les
245 sections de la Révolution

pour Schmitter & Perry-Salkow,
auteurs de Sorel Eros,
roman palindrome en
français,
attendant un éditeur.
Attendu que mon prénom joue un rôle certain dans cette découverte, j’ai
décidé de la conter à la troisième personne.
Rémi, donc, a expliqué sur cette page ce qui
l’a conduit à s’intéresser à Bernard Werber, et comment il emprunta le 23
octobre 07 à la médiathèque de Digne La révolution des fourmis, le seul
Werber disponible en rayons.
Rémi a l’habitude, avant de commencer un livre, d’examiner sa structure,
et c’est ainsi qu’il sut d’abord que cette Révolution avait 4 parties, 4
« jeux » plus exactement, intitulés Cœur-Pique-Carreau-Trèfle,
comportant respectivement 60-62-71-52 sections ou chapitres. Son esprit est
ainsi fait qu’il savait d’emblée que les nombres 62 et 71 correspondent aux
valeurs numériques des mots BERNARD et WERBER, selon le codage immédiat A=1,
B=2, etc. Il vérifia mentalement son intuition, puis sur l’outil développé par
son ami Gef, le Gématron.
Ceci ne signifiait pas que l’équivalence était intentionnelle, mais,
parvenant à la section 228 et à l’histoire du cheval Hans le malin, Rémi vit
que ce codage A=1, etc., y était décrit, ce qui était un net indice à charge.
Et Rémi avait depuis la section 122 la certitude que le roman possédait
une structure élaborée. Ce troisième volet du cycle des Fourmis a pour livre de
référence le troisième tome de l’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu
(ESRA), dont les citations des deux premiers tomes ont jalonné les volets
précédents du cycle. Dans la section 122 donc, intitulée Milieu du récit,
l’héroïne Julie Pinson a l’idée d’approcher l’Encyclopédie, grande ouverte,
d’une glace, et de constater « que non seulement l’Encyclopédie
était symétrique dans ses chapitres mais qu’elle contenait des phrases
entières… lisibles uniquement à l’envers dans le reflet du
carreau ! »
Or cette section achevait le Deuxième jeu, PIQUE, et la page en
vis-à-vis énonçait
Troisième
jeu :
CARREAU
Les 1er
et 3e jeux s’achèvent sur les mots « pique » et
« trèfle », mais le « carreau » achevant le Milieu du
récit a une dimension supplémentaire, car la symétrie donnée pour les chapitres
de l’Encyclopédie semble bien pouvoir s’appliquer au livre que le
lecteur a entre les mains.
Ainsi la section 123 qui suit est-elle intitulée L’instant où il ne
faut pas se planter, net écho à la section 121 précédente, L’instant où
il faut planter, puis c’est 124. Laissez courir reflet de 120. Laissez
pourrir, etc. Après avoir vérifié que la symétrie continuait pendant
plusieurs sections, Rémi a été voir ce qui se passait aux début et fin du
livre, qui sont respectivement 1. Fin et 245. Début, puis viennent les sections 2 à 6 dont les
titres sont rigoureusement identiques à ceux des sections 244 à 240…
(do) Rémi,
t’as lu son livre fou…
Après quelques investigations Rémi parvint à ces premières
constatations :
– Le dispositif symétrique autour du Milieu du récit n’est
lisible que pour 2 ensembles de séquences, 19 sections consécutives 103-121
face aux sections 123-141, et les 55 premières sections face aux 55 dernières
sections 191-245.
– Les symétries de titres sont de divers types :
-
équivalence absolue (11 cas)
-
antonymie totale (dont Début et Fin et L’instant où…
semblent être les seuls cas)
-
équivalence partielle
- échos
plus sibyllins : mots se ressemblant, expressions parallèles, jeux
peut-être encore plus subtils (face à 228. Stratégie de cheval, où est
énoncé le principe d’équivalence cardinale des rangs des lettres de l’alphabet,
vient 18. Syndrome du ver : même forme syntaxique, mais VER est
aussi phonétiquement la première syllabe de WERber)
– Tous les titres ne semblent pas se correspondre dans les 55+19=74
paires concernées, mais il est difficile de donner un nombre exact de
correspondances sans savoir jusqu’à quel niveau une paire est acceptable.
