Tentative d’épuisement de Vocalisations

(en cours et plutôt bâclé)

 

 

 

 

Fin 1996 j’ai voulu tester sur un texte un peu moderne les techniques mises au point sur des textes anciens. Le premier texte auquel j’ai pensé, pour sa brièveté et son riche symbolisme, a été le sonnet Voyelles, de Rimbaud, que j’ai aussitôt soumis à mon programme de comptage. Rien n’en est sorti.

Après avoir abandonné tout espoir d’en tirer quelque chose, j’ai songé que Perec en avait proposé une récriture sans E, dans La Disparition, et j’ai soumis cette version à mon programme, avec un premier résultat immédiat. Le sonnet Vocalisations compte 112 mots et 497 lettres dont la valeur totale est 6272 = 112 x 56.

D’autres harmonies suivirent, qui me firent écrire un premier commentaire, admiratif devant l’exploit, puis étudier d’autres textes de Perec. La découverte d’une version ultérieure de Vocalisations,  où les harmonies étaient perdues, me fit supposer que ces harmonies n’avaient rien d’intentionnel, ce qui rejoignait mes conclusions sur d’autres textes. En mars 97 j’imprimais à 50 exemplaires une brochure de 52 pages sur 3 textes de Perec, où je me refusais à faire la part entre intentionnel et non-intentionnel.

 

Durant l’été 99, j’écrivis le roman Sous les pans du bizarre, essentiellement consacré aux curiosités de l’Eglogue 8 de Virgile, sa structure en 3 parties de 5-4-6 chapitres calquant les 3 premières strophes du chant d’Alphésibée, en 5-4-6 vers. En cours d’écriture, il me vint l’idée de coder dans chaque chapitre numéroté un vers de Vocalisations, et dans le dernier non numéroté la signature « Arthur Rimbaud », que Perec avait pu utiliser telle quelle. Au cours de cette opération, il me vint l’idée de modifier la fin du 13e vers, Nadir ou Nirvâna, en radin ou nirvana. Puis, comme Rimbaud est né dans le 08 et mort dans le 13, j’eus l’idée d’opérer une modification similaire dans le 8e vers, ou alcool devint loocal, et de placer dans les chapitres concernés des mentions explicites de Charleville-Mézières et Marseille.

J’ai eu la curiosité de calculer les rangs des mots concernés, loocal et radin, soit 66 et 102, de somme 168, nombre de pieds du sonnet ou somme de ses nombres clés 56 et 112. Par ailleurs leurs valeurs numériques 58 et 46 donnaient 104, soit 8 fois 13 pour les vers 8 et 13.

J’avais conscience de ces relations lors de l’établissement de ma version définitive, en novembre 99. A la fin du mois, un ami me transmit une étude numérologique sur le Coran, concernant notamment ses deux premiers mots, Bism Allah, de valeurs numériques 102 et 66 dans l’alphabet numéral arabe. Il me vint que les deux mots de rangs 112 et 66 que j’avais déformés, Nadir et alcool, étaient d’origine arabe. Par ailleurs 7 sourates, débutant comme toutes les sourates par ces mots Bism Allah, sont préfixées par les lettres HM, de rangs 8 et 13 dans l’alphabet numéral arabe. J’écrivis le 14 décembre une étude sur la question, réservée à quelques proches tant le sujet est sensible. J’y remarquais notamment qu’en ajoutant la signature « Arthur Rimbaud », comme l’avait fait Perec et comme je l’avais repris dans mon codage, on passait à 510 lettres, tandis que les parties dévolues à l’O, la lettre originellement quintessentielle (soit O azur et le dernier tercet), représentaient 102 lettres, exactement le 5e du total.

 

L’élément le plus notable suivant vint le 23 avril 2004. Un colistier de la liste Oulipo donna un lien vers une page, aujourd’hui disparue, transposant les substantifs de Vocalisations selon le procédé S+7. La page donnait un lien vers ce site anglais proposant 3 anagrammes de Vocalisations, que j’étudiais aussitôt, dans l’espoir d’y trouver des échos aux harmonies du sonnet de départ, mais je m’aperçus bientôt que les anagrammistes étaient partis d’un texte erroné, avec 4 lettres omises, une dans chaque strophe.

Cependant ces erreurs pouvaient faire écho à une des principales curiosités découvertes à première analyse dans les 112 mots de valeur moyenne 56. Cette valeur correspond à deux mots du poème, en fait le même mot NOIR répété en 2e et 19e position, mot essentiel résumant idéalement la récriture du sonnet sans E blanc. C’est par ailleurs l’A qui est noir, et le texte compte 56 A.

Un seul mot correspond à 112 (2 fois 56), BROUILLARD en 38e position. Ainsi l’addition gématrique

NOIR + NOIR = BROUILLARD

peut être complétée par une égalité multiplicative des rangs de ces mots :

   2     x    19    =        38

Or les lettres oubliées par les anagrammistes anglais sont

B = 2, au 4e vers dans BOMBINAIT ;

S = 19, au 9e vers dans RONDS ;

2 fois S = 19, aux 8e et 14e vers, dans le même mot DANS.

La correspondance est frappante, surtout en couplant deux S, et je la signalai le 24/4/04 dans un message à la liste Oulipo.

 

Début décembre 06 j’ai suggéré à mon ami Gef, développeur de plusieurs outils en ligne concernant les jeux littéraires, de s’atteler à un programme polyvalent de calcul gématrique, et ce fut la naissance du Gématron, le 5 décembre dans sa première version. La facilité d’emploi de cet outil me donna l’idée de réaliser enfin un vieux projet : une anagramme de Vocalisations où chaque vers compterait 8 mots et la gématrie exacte 448. Après m’être assuré que le premier vers était possible, le plus difficile car quatre de ses « mots » sont obligatoirement les voyelles a-i-o-u, je composai le 8 décembre mon sonnet,

http://quatramaran.ens.fr/mailman/private/oulipo/2006-December/012899.html

avec quelques contraintes additionnelles :

Conservation des mots noir-noir-brouillard aux positions 2-19-38 ;

Surdétermination des deux sections d’or du sonnet selon 4 critères :

  ses 112 mots sont répartis en 43-26-43

  ses 168 syllabes en 64-40-64

  ses 497 lettres en 190-117-190

  sa gématrie 6272 en 2396-1480-2396

 

Ces contraintes ont orienté le contenu du sonnet, au-delà de leur réalisation effective. Ainsi les 8 mots par vers interdisent toute allusion à la voyelle manquante dans le premier vers. J’ai reporté l’idée de disparition au second vers

a noir, …, i quinquinas, u troublant, o violin,

an du jour disparu, surtout pas par hasard.

avec ce jour évoquant la clarté, le blanc, mais aussi le jour de la disparition de Cyrla Perec, le 11/2, en pensant au mot jour en hébreu, yom de gématrie 56.

