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Tony or not Tobie

 

 

 

(Il s’agit d’une nouvelle analyse de deux romans de Tobie Nathan, dont j’ai déjà rendu compte fin 2007, à chaud, juste après leur lecture ; l’ancien texte est ici)

 

für Jan, mit den Antoniusfeuer

 

Dieu-Shit

Dieu-Dope (1995) est évidemment écrit par quelqu’un qui sait de quoi il parle, Tobie Nathan, pionnier de l’ethnopsychiatrie, aux références impressionnantes. Il est bien moins sûr qu’un lecteur lambda, voire un lecteur lamed, sache ce que cache cette apparence de polar, et je ne peux qu’indiquer quelques pistes tant l’auteur fait appel à de multiples connaissances.

 

Ce roman foisonnant se compose de 29 chapitres, les 28 premiers ayant pour titres des noms propres, ceux des principaux protagonistes (et il y a de multiples comparses non négligeables). Le titre du dernier chapitre est Le début du monde. Il est essentiellement composé d’un discours du principal personnage, Nessim Taïeb, dont le nom est la transposition arabe de Tobie Nathan, et qui comme lui est un psy de même âge et de même origine juive égyptienne.

 Le discours final est découpé en 7 sections, il traite du rythme de la semaine juive en 6 jours de travail suivis du sabbat, répétant la semaine de la création, rythme qui aurait été découvert indépendamment par diverses mythologies africaines. Ceci se passe en début d’un vendredi après-midi de décembre, juste avant le sabbat donc, et le roman débute le matin du dimanche précédent, couvrant donc exactement les 6 jours profanes de la semaine juive, correspondant aux 6 jours de la création.  Ceci m’a mené à une hypothèse vite transformée en quasi-certitude : il est connu dans la tradition juive que le premier verset de la Bible hébraïque a 28 lettres, et les 28 premiers chapitres de Dieu-Dope correspondent à ces 28 lettres, la correspondance étant évidente pour les premiers mots du verset, en français Au commencement Dieu créa…, en hébreu bereshit bara elohim…, en lettres hébraïques translitérées BRASYT BRA ALHYM...

Je crois avoir donné des arguments probants dans ma première analyse, par exemple les chapitre 1 et 7, Babacar et Bara, débutant par les initiales de bereshit et bara, avec la remarquable identité pour le second mot, et autre chose m’est apparu. L’exégèse rabbinique souligne que le second mot du verset, BRA, « (il) créa »,  est contenu dans le premier, B-RASYT, « dans le commencement », qu’il est aussi possible de découper en BRA SYT, bara shit, « (il) créa six »,  signifiant que la première action divine aurait été de créer les 6 jours, l’espace temporel nécessaire à la création.

Or, les lettres bara sont contenues dans babacar, anagramme de bara ABC, « il créa ABC », ou « il créa 1-2-3 ». Peut-être existe-t-il un équivalent dans la tradition hébraïque, en tout cas Augustin a jugé que Dieu avait eu recours à un nombre parfait pour sa création, 6 étant à la fois 1x2x3 et 1+2+3, la somme de ses diviseurs propres.

Shit est la forme araméenne de l’hébreu shish, « six », et le mot « shit », pour haschisch, est présent dans ce premier chapitre.

Voici le début et la fin de la Table des matières, avec en regard de chaque chapitre la lettre correspondante de Gn 1,1. Les nombres entre parenthèses seront explicités plus loin.

 

  1. Babacar

 B  bereshit

  2. Arsène

 R

  3. Judith

 A    (1)

  4. Les Portugais

 S

  5. Nessim

 Y    (4)

  6. Antoine

 T    (2)

  7. Bara

 B  bara

  8. Musil

 R

  9. Babatunde

 A    (5)

10. ‘Eïd

 A  elohim

11. Bintou

 L    (6)

12. Ferdinand †

 H

13. Léon

 Y

14. Isabeau

 M

(…)

 

28. Moussa

 Ts

29. Le début du monde

 

 

 

du San-Antonio ?

Je ne peux affirmer que Tobie Nathan ait eu en vue la lecture il créa 1-2-3, ni que bara shit lui ait inspiré de mêler Dieu et la dope, mais une anagramme extrêmement subtile est indéniablement voulue au chapitre 6, Antoine. Il s’agit de Antoine Habt, parfaite anagramme de Tobie Nathan, exacte transposition franco-allemande de Anthony Abbot, désignation anglaise de Saint Antoine (http://commons.wikimedia.org/wiki/Anthony_Abbot ), « Antoine l’abbé », et « abbé » se dit Abt en allemand, où habt est la 3e personne de l’indicatif présent du verbe haben, « avoir ».