– En revanche il semble y avoir peu, sinon aucune correspondance dans
les sections intermédiaires, 56-102 et 142-190, mais il est toujours difficile
de l’affirmer, d’autant que ces ensembles ne sont pas égaux, comptant 47 et 49
sections.
En effet 122. Milieu du récit n’est pas la section médiane du
total des 245 sections, laquelle serait la 123e. Une explication des
divers écarts aux règles supposées peut encore se trouver dans le livre,
puisque Edmond Wells expose dans son ESRA les bienfaits d’une stratégie
imprévisible : « Non seulement l’introduction d’un peu de chaos dans
une stratégie globale permet des effets de surprise mais, de plus, elle offre
la possibilité de garder secrète la logique qui sous-tend les décisions
importantes. » (section 22)
Ne se satisfaisant pas d’une trop grande part de hasard, Rémi a envisagé
d’autres explications. La symétrie en miroir étant acquise, elle explique le
recours au jeu de cartes, à moins que ce ne soit le carreau des cartes qui ait
donné l’idée de la symétrie, ou le partiel miroir syllabique BERnard werBER…
Peu importe, mais il n’apparaît guère dû au hasard que la dernière partie,
TREFLE, ait 52 sections, cette partie s’ouvrant précisément sur un extrait de
l’ESRA affirmant la richesse symbolique des 52 figures du jeu de cartes et de
ses 4 couleurs.
Si ces 52 sections sont voulues, cela renforce l’idée que les nombres de
sections des autres parties ne relèvent pas du hasard, et donc que 62-71 soit
effectivement une signature « Bernard Werber ». Attendu que le centre
de symétrie devait se situer à la fin de la seconde partie (avant CARREAU), une
symétrie rigoureuse aurait conduit à 62-62-71-52 sections pour les 4 parties,
avec une répétition peu élégante.
Si le premier 62 n’était pas souhaitable, il restait à imaginer ce qui
avait conduit Werber à choisir 60 plutôt que 61 ou 63, par exemple. Rémi vit une
bonne piste dans l’équation fondamentale d’Edmond Wells, 1 + 1 = 3.
Avec 60 chapitres, le pivot central en 122 fait que la section 113,
ultime raccourci de l’équation, a pour symétrique la section 131, permutation
de 113. Ces sections sont 113. ESRA Gâteau d’anniversaire et 131. Les
huit bougies, soit les 8 animateurs de la « révolution des
fourmis », Julie Pinson et les membres du groupe de rock des Sept Nains.
La correspondance est ici culturelle, mais les premiers mots de l’extrait de
l’ESRA sont : « Souffler des bougies à l’occasion de chaque
anniversaire est l’un des rites les plus révélateurs de l’espèce
humaine. »
Peut-être la fin de la dernière partie renvoie-t-elle au début du livre,
soit à la citation d’Edmond Wells en exergue, « 1 + 1 = 3 (du moins, je
l’espère de tout mon cœur) », suivie du Premier jeu : CŒUR…,
REFLET de TREFLE comme PIQUE est le reflet de CARREAU au milieu du livre.
Peut-être faut-il compter cette citation comme une section 0, ainsi le livre
totaliserait 133 sections (= Bernard Werber) + 113 (l’équation de Wells).
Rémi a eu la curiosité de calculer la somme des numéros des 133 sections
correspondant à « bernard werber », soit 16891, un nombre
significatif dans ce livre des symétries car, affiché sur une calculette, il se
lit identiquement en tournant la calculette d’un demi-tour.
Et les 112 autres (ou 113 avec la « section 0 ») ? Total
13244. Rémi en a vu la factorisation 7x43x44, lui indiquant qu’il s’agit d’un
nombre tétraédrique, correspondant au nombre d’éléments d’un tétraèdre dont un
côté serait constitué de 42 éléments. C’est encore curieux, vu l’importance du
tétraèdre dans toute la trilogie, mais qui pourrait maîtriser une telle double
construction où le nombre des sections comme leur emplacement ferait sens ?