Les sections d’or sont marquées par des syllabes OR, inspirées par des curiositées pereco-rimbaldiennes. Pour la petite section d’or, à 64 pieds, je me suis souvenu du Dormeur du val, dont la grande section d’or à 104 pieds tombe sur un étrange point, suivi d’un non moins bizarre enjambement :

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. * Souriant comme

Sourirait un enfant malade, il fait un somme:

 

Donc j’ai réutilisé ce dort, associé à l’agonie et au départ ; ce parti pourrait bien être la lettre E :

 

but tabou; agoni dans son brouillard aux mains,

un parti dort, * cristal, la croix du maquisard;

 

Le hasard voulait que la petite section d’or du sonnet tombât à la grande section d’or des 21 pieds (13 pieds) dévolus par Rimbaud à l’E. Ensuite débutait la section médiane, de gématrie 1480 que je connaissais pour être la valeur en grec du mot Christos, « Christ ». Ceci me fit débuter la section par cristal, qui était déjà présent dans Vocalisations, substitut de la candeur de Rimbaud. Je fus très satisfait de parvenir à un vers correct en ajoutant la croix du maquisard, qui me vint assez facilement. La création c’est 5% d’inspiration et 95% de transpiration, disait je ne sais plus qui, ce qui était peut-être valable pour lui, mais je crois que mes créations les plus réussies ont reçu une bien plus grande part d’inspiration, qui se fait le plus souvent vainement attendre en d’autres occasions. J’ai composé ce sonnet en 5-6 heures, et ce sont plutôt les vers les moins réussis qui m’ont demandé le plus de temps.

Pour l’autre section d’or, à 104 pieds, j’ai voulu garder le divins achevant les 104 pieds de Voyelles comme de Vocalisations. La divine proportion était interdite, mais divin rapport est une excellente solution, d’autant que rapport a la valeur 104.

 

u zut, ufo, divin rapport, * nul fric crural

 

Je suis toujours très satisfait des deux derniers vers, composés assez tôt. Il me fallait caser un K, et Knossos s’est imposé ; je me suis réjoui qu’il s’agisse d’un mot de valeur 112.

 

la raison à valoir où nous aussi saurons

au knossos infini franchir son portail d'or !

 

Je passe maintenant au 8 septembre 2008. Ma bizarre intuition du matin au réveil, que le 4/4/44 soit situé exactement aux 4/5es de la vie de Jung, se vérifia aussitôt levé : Jung a vécu 31360 jours (et 20 heures) dont les 4/5es tombent le 4/4/44 vers midi. La période unitaire correspond à 6272 jours (et 4 heures), ce qui m’a aussitôt fait penser à Vocalisations.

J’ai remarqué dès la première relation de ma découverte quelques points étrangement précis de mon anagramme, son organisation autour de la valeur centrale 1480, alors que la pierre de Bollingen a été sculptée par Jung en 4 quadrants autour de la figure centrale de Telesphoros, dieu grec de valeur 1480, ma mention de Knossos, alors que j’attribue ma découverte à mes lectures de romans se passant en Crète, notamment à Knossos.

Il m’a fallu un délai inouï pour prendre pleinement conscience que, dans l’intention du moins, il existait 5 dispositions du jeu de lettres composant Vocalisations, soit donc un ensemble valant 31360, ou 5 fois 6272, dont j’étais responsable du dernier cinquième. J’avais mentionné les 3 anagrammes anglaises dès cette première relation, mais ce n’est que le matin du 26 novembre 09 que j’ai eu la curiosité d’y revenir voir. J’ai donc retrouvé la page avec les 3 anagrammes, et me suis avisé qu’il n’y manquait plus qu’une lettre, un S dans ronds marins, 9e vers, 70e mot, 307e lettre. J’ai d’abord pensé m’être trompé dans mes calculs de 2004, avant de vérifier le lendemain que ce n’était pas le cas, et que la page anglaise avait été corrigée le 18 mai 06. Une erreur était cependant demeurée, et, ignorant encore la correction, je me suis émerveillé qu’il s’agisse de la 307e lettre des 497, à la section d’or la plus immédiate du sonnet. Ainsi ma section médiale de valeur 1480 débutait sur la 191e lettre (cristal), et s’achevait sur la 307e lettre (divin rapport). Je me suis souvenu de cette valeur 1480, valeur connue de Christos correspondant aussi au Telesphoros de Jung.

Je devais découvrir ensuite que ce s omis n’était pas la 307e lettre, mais la 309e. Naviguant entre les divers sites proposant les anagrammes anglaises, j’ai d’abord vu les versions modifiées qui comptaient 496 lettres, et c’est probablement en prenant le texte français donné par Mike Keith sur son site que j’ai vu 306 lettre jusqu’à rond ; or il s’agissait de la version primitive de 2001, avec 2 lettres omises précédemment.

Je suis ensuite allé à Digne, et la balade évoquée ici dans un endroit où je n’étais encore jamais allé m’a fait passer devant une boîte aux lettres signalée d’un énorme 1480. Je découvris qu’il y habitait des dames Jung.

 

La nuit suivante, ce fut le rêve où je vis les mots die Salbe, que j’appris le lendemain vouloir dire « le baume », « l’onction » en allemand, le Christ étant « der Gesalbte ». Voici maintenant pêle-mêle mes trouvailles diverses sur le sonnet et ses anagrammes :

1 - L’erreur laissée par les anglais est sur le 70e mot de 112, or en latin

IESVS CHRISTVS = 70 + 112 = 182

70-112 correspond au partage doré idéal de la somme 182.

La triade 70-112-182 correspond à la triade des nombres de Fibonacci 5-8-13, multipliés par 14.

Il est par ailleurs plus connu et commenté qu’en grec

IHSOUS XRISTOS = 888 + 1480 = 2368, ce qui correspond à la triade des nombres de Fibonacci 3-5-8, multipliés par 296.

Ce fut l’occasion de plusieurs coïncidences troublantes, sur mon premier blog Blogruz dont l’identifiant, ou BlogId, un nombre de 19 chiffres, finit par les chiffres 1480. La plus extraordinaire survint pour mon billet du 12/12 2007, posté à 12 :12, ce qui était intentionnel. Ce qui ne l’était pas, et ne pouvait l’être puisque j’ignorais alors que chaque billet avait un autre identifiant de 19 chiffres, ou PostId, qui lui était attribué une fois pour toutes dès la création de son brouillon. Plusieurs mois plus tard, je découvris que le PostId de ce billet débutait par 888, et, ce PostId étant précédé dans l’URL du billet par le BlogId, il y apparaissait la succession …1480-888…, or ce billet était le premier que j’avais illustré d’une représentation du Christ, une image d’un film de Rohmer.

