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pour Anna et Liza, conseillères en hébreu
AVIS : cette page est plutôt complexe, faisant intervenir beaucoup de chiffres.
Elle a mené aux découvertes de REWERBERATIONS, plus immédiates.
6 octobre : je découvre qu’il est possible de voir entièrement Pi,
en 4 parties, sur le site YouTube, et j’en profite immédiatement.
J’avais entendu parler de ce film de Darren Aronofsky peu après sa
sortie en 1999, et il m’était devenu plus urgent de le voir depuis que j’avais
appris fin juin dernier qu’il s’agissait du seul film tourné au format d’or,
c’est-à-dire que chaque image est un rectangle d’or (1.618/1 au lieu de 1.667/1
plus proche format de pellicule). Attendu que les DVD de films au format 1.66
sont visionnés à un format proche de 1.62 sur un ordi, je prévoyais que le DVD de
Pi passerait à un format d’environ 1.57, soit pi/2.
En fait le Pi offert par YouTube est au format 1.33, et j’ai
consacré mon billet blog formath à ces
questions de format, sans aborder le contenu du film, dont un épisode m’a
particulièrement frappé.
Cet épisode est curieux en lui-même, mais des circonstances personnelles
en font une exceptionnelle bizarrerie, aussi je vais d’abord exposer ces
circonstances. Deux jours avant, le 4 octobre, Arte rediffusait Conte
d’automne, de Rohmer, que je voulais revoir pour vérifier certains points
notés lors de la première diffusion le 20 septembre. Il m’a fallu retrouver les
notes prises alors, et en examinant les différents cahiers où elles auraient pu
figurer, je suis tombé sur une liste de films 1.66 consignée en juin, juste
après avoir découvert que Pauline à la plage, de Rohmer, passait sur mon
ordi au format d’or, tandis que le déroulement temporel de son intrigue
s’accorde parfaitement avec une construction d’or. Le site Imdb permet facilement une telle recherche selon
les formats, et je trouve aujourd’hui 17/10 en vérifiant le titre qui a attiré
mon attention le 4/10 qu’il s’agit du 166e film en 1.66 sur la liste
Imdb telle qu’elle se présente ce jour :

J’avais noté en juin Adrian und die Römer (soit Adrien et les
Romains) à cause de Rohmer, sans imaginer qu’en août j’allais découvrir le
nombre d’or dans nos tableaux de famille, ceux de mon bisaïeul Adrien Schulz,
et ceux de mon grand-oncle Jean Souverbie. Son fils Romain (Römer
signifie aussi « Romain » au singulier) m’a précisé l’importance de
la section d’or dans l’œuvre de Jean ; Romain lui-même est peintre et
l’utilise dans son art.
Voilà donc une seconde coïncidence. Par ailleurs je ne peux voir le nom
Römer (et je ne le vois pas souvent, et j’ignorais il y a quelques jours encore
sa signification) sans penser à un événement précis, relaté sur cette page. En 1985
j’ai été pris d’une frénésie numérologique qui m’a conduit à apprendre l’hébreu
et à étudier la Bible où j’ai rapidement découvert quelques relations qui m’ont
conforté dans ma recherche, notamment ceci : deux arbres occupent le
centre de l’Eden primordial, l’arbre de vie et l’arbre de la connaissance
du bien et du mal, or à ces deux expressions en hébreu correspondent,
selon l’alphabet numéral propre à cette langue, les valeurs 233 et 932 = 4 fois
233. Ceci m’a émerveillé à cause du fort contexte quaternaire (une source
jaillit au centre de l’Eden pour se partager en quatre fleuves), parce que 233
est un nombre de Fibonacci (les nombres de Fibonacci sont présents dans les
végétaux, notamment 233 dans une grande fleur de tournesol), et parce que 1 + 4
= 5 (le logion 19 de l’Evangile de Thomas parle de 5 arbres au Paradis…)
Pendant près de 10 ans j’ai approfondi mes recherches kabbalistiques, lu
des centaines de livres en français et anglais, sans trouver ailleurs cette relation
qui me semblait exemplaire, presque probante à elle seule. Et pourtant des
kabbalistes, comme Aboulafia, avaient tenté de démontrer l’unicité et la
multiplicité des deux arbres au moyen de la gématrie, sans voir cette évidence.
