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Sonnets Zidane-Bretzlee

 

 

Michel Clavel révéla le 27 février sur la liste Oulipo la prodigieuse harmonie des 14 lettres ZINEDINE ZIDANE :

– 1  lettre présente 1 fois, et c'est A dont le rang est 1 = 1x1
– 2 lettres présentes 2 fois, et parmi elles D de rang 4 = 2x2
– 3 lettres présentes 3 fois, et parmi elles I de rang  9  = 3x3

Il donnait pour exemple de cette harmonie un sonnet avec Zinédine Zidane en télostiche (lettres finales).

Je composais aussitôt ce sonnet de même principe, avec des vers isocèles mettant mieux en valeur le télostiche.

 

 

Zarathoustra chassa le vilain Gurnemanz

Impossible cracheur Lama plus qu'impoli

Nous avons Coupet court au futile roman

En attendant Godot et the Robert E. Lee

 

Depuis que le Mondial attire le chaland

Il émane qu’un Christ n’arrêta pas Boli

Nous fêtons le tefou au stade de Verlan

En attendant Godot et the Robert E. Lee

 

Zizou nous sauvera dit le papier de riz

Il marquera dix buts j'en ferai le pari

Devant Lee et Godot élus du ballon rond

 

Amis des Lyonnais supporters de Chelsea

Ne soyez pas obstacle au tacle fanfaron

En attendant Godot et the Robert E. Lee

 

Précisions diverses :

Le leitmotiv m'était inspiré par un ragtime célèbre, Waiting for the Robert E. Lee

Un immense problème se pose pour la prochaine Coupe du monde : le gardien des Bleus sera-t-il le lyonnais Coupet, ou le marseillais Barthez (ici nommé Gurnemanz), qui a la fâcheuse habitude de cracher sur les arbitres ? Un gardien historique des Bleus fut Bernard Lama.

Un autre joueur mythique est Basile Boli, qui marqua pour Marseille le but lui offrant la Coupe d’Europe. Primo Levi a écrit Le Christ s’arrêta à Eboli.

Gerland est le grand stade de Lyon.

Zidane est porteur du mythique maillot numéro 10.

 

 

Le 25 avril Zidane annonça sa retraite prochaine, après le Mondial, ce qui me motiva pour exploiter une anagramme découverte peu avant,

 

Dînez en dizaine

 

Depuis que Jo prouva que sept et trois font onZ

Il est clair que le dix est bien mieux que bénI

Nombre et d'un capitaine et d'un preux parangoN

Et c'est ce que disait le grand George BretzleE

 

Zizou vient en dixième entre un amour sans fonD

Et l'exténuant tourment qu'on veut dans le dénI

Nul ne sait quel espoir constelle un bon balloN

Dînez donc en dizaine en chantant pour BretzleE

 

Invitez neuf kroumirs autour d'un brunch au riZ

Zakouskis pour l'entrée assaisonnés d'whouisquI

Aux frais de la princesse ou du Bretzlee féconD

 

Invitez neuf copains pour jouer aux ten for teA

Nulle âme n'errerait en tant somptueux flonfloN

Errance encore allouée au grand George BretzleE

 

Probablement à cause du Robert E Lee du premier sonnet, j’ai eu l’idée d’utiliser George Bretzlee, pseudo employé par Perec dans La Vie mode d’emploi. Les lettres Robert E Lee sont curieusement toutes dans George Bretzlee (+ eggz).
Le contexte perecquien me souffla une référence à Je me souviens, où Perec se souvenait de « Faut-il dire six et quatre font tonze, ou six et quatre font honze ? » Roland Brasseur constatait que Perec n’avait pas profité d’une variante énonçant « sept et trois », le 7-3 étant pour l’exégèse officielle  un « autobiographème ».

Ce second sonnet me semble bien plus faible que le premier, mais je n’ai pas la vocation d’écrivain à contrainte. Il m’arrive d’avoir des idées, et la façon la plus simple de savoir ce que peuvent donner ces idées est de les expérimenter.

Pour ces deux sonnets comme pour bien d’autres créations, je pars de quelques jeux de mots qui ne me déplaisent pas, puis je finis de remplir la grille sans trop m’y attarder.

N’ayant aucune fierté de ces tentatives, je suis ouvert à toute suggestion pour les améliorer.

