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rencontre avec Bernard

les 245 sections de la Révolution

 

 

 

 

pour Schmitter & Perry-Salkow,

auteurs de Sorel Eros,

 roman palindrome en français,

attendant un éditeur.

 

Attendu que mon prénom joue un rôle certain dans cette découverte, j’ai décidé de la conter à la troisième personne.

 

 

sa forme, solution du Livre « La révolution des fourmis »

Rémi, donc, a expliqué sur cette page ce qui l’a conduit à s’intéresser à Bernard Werber, et comment il emprunta le 23 octobre 07 à la médiathèque de Digne La révolution des fourmis, le seul Werber disponible en rayons.

Rémi a l’habitude, avant de commencer un livre, d’examiner sa structure, et c’est ainsi qu’il sut d’abord que cette Révolution avait 4 parties, 4 « jeux » plus exactement, intitulés Cœur-Pique-Carreau-Trèfle, comportant respectivement 60-62-71-52 sections ou chapitres. Son esprit est ainsi fait qu’il savait d’emblée que les nombres 62 et 71 correspondent aux valeurs numériques des mots BERNARD et WERBER, selon le codage immédiat A=1, B=2, etc. Il vérifia mentalement son intuition, puis sur l’outil développé par son ami Gef, le Gématron.

Ceci ne signifiait pas que l’équivalence était intentionnelle, mais, parvenant à la section 228 et à l’histoire du cheval Hans le malin, Rémi vit que ce codage A=1, etc., y était décrit, ce qui était un net indice à charge.

Et Rémi avait depuis la section 122 la certitude que le roman possédait une structure élaborée. Ce troisième volet du cycle des Fourmis a pour livre de référence le troisième tome de l’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu (ESRA), dont les citations des deux premiers tomes ont jalonné les volets précédents du cycle. Dans la section 122 donc, intitulée Milieu du récit, l’héroïne Julie Pinson a l’idée d’approcher l’Encyclopédie, grande ouverte, d’une glace, et de constater « que non seulement l’Encyclopédie était symétrique dans ses chapitres mais qu’elle contenait des phrases entières… lisibles uniquement à l’envers dans le reflet du carreau ! »

Or cette section achevait le Deuxième jeu, PIQUE, et la page en vis-à-vis énonçait

Troisième jeu :

CARREAU

Les 1er et 3e jeux s’achèvent sur les mots « pique » et « trèfle », mais le « carreau » achevant le Milieu du récit a une dimension supplémentaire, car la symétrie donnée pour les chapitres de l’Encyclopédie semble bien pouvoir s’appliquer au livre que le lecteur a entre les mains.

Ainsi la section 123 qui suit est-elle intitulée L’instant où il ne faut pas se planter, net écho à la section 121 précédente, L’instant où il faut planter, puis c’est 124. Laissez courir reflet de 120. Laissez pourrir, etc. Après avoir vérifié que la symétrie continuait pendant plusieurs sections, Rémi a été voir ce qui se passait aux début et fin du livre, qui sont respectivement 1. Fin et 245. Début,  puis viennent les sections 2 à 6 dont les titres sont rigoureusement identiques à ceux des sections 244 à 240…

 

(do) Rémi, t’as lu son livre fou…

Après quelques investigations Rémi parvint à ces premières constatations :

– Le dispositif symétrique autour du Milieu du récit n’est lisible que pour 2 ensembles de séquences, 19 sections consécutives 103-121 face aux sections 123-141, et les 55 premières sections face aux 55 dernières sections 191-245.

– Les symétries de titres sont de divers types :

- équivalence absolue (11 cas)

- antonymie totale (dont Début et Fin et L’instant où… semblent être les seuls cas)

- équivalence partielle

- échos plus sibyllins : mots se ressemblant, expressions parallèles, jeux peut-être encore plus subtils (face à 228. Stratégie de cheval, où est énoncé le principe d’équivalence cardinale des rangs des lettres de l’alphabet, vient 18. Syndrome du ver : même forme syntaxique, mais VER est aussi phonétiquement la première syllabe de WERber)

– Tous les titres ne semblent pas se correspondre dans les 55+19=74 paires concernées, mais il est difficile de donner un nombre exact de correspondances sans savoir jusqu’à quel niveau une paire est acceptable.

