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Bach, le Modulor…

 

 

 

Comme je l’étudie en détail ici et , les deux recueils du Clavier bien tempéré de Bach (ou CBT) offrent diverses coïncidences d’or dans les nombres de mesures de différentes paires Prélude-Fugue :

– Il y a d’abord le cas fascinant des deux paires 14 dans les deux recueils, en 24-40 et 43-70 mesures (parce que 14 est le nombre de BACH) ;

– Puis le cas différent mais encore remarquable puisqu’il s’agit des paires 1 ouvrant les deux recueils, où la relation d’or n’apparaît qu’après l’addition des deux paires,  35-27 + 34-83 = 69-110 ;

– Enfin la relation la plus parfaite apparaît pour la dernière paire du premier recueil, 47-76, mais la relation n’est valable que pour la musique écrite, l’exécution demandant la reprise du prélude.

 

Le Modulor, imaginé par Le Corbusier vers 1945, est un ensemble de mesures en rapport d’or, censé répondre harmonieusement à toutes les questions architecturales et mécaniques...

Il consiste en deux séries de nombres, la série rouge -43-70-113-183-… et la série bleue doublant ces valeurs, -86-140-226-366-…. Ces nombres sont en fait approximatifs, les seules mesures exactes étant 113 et 226 cm, les autres valeurs étant calculées plus exactement selon le nombre d’or, avec l’ambition de réconcilier les deux principaux systèmes de mesure, car 226 cm correspondent presque exactement à 89 pouces, 89 étant par ailleurs un nombre de Fibonacci. Ce choix a en fait été plutôt déterminé par la taille humaine, évaluée à 183 cm, soit exactement 6 pieds dans le système anglo-saxon (ou 72 pouces).

NB : A la suite d’une erreur remontant probablement à assez loin, la plupart des sources françaises, imprimées ou électroniques, font équivaloir 226 cm à 55 pouces. C’est évidemment inexact.

 

modulor02.gif (29384 octets)

 

La première curiosité est que les nombres de la série rouge 43-70-113 correspondent aux mesures du Prélude-Fugue BWV 883, la paire la plus immédiatement dorée du CBT.

Les 4 autres paires décrites plus haut totalisent 366 mesures, réparties en 140 pour les préludes et 226 pour les fugues, soit des nombres de la série bleue.

Les 5 paires réunies totalisent 479 mesures, réparties en 183 pour les préludes et 296 pour les fugues, soit des nombres de la série rouge, mieux, les nombres 183-296-479 qui suivent immédiatement les nombres 43-70-113 correspondant à la paire idéale BWV 883.

Bach aurait pu revendiquer la paternité du Modulor !

 

Ces nombres de la série rouge 43-70-113 correspondent dans la série bleue à 34-55-89 pouces, nombres de Fibonacci. Cette page insistait sur le fait que les 4 Préludes 1 et 14 dans les 2 volumes du CBT totalisent 4 fois 34 mesures et les fugues correspondantes 4 fois 55 mesures, soit une moyenne de 34-55 pour une paire virtuelle de 89 mesures, les nombres en pouces de la série bleue, alors que la meilleure de ces paires donnait les nombres de la série rouge selon le système métrique.

Bach aurait pu revendiquer la paternité du Mètre !

 

La première application du Modulor a été la Cité Radieuse de Marseille, que Le Corbusier appelait Unité d’Habitation, de Marseille puisqu’il y en a eu d’autres ensuite, mais le Modulor y a été beaucoup moins sollicité, alors que toutes les mesures de l’UHM (acronyme d’usage courant comme on pourra le vérifier par maintes sources) sont issues du Modulor (avec de légers ajustements lors du tracé final des plans). Or H-M-U ont les rangs 8-13-21 dans l’alphabet, les nombres de Fibonacci précédant 34-55-89.

Mieux, U signifie ici Unité, et UHM se répartit effectivement en 21 = 8+13, comme la mesure unitaire de 89 pouces ci-dessus (ou 226 cm) se répartit en 34+55 (ou 86+140).