Ex stercore aurum : « l’or est dans l’ordure », dit un
adage alchimique, et c’est dans une décharge qu’à l’été 94 mon regard fut
attiré par un tas de papiers dont des feuilles avaient été éparpillées par le
vent… Je distinguai quelques mots en hébreu…
Il s’agissait de cours polycopiés, en hollandais, d’un professeur
Weinreb qui avait créé dans les années 60 une Académie Hébraïque à La Haye.
J’eus tôt fait d’y découvrir « ma » relation 233-932 sur les deux
arbres. J’appris ensuite que ces cours avaient été jetés par un ancien élève du
professeur, le thérapeuthe en rebirth Paul Römer.
Weinreb signifie « vignoble » en allemand, or le personnage
principal de Conte d’automne de Rohmer est la vigneronne Magali, jouée
par Béatrice Romand, ainsi le film Adrian und die Römer réapparu ce 4
octobre faisait écho au couple Rohmer-Romand comme au couple des peintres
Adrien-Romain.
Je peux maintenant conter l’épisode de Pi qui m’a retenu. Le personnage
principal Max Cohen, dingue de nombres, rencontre dans un café Lenny Meyer qui
lui expose quelques rudiments kabbalistiques. Il commence par une relation
souvent citée :
av, « père », = 3
+ em, « mère », = 41
–––––––––––––––––
yeled, « enfant »,= 44
Puis Lenny parle du mot qedam, nom du jardin d’Eden dans la
Bible, de valeur 144, puis de la valeur 233 de etz ha-chayim,
« l’arbre de la connaissance ».

Le spectateur ignorera où voulait en venir Lenny car Max prend le
relais, ayant reconnu dans ces nombres des termes de la suite de Fibonacci,
apparemment ignorée de Lenny car Max a besoin de la lui expliquer…
J’avais repéré ce mot de valeur 144 dans les versets 8-9 de Genèse
2 : « Dieu planta un jardin en Eden, à l’orient (mi-qedem), et
il y plaça l’homme qu’il avait formé. Dieu fit pousser des arbres de toute
espèce, agréables à voir et bons à manger, et l’arbre de la vie au milieu du
jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. » Malgré mon
désir de trouver une combinaison fibonacienne 233-144, le mot qedem
signifie « orient » et je ne l’ai jamais vu commenté en tant que
désignation de l’Eden. Ce n’était donc pas très satisfaisant et je ne me suis
pas attardé sur cette relation que je me souviens cependant avoir mentionnée
parmi mes divers écrits de cette période, que je n’ai pas le courage de
chercher et relire, n’étant guère fier de ces premiers essais d’une grande
naïveté.
Voici donc que je la retrouvais, mais dans des conditions très
curieuses, d’une part car l’actualité immédiate venait de me rappeler
Römer-Weinreb et la relation 233-932 des arbres de vie et de connaissance,
d’autre part car le film multiplie les inexactitudes :
– qedem n’est pas un nom de l’Eden, et de plus Lenny prononce ce
mot qedam (ce qui peut le rapprocher du mot adam, Adam ou
« homme », plus approprié) ;
– 233 est la valeur de l’arbre de vie, et non de l’arbre de la
connaissance dont parle Lenny (tree of knowledge) ;
– Max parlant de la suite de Fibonacci donne au nombre d’or le symbole
Thêta comme s’il allait de soi, or les symboles usuels le désignant sont Phi
(initiale de Phidias) ou Tau (initiale de Tomê, « section »),
accessoirement Alpha et Sigma, mais Thêta est inconnu au bataillon.