– En revanche il semble y avoir peu, sinon aucune correspondance dans les sections intermédiaires, 56-102 et 142-190, mais il est toujours difficile de l’affirmer, d’autant que ces ensembles ne sont pas égaux, comptant 47 et 49 sections.

 

En effet 122. Milieu du récit n’est pas la section médiane du total des 245 sections, laquelle serait la 123e. Une explication des divers écarts aux règles supposées peut encore se trouver dans le livre, puisque Edmond Wells expose dans son ESRA les bienfaits d’une stratégie imprévisible : « Non seulement l’introduction d’un peu de chaos dans une stratégie globale permet des effets de surprise mais, de plus, elle offre la possibilité de garder secrète la logique qui sous-tend les décisions importantes. » (section 22)

Ne se satisfaisant pas d’une trop grande part de hasard, Rémi a envisagé d’autres explications. La symétrie en miroir étant acquise, elle explique le recours au jeu de cartes, à moins que ce ne soit le carreau des cartes qui ait donné l’idée de la symétrie, ou le partiel miroir syllabique BERnard werBER… Peu importe, mais il n’apparaît guère dû au hasard que la dernière partie, TREFLE, ait 52 sections, cette partie s’ouvrant précisément sur un extrait de l’ESRA affirmant la richesse symbolique des 52 figures du jeu de cartes et de ses 4 couleurs.

Si ces 52 sections sont voulues, cela renforce l’idée que les nombres de sections des autres parties ne relèvent pas du hasard, et donc que 62-71 soit effectivement une signature « Bernard Werber ». Attendu que le centre de symétrie devait se situer à la fin de la seconde partie (avant CARREAU), une symétrie rigoureuse aurait conduit à 62-62-71-52 sections pour les 4 parties, avec une répétition peu élégante.

 

Si le premier 62 n’était pas souhaitable, il restait à imaginer ce qui avait conduit Werber à choisir 60 plutôt que 61 ou 63, par exemple. Rémi vit une bonne piste dans l’équation fondamentale d’Edmond Wells, 1 + 1 = 3.

Avec 60 chapitres, le pivot central en 122 fait que la section 113, ultime raccourci de l’équation, a pour symétrique la section 131, permutation de 113. Ces sections sont 113. ESRA Gâteau d’anniversaire et 131. Les huit bougies, soit les 8 animateurs de la « révolution des fourmis », Julie Pinson et les membres du groupe de rock des Sept Nains. La correspondance est ici culturelle, mais les premiers mots de l’extrait de l’ESRA sont : « Souffler des bougies à l’occasion de chaque anniversaire est l’un des rites les plus révélateurs de l’espèce humaine. »

 

Peut-être la fin de la dernière partie renvoie-t-elle au début du livre, soit à la citation d’Edmond Wells en exergue, « 1 + 1 = 3 (du moins, je l’espère de tout mon cœur) », suivie du Premier jeu : CŒUR…, REFLET de TREFLE comme PIQUE est le reflet de CARREAU au milieu du livre. Peut-être faut-il compter cette citation comme une section 0, ainsi le livre totaliserait 133 sections (= Bernard Werber) + 113 (l’équation de Wells).

 

Rémi a eu la curiosité de calculer la somme des numéros des 133 sections correspondant à « bernard werber », soit 16891, un nombre significatif dans ce livre des symétries car, affiché sur une calculette, il se lit identiquement en tournant la calculette d’un demi-tour.

Et les 112 autres (ou 113 avec la « section 0 ») ? Total 13244. Rémi en a vu la factorisation 7x43x44, lui indiquant qu’il s’agit d’un nombre tétraédrique, correspondant au nombre d’éléments d’un tétraèdre dont un côté serait constitué de 42 éléments. C’est encore curieux, vu l’importance du tétraèdre dans toute la trilogie, mais qui pourrait maîtriser une telle double construction où le nombre des sections comme leur emplacement ferait sens ?

