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trois couronnes

Il y a trois couronnes: la couronne de la Tora, la couronne de la prêtrise, la couronne de royauté, et la couronne du bon nom les surpasse toutes.

Pirqé avot, 4,13

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L'exégèse juive a très tôt reconnu 10 paroles divines à l'origine de la création, faisant pendant au Dix Paroles de la révélation au Sinaï. Ce point est déjà évoqué dans Pirqé Avot 5,1 (traité estimé du premier siècle de l' ère commune), et discuté dans Avot de Rabbi Nathan (ARNB 36), où les rabbins donnent plusieurs homologations de ces 10 Paroles, mais aucun ne semble avoir pensé à considérer toutes les paroles dites pendant les 6 jours, ce qui mène à découvrir qu'elles totalisent 620 lettres, nombre bien connu des lettres du Décalogue, supposées gravées par Dieu sur les Tables de la Loi.

Voici comment se répartissent ces 620 lettres, soulignées en rouge, dans le récit de la Création, soit le chapitre I de la Genèse, en 434 mots et 1671 lettres.

Sur ce tableau obtenu avec le logiciel gratuit Torah4u, j'ai pointé en bleu les lettres correspondant au verbe amar, "dire", qui introduisent chaque parole, 9 fois sous la forme vayomer elohim, "Dieu dit", une fois en 7e position sous la forme "Dieu les bénit en disant", et une fois en 10e position sous la forme "Dieu les bénit et Dieu leur dit". La 11e et dernière intervention n'est séparée de la 10e que par un vayomer elohim rendu par "Dieu ajouta" dans la traduction rabbinique officielle, ce qui donne une solution facile pour réduire ces 11 interventions à 10.

Les nombres de lettres des 11 interventions sont successivement 6, 34, 36, 53, 97, 47, 35, 40, 74, 62 et 136. Elles totalisent 166 mots.

J'ai choisi une largeur de ligne de 50 lettres pour faire apparaître le mot vertical tora en ELS à la 6e position, ce qui sera explicité plus loin, et j'ai encore souligné en bleu le premier verset, en 7 mots et 28 lettres, parce que le verset introduisant les 620 lettres du Décalogue, Ex 20,1, a également 7 mots et 28 lettres. Le voici ci-dessous également souligné en bleu, suivi des 620 lettres du Keter Tora (ou Ex 20,2-17).

J'ai choisi une largeur de ligne de 72 lettres, puisque 620+28 = 648 = 9x72 ou 3x216 (en pensant aux 216 lettres de Ex 14,19-21). 

Le texte hébreu divise ces 620 lettres en 10 petites sections ou parashiot, mais cette division ne correspond pas à la répartition opérée par le judaïsme. Le christianisme en propose plusieurs autres découpages, ainsi nulle logique absolue ne gouverne ces Dix Paroles de la Révélation, finalement autant sujettes à controverse que les Dix Paroles de la Création.

Il existe en fait trois versions du Décalogue dans la Tora, avec des variantes importantes. Cette première version en 620 lettres est privilégiée du fait de la proximité avec le nombre 613 des mitsvot, les prescriptions contenues dans la Tora. Ici encore ce nombre traditionnel prévaut sur la logique, et il en existe plusieurs dénombrements, comme plusieurs façons d'y trouver 7 prescriptions complémentaires pour parvenir au total 620. On peut ainsi y ajouter 7 prescriptions rabbiniques ultérieures, ou encore les 7 lois de Noé antérieures... 

On trouve aussi l'idée que le texte pourrait s'arrêter à 613 lettres, sur "et tout", les 7 dernières lettres, "ce qui est à ton prochain", n'étant pas indispensables. Elles feraient allusion à la semaine de la création.

 

Ce texte souligne que la lettre kaf a pour valeur 20, somme des Dix paroles de la Création et du Décalogue, et que "vingt" se dit 'esrim de valeur 620. La lettre kaf est présente dans le premier mot du Décalogue, אנכי, anokhi, forme rare du pronom "je" qui est le plus souvent אני, ani, avec pour seule différence sous sa forme écrite l'absence de la lettre kaf. La dernière lettre du Décalogue, la 620e donc, est encore un kaf.

 

Si les 620 lettres des interventions divines de Gn 1 semblent avoir échappé aux rabbins, ceux-ci ont dénombré 620 lettres dans deux parashiot complémentaires, significatives à leurs yeux car concernant la lumière, or en hébreu, supposée être la racine du mot tora, qui se dit oraita en araméen.

Ce sont encore des paroles de Dieu, lequel indique à Moïse en Ex 25,31-40 comment faire le chandelier sacré, la menora (racine or), en 10 versets totalisant 114 mots et 483 lettres, puis en Ex 27,20-21 quelle huile sera employée pour ce chandelier, en 2 versets totalisant 37 mots et 137 lettres. La menora est placée devant l'arche contenant le "Témoignage", soit les Tables censées gravées des 620 lettres du Décalogue.

Voici donc ces deux parashiot, avec une largeur de ligne de 62 lettres:

 

Les 3 séries de 620 lettres totalisent 166, 172, et 151 mots. 

Ce dernier nombre  est évocateur  pour les familiers du "code biblique", qui a pour origine les recherches du rabbin Weissmandel vers 1950. Il avait recopié la Tora avec 50 lettres par ligne, et découvert ainsi qu'il apparaissait le mot TORA verticalement à partir du premier T des deux premiers livres, les seuls où un T est présent dans le titre (formé du ou des premiers mots du texte), Bereshit et (Eleh) Shemot. J'ai donné plus haut le premier chapitre de Bereshit avec une largeur de ligne de 50 lettres, et voici les 200 premières lettres de Shemot, idem :

L'ELS "tora" couvre donc dans chaque cas 1+50+50+50 = 151 lettres.

Ce nombre possède une signification pour certains numérologues chrétiens, et je préfère prendre les devants avant que la relation ne soit redécouverte par des prosélytes qui pourraient l'exploiter sans distanciation.  

 Pour ceux-ci la conviction que la Tora est écrite par Dieu lui-même les mène à décortiquer le texte pour y trouver les preuves de l'omniscience du Créateur, qui aurait d'emblée connu toutes les langues futures de l'humanité et toutes leurs interprétations numérologiques. Je ne suis nullement opposé à ces mélanges, que je pratique volontiers moi-même, mais je renâcle lorsque leurs résultats, qui peuvent être fantastiquement impressionnants, sont présentés comme des preuves univoques. 

Ainsi le nom de Jésus-Christ serait présent dès le premier verset de la Tora, où interviennent remarquablement les multiples de 37, comme l'a développé Vernon Jenkins, et le nom Jésus-Christ serait multiplement relié à 37 car :

Iêsous Christos en grec a les valeurs 888-1480 (24 et 40 fois 37);

Jesus Christ en anglais ou français aurait selon un système calqué sur les alphabets numéraux hébreu ou grec la valeur 515+410 = 925 = 25 fois 37;

Jesus Christ en anglais ou français aurait selon les rangs des lettres de l'alphabet la valeur 74+77 = 151, or 151 est le 37e nombre premier (en incluant 1 comme premier nombre premier)...

 

Je m'en tiens là.