Il est difficile de faire partager la bizarrerie de ces inexactitudes à
qui n’est pas familier du sujet. D’une part l’auteur du scénario semble bien
connaître la question des nombres, d’autre part il semble s’être ingénié à
brouiller les cartes, volontairement car certaines erreurs sont impensables.
Ainsi Lenny donne la bonne désignation de l’arbre de vie en hébreu, mais
le traduit par « arbre de la connaissance », alors que beaucoup de
non-juifs connaissent le mot chayim (pour le toast le-chayim, par
exemple, porté « à la vie »). Ce pourrait être une allusion à
l’identité ésotérique des deux arbres, affirmée par diverses exégèses,
notamment celle du Zohar, leur parenté génétique étant désormais
« prouvée » par la gématrie, le cousinage des valeurs numériques
multiples l’une de l’autre.
Je suis particulièrement frappé d’avoir ici en quelques mots cette
double possibilité des relations 233-932 et 233-144 envisagées jadis, trois
jours après que l’actualité m’ait remémoré la première. C’est une autre
curiosité que le film Pi sur YouTube y soit scindé en 4 parties.
Je me suis demandé si la relation 233-144 était connue, et je n’en ai
trouvé qu’une seule mention ici,
où 233 est bien donné comme valeur de l’arbre de vie, tree of life, mais
où 144 est donné pour valeur du mot « Eden » lui-même, correctement
orthographié en hébreu, mais non correctement calculé car la valeur de ce mot
est 124… Peut-être cette page est-elle l’écho mal informé d’une vision de Pi…
En revanche la relation 233-932 est présente sur de nombreuses pages. En
anglais, la source principale semble être la page Four Forces from One du
rabbin américain Ginsburgh, bien présentée, ressemblant à ce que j’avais vu
jadis (sans bien entendu que j’imagine qu’il ait pu connaître ce que n’ont lu alors
que quelques proches). En allemand et hollandais je trouve des pages sur la
relation 233-932 des arbres, attribuée à Weinreb, et j’apprends qu’il existe
une Weinreb-Affaire,
que ce douteux messie mort en 1988 était soupçonné d’être plus sadique que
hassidique, sinon criminel de guerre, mais je ne comprends pas le hollandais,
et ça s’éloigne de mon sujet.
L’attribution du symbole Thêta au nombre d’or peut appeler un
commentaire hébraïque. La lettre correspondante est thet (ou teth,
mais j’emploie ici l’orthographe thet parallèle au grec), et la
tradition juive la considère comme une « bonne » lettre car elle est
l’initiale du mot thov, « bien ». J’avais remarqué une autre
relation 1-4 faisant chiasme avec celle des deux arbres, car thov a pour
valeur 17, et « vie », chayim, 68 = 4 fois 17. Il y a ainsi à
l’intérieur des noms complets des deux arbres, en rapport 1/4, une relation 4/1
entre deux mots, ce que mentionne aussi le rabbin Ginsburgh.
L’épisode gématrique de Pi survient à la fin du premier quart
d’heure du film. Il m’a aussitôt fait penser à quelque chose de similaire vu
jadis dans un roman de Bernard Werber, Les Thanatonautes (1994), où
l’auteur semble également avoir détourné des thèmes kabbalistiques. Je me
souvenais d’un jeu sur le nombre 216, or voici que l’intrigue de Pi se
précise : Max est sur la piste d’une formule universelle, un nombre de 216
chiffres que convoitent yuppies de Wall Street et kabbalistes…
J’ai repris le livre de Werber, et retrouvé ce que j’avais vu à la
première lecture, sans avoir éprouvé alors le besoin d’approfondir. Le
narrateur Michael Pinson et son ami Raoul Razorbak trouvent le moyen d’explorer
scientifiquement le phénomène des NDE, ou EMI (expériences de mort imminente),
faisant voyager leurs âmes jusqu’au septième ciel, à la limite de l’Aeden dont
l’exploration constituera le sujet du cycle des Dieux. Le récit est
émaillé de citations diverses sur la mort et l’au-delà, dans toutes les
traditions ; sans préjuger de ce qui se passe ailleurs, j’ai repéré de
multiples incongruités dans la tradition hébraïque :
– section 87, Eliphas Lévi est donné pour « philosophe juif »,
or il s’agit du pseudonyme d’un prêtre défroqué, Adolphe-Louis Constant, occultiste
du milieu du 19e siècle ;
– section 147, le Zohar est traduit « Livre des
Splendeurs », or c’est « Livre de la Splendeur » qu’il faudrait
dire, et c’est sous ce titre qu’il a été traduit, alors que Le Livre des
Splendeurs est un titre d’Eliphas Lévi, le prétendu « philosophe
juif » !