 

Rémi imagine d’autres hypothèses sur cette page où la liste des 245 sections est détaillée.

 

le défi voulu : trois romans

Grand lecteur, Rémi a dû lire la plupart des romans de Werber peu après leur parution, dès qu’ils étaient disponibles à la médiathèque. Il avait admiré l’originalité des premières Fourmis, mais s’était senti moins convaincu par leurs suites. Peut-être son regard aurait-il été différent s’il avait alors vu les contraintes structurant ces livres, car La Révolution ne semble pas être un bouleversement dans l’œuvre de Werber.

 

Le second volet de la trilogie, Le Jour des Fourmis, a 219 sections, réparties en 6 parties appelées « Arcanes », selon la séquence 38-37-35-35-36-38. A une unité près le miroir serait parfait, souligné par un autre indice : la première section commence par « Noir. », la dernière section 219 s’achève par « Blanc. » et la section médiale 110 achevant le 3e Arcane finit sur « – GRIS. – »

 

Le premier volet, Les Fourmis, est en 4 parties, de 1. L’éveilleur à 4. Au bout du chemin, mais les sections n’y sont pas numérotées. Le livre étant déjà construit selon les mêmes principes que les suivants (sections « humains », sections « fourmis », sections « Encyclopédie » en italique gras, sans jamais que deux sections de même nature se suivent), il est aisé d’en établir le compte, sinon de comprendre pourquoi une numérotation explicite était ici impossible. Lors de l’épisode presque final de l’incendie de la fourmilière, les sections « humains » et « fourmis » se succèdent très rapidement ; alors que le passage d’une section à l’autre est ordinairement signifié par un triple saut de ligne, il est marqué ici par un double saut lorsque l’alinéa est supérieur à deux lignes, un simple saut sinon. Il est évident qu’il n’était pas possible d’introduire une numérotation, a fortiori des titres de sections, pour cet échange sans équivalent dans le reste de la trilogie.

Ainsi, les 4 parties compteraient 36-57-33-54 sections, rien que des multiples de 3, avec possibilité de former deux couples 90. Les paires 36-57 et 33-54 sont évocatrices pour Rémi, se simplifiant en couples d’entiers en rapport d’or idéal, 12/19 et 11/18. Les parties impaires rapportées aux parties paires donnent 23/37, autre rapport d’or idéal.

 

Rémi ne croit pas que Werber ait eu d’emblée en tête la trilogie en écrivant son premier volet, aussi ne faut-il peut-être pas chercher un grand projet d’ensemble. Néanmoins il voit un point commun dans les trois romans, le rapport direct de l’énigme des « 6 allumettes », présente chaque fois sous une nouvelle forme, avec la structure du livre correspondant :

– Dans Les Fourmis, en 4 parties, la solution pour faire 4 triangles équilatéraux est la « pyramide », ou plutôt le tétraèdre, l’un des 5 polyèdres platoniciens, dont deux contiennent le nombre d’or.

– Dans Le Jour des fourmis, la solution pour faire 6 triangles est l’hexagone étoilé, ou étoile de David (mentionnée sous ce nom section 181, et le roman a 6 parties. Cette figure est traditionnellement assimilée à deux triangles, homologués à deux triades de sefirot. Le roman s’achève sur l’éventualité d’une ambassade fourmi auprès du président français, Régis Malrout, soit le roi latin (rex, regis) de la Royauté hébraïque (malkhout, nom de la 10e et dernière des sefirot), par l’entremise de son ministre Raphaël Hisaud (où se reconnaît yesod, le Fondement, la 9e sefira).

– Dans La Révolution des fourmis, la solution pour faire 8 triangles est la pyramide du premier volume, mais additionnée de son reflet dans le miroir, mot clé structurant le livre.

