilu d'un scintillant
morpion
Qui bombinait autour d'un nidoral impur,
Caps obscurs; qui, cristal du brouillard ou du Khan,
Harpons du fjord hautain, Rois Blancs, frissons
d'anis?
I, carmins, sang vomi, riant ainsi qu'un lis
Dans un courroux ou dans un alcool mortifiant;
U, scintillations, ronds
divins du flot marin,
Paix du pâtis tissu d'animaux, paix du fin
Sillon qu'un fol savoir aux grands
fronts imprima;
O, finitif clairon aux accords
d'aiguisoir,
Soupirs ahurissant Nadir ou Nirvâna:
O l'omicron, rayon violin dans
son Voir!
Arthur Rimbaud
Voici les versions
anagrammatiques anglaises, selon les corrections mises en ligne le 18
mai 2006, basées donc sur le sonnet avec une seule erreur. J’ai ajouté le s
oublié dans chaque version. La version de Mike Keith basée sur le sonnet avec 4
erreurs est actuellement disponible sur son site.
A void, (missing vocalic), I pain-color, U rococo, O plaid: In ruin hid. Did Attila's raucous invasions "U": auras, vibrations, in murmurs of an Asian rain, "O": broad as God's Last Trump. Mind sprain, |
|
A coal, (albino), I blood, U fruit pulp, O rain vapor: Ruin is afar, fools! Squadrons run, injuring Huns asthmatic; "U": quixotic mind-visits of a non-spiritual
Frisian, "O": intoxication of a savior's original sounds, |
|
A flax, (an aura), I burn, U zircon, or O sun: Toadish quicksand; clouds' usual rubric or burlap, U rolls on 'midst inconstant viridian fluids - O is a final caustic air, crux of id or indigo, |
Voici mon sonnet, avec les sections d’or marquées par les
* :
a noir, …, i quinquinas, u troublant, o violin,
an du jour disparu, surtout pas par hasard.
haut a, noir pavillon, ficin pour maints anars,
rajas sans contrition au soir du grand matin,
but tabou; agoni dans son brouillard aux mains,
un parti dort, * cristal, la croix du maquisard;
i roux, fiction sans gond, rubicond si soiffard,
pis d'indivis frimas, nid aux hiboux mutins;
u zut, ufo, divin
rapport, * nul fric crural
qu'un canif (son crayon, art commis convivial)
n'a conclu, nul lin rilsan, coincoins, dînaillons;
o maximum, sillons du saindoux ou du dior,
la raison à valoir où nous aussi saurons
au knossos infini franchir son portail d'or !
Et voici comment le Gématron lit ce sonnet :
a1 noir56,
…,
i9 quinquinas142, u21
troublant123, o15 violin81, [448]
an15 du25
jour64 disparu88, surtout134
pas36 par35 hasard51. [448]
haut50 a1,
noir56 pavillon101, ficin41
pour70 maints76 anars53, [448]
rajas49 sans53 contrition137
au22 soir61 du25 grand44 matin57, [448]
but43 tabou59; agoni46
dans38 son48 brouillard112
aux46 mains56, [448]
un35 parti64 dort[2396]57,
cristal82, la13 croix69
du25 maquisard103; [448]
i9 roux78,
fiction76 sans53 gond40,
rubicond86 si28 soiffard78, [448]
pis44 d4'indivis86 frimas66,
nid27 aux46 hiboux79 mutins96; [448]
u21 zut67,
ufo42, divin58 rapport[3876]104,
nul47 fric36 crural73 [448]
qu38'un35
canif33 (son48 crayon76,
art39 commis72 convivial107) [448]
n14'a1
conclu68, nul47 lin35
rilsan73, coincoins101, dînaillons109; [448]
o15 maximum94, sillons100
du25 saindoux107 ou36
du25 dior46, [448]
la13 raison76 à1 valoir77
où36
nous69 aussi69 saurons107 [448]
au22 knossos112 infini61
franchir77 son48 portail91
d4'or33
! [448]
[Ce texte de 497 lettres a une somme gématrique de 6272.]
a velu l'e trou
blanc l'i rouge sang, bleu o 367
hâve l'u : le
troublant lire où je semble haut 410
22 mots 67
lettres 777
http://remi.schulz.perso.neuf.fr/teckel/vokapi.htm
mispar
http://quatramaran.ens.fr/mailman/private/oulipo/2010-May/018216.html
louia
http://quatramaran.ens.fr/mailman/private/oulipo/2010-October/018600.html