Rémi imagine d’autres hypothèses sur cette page
où la liste des 245 sections est détaillée.
Grand lecteur, Rémi a dû lire la plupart des romans de Werber peu après
leur parution, dès qu’ils étaient disponibles à la médiathèque. Il avait admiré
l’originalité des premières Fourmis, mais s’était senti moins convaincu
par leurs suites. Peut-être son regard aurait-il été différent s’il avait alors
vu les contraintes structurant ces livres, car La Révolution ne semble
pas être un bouleversement dans l’œuvre de Werber.
Le second volet de la trilogie, Le Jour des Fourmis, a 219
sections, réparties en 6 parties appelées « Arcanes », selon la
séquence 38-37-35-35-36-38. A une unité près le miroir serait parfait, souligné
par un autre indice : la première section commence par
« Noir. », la dernière section 219 s’achève par « Blanc. »
et la section médiale 110 achevant le 3e Arcane finit sur « –
GRIS. – »
Le premier volet, Les Fourmis, est en 4 parties, de 1. L’éveilleur
à 4. Au bout du chemin, mais les sections n’y sont pas numérotées.
Le livre étant déjà construit selon les mêmes principes que les suivants
(sections « humains », sections « fourmis », sections
« Encyclopédie » en italique gras, sans jamais que deux sections de
même nature se suivent), il est aisé d’en établir le compte, sinon de
comprendre pourquoi une numérotation explicite était ici impossible. Lors de
l’épisode presque final de l’incendie de la fourmilière, les sections
« humains » et « fourmis » se succèdent très
rapidement ; alors que le passage d’une section à l’autre est
ordinairement signifié par un triple saut de ligne, il est marqué ici par un
double saut lorsque l’alinéa est supérieur à deux lignes, un simple saut sinon.
Il est évident qu’il n’était pas possible d’introduire une numérotation, a
fortiori des titres de sections, pour cet échange sans équivalent dans le reste
de la trilogie.
Ainsi, les 4 parties compteraient 36-57-33-54 sections, rien que des
multiples de 3, avec possibilité de former deux couples 90. Les paires 36-57 et
33-54 sont évocatrices pour Rémi, se simplifiant en couples d’entiers en
rapport d’or idéal, 12/19 et 11/18. Les parties impaires rapportées aux parties
paires donnent 23/37, autre rapport d’or idéal.
Rémi ne croit pas que Werber ait eu d’emblée en tête la trilogie en
écrivant son premier volet, aussi ne faut-il peut-être pas chercher un grand
projet d’ensemble. Néanmoins il voit un point commun dans les trois romans, le
rapport direct de l’énigme des « 6 allumettes », présente chaque fois
sous une nouvelle forme, avec la structure du livre correspondant :
– Dans Les Fourmis, en 4 parties, la solution pour faire 4
triangles équilatéraux est la « pyramide », ou plutôt le tétraèdre,
l’un des 5 polyèdres platoniciens, dont deux contiennent le nombre d’or.
– Dans Le Jour des fourmis, la solution pour faire 6 triangles
est l’hexagone étoilé, ou étoile de David (mentionnée sous ce nom section 181, et
le roman a 6 parties. Cette figure est traditionnellement assimilée à deux
triangles, homologués à deux triades de sefirot. Le roman s’achève sur
l’éventualité d’une ambassade fourmi auprès du président français, Régis
Malrout, soit le roi latin (rex, regis) de la Royauté hébraïque (malkhout,
nom de la 10e et dernière des sefirot), par l’entremise de
son ministre Raphaël Hisaud (où se reconnaît yesod, le Fondement, la 9e
sefira).
– Dans La Révolution des fourmis, la solution pour faire 8
triangles est la pyramide du premier volume, mais additionnée de son reflet
dans le miroir, mot clé structurant le livre.