Je remarquais aussi que ROHMER = 77 = CHRIST

et que ERIC ROHMER = 35 + 77 = 112 = CHRISTUS (en romain, römer ou rohmer, son pseudo), ce qui contribua à me faire soupçonner une œuvre cryptochristique chez ce cinéaste se prétendant né à Nancy le 4 avril 1920, un dimanche de Pâques (mais il était né en fait à Tulle le 21 mars).

 

2 – Le second sonnet anglais contient le mot savior dans son 12e vers, le 3e Saviour achevant le 13e vers.

Ce sont les formes américaine et anglaise de « sauveur », traduction de Yeshoua (« Dieu sauve »).

SAVIOR = 84 = HAEMMERLI = 4 x 21. Le docteur Haemmerli a sauvé JUNG = 52 = 4 x 13, et je me suis émerveillé de trouver cette conjonction 13-21(-34), la triade 13-21-34 étant particulièrement insistante dans ma recherche.

Coïncidence en temps direct : tout en écrivant ceci le 14/01 vers 10 h j’opère quelques recherches sur le web, passant par un site affichant une pub pour le roman Level 26, éveillant ma curiosité. Après avoir tapé level dans la barre Google, le navigateur me suggère Level 42, nom d’un groupe de rock. 26/42 = 13/21.

SAVIOR = 84 m’a fait me rappeler que j’avais vu que alchimie était le 84e mot de Voyelles, un mot d’origine arabe comme alcool et Nadir, les deux mots dont j’avais proposé des variantes dans mon codage de Vocalisations, aux rangs 66 et 102, moyenne 84.

Les valeurs numériques de ces mots, 58 et 46, ont pour moyenne 52. Ainsi mon codage correspondait à un 52-84, bien que je l’aie plutôt vu comme un 104-168, comme sur cette page où je note d’autres correspondances.

Perec a remplacé « l’alchimie » de Rimbaud par « un fol savoir ». SAVIOR (82e mot chez Brodie, sans scinder les mots composés) est l’anagramme de SAVOIR (88e mot chez Perec).

 

3 – Si SAVIOR = 84 = 4 x 21

SAVIOUR = 105 = 5 x 21.

Ainsi les 2 formes anglaises du Sauveur correspondent-elles à un motif 4-5, alors que le dernier cinquième de la vie de Jung (6272 jours) doit beaucoup à son sauveur Haemmerli.

L’addition de ce Saviour aux coïncidences précédemment repérées m’a fait étudier séparément les 13 vers de David Grantham s’achevant sur ce mot, sans S tel qu’il a été écrit, puis avec la minime correction qu’il ne manquerait pas de faire lui-même s’il était informé de l’erreur.

A ce second essai le Gématron a affiché une correspondance dorée exacte (5854/3618) à la fin des 8 premiers vers, des quatrains. Puisque cette dernière anagramme est vers par vers, cette relation dorée idéale était déjà présente dans l’original de Perec, ainsi j’avais pensé introduire des proportions d’or dans ce poème où existait une relation effective presque totale, puisque le dernier vers est chez Rimbaud comme ses imitateurs une conclusion se suffisant à elle-même (répétition au début du vers du O, unique cas parmi les descriptions des voyelles).

Et ma fantaisie des Pans avait concerné deux mots de ces vers 8 et 13, alcool et Nadir.

Nadir ou Nirvana est donc devenu Sun or Saviour chez Grantham, qui a aussi transformé alcool mortifiant en sin and curaçao. Je m’ébahis de trouver ces vers 8-13 s’achever sur les lettres O-R, syllabe que j’avais choisie pour marquer mes sections d’or dans mon anagramme.

 

4 – L’harmonie dorée 5854/3618 = 1.618021… est bien plus proche du nombre d’or (1.618033…) que ce que j’avais construit à partir de la gématrie totale du sonnet, 6272/3876 = 1.618163… C’est que certains nombres sont plus favorisés que d’autres pour ces jeux, ce qui se traduit par une autre propriété : un « bon » nombre mènera plus loin dans une suite soustractive de type Fibonacci qu’un nombre moins favorable. Ainsi 6272 et sa section d’or arrondie au plus proche entier 3876 sont les 10e et 9e termes d’une suite de type Fibonacci débutant par les termes 72 et 140, tandis que 3618 et 5854 sont les 12e et 13e termes d’une suite de type Fibonacci débutant par les termes 14 et 32.

Ainsi nous avons un 13e terme au 13e vers, avec un écho immédiat : ces 13 vers totalisent 466 lettres, soit le 13e terme d’une suite de type Fibonacci débutant par les termes 2 et 2, formée des doubles de la suite originale de Fibonacci, débutant par les termes 1 et 1.

Très curieusement, Perec a probablement projeté une contrainte utilisant ces doubles pour son poème Noce, dont le brouillon montre ces doubles, soit 2-2-4-6-10-16-26-42-68-110, devant les numéros de 1 à 10 des strophes, puis ces nombres ont été surchargés par les nombres de la suite simple, soit 1-1-2-3-5-8-13-21-34-55. Ainsi à une éventuelle 13e strophe aurait été assigné le nombre 466, puis 233.

La suite débutant par les termes 14 et 32 est aussi une suite double, se déduisant de la suite primaire 7-16, ces premiers termes correspondant aux lettres G-P, initiales de Perec. Mon intérêt pour Noce a été éveillé par ses 76 vers, et une franche coupure après le 47e vers. Georges/Perec = 76/47, bonne relation dorée car 47 et 76 sont les 8e et 9e termes d’une suite de type Fibonacci débutant par les termes 1 et 3, de fait la 3e suite offrant les meilleures approximations dorées, après les suites 1-1 et 2-2. J’avais remarqué que le 6e vers de Vocalisations avait pour valeur 521, 13e terme de cette suite 1-3.