« Anthoine » étant la forme ancienne de « Antoine », Anthoine Abt serait une transposition idéalement valide de Anthony Abbot, mais les initiales AH de la forme choisie par Nathan ajoutent un surcroît de sens, identiques à celles d’un sinistre moustachu proche de cet Habt, qui entend asservir tous les jeunes désœuvrés par une drogue qu’il distribue gratuitement, envisageant de se constituer ainsi une armée d’esclaves dociles, comme les Haschischins (les « Assassins ») du Vieux de la Montagne. C’est à l’entrepôt de la SACIN (ce qui donne lieu à un quiproquo explicite) que sont opérées les distributions de drogue, le jeudi et le samedi (profanant le shabbat !)

Il est clair que Nathan a exploité cette anagramme providentielle, car Antoine Habt est unijambiste, et s’aide d’une canne pour marcher. Saint Antoine est caractérisé par sa canne ou béquille de forme célèbre, en Tau ou croix de Saint-Antoine, la lettre grecque tau étant cousine de la lettre hébraïque taw, la dernière lettre du mot bereshit à laquelle correspondrait ce chapitre.

Antoine Habt est ethnovulcanologue, rare profession rappelant l’ethnopsychiatrie de Nessim Taïeb ou de Tobie Nathan. A partir de faibles indices Taïeb décrète un verdict de mort à l’encontre de Habt, et confie son exécution à sa patiente Judith, petite-fille de déportés dont l’existence est vouée à la recherche d’anciens collaborateurs qu’elle tue, et qui se demande ce qu’elle va devenir lorsque l’espèce aura complètement disparu ; l’espoir est permis si n’importe quel fasciste peut satisfaire ses pulsions homicides, mais il est permis de s’interroger sur la conduite de Taïeb, qui instrumentalise « la petite Youde » de la même manière que Habt compte utiliser ses drogués abêtis (tiens, « abêti » est l’anagramme de Taïeb…)   

Ne voyant pas le sens de cette opposition entre deux personnages qui sont en fait, dans leurs noms et leurs professions, des doubles de l’auteur Tobie Nathan, je m’étais inquiété à première analyse de la morale éventuelle de cette histoire, mais je n’avais pas alors saisi la perfection de l’anagramme Antoine Habt (ou Anthoine Abt), établissant un lien immédiat entre le psy natif d’Egypte et la plus célèbre personnalité religieuse égyptienne, pour la chrétienté du moins.      

Je peux comprendre que la « tentation » ait été très forte d’utiliser ce petit miracle, et il m’apparaît maintenant que le fond et la forme du roman pourraient être directement inspirés des principales expressions liées à Saint Antoine.

Ainsi le « feu de Saint-Antoine » a été l’un des noms de l’ergotisme, ou « mal des ardents » provoqué par la consommation d’ergot de seigle, contenant un alcaloïde apparenté au LSD, provoquant des hallucinations entre autres symptômes. L’ordre des Antonins fut créé au Moyen-Age pour soigner cette maladie. Plusieurs utilisateurs de la Donna, la dope répandue par Antoine Habt, ne peuvent supporter le feu intérieur qu’elle déclenche, et se tuent.

Ce « feu » au sens propre est peut-être aussi l’origine de la profession de Habt, dont la boiterie fait par ailleurs écho à celle du dieu Vulcain.

La boiterie de Saint-Antoine est donc à l’origine de la perte de la jambe de Habt (perdue « au feu », à la Soufrière), mais il y a possibilité de relier la forme de cette canne, en tau ou croix de Saint-Antoine, au feu et à la Tora, ouvrant sur une magnifique possibilité de comprendre la structure du roman.

Le mot Tora (ou Thora, Torah, etc.) s’écrit en hébreu par les lettres taw-waw-resh-he, débutant par un taw direct cousin du tau grec. Les rabbins qui ont scruté minutieusement les moindres détails du texte qu’ils estiment sacré y ont parfois trouvé des choses étonnantes, comme ceci, souvent avancé comme une preuve de la nature divine du texte, et à l’origine du « code biblique » : le mot TORA est « codé » toutes les 50 lettres à partir du T du premier mot de la Tora, le taw de Bereshit précisément. Ceci pourrait être anecdotique, mais la même lecture se retrouve à l’identique à partir du premier T du second livre de la Tora, l’Exode débutant par les mots weleh shemot, et on a TORA toutes les 50 lettres à partir du taw de shemot… Divers auteurs avancent des choses analogues pour les 3 autres livres de la Tora, c’est tout à fait inexact, mais le fait que les livres concernés soient les deux seuls comportant un taw dans leurs titres hébreux, Bereshit et shemot, est remarquable en soi (voir ces ELS ici).

Je le mentionnais dans ma première analyse, mais n’avais pas vu assez loin. Ces titres hébreux des livres bibliques sont des mots issus de leurs premiers versets, et shemot pour l’Exode signifie « (les) noms » (Ex 1,1 : « Voici les noms des fils d’Israël… »). Or ce sont précisément des NOMS, shemot, qui forment les titres des 28 premiers chapitres, qui peuvent donc « pasticher » (anagrammes de « chapitres ») aussi bien bereshit que shemot, et le chapitre Antoine, correspondant au taw de bereshit, est encore le 6e des shemot de cette kyrielle.