Il tombe par ailleurs bizarrement bien, dans l’hypothèse d’une trilogie
« forcée » (par l’échec des Thanatonautes, paru entretemps, à
la suite duquel Werber déclare avoir failli arrêter d’écrire), que l’ensemble
des trois romans soit constitué de 4-6-4 parties numérotées et 219+245 = 464
sections numérotées, avec au centre l’étoile de David, David étant en hébreu un
mot palindrome formé des lettres de rangs 4-6-4. Il est tout à fait clair que
Werber a choisi en fonction de sa palindromie le prénom de David pour l’amant
de Julie dans La Révolution, son nom étant Sator ! Sont aussi
présents ses amis Arepo (prénommé Narcisse, grand amateur de miroir) et Tenet
(Francine, mais ce prénom n’a nul besoin de suggérer la palindromie, n’étant
utilisé qu’une fois dans le fameux palindrome
a r e p o
t e n e t
o p e r a
r o t a s ).
Il y avait dans Le Jour une autre triade de noms palindromes (ou
plutôt anadromes ou anacycles), les victimes des meurtres mystérieux Salta,
Nogard, et Odergin.
Le tétraèdre a 4 faces, 6 arêtes, 4 sommets.
Rémi était ébahi de découvrir une possible double relation d’or dans le
premier roman de Werber, qu’il lui avait été si difficile de publier. Etait-ce
concevable pour un manuscrit qui, de refus en refus, avait connu de multiples
remaniements ? Vraisemblable ou pas, c’est un fait que le nombre d’or
revient souvent explicitement dans son œuvre, pour la première fois dans La
Révolution, à propos justement de la pyramide du premier volume (sections
37-38). Peut-être était-ce par étourderie que Werber avait alors nommé
« pyramide » un tétraèdre régulier, toujours est-il que cette
inexactitude est maintenant revendiquée dans la section 37, la section
suivante, encyclopédique, énonçant divers lieux communs sur le nombre d’or,
notamment l’idée qu’il ait présidé à la construction de la pyramide de Chéops.
Ainsi ces deux sections soulignent le partage des 60 sections en 37-23,
l’endroit même de la « coupe d’or », comme disait Sérusier (coupe=60,
d’or=37), alors que la possibilité d’harmonie d’or pour l’ensemble des 180
sections des Fourmis était la même : (36+33)/(57+54) = 69/111 =
23/37.
En principe une section Encyclopédie développe un point du récit de la
section précédente, mais dans certains cas il semble permis de se demander si
ce n’est pas le récit qui s’adapte pour justifier le point encyclopédique qui
suit, notamment ici, car le nombre d’or est absent du tétraèdre régulier.
Rémi découvrit que Werber avait son site personnel, qui
hébergeait un forum de ses lecteurs, la Fourmilière, dont une rubrique est
intitulée la Cathédrale parce que l’auteur aurait confié qu’une source
d’inspiration pour son œuvre, particulièrement pour la trilogie des Fourmis,
était la cathédrale d’Amiens.
Les membres n’ont pas l’air d’en savoir beaucoup plus, mais ont vu que
la cathédrale serait construite selon le nombre d’or. De fait cette page
donne une analyse plutôt convaincante. Le labyrinthe d’Amiens a aussi attiré
l’attention de la Fourmilière, et je remarque pour ma part que le pavage de la cathédrale,
hors ce labyrinthe, est marqué par une ligne centrale, de chaque côté de
laquelle sont développés des motifs distincts. Parfois, à côté du labyrinthe
notamment, les motifs sont identiques mais avec les couleurs noir et blanc
inversées ; ceci peut faire penser au noir-GRIS-blanc du Jour des
fourmis, qui pourrait être via l’anglais une allusion aux initiales de
l’auteur (BW, Black & White).

Un membre a vu que les initiales du héros principal de Werber, Michael Pinson,
en minuscules mp, correspondaient à un renversement vertical de wb.
Rémi a jeté un coup d’œil au Werber venant juste de sortir, et vu qu’il
avait 89 chapitres (ou sections), un nombre de Fibonacci.