 

5 – Cette suite 1-3 est encore appelée suite de Lucas, car elle a des propriétés particulières. L’une d’entre elles est que le rapport Ln/Fn donne les meilleures approximation de la racine carrée de 5, soit 2.23606…, à la base du calcul du nombre d’or, Phi = (√5+1)/2. Ainsi, au 13e rang, 521/233 = 2.23605…

En fait chaque terme de la suite de Lucas se déduit aisément à partir de la suite de Fibonacci par la formule Ln = Fn–1 + Fn+1, et la propriété qui vient d’être vue n’est qu’un cas particulier de la relation générale pour les suites de type Fibonacci :

(S n–1 + Sn+1)/Sn  = (S n+1 + Sn–1)/(S n+1 – Sn–1) tend vers √5 quand n croît.

On exprime souvent le nombre d’or avec 3 décimales, 1.618, et 1618 peut être considéré comme le 13e terme d’une suite de type Fibonacci débutant par les termes 2-10-12-22-34-56-90-146-236-382-618-1000. La suite à laquelle appartiennent les termes 3816-5854 peut être considérée comme une « suite de type Lucas », dont chaque terme serait la somme d’un terme de la suite précédente et du terme suivant le suivant, soit 14(=2+12)-32(=10+22)-46(=12+34)-…   à partir de cette suite,  utilise de même la valeur 2.236 pour racine de 5.

2236 est le 11e terme de cette suite, c’est la valeur des 5 vers 9 à 13, dans un texte où la 5e lettre est interdite, frappante car 2236/1000 = 2.236, valeur communément donnée de √5.

Ce n’est frappant que d’un point de vue non mathématicien, car les rapports suivants 3618/1618 et 5854/2618 donnent de meilleures approximations de √5.

 

6 – Les 13 premiers vers du sonnet de Perec comptent donc 466 lettres, ce qui m’est évocateur d’une curiosité que j’ai exposée à la liste Oulipo le 23 octobre 2008 :

Le film "Pi" a été cadré au format Phi (rectangle d'or) par son director,
Aronofsky (récemment Lion d'or).
Il s'achève par deux colles arithmétiques auxquelles le héros autolobotomisé
est incapable de répondre :
183 x 255 = ?
   46665 doit répondre elle-même la questionneuse.
748 : 238 = ?
  The end, le spectateur suffisant est invité à trouver 3.14... , soit Pi,
titre du film.
 
Le roman HOL (House Of Leaves) de Danielewski s'achève (pour sa partie
principale des Navidson records) sur deux documents :
046665 qui fait allusion au culte de la spirale (dorée) du nautile
081512 qui montre 30 clichés, desquels le lecteur suffisant isole les 08,
15, et 12, correspondant aux rangs des lettres H-O-L, soit le titre du
livre.
 
Suite à ce parallélisme, que je peux imaginer non concerté, j'ai eu la
curiosité de chercher la séquence 046665 parmi les décimales de Phi, qui a
une probabilité acceptable d'être présente parmi le premier million de
décimales, comme toute séquence de 6 chiffres, mais la séquence apparaît à
partir de la 463e décimale seulement, avec une curiosité supplémentaire.
La 466e décimale est un 6 précédé de 46, or j'avais l'an dernier proposé un
texte composé d'après les 60 premières décimales de Phi, où j'avais exploité
que la 8e décimale est 8, et la 20e 0 précédé de 2.
466 est le cas suivant, j'ai vaguement vérifié qu'il n'en venait pas d'autre 
de sitôt.
Le texte est ici:
http://remi.schulz.club.fr/or/rayon.htm

Il y a encore divers rebonds. Mark Z Danielewski est un nom doublement doré, avec

DANIELEWSKI = 112

MARK Z = 69, section d’or arrondie de 112

MARK = 43, section d’or arrondie de 69.

Je remarquais ici que j’avais découvert les propriétés de ce nom exactement un an après avoir composé mon sonnet anagramme, dont j’avais partagé les 112 mots en 69-43, 43-69, 43-26-43.

Que son livre soit H-O-L, ou 81512 succédant à 46665, est fabuleux, car l’affaire du rond-point est arrivée peu après ma découverte que le vieil anglais HOL, « sacré », était antinomique de l’hébreu HOL, « profane ». La suite me mènerait à une autre antinomie à partir de l’autre sens de HOL, « sable », donnant par atbash et permutation circulaire KSP, « argent », sable et argent étant en héraldique « noir » et « blanc », les deux seules couleurs de Voyelles conservées par Perec. Si je n’ai pu approfondir auprès d’amis meilleurs hébraïsants que moi, mon dictionnaire d’hébreu moderne indique aussi pour HOL une forme verbale, « tourner en rond » (échos avec Pi et le rond-point…)

Le message Oulipo auquel je faisais allusion était celui du 30 septembre 2007, où j’avais proposé ceci :

Vendredi, cette page commentant mon blog
http://www.netlexfrance.info/?p=1790
m'a appris que Robert Bonnefoy avait imaginé une forme poétique en 1-6-1-8
vers exprimant l'approximation courante à 3 décimales du nombre d'or, 1.618
(sous-entendant son partage en .618 et 1):
http://users.hol.gr/~helen/index.files/LE%20NOMBRE%20DOR%202.files/Poemes.htm
Ces poèmes gouvernés par l'acrostiche "L'eau va à la rivière" m'ont amusé
pour deux coïncidences :
- le nouvel article de mon blog, alors inconnu de mon commentateur,
concernait les pleurs de Marie Rivière...
- l'acrostiche pourrait exprimer les approximations à 1 et 2 décimales de
Phi:
  - .6 + 1 =  1.6 car LEAUVA à 6 lettres et ALARIVIERE 10
  - .62 + 1 = 1.62 car à ce découpage immédiat correspondent les gématries
62 et 100
 
Ceci m'a rappelé une coïncidence vue récemment sur 30 et 60 décimales de
Phi,
618 033 988 749 894 848 204 586 834 365
638 117 720 309 179 805 762 862 135 448
Il serait trop long d'expliquer pourquoi je trouve fabuleux que les 30
premières décimales s'achèvent sur 365, et les 30 suivantes sur 448, voir en
partie ici
http://remi.schulz.club.fr/813/printemps.htm
Toujours est-il que je me suis dit hier qu'approchait aujourd'hui 30
septembre, remarquable
niveau phi car 30/9 > 309 = 618/2
niveau 365 car c'est le 273e jour de l'année, et la gématrie de
trois cent soixante-cinq = 273
 
D'où l'idée d'écrire un poème sur phi, avec ses 60 premières décimales
exprimées par des mots de nombres de lettres correspondants (10 lettres pour
un 0). Voici :
 
     Trois cent cinq soixante
 
Nombre d'original,
coïncidant dès son éclatante huitième décimale,
sixième pour Fibonacci.
Derrière viendront plus imprécis
deux chiffres en vingtièmes,
puis, auris vellerum, chacun devinera son sème,
vil cuivre promu,
anobli par alchimie à l'annuité révolue.
 