Existe-t-il un équivalent dans le CBT ? peut-être, à la condition de considérer les deux recueils comme les « 48 », dénomination courante chez les clavistes, en donnant à chaque paire Prélude-Fugue un rang de 1 à 48 (la classification BWV a de même adopté un classement séquentiel). Voici donc le tableau correspondant aux 5 paires concernées :

 

rang

prélude

fugue

total

tonalité

BWV

1

35

27

62

C

846

14

24

40

64

fis

859

24

47

76

123

h

869

25

34

83

117

C

870

38

43

70

113

fis

883

 

183

296

479

 

 

 

La somme des rangs des paires du premier recueil est 1+14+24 = 39 = 3 x 13

La somme des rangs des paires du second recueil est 25 + 38 = 63 = 3 x 21

Si la relation la plus immédiate est ici 39+63 = 102 (soit 13+21 = 34), le nombre 24 = 3 x 8 intervient à divers niveaux puisque c’est d’une part le rang de la paire 24 isolée, d’autre part la différence des rangs des paires de même tonalité.  Je laisse de côté les multiples possibilités offertes par ces équilibres.

Probablement pas par hasard, l’UHM sur plan est un rectangle de 24 x 165 m, ces dimensions étant des triples de nombres de Fibonacci, 8 et 55.

 

Je remercie Alain Zalmanski de m’avoir révélé ce commentaire du Corbusier, comparant son Modulor à « un clavier, un piano accordé. » Cette expression évoque immanquablement le Clavier tempéré de Bach, lequel n’a pas inventé la tempérance, l’accord équilibré de Werkmeister permettant de jouer dans toutes les tonalités, mais a largement contribué à la faire connaître et adopter.

 

 

… et Perec…  

 

 

Je ne vois pas quelle logique pourrait rendre compte de ces échos entre Bach et Le Corbusier, et ce n’est pas l’immixtion d’un troisième larron qui va rendre l’affaire plus raisonnable.

Je sais depuis longtemps que les valeurs des prénom et nom de Georges Perec sont en raison dorée, 76 et 47, ce qui n’a pas manqué de m’évoquer les 47 et 76 mesures du BWV 869, mais ceci est longtemps resté une relation isolée.

Il se trouve que deux jours avant d’avoir effectué ces découvertes sur les échos entre Modulor et CBT je me suis aperçu qu’un nom inventé par Perec, et le désignant notoirement, était aussi en rapport d’or. Il s’agit de George Bretzlee (= 57+93 = 150), donné dans La Vie mode d’emploi pour être l’auteur du roman The Wanderers. Perec, dont un roman de jeunesse se nommait Les Errants, affirme dans W ou le souvenir d’enfance que son nom est identique en polonais à « bretzel ».

Cette découverte m’a tôt rappelé que j’avais spécialement étudié ici les trois paires de rangs 14, 24, et 38 du CBT, donnant les totaux 114+186 = 300, et la moyenne frappante 38+62 = 100.

Les totaux correspondaient à deux fois la relation 57-93 de George Bretzlee, et ils y correspondent toujours, bien sûr. La nouveauté réside dans ma découverte de cette nouvelle famille de nombres dorés perecquiens (ou bretzeliens), qui s’est aussitôt réimposée à mon esprit lorsque en réétudiant les paires dorées du CBT j’ai remarqué celles de rangs 1, 14, et 25 totalisant 93+150 = 243 mesures, dans la continuation de la série 57-93-150 de Bretzlee.

Ainsi la paire idéale donnant la triade de base de la « série rouge » 43-70-113 est complétée pour passer à la triade suivante 183-296-479 par 366 mesures réparties en 93-150 « Bretzlee » et 47-76 « Perec ». Il est curieux que ces nombres 366 et 479 évoquent une œuvre de Perec, Je me souviens, suite de 479 souvenirs numérotés de 1 à 479, plus un 480e sans objet, « Je me souviens     », suivi deux lignes plus bas par « (à suivre…) » Les cahiers préparatoires de Perec semblent indiquer qu’il a d’abord envisagé une version en 366 souvenirs, et ceci alors qu’il n’en avait rassemblé qu’environ 200, comme s’il tenait d’emblée à ce nombre 366 (Roland Brasseur, Je me souviens de I remember, Le Cabinet d'amateur #6, 1997).

Si ce nombre n’a pas besoin du Modulor pour être significatif, il n’en va pas de même de 479, bien qu’un commentateur y ait vu un « beau nombre premier ».