 

Il tombe par ailleurs bizarrement bien, dans l’hypothèse d’une trilogie « forcée » (par l’échec des Thanatonautes, paru entretemps, à la suite duquel Werber déclare avoir failli arrêter d’écrire), que l’ensemble des trois romans soit constitué de 4-6-4 parties numérotées et 219+245 = 464 sections numérotées, avec au centre l’étoile de David, David étant en hébreu un mot palindrome formé des lettres de rangs 4-6-4. Il est tout à fait clair que Werber a choisi en fonction de sa palindromie le prénom de David pour l’amant de Julie dans La Révolution, son nom étant Sator ! Sont aussi présents ses amis Arepo (prénommé Narcisse, grand amateur de miroir) et Tenet (Francine, mais ce prénom n’a nul besoin de suggérer la palindromie, n’étant utilisé qu’une fois dans le fameux palindrome

s a t o r

a r e p o

t e n e t

o p e r a

r o t a s ).

Il y avait dans Le Jour une autre triade de noms palindromes (ou plutôt anadromes ou anacycles), les victimes des meurtres mystérieux Salta, Nogard, et Odergin.

Le tétraèdre a 4 faces, 6 arêtes, 4 sommets.

 

livre d’or : Amiens fout soul

Rémi était ébahi de découvrir une possible double relation d’or dans le premier roman de Werber, qu’il lui avait été si difficile de publier. Etait-ce concevable pour un manuscrit qui, de refus en refus, avait connu de multiples remaniements ? Vraisemblable ou pas, c’est un fait que le nombre d’or revient souvent explicitement dans son œuvre, pour la première fois dans La Révolution, à propos justement de la pyramide du premier volume (sections 37-38). Peut-être était-ce par étourderie que Werber avait alors nommé « pyramide » un tétraèdre régulier, toujours est-il que cette inexactitude est maintenant revendiquée dans la section 37, la section suivante, encyclopédique, énonçant divers lieux communs sur le nombre d’or, notamment l’idée qu’il ait présidé à la construction de la pyramide de Chéops. Ainsi ces deux sections soulignent le partage des 60 sections en 37-23, l’endroit même de la « coupe d’or », comme disait Sérusier (coupe=60, d’or=37), alors que la possibilité d’harmonie d’or pour l’ensemble des 180 sections des Fourmis était la même : (36+33)/(57+54) = 69/111 = 23/37.

En principe une section Encyclopédie développe un point du récit de la section précédente, mais dans certains cas il semble permis de se demander si ce n’est pas le récit qui s’adapte pour justifier le point encyclopédique qui suit, notamment ici, car le nombre d’or est absent du tétraèdre régulier.

 

Rémi découvrit que Werber avait son site personnel, qui hébergeait un forum de ses lecteurs, la Fourmilière, dont une rubrique est intitulée la Cathédrale parce que l’auteur aurait confié qu’une source d’inspiration pour son œuvre, particulièrement pour la trilogie des Fourmis, était la cathédrale d’Amiens.

Les membres n’ont pas l’air d’en savoir beaucoup plus, mais ont vu que la cathédrale serait construite selon le nombre d’or. De fait cette page donne une analyse plutôt convaincante. Le labyrinthe d’Amiens a aussi attiré l’attention de la Fourmilière, et je remarque pour ma part que le pavage de la cathédrale, hors ce labyrinthe, est marqué par une ligne centrale, de chaque côté de laquelle sont développés des motifs distincts. Parfois, à côté du labyrinthe notamment, les motifs sont identiques mais avec les couleurs noir et blanc inversées ; ceci peut faire penser au noir-GRIS-blanc du Jour des fourmis, qui pourrait être via l’anglais une allusion aux initiales de l’auteur (BW, Black & White).

Un membre a vu que les initiales du héros principal de Werber, Michael Pinson, en minuscules mp, correspondaient à un renversement vertical de wb.

 

Rémi a jeté un coup d’œil au Werber venant juste de sortir, et vu qu’il avait 89 chapitres (ou sections), un nombre de Fibonacci.

