Dans la lignée du cas
précédent, et n’offrant pour moi d’intérêt qu’en rapport avec lui, deux
autres affaires coquillesques sur Haines-Gaines.
Le roman de Michael Crichton State of
fear (2004) est devenu en français Etat d’urgence (2006). Une rapide
lecture m’a porté à prêter attention à un personnage d’avocat nommé Jennifer
Haynes, car c’est le nom exact de L’avocat du diable, film de Sidney
Lumet (Guilty as sin, 1993).
Peut-être ma sensibilité particulière aux
noms ressemblant à Haines en est-elle la cause, toujours est-il que les seules
coquilles que j’ai repérées dans ce pavé, lu assez vite, concernent cette
Jennifer, qui apparaît d’abord dans un passage assez court, mais important par
sa signification, car Jennifer Haynes est le porte-parole des idées de Crichton
sur le réchauffement climatique, sujet du roman. Jennifer Haynes, assistante du
grand avocat John Balder, apparaît donc page 94, et disparaît page 123 pour ne
réapparaître que page 395, mais sous le nom Jennifer Hayes, idem page 396.
On la retrouve page 421 sous la forme
correcte Haynes, présente ensuite à plusieurs reprises jusqu’à la fin du livre,
mais une autre anomalie apparaît page 437. Le personnage principal et elle (on
peut deviner une future tendre relation entre eux) ont affaire à un personnage
nommé Bradley, et celui-ci s’adresse à Jennifer en la nommant
« Mademoiselle Hadley » ! Je ne vois aucune raison à ce
« Hadley », sinon une erreur par contamination due à la proximité de
« Bradley ».
Mon autre cas concerne le téléfilm A
case for murder, de Duncan Gibbins (1993), traduit par Seul dans la nuit.
Encore une histoire d’avocats, tournant autour du meurtre d’un avocat nommé
Darren Gaines. Sa femme Joanna Gaines est accusée, mais sera innocentée par le
témoignage de son amant, Stanley Haynes !
La coquille justifiant la présence ici de
ce cas est que la majorité des sources concernant ce téléfilm donnent pour
femme de monsieur Gaines « Joanna Gains » !
Je ne dispose pas de document imprimé,
mais une recherche « A case for murder » sur Google donne 16 pages
avec « Joanna Gains » contre 3 avec « Joanna Gaines »
(après élimination des pages identiques). Voici par exemple un extrait de la
distribution du film sur imdb, qui se qualifie de plus grande base de
données mondiale :
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.... |
Joanna Gains |
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.... |
Darren Gaines |
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.... |
Stanley
Haynes |
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.... |
Henry Gaines |
Le croisement est étonnant avec le cas de
Sheila Gaines devenue Haines-Hains dans la version française de Once you
meet a stranger, Alliance interdite dont un titre plus accrocheur
aurait été L’inconnue du Nord-Express, ou quoi que ce soit pouvant
évoquer le film de Hitchcock. A case for murder est un titre
remarquablement quelconque, mais sa traduction en Seul dans la nuit ne
peut manquer d’évoquer Seule dans la nuit, célèbre film avec Audrey
Hepburn interprétant une aveugle face à des gangsters ; non seulement les
deux œuvres n’ont rien de commun, mais je ne vois aucun rapport évident entre Seul
dans la nuit et le sujet du téléfilm.
J’ai évoqué plus haut le film de Lumet Guilty
as sin (de 1993 comme ce téléfilm), dont la traduction L’avocat du
diable est aussi une drôle d’idée, sachant que c’est déjà le titre au moins
d’un roman de Morris West. Attendu qu’il s’agit d’une avocate ou d’une femme
avocat, L’avocate du diable
aurait au moins eu une petite originalité.
La curiosité est ici que cette avocat(e)
Jennifer Haines* est jouée par Rebecca de Mornay.
*C’est son nom sur
presque toutes les sources évoquant le film de Lumet, mais j’ai trouvé Jennifer
Haynes (l’orthographe exacte du nom de l’avocate du roman de Crichton, sur la
page Cautionary
tales.
J’avais vu que le jeu Haines-Hains pouvait
évoquer l’artiste Raymond Hains, grand amateur de coïncidences, or « de
Mornay » est l’exacte anagramme de « Raymonde ».
______
Ce qui suit n’a pour l’instant rien à
voir avec les coquilles, mais constitue une si merveilleuse suite aux cas
Haines-Gaines et Hains-Gains que je ne résiste pas à l’inscrire dans leur
continuité.
Le 26 avril 07, au cours d’une semaine
parisienne, je visitais une amie qui me montra un curieux exemplaire du Jeu
de l’oie, de Marcel Schneider, richement annoté de commentaires en français
et japonais, ainsi que de petits dessins naïfs. Ceci me fit calculer les
valeurs numériques du nom de l’auteur,
MARCEL SCHNEIDER = 52-85, correspondant
au partage d’or optimal de la somme 137. Je m’en émerveillais particulièrement
parce que :
- La section d’or est en allemand
Goldene(r) Schnitt, de même racine que Schneider, « coupeur »,
« tailleur ».
- Dans son polar Le massacre des
innocents, JJ Reboux a imaginé de répartir les 102 paroisses de Paris dans les
64 cases d’un jeu de l’oie différant légèrement du jeu usuel de 63 cases. La
raison en est un jeu gématrique : en prenant le rang de chaque lettre de
PAROISSE comme valeur du coup de dés, on arrive selon les règles classiques au
but, la 64e case centrale, ici ND de Paris, au dernier coup, E=5. Or
102/64 ou 51/32 est une bonne approximation du nombre d’or, et mieux encore la
valeur numérique de PAROISSE est précisément 102, tandis que celle de PARIS est
63 ; 102/63 = 34/21 est une meilleure approximation du nombre d’or. Reboux
m’a assuré que seul le jeu initial, explicite dans le roman, était
intentionnel.
Cinq jours plus tard, le 1er
mai, en visite chez un ami, je remarquais dans ses rayonnages un gros livre, le
numéro d’Obliques consacré à Hans Bellmer après la mort de celui-ci en
1975. Je m’intéressais à Bellmer parce que Perec lui avait emprunté diverses
citations…
Bref je calcule pour la première fois ses
valeurs,
HANS BELLMER = 42-67, correspondant au
partage d’or optimal de la somme 109. Je m’en suis d’abord émerveillé parce que
je venais de découvrir deux semaines plus tôt qu’il s’agissait des valeurs du
« doré
nombre », puis je n’ai pas manqué d’établir le lien avec la coïncidence
sur le nom du spécialiste du jeu de l’OIE, qui se dit en allemand GANS.
Gaines et Haines, Gains et Hains, Gans et
Hans…