 

Le lendemain de la composition de ce sonnet, le 26 avril donc, je me suis demandé si l’immixtion de George Bretzlee ne recelait une quelconque intuition, et je me suis avisé que

GEORGE + BRETZLEE = 57 + 93 = 150, dont la partition d’or optimale est 93-57, de même que   

GEORGES + PEREC = 76 + 47 = 123, dont la partition d’or optimale est 76-47.

Ceci m’a donné l’envie d’écrire un sonnet unissant ces deux noms, avec quelques relations d’or en sus.

Attendu que les largeurs de vers des deux sonnets Zidane étaient de 39 caractères (ce qui était un peu court pour produire facilement des alexandrins) et de 47 (ce qui était un peu long), j’ai pensé que la moyenne serait une bonne solution, d’autant que 43 est un nombre perecquien de base, à l’instar de 11, 37, 73 et quelques autres.

14 alexandrins de 43 espaces typo auraient donné 602, or un problème se posait du fait que Georges Perec n’a que 12 lettres. Il suffisait de décaler d’un espace deux débuts de vers pour permettre une bonne lecture de l’acrostiche, et pour obtenir 600 lettres que, dans un premier temps (en fait jusqu’à la fin de l’écriture du sonnet) j’ai cru être la valeur numérique de la lettre Phi dans l’alphabet grec, désignation du nombre d’or.

Attendu que GEORGES + BRETZLEE = 169, il m’a semblé intéressant d’avoir un total de 169 pieds, sans renoncer à la possibilité d’en compter 168 d’ailleurs, aussi j’ai eu recours à une possibilité de diérèse dans le dernier vers.

 

 

 il fut un écrivain dont le manque d'aplomB

Gagea de l'enfermer sous klee en un ouvroiR

Emplissant ses récits d'une sinistre gloirE

Onze quarante-trois l'étoile jaune au fronT

Raviné par l'anthrax du larynx jusqu'au neZ

Georges perec s'offrait la beauté du bancaL

Et si d'un coin ne vient qu'une date fatalE

Sa valeur attend peu des nombres de l'annéE

 or de ces oeuvres voici phi jailli du smoG

Principe d'harmonie intérieure en l'égloguE

Et que maint musicien fit entendre au kazoO

Repensons au scriptor qui listait son dîneR

Epuisait l'alphabet et tendait l'autre jouG

Croyan qui souhaitait la disparition d'un E

 

Ce « Croyan » final est l’anagramme de Cyrano, c’est une allusion au personnage Troyan dont Perec avait noté l’anagramme Ayrton dans son cahier des charges de La Vie mode d’emploi. Pour respecter la rime avec « dîner », le « E » final se prononce « é », « né » avec la liaison. Perec parlait souvent du nez…

Le sonnet compte donc

11 alexandrins de 43 espaces, car j’observe de nettes occurrences du motif 11-43 dans les œuvres de Perec où apparaît une architecture d’or, comme Noce ou Alphabets ; 

2 alexandrins de 42 espaces ;

1 vers final à mètre variable de 11+2 pieds et 43 espaces.

Le partage selon phi des 600 espaces du sonnet tombe sur 371, soit l’espace suivant « phi » au 9e vers ;

ou en comptabilisant les 2 lacunes la section d’or de 602 en 372 et 230 (comme les mesures des 4 et 3 premières fugues de l'Art), sur « phi ».

Dans les quatrains GEORGES + BRETZLEE = 76+93 = 169, nombre de pieds du sonnet augmenté.

Dans les tercets PEREC + GEORGE = 47+57 = 104, nombre de pieds jusqu'à phi.   

Le sonnet est encore un lipogramme en W, en n'oubliant pas qu'au début du 20e siècle notre alphabet ne comptait que 25 lettres, et dans la gématrie correspondante 57/92 pour GEORGE BRETZLEE est un meilleur rapport que 57/93.

Ces deux formes donnent ensemble 114/185, compatible avec une lecture du sonnet diminué du " E" final.

Et 92-57 + 76-47 donnent 168-104, correspondant à la lecture avec synérèse (« souhait » en une syllabe).

 

 

Lorsque je me suis rappelé que la valeur de la lettre Phi n’était pas 600 mais 500, j’ai essayé autre chose, et opté en fait pour 510, la valeur de Phi écrit avec le Iota qui lui est adjoint pour le prononcer.