Fibonacci est mentionné dans La Révolution, à propos de l’introduction du zéro en occident, mais Rémi soupçonne que c’est plus la suite découverte par Fibonacci qui était importante pour Werber. Les deux révolutions parallèles du roman sont menées par 103e et 12 autres soldats d’une part, soit 13 fourmis, par Julie et les Sept Nains d’autre part, les « Huit bougies », et ces 8 sont 5 gars et 3 filles. La section symétrique à 206. Encyclopédie – Zéro est 40. Désert,  où il arrive diverses aventures aux « treize fourmis » (répété) ; hormis 103e, la patronne, ne sont mentionnées parmi les autres que 5e (5 fois) et 8e, 13e, 12e (1 fois chacune). A part 12, rien que des Fibonacci, et la mention de 12e a pour conséquence que, parmi les 13, 5 sont nommées et 8 non.

Rémi considère également comme significatif que les correspondances de sections symétriques en début et fin de livre semblent s’arrêter à la section 55. Ils sont des millions (titre identique pour 191), et parmi les 55 paires il dénombre l’idéal de 34 paires de titres apparentés.

 

rémi : un fou ? une fourmi ?

Selon Rémi, la contrainte littéraire donne souvent lieu à des bizarreries échappant entièrement à l’auteur, aussi doute-t-il fortement que ses découvertes dans La Révolution (entre autres) correspondent toutes à des intentions.

En tout cas il est effaré de multiples parallélismes entre ces découvertes et sa propre histoire en tant qu’auteur.

La Révolution est parue en décembre 96. En octobre 96 Rémy, car tel est son prénom selon l’état civil, se lança dans une vaste analyse de l’œuvre de Maurice Leblanc, établissant notamment la récurrence explicite du nombre 134, gématrie d’Arsène Lupin. Attendu qu’en écrivant son prénom avec un « i » la gématrie de son nom devenait aussi 134, Rémi auto-édita en décembre 96 une brochure sur Leblanc (entre autres), pour la première fois sous le nom Rémi Schulz.

 

Avant d’avoir découvert la symétrie de La Révolution, et ses palindromes évocateurs, Rémi s’était amusé du titre du livre de référence, l’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu, dont l’acronyme immédiat serait ESRA, se retournant en ARSE, soit « cul » en anglais. De fait l’Encyclopédie est bien désignée sur un site créé par Werber par cet acronyme ESRA, et il n’est pas impossible que Werber ait été conscient de cette possibilité (après tout, CUL se renverse lui-même en LUC, un nom qui signifie « lumière »).

Le jeu était du moins immédiat pour Rémi qui avait écrit en 2001 une nouvelle pour le concours Les nouveaux Arsène Lupin, où ARSEne en expédition aventureuse dans un lointain sultanat voyait la partie postérieure de sa personne, et antérieure de son prénom, menacée par « un pal serein ». Fidèle aux identités anagrammatiques que se choisissait volontiers le héros, Rémi lui avait fait endosser le nom Nipulen-Esra, exact renversement d’arsE-nelupiN.

 

Le savoir Relatif et Absolu était par ailleurs évocateur pour Rémi. Depuis longtemps témoin ou sujet de coïncidences bizarres, il avait cherché d’autres personnes partageant des expériences analogues, fréquenté divers groupuscules ou sectes qui ne répondirent pas à ses attentes… En 2001 ce fut la Pansémiotique, un mouvement créé en 1988, essentiellement autour de Richard Sünder, créateur de la théorie de la Relativité Absolue, où les notions de symétrie et de miroir sont essentielles…

Rémi est tout prêt à reconnaître en Sünder un esprit exceptionnel, et n’a pas envie de s’appesantir sur les points de friction qui ont finalement abouti à la rupture. Pendant 3 ans cependant il a collaboré au forum de l’association et à son journal, Pan. C’est en 2002 qu’il s’est passé des événements « fourmis »,  avec une colistière du forum, Marie. Rémi n’a pas envie de donner trop de détails, ayant perdu le contact avec Marie, mais les faits sont enregistrés dans les archives du forum et ont donné lieu à un article en juin 02 dans Pan.