– section 164, Aaron Roth serait un rabbin auteur d’un Traité sur
l’agitation de l’âme, qui aurait inspiré Maïmonide et Isaac Louria. Le seul
rabbin Aharon Roth connu est le fondateur du mouvement hassidique Shomrei
Emunim au début du 20e siècle ; sans doute existe-t-il des
homonymes, mais certainement pas avant Maïmonide qui vivait au 12e
siècle.
Curieusement, le texte qui a le premier donné le détail de ces 72
combinaisons de 3 lettres, sans les désinences en –el ou –iah, est le Zohar,
dont l’édition de référence est celle de Mantoue. La plupart des éditions se
réfèrent à ce texte imprimé en feuillets numérotés, de 1 à 267 pour le premier
tome correspondant au livre de la Genèse. Chaque feuillet à un recto et un
verso, signifiés dans les éditions modernes par a et b, ainsi la liste des 216
lettres apparaît sur la page 108b, soit la 216e page du texte
original. J’ai une édition récente du Zohar qui respecte la pagination et la
mise en page de l’édition de Mantoue, avec une petite particularité : le
recto de chaque feuillet porte son numéro original en hébreu, soit 108 pour le
feuillet concerné (signifié par les lettres Qof-Chet, référence classique
108a), tandis que le verso porte son numéro réel de page en chiffres arabes,
soit 216 (référence 108b). Je donne la reproduction de cette page 216 où
figurent les 216 lettres ici, où j’approfondis certains
points de cette étude, expliquant notamment qu’il n’est guère envisageable que
cette coïncidence soit intentionnelle.
Cependant cette circonstance fortuite souligne la coïncidence de la
section 216 chez Werber, qui deviendrait fabuleuse si elle aussi n’était pas
intentionnelle, mais c’est peut-être parce qu’il connaissait cette bizarrerie
zoharique qu’il a eu l’idée de la répéter.
La pagination des Thanatonautes offre de curieux échos. Dans
l’édition d’origine, la section 216 occupe les pages 323-324 (324 = 3/2 de
216), et surtout dans l’édition de poche, totalement recomposée, où
l’énumération des anges débute page 360 (avec les lettres des suffixes, les
noms des 72 anges comptent exactement 360 lettres).
La section 216 des Thanatonautes énumère 26 des 72 anges, avec
quelques anomalies orthographiques qu’il est difficile d’apprécier sans
connaître la source exacte de Werber, les noms hébraïques pouvant être
transcrits très diversement. Cependant les différentes listes que j’ai
consultées s’accordent sur les terminaisons uniquement en –el et –iah (ou
–yah), et la liste des 26 noms de Werber compte 4 erreurs indubitables qui peuvent
faire sens selon diverses exégèses du Tétragramme, le nom le plus sacré de
Dieu, formé des 4 lettres Y-H-W-H de valeurs 10-5-6-5, de somme 26 :
– Werber énumère d’abord les 10 premiers des 72 anges, avec ce qu’on
pourrait appeler une demi-erreur pour le premier, Vehuia au lieu de Vehuiah, et
une vraie erreur pour le 10e, Paladial au lieu de Paladiah. Ce
pourrait souligner doublement l’initiale du Tétragramme.