L’exégèse voit de plus de multiples rapports entre feu et Tora, par exemple à partir toujours de son premier mot, BRASYT, anagrammatisé en BRYT AS, « alliance de feu ».

 

Abt comme abbot ou « abbé » sont issus de l’araméen abbas, « père ». Les derniers mots du chapitre 6, Antoine, sont la réponse de Habt à son ancien élève Musil, le flic chargé de l’enquête sur la nouvelle dope : « Cherchez le père. »

Après la conférence de Taïeb, Musil lui apprend l’assassinat de Habt, soupçonné d’avoir été le cerveau de l’affaire, et que Musil considérait comme un maître. Les derniers mots du roman sont la réplique de Taïeb :

Sachez que la mort du maître est une part de son enseignement…Pardonnez-moi, je vois là quelqu’un qui m’attend. 

(il s’agit de Judith qui vient lui rendre compte de l’assassinat de Habt.)

 

Serial attal

Je n’ai pas vu de lecture immédiate au roman suivant de Nathan, 613 (1999), à l’intrigue fortement décousue. Serial Eater (2004), à l’intrigue plus resserrée, me semble par contre avoir tant d’échos avec Dieu-Dope que je ne suis pas sûr de pouvoir désigner l’élément prédéterminant ayant motivé son écriture.

Si Nathan avait bien construit Dieu-Dope à partir des ELS « TORA » des deux premiers livres de la Tora, je ne sais ce qu’il a pu penser après le succès planétaire en 1997 du « code biblique » révélé par Drosnin, basé sur sa « prédiction » de l’assassinat de Rabin. Ces ELS « TORA » sont mentionnées par Drosnin, alors qu’elles n’étaient probablement connues jusque là que d’un petit nombre d’amateurs éclairés. Rabin, « maître » en hébreu, a été assassiné par un fanatique juif vraisemblablement manipulé, et Nathan avait imaginé quelques mois plus tôt l’assassinat de son anagramme Antoine Habt par une juive manipulée par son double Taïeb… Habt avait organisé la distribution de sa drogue à « la SACIN », et on sait que c’est le croisement de l’ELS « Yitzhak Rabin » avec un verset parlant d’assassinat qui a conduit Drosnin à sa prédiction.

Si Nathan avait également conçu Dieu-Dope en relation avec les Assassins du Vieux de la montagne, comment a-t-il réagi après la destruction des TT, des Twin Towers, lors de la Terrorist ATTAck du 9/11, menée par l’égyptien Mohammed ATTA, pilote du premier avion qui a frappé les tours, le vol AA 11. Il se trouve que « assassin » se dit en égyptien attal (déformation de l’arabe qattal), mot qui figurait dans Dieu-Dope (proverbe égyptien cité chapitre 21, « le chat n’aime que attalou, son assassin » où attal est suivi du suffixe ou signifiant « son »). Il se trouve encore qu’une étymologie alternative de « assassin » voit le mot dérivé du persan asās, اساس, base, fondement, de sens identique à (al)qaida, l’organisation de Ben Laden.

« Antoine Habt » se traduit « Antoine a », devenant encore « T A » en remplaçant le nom du saint par sa lettre caractéristique.

Michael Drosnin a donné fin 2002 une suite à son code biblique, prétendant trouver dans la Tora la prévision de l’attentat, avec le nom d’ATTA révélé par la proximité de l’ELS « terroriste Atta » avec les mots en clair « homme égyptien »…

Quiconque connaît un peu l’histoire du texte biblique ne peut qu’être horripilé par les livres de Drosnin, et peut-être ce dernier opus a-t-il été le facteur déclenchant l’inspiration de Serial Eater. Quoi qu’il en soit son scénario, particulièrement tiré par les cheveux, a vraisemblablement contraint Nathan a resserrer son intrigue pour lui conférer un brin de vraisemblance, ce qui en fait un « polar » à peu près acceptable pour les amateurs du genre.

 

L’attentat-Sion du père Ullmann

Le 11 septembre 2001 le psychiatre Abdelaziz Padoue reçoit à 12h30 un étrange nouveau client, Muller, 30 ans. Muller est un orphelin de la DASS adopté à 11 ans par un père, le pasteur Ullmann qui était à 16 ans en 1945 un forcené nazi formé par la Hitlerjugend. Il n’a pas digéré la défaite du Reich et a conçu une revanche à long terme, passant par l’adoption en 1982 de ce petit-fils de SS qu’il a longuement formé pour une mission devant être accomplie lorsqu’il aurait l’âge symbolique de 33 ans.