Oh miraculeux phi,
proportion calibrant d'intimes harmonies,
certains appelèrent cette section divine,
ou deuxième trente,
et c'est trois cent cinq soixante.
 
5448
618 033 988 749 894 848 204 586 834 365 638 117 7
20 309 179 805 762 862 135 448
 

Essentiellement, le 448 terminant la seconde trentaine de décimales m’évoquait la valeur moyenne du vers de Vocalisations.

Si ce n’est pas particulièrement extraordinaire que j’aie choisi de découper ces 60 mots en deux strophes de 8 et 5 vers, il reste que j’y ai fait allusion aux décimales 8 (huitième) et 20 (en vingtièmes) de Phi, sans savoir que le cas suivant concernait les décimales 466, que les 13 premiers vers de Vocalisations comptaient 466 lettres, qu’une division idéale pour leur gématrie apparaissait pour le découpage de ces 13 vers en 8 et 5.

 

7 – Ce 466 m’a mené à m’intéresser aux décimales de Phi correspondant au sonnet. Le résultat le plus frappant à mes yeux est la présence de la séquence 2368 s’achevant à la 510e décimale, soit à la dernière lettre de la signature Arthur Rimbaud, donnée dans La Disparition comme dans mon codage des Pans. Or 510 est la valeur du nom de la lettre grecque Phi, 500+10 (Φι), et 2368 est la valeur déjà évoquée de Iêsous Christos en grec (888+1480). Certes Phi est une désignation toute récente, mais le sonnet est récent aussi et de toute façon je ne prétends pas décrypter ici une intention quelconque.

La première désignation de la section d’or semble avoir été tomê, « section » en grec, or c’est un mot de valeur 418, comme le dernier vers, qu’il faut « couper » du reste pour avoir la magnifique relation d’or sur les 13 premiers vers.

Je ne suis guère expert en gématrie grecque, où je ne connais, par hasard essentiellement, que les valeurs de quelques mots. C’est ainsi que je sais que 154, valeur de ARTHUR RIMBAUD, correspond au grec êmera, « jour ». Un mot important puisqu’à la dichotomie blanc/noir fait immédiatement écho jour/nuit, particulièrement dans ma version où j’avais renoncé au mot « blanc » pour un jour disparu.

J’ai besoin de chercher comment se dit « nuit » en grec, nyx, mot de valeur 510 ! Ainsi ce JOUR final transforme l’ensemble du sonnet en NUIT…

 

8 – 154 est une valeur que je connais par ailleurs, et qui à ma connaissance est la première « gématrie latine » commentée, celle du mot antichristus, « antéchrist ». Les 112, christus, mots du sonnet sont donc suivis par cet antichristus qui convient assez bien à Rimbaud.

Il y a peu, le 29 août 09, les idées agitées sur le forum Unus Mundus me conduisirent à rechercher la référence de cette gématrie 154, que j’ai égarée, bien qu’ayant été vérifier à la Bibliothèque Nationale sa présence dans la Patrologie. Je ne la retrouvai pas, mais découvris un texte contemporain, de 438, qui mettait en rapport cette valeur 154 de l’Antéchrist avec la valeur alternative du nombre de la Bête dans certaines versions de l’Apocalypse, 616, 4 fois 154.

J’avais été frappé de retrouver ce nombre 154 dans Rosencreutz, calculé dans le même alphabet latin, alors que le prétendu fondateur des Rose+Croix se présente comme un rénovateur du Christianisme. 

 

9 – Les 510 décimales de Phi s’achevant sur 2368, Iêsous Christos, m’ont conduit à calculer quelle était la section d’or de ce nombre.

2368/Phi = 1463.504…

Ces nombres dont la section d’or est proche d’un demi-entier sont les plus mauvais au niveau des suites de type Fibonacci, ainsi une suite construite à partir de 2368 et du plus proche entier 1464 s’arrête vers le bas après 7 autres termes (904-560-344-216-128-88-40). En revanche, si l’on part du double de 2368, 4736, sa section d’or est proche de l’entier 2927, et les soustractions successives dévoilent 12 autres termes, jusqu’à 16-7.

Or 2927, c’est la moitié de 5854, valeur des 466 lettres des 13 premiers vers de Vocalisations. Ainsi le sonnet complet avec sa signature s’achève en correspondance avec les décimales …2368 de Phi, et ses 466 premières lettres, s’achevant en correspondance avec les décimales …466 de Phi, correspondent à la section d’or de 4x2368, Iêsous Christos, tandis que la valeur 154 de la signature, antichristus, a été mise en relation avec le nombre satanique 4x154.

Et mon anagramme basée sur les 14 vers avait pour centre harmonique 26 mots de gématrie 1480, valeur de Christos, découlant arithmétiquement de la valeur de ces 14 vers, 6272, tandis que 4x2368 découle de la valeur 5954 des 13 vers. Incidemment 13x14 = 182, IESVS CHRISTVS. Incidemment encore, Perec est issu de l’hébreu perets, de valeur 370 = 1480/4.

 

10 – Parmi les multiples de 2368 considéré comme 888+1480, 9472 a un statut particulier car la différence entre les « Christ » et « Jésus » est « Jésus-Christ » :

4 x 1480 – 4 x 888 = 2368

C’est la simple conséquence de 1480/888 = 5/3, et tout autre couple de nombres en rapport 5/3 aurait livré la même relation, mais je remarque que je l’ai découverte dans le cadre de mon étude des 13 vers considérés comme 8-5, alors que le rapport grec Christ/Jésus = 5/3 a pour correspondance latine 8/5, 112/70 étudié plus haut pour l’ensemble du sonnet.

 

11 – 1464, section d’or entière de 2368, est le nombre de lettres du presque ultime poème de Perec, Noce, déjà cité parce que Perec y avait inscrit sur ses brouillons les nombres de deux suites de Fibonacci.

Il a été vu que la section d’or de 2368 est presque à mi-chemin entre 1463 et 1464, or une particularité de ce poème en « beaux présents » est d’avoir une lettre interdite par la contrainte, et donc de compter 1463 lettres autorisées.

A ma première approche de Noce, j’ai repéré que le poème comptait 76 vers, avec une césure spéciale après le 47e vers. 76 et 47 sont non seulement en parfait rapport doré, car termes de la suite de Lucas, mais les valeurs de GEORGES et PEREC. D’où j’ai approfondi et dénombré dans les 76 vers 1464 lettres, et dans les 47 vers 905, section d’or entière de 1464. 905 et 1464 sont les 10e et 11e termes d’une suite de Fibonacci débutant par 1-26-27-53, envisagée par Perec dans ses brouillons de « 53 jours ».