– Ensuite viennent les anges d’ordres 12-13-14-16-17 avec une erreur
pour le dernier, Lauvizh au lieu de Lauviah, ce qui peut donner une raison
d’opérer une césure à ce stade, énonçant la valeur 5 de la seconde lettre du
Tétragramme. Lauvizh peut s’entendre love is, « l’amour est »,
or une équivalence traditionnelle du Tétragramme est ahavah-echad,
deux mots de valeur 13 signifiant « amour » et « un ».
– Puis viennent les anges d’ordres 18-20-23-26-38-42-50-53-59-69-72 avec
une erreur pour le second, Pahalial au lieu de Pahaliah. Il s’agit du 17e
ange dans la liste de Werber, ce qui pourrait faire allusion à la valeur de
YHWH selon les « petits nombres », 1-5-6-5, ce qui permet aux
exégètes d’homologuer Dieu au « bien », le mot thov (ou tov)
de valeur 17 mentionné plus haut à propos de l’arbre de la connaissance.
– En poursuivant l’idée de l’épellation du Tétragamme, le stade YHW=21
est atteint avec le 21e ange de Werber, 42e des 72,
Mikael, or son héros narrateur se nomme Michael. Il faut préciser que le nom de
l’ange en hébreu, translittéré MYKAL, issu de la combinaison logique des 3
versets d’Exode 14, est identique à celui de l’archange Michael, qui est encore
l’anagramme de MLAKY, « mon ange », et que la tradition identifie
« l’ange de Dieu » dont il est uniquement question dans ce passage
avec Michael.
– Si W correspond au 42e ange de la liste des 72, le H final
de YHWH correspondrait alors au 72e, puisque Werber a choisi de
clore sa liste de 26 sur ce dernier. Ceci est évocateur pour le kabbaliste
amateur qui a entendu parler des noms secrets de 42 et 72 lettres (voir ici par
exemple).
Je présume que beaucoup de lecteurs seront décontenancés par ce
déferlement de nombres, et se demanderont si je n’aurais pas réussi à trouver
un sens à n’importe quelle série de bizarreries. S’il existe une quantité
relativement importante de nombres significatifs dans la Kabbale, on ne peut
cependant pas dire n’importe quoi, et tout apprenti kabbaliste ou toute
consultation du web (par exemple ici)
confirmera que 26 évoque instantanément le Tétragramme YHWH. En tentant de
réfuter mes interprétations, je leur vois plutôt une autre confirmation dans
les erreurs touchant les 10e et 15e anges de la liste de
Werber, qui correspondraient aux lettres YH du Tétragramme : les erreurs
touchent les suffixes -YH de ces noms.
Après la liste des 72 combinaisons de 3 lettres, le Zohar (109a)
énonce avec concision : « Le nombre des lettres est 216, ce nom est
le mystère et le plus grand secret de toute la Tora (…) » Il me semble
très probable que cette phrase soit, directement ou non, à l’origine du nom
secret de 216 lettres mentionné dans Pi, qui y évolue vers un nombre de
216 chiffres.
Un autre jeu est à considérer, sachant que les fondamentalistes traquent
Max Cohen à cause de son nom, qui peut se traduire « Grand Prêtre » (cohen
gadol). Au temps du Temple, le Grand Prêtre était le seul autorisé à
prononcer le Nom sacré, une fois l’an, et à pénétrer dans le Saint des Saints
cubique, en hébreu devir, mot de valeur 216, cube de 6.
Lorsque j’ai retrouvé le titre Adrian und die Römer le 4 octobre,
je me suis demandé ce que voulait dire Römer en allemand. Le petit
dictionnaire de poche que j’ai ne contient pas ce mot, et une brève exploration
de la toile n’ayant rien donné d’immédiat, j’ai préféré attendre quelques jours
pour consulter un dictionnaire à mon prochain passage à la médiathèque.