Nous ne saurons pas exactement ce qui était prévu, car le père Ullmann a rencontré les terroristes d’Al-Qaida, et s’est laissé séduire au point de participer au commando d’Atta qui s’est crashé sur la première tour. C’est du moins ce que croit Muller, qui maintenant privé de guide se lance anarchiquement dans la réalisation du plan.

Il s’agissait apparemment d’utiliser les croyances ésotériques de l’ennemi, les Juifs, en écrivant en hébreu une expression biblique, ototay eleh beqirbo, tirée d’Exode 10,1. Son sens le plus immédiat est « (afin de mettre) au milieu d’eux les signes de ma présence », c’est ce que dit YHWH à Moïse avant de lancer la 8e plaie sur les Egyptiens, expliquant qu’il a endurci leurs cœurs pour que l’épisode demeure dans toutes les mémoires. Les 3 mots de l’expression sont polysémiques, et il est utile de les étudier « à la lettre », en utilisant une transcription immédiate des lettres hébraïques.

ATTY, אתתי : « mes signes » ou « mes lettres »

ALE, אלה : démonstratif eleh appliqué au nom précédent, mais se lisant aussi eloha, « Dieu »

B-QRB-W, בקרבו : « à l’intérieur d’eux » ou « dans leurs entrailles »

Ullmann et Muller ont choisi l’interprétation « lettres dans les entrailles », et Muller tue des femmes dont il découpe des morceaux qu’il va déposer dans des églises, formant les lettres

A, alef, avec la main droite de Sylvie Chazot, le 14/9,

T, taw, avec la jambe gauche de Blanche Redon, le 7/10,

T-Y, taw-yod, avec la jambe droite et un annulaire de Marie-Madeleine Mory, le 5/11, la minuscule lettre yod ne semblant pas justifier un sacrifice pour elle seule.

Une autre victime en novembre récapitule le premier mot de la formule, puis profil bas jusqu’au 17 janvier, où Muller semble péter les plombs. Il tue une nouvelle femme le matin, en pleine rue, dont il arrache une main pour aller la déposer à ND de Lorette, le A-alef du mot suivant ALH, puis il enlève le même jour la juge chargée de l’enquête et se prépare le soir à la transformer en L-lamed, lorsqu’il est arrêté.

C’est en hélicoptère que les flics arrivent vers 20h30 sur les lieux du sacrifice, et Muller halluciné s’imagine que c’est Ullmann revenu de l’autre monde pour approuver son action :

– Père, père ! Par ici ! La sixième lettre est prête pour le sacrifice… Je savais que tu ne m’avais pas abandonné…

 

Tobie Code ?

J’avais remarqué que les lettres principales données par les 4 victimes effectives étaient ATTA, correspondant au nom du présumé chef des kamikazes du 11 septembre, Mohammed Atta, mentionné chapitre 3 de Serial Eater. Atta, né le 1er septembre 1968, venait d’avoir 33 ans le 11 Septembre, l’âge envisagé pour la mission de Muller :

On attendait mes trente-trois ans pour agir. (ch 22)

Avec la 5e victime, on aurait eu ATTAL, « assassin » égyptien.

Le dénouement, l’explication du prétendu sens des assassinats et l’arrestation de Muller, se trouve au chapitre 22, rang du taw, dernière lettre de l’alphabet hébreu. Nous sommes le 17 janvier, la Saint-Antoine…

Abdelaziz Padoue a honte de son prénom, et se présente à ses clients comme « A. Padoue ». Muller se demande ce que ce A signifie et propose divers prénoms, sans jamais songer à Antoine, que semblerait dicter Padoue (mais Antoine de Padoue est fêté le 13 juin).

J’avais déduit de ces faits que les intentions de Nathan allaient bien au-delà de l’intrigue explicite, suspectant que la citation biblique était un leurre. J’étais loin du compte, et voici ce que j’ai vu récemment :

– Une autre anagramme du nom de l’auteur est présente, avec Antoni Sabath (correspondant à Tobias Nathan, ch 2) : il s’agit d’un profiler américain qui écrit des polars inspirés des affaires qu’il a résolues. C’est l’auteur favori de la juge chargée de l’enquête, qu’elle compare au profiler Salomon Ghani auquel elle fait appel. Ce psy d’origine juive égyptienne a besoin d’une canne pour marcher, comme Saint Antoine s’il faut le rappeler, et ressemble par ailleurs à Ben Laden. 

Sabath est une orthographe « goï » de shabbat, ainsi ce nom semble prolonger Dieu-Dope, se déroulant pendant les six jours (de la Création).