Il y a encore un autre niveau, en se souvenant que Perec a inscrit les doubles de la suite de Fibonacci classique (2-2- 4-6-10-16-26-42-68-110) devant les strophes prévues de Noce, puis les a raturés par les termes simples (1-1-2-3-5-8-13-21-34-55). Les 466 lettres des 13 vers de Vocalisations correspondent au 13e double de Fibonacci, et leur valeur 5854 à un autre 13e double, de 2927 qui est comme vu plus haut le 13e terme de la suite débutant par 7 et 16, les rangs de G et P, les initiales du Génial Poète (ou du Gémâtre Pénible). Je rappelle que j’imaginais plus haut cette suite auxquelles appartiennent les termes 2236-3618-5854 comme une « suite de type Lucas » formée à partir d’une suite de type Fibonacci privilégiée, comportant les termes 618-1000-1618-2618.

Dans ses carnets personnels, Perec a noté que les numéros des 3 adresses parisiennes où il a essentiellement résidé formaient une suite de Fibonacci : 5 (rue de Quattrefages) 13 (rue Linné) 18 (rue de l’Assomption). Il est clair que pour lui cela s’arrêtait au constat que les 3 numéros étaient tels que a+b=c, mais c’est un fait que ces 3 nombres correspondent à la formation d’un nombre de Lucas, 18, à partir de l’addition de deux nombres de Fibonacci non consécutifs, 5 et 13.

Autre écho entre Noce et Vocalisations : une particularité de Noce est de comporter une lettre interdite, un S, que j’ai écartée dans certaines de mes analyses, tandis qu’il manquait un S aux anagrammes de Vocalisations redécouvertes le 26 novembre dernier, et que c’est en rajoutant le S oublié au sonnet de Richard Grantham que j’ai vu l’harmonie dorée des 13 vers finissant par Saviour.

 

12 – Si le centre harmonique de ma version, niveau gématrie, était 1480, son centre harmonique au niveau des 112 mots était 26, entre 43+43 mots = 86. Ceci est évocateur en gématrie hébraïque ou 26 et 86 sont les valeurs des principaux noms de Dieu, YHWH et Elohim.

Le produit de ces nombres 26 x 86 est 2236, soit la valeur des 5 vers 9 à 13 de Perec, mis en rapport plus haut avec √5.

 

13 – Pour changer des noms « divins », la valeur 418 du 14e et dernier vers de Perec est encore connue par les satanistes comme celle d’AIWASS, éon avec lequel Aleister Crowley prétendait être en communication… Cette valeur est donnée dans chacune des 7 strophes du Liber 813, composée chacune de 14 sections numérotées de 0 à 13.

 

14 – La section d’or entière pour les 112 mots de Vocalisations tombe après son 69e mot, scintillations. C’est un mot de 14 lettres de valeur 176, comme les 14 lettres de Carl Gustav Jung.

La date du 11/2 est aussi significative pour Jung dont la maladie de 1944 a débuté par une fracture du pied le 11/2.

CARL JUNG = 86.

 

15 – La section d’or idéale pour les 466 lettres des 13 vers est 288, double du 12e Fibo 144 (carré de 12), or les 8 vers des quatrains totalisent 289 lettres (carré de 17).

On a ainsi, au lieu de la répartition idéale 288-178, la répartition 289-177 qui m’est fortement évocatrice d’un autre pan de mes recherches dorées, qui a d’ailleurs croisé avec Perec, mon travail sur le Clavier bien tempéré de Bach.

J’indique ainsi sur cette page comment mes investigations sur les deux volumes du CBT m’ont fait découvrir que les 4 meilleures relations dorées horizontales (entre prélude et fugue) concernaient dans les 2 volumes les mêmes tonalités 14 et 24, et que ces relations horizontales dessinaient verticalement une relation acceptable :

177 mesures pour les préludes-fugues 14,

289 mesures pour les préludes-fugues 24.

L’étude approfondie amenait à d’étonnantes harmonies verticales dans chaque colonne de 11 préludes ou fugues, dont certaines ont des échos avec le sonnet :

- exacte harmonie Fibonacci pour les 11 fugues du premier volume (610 mesures réparties en 377-233) ;

- harmonie des 586 mesures des 11 préludes du second volume, réparties en 224-362, soit les doubles de la suite 43-69-112(-181). J’avais trouvé les mêmes nombres dans le Credo de la messe en Si, autour de la Crucifixion, ce qui m’avait fait envisager les équivalences 112 = CHRISTVS, 181 = REX IVDAEORVM ;

- total 2367 mesures pour les 11 tonalités ; c’est pas 2368, mais un numérologue professionnel trouverait probablement quelque artifice pour considérer

 

16 – Les 5 sonnets anagrammes totaliseraient en principe 5 x 497 = 2485 lettres, ce qui est encore le triangulaire de 70, la somme des nombres de 1 à 70. Je rappelle 70 valeur latine de IESVS.

Le nombre 70 est évocateur pour les amateurs de curiosités arithmétiques. A part le trivial 1, le seul nombre carré somme de carrés consécutifs de 1 à N est 4900 = 702, somme des carrés de 1 à 24.

Avec l’erreur d’1 lettre des anglais, les 4 sonnets présents sur leur page contiennent en fait 4 x 496 = 1984 lettres. 1984 m’évoque évidemment le roman et le film, débutant le 4/4. 496 est le triangulaire de 31, et la valeur de la 10e et dernière sefira Malkhout, la Royauté. Un autre de ses noms est Shekhina, de valeur 385 dont certains exégètes ont jugé significatif qu’il s’agisse de la somme des 10 premiers carrés : la dernière sefira reçoit des influx de toutes les autres sefirot…

Si j’avais commis la même erreur, les 5 sonnets compteraient 5 x 496 = 2480 lettres. Un nombre connu encore, correspondant à la gématrie des noms des 5 titres du Pentateuque, en 25 lettres en hébreu, ou encore à un palindrome grec en 25 lettres également, Nipson anomêmata, mê monan opsin. Mes études sur 620 m’ont conduit à voir que 1240 était la somme des 15 premiers carrés.

Attendu que le dernier vers de Vocalisations compte 31 lettres, ses 13 premiers vers comme ceux de l’anagramme vers par vers de Grantham comptent 465 = triangulaire de 30 sur cette page anglaise. Ce 13e vers de Grantham s’achève sur Saviour, et le nombre 30 est relié à Jésus, qui selon l’évangile débuta son ministère à 30 ans.