Il y a ainsi la possibilité d’écrire 11 vers de 43 espaces, plus 1 vers de 37 espaces.

Ce serait mon dernier vers, et ce manque de 6 espaces pourrait correspondre à la disparition d’un nom de 5 lettres, comme Perec. 

Voici :

φι (phi)

 

Gai repère ou rival d’un larron de Combourg

Enclin aux souvenirs tel un monsieur Bedloe

Ours ravi de se fondre aux rats de l’Oulipo

Reléguant quel veto tout au fond de l’amour

Georges manifeste en soixante-deux son sang

En signant ou Valène ou Gas Par ou Bretzlee

Suivant que l’on décompte entre ses abattis

Phi non calculé section d’or et clé Duchamp

Exécrant cette berge où l’aencre l’a laissé

Ressentant un oubli dans certain livre d’or

Epluche un dictionnaire il dévoile au passé

Ce taciturne vide perec en arrivant au porc

 

 

Le « larron de Combourg » pourrait être Chateaubriand, mais la lecture « Larronde qu’on bourre » n’est pas interdite. Olivier Larronde fut un poète amateur de section dorée, d’alcool, et de chiffres en baisse.

Poe a écrit Souvenirs de monsieur Bedloe, dont le double est Oldeb…

 « Gas Par » est obtenu à partir de garGas Parac, la signature du monovocalisme What a man !, laissant entendre « Gaspard » ; Perec s’identifiait à Gaspard Winckler, récurrent dans son œuvre.

Les frères Duchamp ont créé en 1912 La Section d’Or, sans guère se soucier de la signification du nom de ce mouvement artistique.

L’ « aencrage » est un terme de l’exégèse perecquienne.

Ces trois quatrains totalisent 100 mots, 144 pieds, 510 espaces typo (sans la lacune de 6 espaces du dernier vers.

La section d’or optimale pour ces trois quantités tombe après « Phi non calculé » (62, 89, 315).

Les 100 mots sont comptés avec le « perec  » disparu, en conséquence il n’y a que 99 mots… dont 37 au lieu de 38 dans la seconde section s’achevant sur le vers de 37 espaces…

 

 

Enfin les dernières découvertes sur le Modulor m’ont fait imaginer un sonnet de 592 espaces, un nombre du Modulor se scindant en 366, le côté en cm du cabanon carré Modulor où Le Corbusier s’est retiré durant ses dernières années, et en 226, unité du Modulor et valeur même du vrai nom de son inventeur :

CHARLES EDOUARD   JEANNERET = 134 + 92 = 226

14 vers de 43 espaces font 602, 10 de trop que le total souhaité. Un petit miracle fait que, si ces 10 espaces tombent dans la seconde partie du sonnet, il est possible de placer les 14 lettres CHARLESEDOUARD en acrostiche, et au centre exact des vers les 9 lettres JEANNERET, en 22e position, si bien que la section d’or, 366, tombe sur le T de JEANNERET, marquant la fin du nom de valeur 226, T pouvant encore se lire Tau, également désignation de la section d’or (initiale du grec Tomê, « section »).

Les 10 espaces de trop pourraient dessiner grossièrement un bonhomme Modulor, bornant verticalement et horizontalement le T de JEANNERET.

Bretzlee George pourrait encore être un télostiche approprié. D’une part  les nombres 226 et 366 sont présents dans l’œuvre de Perec, d’autre part les valeurs 134 et 150 des acrostiche et télostiche me comblent.

134 est la valeur de Rémi Schulz, 150 celle de Rémy Schulz, mon nom selon l’état si vil.

Leur somme 284 peut se lire 28/4, jour où j’ai fait les découvertes relatées ici.

 

Work in progress : 

J’envisage des alexandrins qui par des jeux de diérèses permettraient d’arriver à 183 pieds totaux et 113 sur le T de Jeanneret.

Ce qui suit n’est qu’un assemblage de mots compatible avec les contraintes envisagées

 

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70-43 mots = 113 unité du Modulor série rouge

113-70 pieds = 183 série rouge du Modulor

366-226 espaces = 592 série bleue du Modulor

305-188 lettres = 493, doré mais pas modulé

 

 

rémi schulz, le 4/5/6

 

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305-188 lettres = 493, doré mais pas modulé

 

 

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