Fibonacci est mentionné dans La Révolution, à propos de
l’introduction du zéro en occident, mais Rémi soupçonne que c’est plus la suite
découverte par Fibonacci qui était importante pour Werber. Les deux révolutions
parallèles du roman sont menées par 103e et 12 autres soldats d’une
part, soit 13 fourmis, par Julie et les Sept Nains d’autre part, les
« Huit bougies », et ces 8 sont 5 gars et 3 filles. La section
symétrique à 206. Encyclopédie – Zéro est 40. Désert, où il arrive diverses aventures aux
« treize fourmis » (répété) ; hormis 103e, la
patronne, ne sont mentionnées parmi les autres que 5e (5 fois) et 8e,
13e, 12e (1 fois chacune). A part 12, rien que des
Fibonacci, et la mention de 12e a pour conséquence que, parmi les
13, 5 sont nommées et 8 non.
Rémi considère également comme significatif que les correspondances de
sections symétriques en début et fin de livre semblent s’arrêter à la section
55. Ils sont des millions (titre identique pour 191), et parmi les 55
paires il dénombre l’idéal de 34 paires de titres apparentés.
Selon Rémi, la contrainte littéraire donne souvent lieu à des
bizarreries échappant entièrement à l’auteur, aussi doute-t-il fortement que
ses découvertes dans La Révolution (entre autres) correspondent toutes à
des intentions.
En tout cas il est effaré de multiples parallélismes entre ces
découvertes et sa propre histoire en tant qu’auteur.
La Révolution est parue en décembre 96. En octobre 96 Rémy, car
tel est son prénom selon l’état civil, se lança dans une vaste analyse de
l’œuvre de Maurice Leblanc, établissant notamment la récurrence explicite du
nombre 134, gématrie d’Arsène Lupin. Attendu qu’en écrivant son prénom avec un
« i » la gématrie de son nom devenait aussi 134, Rémi auto-édita en
décembre 96 une brochure sur Leblanc (entre autres), pour la première fois sous
le nom Rémi Schulz.
Si jusqu’ici les titres des sections étaient des anagrammes parfaites de
LA REVOLUTION DES FOURMIS, il y a une petite tricherie dans ce dernier titre
où le V de REVOLUTION a subi une demi-révolution (Lʌ).
Il était tentant de faire apparaître ainsi tous les noms des notes
naturelles, les 5 lettres résiduelles permettant de former le mot NOUER. La
polyphonie consiste à tresser des mélodies, des fils de notes se croisant en
nœuds harmoniques ou dissonants ; la section 180 de La Révolution
est intitulée Renouer, elle est symétrique à la section 65 énonçant la
théorie musicale du canon…
Rémi est passionné par Bach, et il a commencé en 2001 une exégèse dorée
de son œuvre, d’abord dans un esprit critique, puis l’étude s’est poursuivie
par d’extraordinaires convergences dépassant toute prévision, comme toute
interprétation rationnelle. L’une des premières bizarreries remarquées est ce
qui se passe dans la tonalité de do dièse mineur (ou cis moll = 30-48
selon la « gématrie bachienne », seule tonalité « dorée »)
pour les deux cahiers du Clavier bien tempéré. Le prélude et la fugue du
2nd cahier ont 62-71 mesures, en rapport d’or avec les 39-115
mesures du 1er cahier.
Rémi avait eu dès le départ l’intuition qu’il avait déjà rencontré le 62-71
de bernard-werber, mais sa recherche lui a fait envisager tant de relations
numériques qu’il n’a pu préciser cet écho, jusqu’à ce qu’il prenne conscience
que son intérêt pour Werber avait été éveillé par le nombre 216, et qu’il
vérifie que la section d’or entière de 216 est 133, soit 62+71. Là il s’est
rappelé d’une relation bachienne 216-133, et a retrouvé qu’elle impliquait
précisément le prélude-fugue 62-71.
Curieusement, La Révolution contient une allusion à Bach,
apparaissant à un point d’or de la seconde partie, parmi les 62 sections
correspondant à Bernard. 62 se partage idéalement en 24-38, et à la fin du 24e
chapitre de la seconde partie, 84. La clef des chants, Julie envisage
d’insérer dans son concert de rock une fugue de Bach, ce qui est suivi par 85.