Une analyse lettre par lettre de Vocalisations m’avait révélé un équilibre en 109-279-109 lettres, avec les premières et dernières 109 lettres totalisant la même valeur 1372, ou 22.73. Entre les deux 279 lettres de valeur 3528, nombre qui combiné à l’un ou l’autre 1372 donne 4900, le carré 702 commenté plus haut.

 

17 – Si le partage en lettres au sein des 13 vers de Perec n’est donc pas idéalement doré (289-177 au lieu de 288-178), celui en mots l’est encore moins : 67-37 au lieu de 64-40.

Il y a cependant ici encore une belle possibilité.

NOMBRE = 67  D’OR = 37

La subdivision D-OR = 4-33 est encore intéressante puisque le 71e mot du sonnet est « divins », dont la dernière syllabe en est le 104e pied, section d’or des 168 pieds du sonnet (et NOMBRE D’OR = 104).

 

18 J’ai cherché s’il existait d’autres cas de poèmes anagrammatisés par plusieurs auteurs. Je n’en ai trouvé que sur le site Anagrammy, avec un cas remarquable : Mike Keith (le premier anagrammiste de Vocalisations) a découvert que la strophe 26 d’un poème d’Amy Lowell contenait exactement 140 voyelles, le nombre de pieds d’un sonnet classique anglais. Il en a donné sa version, suivie de 4 autres dans différents styles de Richard Grantham, le 3e anagrammiste. Sa dernière version est une paraphrase de Voyelles où les couleurs rimbaldiennes sont respectées, sauf pour O,

A black, E snow, I red, U plum, O gold --

devenu un « O d’or ». Or sans connaître ce poème mes premières imitations contraintes de Voyelles associaient avec constance O à l’or, alors même que le nombre d’or n’était pas au rang de mes préoccupations premières, en tout cas pour le premier :

Gras U, bel E, vif I, fol O d'or, A s'ulule,

où cet « or » avait pour seule motivation sa voyelle o. Je l’ai à nouveau utilisé dans mon essai suivant, 

E jet, I tic, O d'or, U rut, A l'apanage.

où une petite contrainte m’avait fait marquer la césure d’or du sonnet par un « âge d’or. ». Dans mes 4 autres tentatives l’or était pareillement associé à O, et OR deviendrait le dernier mot de mon anagramme, rimant avec ses sections d’or dort et rapport.

 

19 – Dans l’anagramme de Richard Grantham, dont SAVIOUR était le 115e mot à la fin du 13e vers, apparaît son anagramme VARIOUS, 16e mot. Soit 100 mots de VARIOUS à SAVIOUR or j’avais repéré que sur un cadran de téléphone CENT correspond à 2368. Je rappelle que les 510 décimales de Phi, correspondant aux 497 lettres de Vocalisations + les 13 lettres de sa « signature » Arthur Rimbaud, s’achèvent sur 2368, valeur du grec IHSOUS XRISTOS.

Le 24 janvier 2002 je proposais ma 1e contribution à la liste Oulipo, le sonnet UN, inspiré par un sonnet d’une colistière où apparaissait la date du début de la guerre de Trente Ans, 1618. Dans les archives de la liste, ce message porte le numéro 3682. Ceci peut encore se lire 36-82, évoquant les dates de l’écrivain favori de la liste Georges Perec (1936-1982). Je n’avais alors qu’un intérêt plutôt négatif pour le nombre d’or, et mon sonnet était d’abord destiné à montrer à quoi ressemblerait un poème effectivement conçu selon Phi, pour le comparer à certaines allégations pour des œuvres classiques.

C’était le premier sonnet que je composais depuis bien longtemps (le précédent était en 84, peu contraint). Je commençais par écrire quelques vers sans rien calculer, pour voir si les nombres de mots et lettres obtenus étaient proches de nombres utilisables, et je fus très surpris que les 64 premiers pieds (petite section d’or de 168) de ce premier jet comptent 42 mots et 178 lettres, doubles des Fibos 21 et 89, et je n’y modifiais rien en achevant le sonnet de 110 mots et 466 lettres. Je ne reliais alors en rien Perec au nombre d’or, ignorais le magnifique équilibre des 466 premières lettres de Vocalisations (correspondant aux décimales …466 de Phi), comme l’inscription des doubles de Fibos sur les brouillons de Noce. 

Peu après une curiosité sur les lettres IVRE devenant VIER (« quatre ») en rot-13 m’inspira un autre sonnet, que je postai le 15 février. Il porte le numéro 3862 dans les archives de la liste, or 38-62 (ou 62-38) correspond au partage doré idéal de 100. Si le début de mon précédent sonnet avait compté 38 mots, il est probable que j’aurais tenté un sonnet en 100 mots, significatif parce que l’un des clients dorés était le sonnet en –ix de Mallarmé, pouvant compter 100 mots.

Ce sont les deux seuls sonnets que j’ai postés sur la liste en 2002. Je n’avais alors aucun moyen de deviner ce que seraient leurs numéros dans des archives construites ultérieurement.

Le 15 janvier 03, un colistier proposa un sonnet palindrome intitulé E, car c’en était la seule voyelle autorisée. J’acclamais la performance en remarquant la gématrie du sonnet, 4472, soit 2236 pour sa moitié, ce que je proposais de transformer en multiplication : 2.236 x 2.236 = E (puisque 2.236 = racine de 5)

 

20 – J’accordais une certaine importance à ce que le 5e vers de Vocalisations ait pour valeur 497, nombre de lettres du sonnet.

 

HLP mentir romarin

PLH travailler servir

 

http://remi.schulz.perso.neuf.fr/bw/mark.htm

 

http://quatramaran.ens.fr/mailman/private/oulipo/2002-January/003682.html

http://www.graner.net/nicolas/OULIPO/gef/rs.php

http://quatramaran.ens.fr/mailman/private/oulipo/2002-June/004444.html

 

e=mp2

http://quatramaran.ens.fr/mailman/private/oulipo/2003-January/005485.html

 

http://remi.schulz.perso.neuf.fr/gondol/adia.htm

 

Textes

 

Voici d’abord l’original de Rimbaud, dont on peut voir le manuscrit ici.

 

A noir, E blanc, I  rouge, U vert, O bleu : voyelles,

Je dirai quelque jour vos naissances latentes :

A, noir corset velu des mouches éclatantes

Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

 

Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,

Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;

I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles

Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

 

U, cycles, vibrements divins des mers virides,

Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides

Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

 

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,

Silences traversés des Mondes et des Anges :

- O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux ! -

 

Voici le sonnet de Perec dans sa version de La Disparition, selon une disposition que j’avais vue avant  de constater l’harmonie numérique des 13 vers : quelques décalages permettent de lire verticalement ladisparition dans ces 13 vers.