Après avoir vu Pi le 7, je me suis rappelé avoir déjà vu des exégèses
gématriques sur 216, en français. J’ai lancé une requête Google « gematrie
216 » qui a donné une multitude de résultats en grande partie miroirs du
site d’un petit génie qui a découvert que Lucifer = 74, qu’il multiplie par 9
pour obtenir 666. Pour éliminer ces pages, j’ai lancé « gematrie 216
–lucifer », et le onzième résultat était une page du site allemand d’Armin
Rieble, lequel a énormément travaillé sur la poésie latine, et mené des travaux
par certains aspects analogues aux miens il y a une dizaine d’année (après
avoir étudié l’hébreu).
Je suis remonté à la page
d’accueil de son site, dont le sous-titre est
REKONSTRUKTIONEN
EINER VERSUNKENEN ARKANWISSENSCHAFT DER RÖMER
ce qui m’a
instantanément permis de comprendre que Römer signifiait
« Romains » (un dictionnaire m’apprendrait ensuite que c’était le
même mot pour « Romain » au singulier).
J’ai pris contact avec Armin Rieble, et il a également été intéressé par
mes anciennes recherches, qui ne sont présentes sur mon site que par un article
un brin provocateur, Le
carré IURAS, prétendue découverte épigraphique qui est en fait une
fabrication, à l’aide d’un programme spécialement conçu dans cette intention,
d’un carré magique composé avec les 25 lettres du Titulus de la
crucifixion, IESUS NAZARENUS REX IUD(A)EORUM.
Parmi les 111 solutions découvertes par le programme, une se distinguait
par de multiples harmonies numériques additionnelles au minimum requis pour
constituer un carré magique, et par le mot latin IURAS en première ligne.
Armin s’étant déclaré intéressé par les autres solutions, j’ai retrouvé
le listing où elles figuraient. Chaque carré possède 12 lignes magiques de
valeur 65, soit en tout 1332 lignes de 5 lettres ; parmi ces 1332 il n’y
avait que deux IURAS, et le second carré était celui-ci, tel quel sur le
listing :
ENUSI
ENZDU
SUIRA
UEAXS
J’ai mis en gras le ROMER central croisant avec IURAS. C’est vers 95 que
j’ai créé ce programme, et je ne me souviens pas d’avoir alors remarqué ce
ROMER, bien que j’aie alors étudié assez attentivement chacune des 111
configurations. J’aurais pourtant eu un autre motif de le remarquer :
j’avais utilisé le programme pour d’autres ensembles de 25 lettres, notamment
le croisement des formules IESUS C(H)RISTUS et FILIUS (H)OMINIS ; parce
qu’un exégète du carré SATOR en a fait le « Testament de Saint
Paul », parce qu’une des lignes de mon carré faisait apparaître le mot
SIMON, j’avais imaginé de l’appeler « Testament de Saint Pierre », or
le prénom de mon voisin Römer était Paul, et à ce prénom était associé une
prodigieuse coïncidence...
J’avais donc contacté par téléphone Paul Römer pendant l’été 94, où il
était très pris par les stages qu’il animait. Il ne s’intéressait guère en fait
aux exégèses kabbalistiques de Weinreb, et avait surtout vénéré l’homme
lui-même, pour son charisme.
Peu de temps après ce premier contact, alors que je me baignais dans le
lac de Castillon, je repensai à Römer sans parvenir à me souvenir de son
prénom. Je sortis de l’eau, revins à la route surplombant le lac… La première
voiture qui passa était immatriculée PA-UL et quelques chiffres derrière…
Je ne peux évidemment prouver ce fait, que j’ai d’ailleurs peut-être un
peu enjolivé. Suis-je absolument certain que c’était bien la première voiture
rencontrée ? ou ai-je pris l’habitude de raconter l’affaire ainsi ?
Je ne peux non plus prouver ce qui va suivre, encore qu’une enquête
pourrait en démontrer la vraisemblance, puisque là je peux donner
l’immatriculation complète du camping-car allemand que j’ai croisé le 8 octobre
dernier, le jour même où j’ai découvert le site d’Armin Rieble et son Römer.