 

– Au chapitre 23, sorte d’épilogue, Ghani se livre à une fort nébuleuse interprétation de l’échec de Muller au niveau de la lettre L-lamed, citant un passage du Zohar. Ce passage (3a) est en fait une reprise du midrash de l’Alphabet de rabbi Akiba, où toutes les lettres de l’alphabet se présentent devant Dieu pour solliciter le privilège de commencer la Tora. Les lettres se présentent à rebours, en commençant par T-taw, et sont toutes écartées jusqu’à la pénultième, B-bet, agréée, qui sera donc l’initiale de bereshit. A-alef n’ose pas se présenter, mais, dans le midrash originel, Dieu lui dit qu’il aura l’honneur de débuter le Décalogue.

En citant ce passage, Nathan fait donc pour les connaisseurs une allusion au B débutant la Tora, que j’ai vu lié au B du premier chapitre de Dieu-Dope, et au A débutant le Décalogue, texte de l’Exode (Ex 20,2) dont vient sa citation énigmatique (Ex 10,1). L’idée vient de s’intéresser aux titres des chapitres de Serial Eater, et le titre du premier chapitre débute par un A !

De plus il peut être autoréférent, Au tout début, ou faire le lien avec le dernier chapitre de Dieu-Dope, Le début du monde.

 

– Les choses se corsent avec les titres suivants. Les 3 premiers chapitres évoquent tous le récit de la création, et leurs titres forment ATA en acrostiche (le T du nom du terroriste n’est pas redoublé en arabe, عطا, ain-ta-alif, on en trouve aussi la transcription Muhamad Ata). Voici le début et la fin de la Table :

 

  1. Au tout début…

 A

  2. Tohou wa bohou

 T

  3. A son image

 A

  4. Le Messie

 L

  5. Le nom de l’homme sans nom

 

  6. Noah’

 

  7. Sepher Yetsira

 

  (...)

 

22. « J’enfouirai mes signes dans leurs entrailles »

 Y

23. « … tuer des multitudes pour rien… »

 T

 

C’est précisément à la toute fin du chapitre 3 qu’est donnée cette dépêche :

Un des suspects dans les attentats du 11 septembre, Mohammed Atta, est de nationalité égyptienne, a-t-on appris samedi auprès des services de sécurité égyptiens.

 

– Le titre du 4e chapitre et son initiale sont encore significatifs, puisqu’on aurait maintenant l’acrostiche ATAL, « assassin » en égyptien (le ta de l’arabe qattal n’est pas non plus doublé). Quant au « Messie », nous avons vu les 33 ans de Atta le 11 Septembre, âge prévu par le père Ullmann pour l’action de Muller.

Selon le dictionnaire de Dauzat, Ullmann viendrait du germanique Othal Man, « homme de la patrie ». Il est fascinant que l’orthographe arabe du nom Atta corresponde exactement aux premières lettres du germanique « patrie », qui est encore la « terre du père », le Vaterland en allemand moderne : ain correspond à ayin-omicron-O, ta à thet-theta-Th, alif à alef-alfa-A. 

Remarquable encore que le premier A de l’acrostiche corresponde à un son O (Au tout début). Et que lam-lamed-lambda-L du 4e chapitre permette de compléter en Othal.

 

– Les 2 chapitres finals sont les seuls à avoir pour titres des citations, l’une de la Bible, l’autre du Zohar. Les initiales équivalentes en hébreu (avec yod pour J) correspondent aux deux lettres manquantes du message en cours, ATTY AL… On peut encore voir les deux premiers et deux derniers chapitres correspondre au mot ATTY.

 

– Nathan donne les références des citations zohariques, mais Ghani se contente d’indiquer qu’il a dû relire la Bible pour identifier l’expression épelée par l’assassin après l’énoncé du premier mot, ATTY, ce qui n’a pas été trop difficile car le mot n’apparaît que deux fois dans, dans l’épisode des Plaies d’Egypte.

Or, s’il était déjà facile en 2001 d’accéder en quelques secondes par l’informatique au bon résultat, une concordance biblique hébraïque présente dans n’importe quelle bibliothèque spécialisée permettait presque aussi rapidement de découvrir que le mot apparaît 4 fois sous cette forme exacte dans la Tora.

 

Allo papa bobo

Nathan, et à plus forte raison Ghani qui organise des séances hebdomadaires d’exégèse biblique, ne pouvaient ignorer que le verset retenu, Ex 10,1, est le premier d’une parasha ; le judaïsme divise la Tora en 54 sections formant un cycle annuel de lecture hebdomadaire à la synagogue ; chaque parasha est intitulée d’un mot de son premier verset, Bo (« va ») étant le titre de cette 15e parasha, identifiant également le shabbat correspondant à sa lecture.

En l’année hébraïque 5762, ayant débuté le 18 septembre 2001, la parasha Bo a été lue à la synagogue le samedi 19 janvier 2002, soit deux jours après la Saint-Antoine, le jour où Muller a voulu sacrifier deux victimes pour écrire les lettres AL (alef-lamed qui signifient aussi « Dieu »), sinon le lendemain puisque le jeudi soir où Muller a été arrêté était après le coucher du soleil le vendredi du calendrier hébraïque.