Encyclopédie – L’art de la fugue. Rémi n’imagine pas que cette notice sur
Bach témoigne d’une connaissance réelle de l’architecture de son œuvre, tant
elle est erronée. On y mentionne deux « morceaux » de Bach, L’offrande
musicale qui serait une fugue commençant en do mineur et s’achevant en ré
mineur, de telle façon qu’elle pourrait être jouée à l’infini en sautant un ton
à chaque reprise, et L’Art de la fugue. Or ces deux œuvres sont des
ensembles de pièces, essentiellement des fugues, mais la pièce où la tonalité
monte est un court canon de 8 mesures, peu représentative parmi les centaines
de mesures que comptent les 12 autres pièces de L’offrande, toutes en do
mineur (et la montée de la tonalité est présentée comme une évolution par
rapport au canon décrit dans la section 65).
L’art de la fugue est un ensemble de 18 fugues et canons, toutes en ré
mineur. Les erreurs oubliées, Rémi est effaré de découvrir ce point d’or de la
seconde partie, évoquant des pièces en do et ré mineur, encadrant la tonalité
de do dièse mineur caractérisée dans le Clavier bien tempéré par des
rapports d’or 39-62 et 71-115.
Ce point d’or est symétrique, par rapport au début de la seconde partie,
au point d’or de la première, où le prétendu nombre d’or de la pyramide-tétraèdre
pourrait faire écho aux 36-57-33-54 sections des Fourmis. Ceci donne
l’idée d’aller voir ce qui se passe pour les autres parties, rien pour Trèfle,
mais pour Carreau le point d’or 44-27 partageant le 71 correspondant à Werber
tombe entre 166. Fuite dans les égouts et 167. Encyclopédie – Sommeil.
Il avait d’abord vu dans cette Fuite le complément de la Fugue
section 85 (Jacques Bens a écrit un Art de la fuite calqué sur l’Art
de la fugue de Bach), mais l’écart entre ces deux sections ne pouvait se comparer
aux autres équivalences. Le nombre d’or pourrait être une autre approche,
puisque ces deux points marquent les divisions d’or symétriques des 62 et 71
sections des parties 2-3.
Werber conclut sa section sur Bach par la mention de sa signature au moyen
des notes allemandes B-A-C-H, formant le début du dernier thème de la dernière
fugue de l’Art de la fugue : « Bach s’était immiscé à
l’intérieur même de sa musique et comptait sur elle pour s’élever lui aussi
comme un roi immortel vers l’Infini. »
Et Werber, s’est-il point immiscé dans son roman ?, ironise
Rémi, en remarquant que ce 25e chapitre de la 2e partie
correspond à la fin de l’épellation numérique de la 1e syllabe
BER=2+5+18 du prénom. N’y aurait-il pas quelque chose d’analogue dans la 3e
partie, pour WER=23+5+18=46 ? Peut-être, car à la section 46 de cette
3e partie, soit 168. Culte des morts, sont mentionnés 3 noms
de fourmis autres que 103e, ses copines 10e et 13e,
et leur ennemie, 23e : 10+13+23=46, CQFD…
Werber ne donne pas la dimension numérique de la signature bachienne,
amenée dans la 14e et dernière fugue de l’Art de la fugue,
alors que B+A+C+H = 2+1+3+8 = 14 (mais pour Werber l’Art semble être un
morceau unique, à moins que cette distorsion ne soit voulue). Rémi a utilisé ce
jeu dans son roman, en découpant une phrase de 18 lettres en 2-1-3-8 par une
typographie spéciale de 4 lettres, et il voit une possibilité analogue
esquissée par les paires symétriques dans les 2 fois 19 sections de part et
d’autre de la section centrale 122 : les paires non symétriques dessinent,
à première analyse, le motif 2-1-1-2-9. A seconde analyse en fait, puisque le
premier parmi les 9 est la symétrie Gâteau d’anniversaire – Les huit bougies
qui est une ressemblance thématique, immédiate dès qu’on lit les premiers mots
des sections, mais qui ne transparaît pas dans les seuls titres. 2-1-1-2-8
serait alors vraiment très proche de 2-1-3-8, mais néanmoins assez différent
pour que Rémi s’interroge, en attendant de questionner Bernard.