J’avais roulé quelques km en vélo pour venir faire une promenade à pied dans un
chemin agréable. Juste avant de quitter la route, j’ai donc croisé ce
camping-car MA-RK 251. Etait-ce encore le dernier véhicule croisé ? du
moins le seul qui ait attiré mon attention.
Je me suis évidemment rappelé du PA-UL dont j’avais parlé à une
correspondante 4 jours avant, à propos de Adrian und die Römer, et je me
suis dit que Paul et Marc étaient des apôtres.
Puis j’ai fait ma balade. Il m’arrive souvent de lire en marchant, et
j’avais emmené un roman de Tonino Benacquista, Saga (1996), que j’avais
depuis plusieurs années et que je n’avais pas encore lu, je ne sais pas
pourquoi car c’est un auteur que j’apprécie.
Je venais de le commencer avant ma balade, et j’en avais lu les trois
premiers chapitres, Louis, Mathilde, Jérôme, introduisant
3 des 4 scénaristes de la série télévisée Saga. Il restait le 4e,
Moi, qui s'est avéré être Marco, et j'ai instantanément pigé que ces 4
correspondaient par leurs initiales aux 4 évangélistes MMLJ (Matthieu Marc Luc
Jean), ce qui fournit une clé de lecture constamment utile pour la suite du
roman. Ainsi l’un des personnages de la Saga se nomme Jonas Callahan (JC donc),
et « est dévoré d’angoisse le jour de ses 33 ans », ce que le
producteur de l’émission trouve « sibyllin et un peu trop
métaphorique », sans autre développement ou explication. Et c’est loin
d’être tout car un autre personnage est surnommé le Sauveur, c’est un inventeur
dont les découvertes révolutionnent le monde entier, parmi lesquelles la
possibilité de ressusciter les morts…
Les scénaristes, plus particulièrement le narrateur Marco, le seul dont
le nom de famille n’est pas donné, le seul dont le prénom soit directement
celui d’un évangéliste (Marc, Mark, Marco, Marcus, Markos, …, selon les
langues), se préoccupent de l’impact de leur création sur le public et de leurs
rôles de démiurges…
Ceci m’a permis de mieux apprécier ce roman, qui sans cette dimension
« sacrée » ne ferait que reprendre des thèmes déjà exploités (Le
détourneur de PK Dick, Tootsie de Sidney Pollack). J’ignore si le
déclic de penser aux évangélistes se serait produit si je n’avais pas vu
quelques instants auparavant l’immatriculation MA-RK.
Je me suis avisé en écrivant le début de cette étude que les lettres du
prénom d’Aronofsky étaient toutes comprises dans le prénom de Werber :
Bernard = B + darren. D’où mon titre.
Ce 23 octobre, je viens au moment de clore d’emprunter à la médiathèque
de Digne le seul Werber qui était en rayons, La Révolution des Fourmis
(1996), le roman qui a paru juste après Les Thanatonautes (1994).
Ce roman est paru la même année que Saga ; je n’ai pas
trouvé sur la toile d’écho à ma découverte sur les 4 évangélistes, ni à celles
que je viens de faire sur les 4 parties de La Révolution…, qui comptent
respectivement 60-62-71-52 sections. Il existe une évidente structure
palindrome de ces sections, avec pour pivot la dernière section de la seconde
partie, soit la 122e, qui en énonce d’ailleurs le principe.