Au plus bref, Marie a employé les mots « taon » et « parts », et Rémi en a proposé des renversements, phonétique pour « taon » devenant « ant », « fourmi » en anglais, alphabétique pour « parts » devenant « strap », « courroie » en anglais. De multiples commentaires seraient nécessaires pour expliquer le lien entre les événements et les mots, tant pis. Toujours est-il que les mots « fourmi » et « courroie » amenèrent Rémi à penser à la gravure d’Escher montrant des fourmis sur une bande de Moebius, et à se demander comment se disaient ces mots en hollandais, la langue d’Escher.

« fourmi » se dit MIER, et se prononce miir.

« courroie » se dit RIEM, et se prononce riim.

Ainsi ces deux mots issus de jeux palindromes de Rémi sont eux-mêmes palindromes phonétiques en hollandais, et ce sont des anagrammes de REMI (dont les connaissances en hollandais se limitent à mijn herr et een brand brot sneden).

Ceci se passait au mois de mai, où Rémi découvrit Les Thanatonautes et sa curieuse section 216 se rapportant à un passage de la Bible connu pour ses 216 lettres. Rémi en parla à Marie, qui lui répondit qu’elle aimait beaucoup Werber.

 

Rémi était intrigué par les 60 sections de la première partie de La Révolution, or ce nombre avait structuré sa première publication en 1984, signée Rémy Schulz, 60 solutions pour Oric-Atmos. Son roman Sous les pans du bizarre, signé Rémi Schulz en 2000, faisait une large place au nombre 60, proposant notamment un jeu-poème en 60 énigmes. Très récemment, le 30 septembre, la découverte d’une curiosité parmi les 60 premières décimales du nombre d’or amena Rémi à l’illustrer par un poème de 60 mots.

 

A propos d’Amiens et de ses jeux de miroir, Rémi est encore celui qui a découvert dans une poésie de Roussel l’acrostiche SNEIMA, soit Amiens retourné.

 

NOUER UT RE MI FA SOL Lʌ SI DO

Si jusqu’ici les titres des sections étaient des anagrammes parfaites de LA REVOLUTION DES FOURMIS, il y a une petite tricherie dans ce dernier titre où le V de REVOLUTION a subi une demi-révolution (Lʌ).

Il était tentant de faire apparaître ainsi tous les noms des notes naturelles, les 5 lettres résiduelles permettant de former le mot NOUER. La polyphonie consiste à tresser des mélodies, des fils de notes se croisant en nœuds harmoniques ou dissonants ; la section 180 de La Révolution est intitulée Renouer, elle est symétrique à la section 65 énonçant la théorie musicale du canon…

Rémi est passionné par Bach, et il a commencé en 2001 une exégèse dorée de son œuvre, d’abord dans un esprit critique, puis l’étude s’est poursuivie par d’extraordinaires convergences dépassant toute prévision, comme toute interprétation rationnelle. L’une des premières bizarreries remarquées est ce qui se passe dans la tonalité de do dièse mineur (ou cis moll = 30-48 selon la « gématrie bachienne », seule tonalité « dorée ») pour les deux cahiers du Clavier bien tempéré. Le prélude et la fugue du 2nd cahier ont 62-71 mesures, en rapport d’or avec les 39-115 mesures du 1er cahier.

Rémi avait eu dès le départ l’intuition qu’il avait déjà rencontré le 62-71 de bernard-werber, mais sa recherche lui a fait envisager tant de relations numériques qu’il n’a pu préciser cet écho, jusqu’à ce qu’il prenne conscience que son intérêt pour Werber avait été éveillé par le nombre 216, et qu’il vérifie que la section d’or entière de 216 est 133, soit 62+71. Là il s’est rappelé d’une relation bachienne 216-133, et a retrouvé qu’elle impliquait précisément le prélude-fugue 62-71.