Mieux, selon le rite millénaire, la parasha à venir est préparée par des lectures de son début les lundi et jeudi qui précèdent, ainsi au moment où Muller déposait à ND de Lorette sa « lettre » alef débutant le mot ALH, le verset comportant ce mot était récité à 200 m de là, à la Grande synagogue de Paris, rue de la Victoire…

Alors que Muller échoue ensuite à sacrifier sa victime lamed, le premier site que je découvre attester que la parasha du 19 janvier 2002 était Bo est lamed.fr. On y verra que les jours précédents, jusqu’au 13 janvier, étaient aussi sous le signe de la parasha Bo.

 

Il n’y a que deux autres parashyot portant un titre en deux lettres, et celui-ci est frappant puisqu’il s’écrit BA, bet-alef. Avant de découvrir ce titre j’avais déjà vu des implications de ces lettres hébraïques ou françaises à divers niveaux.

Je comptais signaler une curiosité du mot « abbé », comme abbot ou Abt dérivé via l’araméen abbas de l’hébreu av, « père », qui s’écrit AB, alef-bet, l’alphabet… Ainsi A-Bé, épelé en français, traduit idéalement le « père » lointain à son origine, av.

Or voici que mes spéculations sur le mot AB et les lettres BA semblent confortées par le nom BA de la parasha incriminée, et qu’en français la traduction la plus immédiate de ce BA est « va », palindrome de av, le « père » qui a choisi une expression tirée du premier verset de cette parasha « Va », Bo en VO.

On peut encore penser à un jeu franco-allemand sur Abt et habt, se traduisant « abbé » et « a », AB et A.

 

A noter que l’affaire couvre les années 1 et 2 du 3e millénaire de l’ère vulgaire.

 

Il faudrait souligner le nom de la juge, Béatrice-Belle. Ghani lui demande lors de leur première rencontre si on ne l’appelle pas BéBé.

L’autre psy est « A. » Padoue, Abdelaziz donc, un nom signifiant « serviteur d’El Aziz » (le Puissant, Dieu). Béatrice-Belle fait arrêter Ghani juste avant son enlèvement, et celui-ci se compare à Joseph, emprisonné parce qu’il s’est dérobé aux avances de la femme de son maître, Potiphar. Curieusement, El Aziz est dans le Coran le nom de Potiphar, ainsi Joseph est aussi un « serviteur d’El Aziz ». C’est grâce aux efforts combinés de Ghani et Padoue que Béatrice-Belle est sauvée.  

 

En consultant Wikipédia sur la Parasha Bo, j’ai été stupéfait d’un détail. On sait (du moins tout lecteur du roman précédent de Nathan intitulé 613) que le judaïsme dénombre dans la Tora 613 mitsvot, se répartissant en 248 prescriptions positives et 365 négatives. Les sages se sont appliqués à retrouver dans le texte ces données traditionnelles, et ils ont dénombré 20 prescriptions dans cette parasha, 9 positives et 11 négatives.

Le père (AB) qui avait choisi la section Bo (BA) pour son plan mystérieux a préféré se sacrifier avec Atta le 11/09, le 9/11 pour les américains concernés au premier chef. Je n’ai pas cherché s’il existait une autre parasha  présentant les mêmes nombres de mitsvot, ce qui est a priori peu probable.

Je rapprochais dans ma première étude le 9/11 du fait que BRASYT (de valeur 913 selon l’alphabet numéral hébreu) est l’agglutination du mot RASYT (= 911), « commencement », et de la préposition B-(= 2), « dans ». Si la construction de Dieu-Dope autour du premier verset de Bereshit ne pouvait en principe se référer au 9/11, le premier chapitre de Serial Eater se passe le 11 septembre, et contient dans son titre le mot « début », qui deviendrait reshit=911 en hébreu. 

 

J’ai découvert les 9+11 mitsvot de la Parasha Bo après avoir vu un autre 9+11 curieux, que je comptais mentionner et qui était préparé par mon tableau des chapitres de Dieu-Dope.

Imaginons que Muller, au lieu de prendre ses lettres dans des corps, les ait découpées dans la Tora, dans l’ordre où elles y apparaissent, en commençant donc au « début », au verset bereshit dont les lettres correspondent aux chapitres de Dieu-Dope.

Pour écrire le premier mot ATTY de sa formule, il lui aurait donc fallu prendre les lettres 3-6-16-5 du verset. Une première curiosité est de trouver, pour les 3 lettres différentes, les chapitres 3-6-5 correspondant à Judith-Antoine-Nessim, les 3 principaux personnages de Dieu-Dope.