La structure est évidente, avec au bas mot 42 paires de sections
symétriques dont les titres offrent des similitudes immédiates, quand ils ne
sont pas strictement identiques. Cependant au-delà de cette évidence il y a des
perturbations : tous les titres ne sont pas symétriques, la 122e
section n’est pas exactement au centre des 245 sections totales, il semble y
avoir d’autres échos entre titres non symétriques…
J’étudie ceci en détail sur cette page, mais
je note ici quelques correspondances remarquables avec mes préoccupations,
lesquelles m’ont amené à ce livre (avec l’aide de beaucoup de hasards) :
– Il semble bien que Werber ait signé cette structure palindrome par les
valeurs numériques de ses prénom-nom, BERNARD-WERBER = 62-71, au centre de
60-62-71-52 ; la section 228 contient une allusion à la technique
d’identification des lettres à leur rang dans l’alphabet, ce qui donne une
certaine crédibilité à l’intentionnalité de la chose, mais Bernard ne pouvait
certes avoir prévu que c’est un Darren qui m’amènerait à me pencher sur son
œuvre, ni que j’envisagerai pour le titre de cette étude une forme palindrome,
écartée pour plus de lisibilité au profit de la forme finale, où j’ai veillé
cependant à souligner l’identité des lettres de part et d’autre du b central de
darren-bernard, or les valeurs de ces prénoms sont 60-62, ce qui correspond aux
deux premières parties du roman à structure palindrome.
– La section 216 est la plus longue du roman.
– On y apprend les noms de 3 personnages dont on ne connaissait
précédemment que les prénoms, David Sator, Narcisse Arepo, et Francine Tenet.
Ce sont évidemment les 3/5es du palindrome sator arepo tenet opera
rotas, mais les prénoms peuvent aider à le compléter, puisque David est
palindrome en hébreu, et Narcisse est connu par sa dilection pour son reflet.
Je relève pour ma part les échos avec le carré Sator, sujet d’intérêt commun
avec Armin Rieble.
– La section 233 s’intitule Seul parmi les arbres, sans autre
raison semble-t-il qu’un écho à la section symétrique 13, Seule parmi les
arbres. Il faut savoir que 233 est le 13e terme de la suite de
Fibonacci, dont 13 est le 7e terme, et que 13 est en hébreu la
valeur du mot echad, « un ». Ceci intervenait dans mes
considérations d’antan sur les deux arbres, de façon un peu contournée, et là
le rabbin Ginsburgh m’a appris quelque chose : ce mot echad,
« un », apparaît 3 fois dans le récit de la Création (Gn 1-2), et les
3 versets où il figure ont chacun 13 mots. Le plus notable est Gn 1,9 qui a 13
mots et 52 lettres (4x13), « Dieu dit "Que les eaux au-dessous du
ciel se rassemblent en un seul lieu (maqom echad), et que le sec
paraisse." Et cela fut ainsi. »
– Les 52 sections de cette dernière partie de La Révolution des
fourmis correspondent explicitement aux 52 cartes d’un jeu, ce qui souligne
l’équation 52 = 4x13.
22 novembre : j’ai eu l’occasion de lire ou relire à peu près tous
les Werber, où, avant plus amples analyses, je remarque :
– Chapitre 21 du Papillon des Etoiles (2006), Werber imagine que
144 000 humains pourront participer au Dernier Espoir de l’humanité, embarquer
sur un gigantesque vaisseau spatial pour un voyage de 1000 ans vers la plus
proche planète habitable. Un appel à candidatures est lancé, auquel répondent 1
700 000 personnes, qu’un premier tri réduit à 932 000 personnes répondant aux
stricts critères de l’appel. Il faudra réduire ensuite ces 932 mille à 144, ce
qui équivaut à une épuration par le facteur Phi x 4 (4 fois le nombre d’or). Un
seul des 144 000 subsistera au bout de l’aventure, et parviendra à se créer une
compagne à partir des cellules souches d’une de ses côtes… Le récit peut donner
à entendre que cette histoire, semblant démarrer dans notre temps et notre
monde, est en fait celle de nos origines…
– Werber avait proposé une autre version de la Genèse dans Le père de
nos pères (1998), où apparaît Eve tentée par la fameuse pomme de la
connaissance… Au chapitre 6 de la seconde partie, Werber livre une équivalence
gématrique classique en hébreu, celle du mot adam (Adam ou homme) qui a
même valeur 45 que ma (le pronom « quoi ? »)
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