 

Curieusement, La Révolution contient une allusion à Bach, apparaissant à un point d’or de la seconde partie, parmi les 62 sections correspondant à Bernard. 62 se partage idéalement en 24-38, et à la fin du 24e chapitre de la seconde partie, 84. La clef des chants, Julie envisage d’insérer dans son concert de rock une fugue de Bach, ce qui est suivi par 85. Encyclopédie – L’art de la fugue. Rémi n’imagine pas que cette notice sur Bach témoigne d’une connaissance réelle de l’architecture de son œuvre, tant elle est erronée. On y mentionne deux « morceaux » de Bach, L’offrande musicale qui serait une fugue commençant en do mineur et s’achevant en ré mineur, de telle façon qu’elle pourrait être jouée à l’infini en sautant un ton à chaque reprise, et L’Art de la fugue. Or ces deux œuvres sont des ensembles de pièces, essentiellement des fugues, mais la pièce où la tonalité monte est un court canon de 8 mesures, peu représentative parmi les centaines de mesures que comptent les 12 autres pièces de L’offrande, toutes en do mineur (et la montée de la tonalité est présentée comme une évolution par rapport au canon décrit dans la section 65). 

L’art de la fugue est un ensemble de 18 fugues et canons, toutes en ré mineur. Les erreurs oubliées, Rémi est effaré de découvrir ce point d’or de la seconde partie, évoquant des pièces en do et ré mineur, encadrant la tonalité de do dièse mineur caractérisée dans le Clavier bien tempéré par des rapports d’or 39-62 et 71-115.

Ce point d’or est symétrique, par rapport au début de la seconde partie, au point d’or de la première, où le prétendu nombre d’or de la pyramide-tétraèdre pourrait faire écho aux 36-57-33-54 sections des Fourmis. Ceci donne l’idée d’aller voir ce qui se passe pour les autres parties, rien pour Trèfle, mais pour Carreau le point d’or 44-27 partageant le 71 correspondant à Werber tombe entre 166. Fuite dans les égouts et 167. Encyclopédie – Sommeil. Il avait d’abord vu dans cette Fuite le complément de la Fugue section 85 (Jacques Bens a écrit un Art de la fuite calqué sur l’Art de la fugue de Bach), mais l’écart entre ces deux sections ne pouvait se comparer aux autres équivalences. Le nombre d’or pourrait être une autre approche, puisque ces deux points marquent les divisions d’or symétriques des 62 et 71 sections des parties 2-3.

 

Werber conclut sa section sur Bach par la mention de sa signature au moyen des notes allemandes B-A-C-H, formant le début du dernier thème de la dernière fugue de l’Art de la fugue : « Bach s’était immiscé à l’intérieur même de sa musique et comptait sur elle pour s’élever lui aussi comme un roi immortel vers l’Infini. »

Et Werber, s’est-il point immiscé dans son roman ?, ironise Rémi, en remarquant que ce 25e chapitre de la 2e partie correspond à la fin de l’épellation numérique de la 1e syllabe BER=2+5+18 du prénom. N’y aurait-il pas quelque chose d’analogue dans la 3e partie, pour WER=23+5+18=46 ? Peut-être, car à la section 46 de cette 3e partie, soit 168. Culte des morts, sont mentionnés 3 noms de fourmis autres que 103e, ses copines 10e et 13e, et leur ennemie, 23: 10+13+23=46, CQFD…

Werber ne donne pas la dimension numérique de la signature bachienne, amenée dans la 14e et dernière fugue de l’Art de la fugue, alors que B+A+C+H = 2+1+3+8 = 14 (mais pour Werber l’Art semble être un morceau unique, à moins que cette distorsion ne soit voulue). Rémi a utilisé ce jeu dans son roman, en découpant une phrase de 18 lettres en 2-1-3-8 par une typographie spéciale de 4 lettres, et il voit une possibilité analogue esquissée par les paires symétriques dans les 2 fois 19 sections de part et d’autre de la section centrale 122 : les paires non symétriques dessinent, à première analyse, le motif 2-1-1-2-9. A seconde analyse en fait, puisque le premier parmi les 9 est la symétrie Gâteau d’anniversaire – Les huit bougies qui est une ressemblance thématique, immédiate dès qu’on lit les premiers mots des sections, mais qui ne transparaît pas dans les seuls titres. 2-1-1-2-8 serait alors vraiment très proche de 2-1-3-8, mais néanmoins assez différent pour que Rémi s’interroge, en attendant de questionner Bernard.