Voici l’état du verset après enlèvement des lettres ATTY, ici réduites :

BRASYT BRA ALHYM AT HSMYM…

Le 17 janvier, Muller entreprend d’écrire les 2 premières lettres du mot suivant ALH, soit la 9e et la 11e des lettres du verset, 9-11 ! Et la première opération réussit, comme il y a 9 mitsvot positives dans la parasha, tandis que la seconde rate, comme il y a 11 mitsvot négatives.

 

Si la valeur des 6 premières lettres de la Genèse, jusqu’à son premier taw, est

BRASYT = 913, celle des 8 premières lettres de l’Exode, jusqu’à son premier taw, est

WALH SMWT = 788, et la somme des titres traditionnels de ces deux premiers livres de la Tora est 1701, un nombre pouvant facilement être interprété dans le calendrier chrétien comme 17/01, le 17 janvier, la Saint-Antoine, le jour du T…

 

Conclusion…

… bien évidemment impossible car les diverses pistes envisagées ne peuvent être toutes intentionnelles, à moins que l’écriture de la Bible et l’histoire récente n’aient été programmées que pour fournir à Tobie Nathan l’inspiration de ses livres.

Si ma première analyse s’achevait sur des interrogations plutôt négatives sur les intentions de Tobie Nathan, mes nouvelles découvertes m’incitent à avouer avec la plus totale humilité que je me sens complètement dépassé. Ce sentiment ne s’arrête pas à ses romans, ainsi les échos extérieurs abordés dans mes autres pages me semblent toujours pertinents, et j’en aurais bien d’autres à ajouter maintenant.

Ce sera pour plus tard, mais je veux encore remercier Jan, qui sur un forum jungien mentionna le feu Saint-Antoine au moment même où je me préparai à écrire cette nouvelle analyse. Je connaissais, mais pas au point d’y avoir pensé pour Antoine Habt…

Et voici que le mot clé ATTY, « mes signes », « mes lettres » pour ne pas dire « mes taw », car une interprétation classique du « signe de Caïn », AWT, y voit un TAW, voici donc que ce mot m’amenait quelques paragraphes plus haut aux chapitres de Dieu-Dope Judith-Antoine-Nessim, dans cet ordre, donnant l’acrostiche JAN.

rémi schulz, 21/8/9

 

Dieu-Dope fait partie des livres scannés par GoogleLivres, qui en propose un échantillonnage des mots non triviaux les plus fréquents. J’ai joué avec la largeur de la fenêtre et la taille du texte pour obtenir au mieux ces mots, donnés par ordre alphabétique, sur 3 lignes.

Je trouve amusant d’obtenir ainsi l’EWS, ou Séquence de Mots Equidistants Antoine Habt psychiatre :

             

 

Note du 22/8/9 : en reparcourant Serial Eater j’y découvre que les renseignements essentiels sur la lecture annuelle de la Tora y sont donnés, chapitre 6, Noah’, où Ghani invite la juge à assister à sa soirée hebdomadaire d’étude de la Tora, le lendemain vendredi soir (soit shabbat) 21 septembre, pour commenter la parasha Noah’ :

 Les Juifs divisent la Torah en chapitres. Ce sont ces chapitres que l’on appelle paracha. On lit un chapitre par semaine ; on commence le lundi, on poursuit le jeudi, et on reprend l’ensemble le samedi.

Chapitre 10 la juge assiste à la soirée consacrée à la parasha Toldot, le soir du vendredi 19 octobre. Il s’agit bien de la 4e parasha après la parasha Noah’ , mais Ghani est en avance de 4 semaines sur le rituel officiel, où en 2001 c’était la parasha Noah’  qui était récitée la semaine du 14 au 20 octobre. Si les dates du calendrier juif ont des correspondances variant jusqu’à plus d’un mois dans le calendrier « normal », il est impossible que Noah’  soit lue en septembre, en conséquence il n’est pas possible d’imaginer ici une erreur due à l’utilisation d’un calendrier d’une autre année.

Au chapitre 17, La fête des Lumières, la juge est invitée jeudi 13 décembre chez Ghani pour célébrer le 4e jour de la fête des Lumières, qui a effectivement débuté le 10 décembre en 2001.

En allant à cette soirée, la juge écoute une cassette que lui a donnée le flic chargé de l’enquête, qui soupçonne Ghani et l’a placé sous écoute. Ghani discute avec sa sœur Déborah (français ABeille, anglais Bee, et dans cette histoire où le tueur mange des morceaux de ses victimes il faut signaler que le mot hébreu se prononce plutôt devora), qui semble jalouse de sa relation avec la juge, et lui tient un discours énigmatique :

« La Torah nous indique qu’il nous faut enfouir les dieux des autres dans notre ventre. Car c’est en cela, tu le sais, que réside le secret des dix plaies (…) Nous, Déborah, nous ferons mieux que les pharaons. Eux s’accouplaient frère et sœur pour protéger leur trône, alors que nous, c’est ainsi que nous fabriquerons notre royaume… »

Si les enquêteurs avaient alors connu le secret du mot ATTY, cette conversation leur aurait aisément démontré l’implication de Ghani. Les 4 occurrences de ce mot ATTY se trouvent en Ex 7,3, en prélude aux plaies d’Egypte ; Ex 10,1, le verset choisi, lors de l’annonce de la 8e plaie au début de la parasha Bo ; Ex 10,2, le verset suivant ; Nb 14,22 enfin, où il s’agit encore d’un rappel des plaies d’Egypte.