                     Vocalisations

        A noir, (Un blanc), I roux, U safran, O azur:
        Nous saurons
au jour dit ta vocalisation:
A, noir carcan poilu
d'un scintillant morpion
          Qui bombina
it autour d'un nidoral impur,

          Caps obscurs; qui, cristal du brouillard ou du Khan,
                  Har
pons du fjord hautain, Rois Blancs, frissons d'anis?
        I, carmins, s
ang vomi, riant ainsi qu'un lis
         Dans un cour
roux ou dans un alcool mortifiant;

        U, scintillations, ronds divins du flot marin,
       Paix du pâtis
tissu d'animaux, paix du fin
Sillon qu'un fol savo
ir aux grands fronts imprima;

     O, finitif clairon aux accords d'aiguisoir,
     Soupirs ahurissa
nt Nadir ou Nirvâna:
   O l'omicron, rayon violin dans son Voir!

                                                Arthur Rimbaud

Voici les versions anagrammatiques anglaises, selon les corrections mises en ligne le 18 mai 2006, basées donc sur le sonnet avec une seule erreur. J’ai ajouté le s oublié dans chaque version. La version de Mike Keith basée sur le sonnet avec 4 erreurs est actuellement disponible sur son site.

 

I: Mike Keith, anagramme à l’échelle du sonnet.

A void, (missing vocalic), I pain-color, U rococo, O plaid:
All adjoin in a rich Latin unit, a curious mix of sound:
"A": a noxious squid, that squirms in sun on toxic ground,
Scurrilous and full of animal vapors bad,

In ruin hid. Did Attila's raucous invasions
Ruin a sumptuous land for us, O Russian cur?
"I": in crimson blood, spit on fox's fur,
In anxious fits of liquor-drunk libations;

"U": auras, vibrations, in murmurs of an Asian rain,
Unicorns and carnival animals born on a Druid plain,
To rush in unison around Uranus;

"O": broad as God's Last Trump. Mind sprain,
Quiz, paradox's crux (incur Joy or Pain?),
Rotund Initial, Last Avatar, Final Curtain.

II: Richard Brodie, anagramme strophe par strophe.

A coal, (albino), I blood, U fruit pulp, O rain vapor:
In an anxious, murmurous conjunction:
"A", quaint rancid ruinous irritation,
A monstrous, unusual bat-lizard draconian,

Ruin is afar, fools! Squadrons run, injuring Huns asthmatic;
Arran sons sound dolorous trolls in Rubicon bivouacs.
"I": chuck sputum on an African addax,
An insalubrious sordid liquid plasmatic;

"U": quixotic mind-visits of a non-spiritual Frisian,
Fox, gnus, maladroit ox, marsupials, simians,
Influx trods up and up, and land turns livid;

"O": intoxication of a savior's original sounds,
Lo, airs rich in a vivid dulciana!
Incur sin, or ruin; or rosy panoramas found.

III: Richard Grantham, anagramme vers par vers.

A flax, (an aura), I burn, U zircon, or O sun:
O, I act out various unsaid natal sojourns:
A, minor pallid scorpion in a nocturnal tunic
Murmur about, bound to air in liquid pain,

Toadish quicksand; clouds' usual rubric or burlap,
Proud fronds in Nordic ash, albino rajahs, satin's fuss?
An I, a crimson squirt, us smiling in vain - a
Torn, not unusual mix of dolour, sin and cura
çao;

U rolls on 'midst inconstant viridian fluids -
Pupa, six Indian addax - I, Faustus, mix it up
In matrix of squid's ova; furls run along Roman lips;

O is a final caustic air, crux of id or indigo,
Arid spans in air haunt Sun or Saviour:
O rolls, vivid maroon canyons in Orion!

 

Voici mon sonnet, avec les sections d’or marquées par les * :

 

a noir, …, i quinquinas, u troublant, o violin,

an du jour disparu, surtout pas par hasard.

haut a, noir pavillon, ficin pour maints anars,

rajas sans contrition au soir du grand matin,

 

but tabou; agoni dans son brouillard aux mains,

un parti dort, * cristal, la croix du maquisard;

i roux, fiction sans gond, rubicond si soiffard,

pis d'indivis frimas, nid aux hiboux mutins;

 

u zut, ufo, divin rapport, * nul fric crural

qu'un canif (son crayon, art commis convivial)

n'a conclu, nul lin rilsan, coincoins, dînaillons;

 

o maximum, sillons du saindoux ou du dior,

la raison à valoir où nous aussi saurons

au knossos infini franchir son portail d'or !

 

Et voici comment le Gématron lit ce sonnet :

a1 noir56, , i9 quinquinas142, u21 troublant123, o15 violin81, [448]
an15 du25 jour64 disparu88, surtout134 pas36 par35 hasard51. [448]
haut50 a1, noir56 pavillon101, ficin41 pour70 maints76 anars53, [448]
rajas49 sans53 contrition137 au22 soir61 du25 grand44 matin57, [448]

but43 tabou59; agoni46 dans38 son48 brouillard112 aux46 mains56, [448]
un35 parti64 dort[2396]57, cristal82, la13 croix69 du25 maquisard103; [448]
i9 roux78, fiction76 sans53 gond40, rubicond86 si28 soiffard78, [448]
pis44 d4'indivis86 frimas66, nid27 aux46 hiboux79 mutins96; [448]

u21 zut67, ufo42, divin58 rapport[3876]104, nul47 fric36 crural73 [448]
qu38'un35 canif33 (son48 crayon76, art39 commis72 convivial107) [448]
n14'a1 conclu68, nul47 lin35 rilsan73, coincoins101, dînaillons109; [448]

o15 maximum94, sillons100 du25 saindoux107 ou36 du25 dior46, [448]
la13 raison76 à1 valoir77 où36 nous69 aussi69 saurons107 [448]
au22 knossos112 infini61 franchir77 son48 portail91 d4'or33 ! [448]

[Ce texte de 497 lettres a une somme gématrique de 6272.]

 

a velu l'e trou blanc l'i rouge sang, bleu o 367

hâve l'u : le troublant lire où je semble haut 410

22 mots 67 lettres 777

http://remi.schulz.perso.neuf.fr/teckel/vokapi.htm

mispar

http://quatramaran.ens.fr/mailman/private/oulipo/2010-May/018216.html

louia

http://quatramaran.ens.fr/mailman/private/oulipo/2010-October/018600.html