Je ne comprends pas pourquoi Ghani n’indique que deux occurrences du mot ATTY, qui pourraient être celles des deux premiers versets de la parasha Bo. La première se trouve dans la parasha précédente, Vaera, or en suivant le rythme des séances hebdomadaires de Ghani, avec 4 semaines d’avance sur le calendrier officiel, la soirée suivante du vendredi 14 décembre aurait été consacrée à Vaera. Elle n’aura pas lieu car Ghani s’en va le matin du 14 au Congo (qui dans 613 était à peine caché par l’imaginaire Bongo, capitale Zébraville), où il doit enquêter sur un meurtre qui pourrait être rituel. Peut-être la soirée du 13 remplaçait-elle cette séance, et Ghani s’y livre à une interprétation de la fête des Lumières qui semble faire allusion au sens secret des dix plaies :

« Chaque fois que l’on a voulu supprimer les Juifs, on s’est attaqué à leur dieu. Antiochos a fait plus que cela : il a voulu s’approprier la force de notre dieu, intégrer sa vitalité dans la chair même de ses divinités obscènes. C’est parce que cette action correspond à l’une des indications cachées de la Torah que notre dieu a réagi avec autant de violence en lui envoyant le lion : Judah Macabi. »

Je présume que cette indication cachée doit être « les signes dans les entrailles », mais je n’ai trouvé aucune trace d’une interprétation de Ex 10,1 allant dans le sens de Ghani, notamment dans le Zohar. Mais je ne suis qu’un goï qui s’est un peu intéressé à la mystique juive.

Il ne se passe rigoureusement rien pendant la semaine du 15 au 22 décembre, qui correspondrait à la parasha Bo dans le système Ghani, le récit passant ensuite directement au 23 décembre.

 

Note du 30/8/9 : Je suis confus de n’avoir pas immédiatement vu qu’il était tout de même assez extraordinaire que la tétralogie policière de Nathan, s’achevant sur Serial Eater (2004) tournant autour du premier verset de la parasha Bo, ait débuté en 1993 par le titre Saraka Bô, qu’un sous-titre indique signifier « Sortir les offrandes » en bambara.

Cette page indique que c’est le mot saraka qui signifie « offrande », « aumône », et donne pour saraka « faire l’aumône ». Elle donne par ailleurs le sens de « sortir » à  , et celui de « excrément » à bo.

Ceci m’a conduit à relire Saraka Bô, à mon humble avis le plus confus des romans de Nathan, où ma pauvre intelligence ne parvient pas à démêler l’enchevêtrement des divers récits. Cette relecture m’a cependant permis d’en entrevoir la structure, confirmant mon hypothèse pour les 28 chapitres de Dieu-Dope correspondant aux 28 lettres du premier verset biblique.

Saraka Bô compte 39 chapitres, or la Bible hébraïque imprimée compte 39 livres. Une confirmation de l’intention est donnée par 8 titres de chapitres, identiques à des titres bibliques, Exode, Les Juges, Macchabées, Chroniques, Cantique, Psaumes, Le Livre de Tobie, Rois. En fait deux de ces livres ne font pas partie des 39 livres canoniques, et ne sont connus que par leur version grecque, mais il était difficile d’omettre Macchabées dans un polar, et Tobie Nathan devait se sentir particulièrement concerné par le Livre de Tobie.

Nathan semble faire une allusion peu positive à Freud avec son commissaire Fred Simoune, à la vie érotique compliquée. Un personnage essentiel de 613 sera de même le peu glorieux chef des barbouzes Dufer (anagramme encore).

 Saraka Bô est devenu un film en 1996. Le psy héros du roman est comme dans Dieu-Dope Nessim Taïeb, et il a été incarné à l’écran par Yvan ATTAL ! Je rappelle qu’au chapitre 21 de Dieu-Dope (1995) c’est Taïeb qui cite le proverbe égyptien avec le mot attal, « assassin »… Mais ce n’est qu’en arabe égyptien qu’on trouve ce sens, l’arabe attal signifiant « portefaix ».

Le film est sorti en salles le 22 janvier 1997, soit  4 jours après le samedi 18 janvier qui était cette année-là le shabbat correspondant à la parasha Bo. Ce shabbat a en fait débuté la veille au coucher du soleil, soit le 17 janvier, la Saint-Antoine.

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