Je me bornerai à constater qu’il existe un rapport effectif entre 366 et 479, qui sont deux mesures consécutives du Modulor, l’une dans la série bleue, l’autre dans la série rouge. Un architecte suivant scrupuleusement le Modulor serait contraint, si une cote de 366 cm s’avérait légèrement insuffisante, de choisir 479.

Faute d’autre hypothèse, il n’est pas absurde que le Modulor ait guidé Perec dans sa construction, Perec qui a plusieurs fois évoqué dans ses écrits les suites de type Fibonacci, Perec dont plusieurs œuvres sont architecturées, volontairement ou non, selon le nombre d’or.

Ces coïncidences ne prouvent rien, sinon il serait plus sûrement prouvé que Bach a copié le Modulor, où l’inverse, les deux propositions étant évidemment ineptes. Le nombre précédent 479 dans la série rouge est 296, et le jms 296 est :

296 Je me souviens du rouge à lèvres « Baiser », « le rouge qui permet le baiser ».

Par ailleurs le jms 366 n’est pas sans évoquer la coupure (ou section, d’or ou non), plus exactement la brisure (le nom Perec vient d’un verbe hébreu signifiant « briser ») :

366 Je me souviens du vase de Soissons.

 

Les nombres 11 et 43, très présents chez Perec et chez ses exégètes, appartiennent également à la série rouge, vue comme la suite additive d’entiers 5-11-16-27-43-70-…

Ce n’est qu’à partir de 27-43 que ces nombres commencent à être significatifs, mais 11 et 16  permettent de construire toute la série rouge, et c’est une curiosité que le seul poème de Perec mentionnant l’expression « nombre d’or » soit Noce de Kmar Bendana & Noureddine Mechri, basé sur les lettres des noms des fiancés, aux nombres de 11 et 16.  Cette page montre plusieurs lectures dorées de ce poème (mais sans faire intervenir le Modulor que j’ignorais alors).

 

… et autres…

 

Georges Perec ne s’est pas souvenu que le vrai nom de Le Corbusier était Charles-Edouard Jeanneret, mais je suppose que ceux qui m’ont lu jusqu’ici se rappelleront au moins de la valeur de ce nom :

CHARLES EDOUARD JEANNERET = 66 + 68 + 92 = 226

soit le Modulor lui-même ! qui pratiquement se présente comme un ruban de métal ou de plastique de 226 cm de longueur.

Je ne sais s’il a fait ce calcul (voir cette note), du moins la version officielle du choix des mesures à partir de la taille de 6 pieds ou 183 cm paraît-elle parfaitement plausible. Je suis néanmoins curieux de savoir quelle taille lui-même mesurait.

Ce n’est pas la seule coïncidence qui apparaît dans cette affaire, et la Cité Radieuse ou UHM est située au 280 bd Michelet, soit le 140e numéro (en principe) côté pair, et 140 est le nombre précédant 226 dans la série bleue.

Le Corbusier a fini sa vie dans un cabanon spartiate du Cap-Martin, Le Modulor (!), de dimensions intérieures 366 x 366 cm… 140-226-366… Il n’est pourtant pas mort à 86 ans, s’étant noyé en Méditerranée au cours de sa 78e année. Pour sauver les naufragés, un personnage de Perec envisageait de construire un radiophare muni de 366 récepteurs paraboliques… Le 479e et dernier souvenir de Perec concerne le naufrage du Flying Enterprise. La Cité Radieuse est souvent comparée à un paquebot…

 

Je me suis avisé que c’était 5 paires du CBT qui recelaient la formidable coïncidence avec le Modulor, or une fantaisie engendrée par le Modulor est la Quine, prétendu ensemble de cinq mesures en rapport d’or qu’un moine imaginatif prétendit utilisé par les bâtisseurs romans, idée reprise ensuite par de nombreuses publications, bien qu’il s’agisse d’une totale invention, évidemment inspirée par le Modulor.

Ma curiosité m’a amené à interroger Google sur « Corbusier Perec Bach » : l’une des premières réponses fait suivre « Corbusier » par le mot « Quine » ! Il s’agit d’une bibliothèque virtuelle des livres imaginaires mentionnés dans des livres réels, l’un d’eux étant Concatenating Corbusier, de Quine, Aristides ; ce titre apparaît dans La Maison des feuilles, de Danielewski. Perec est présent pour de nombreux titres, dont The Wanderers de George Bretzlee. Quant à Bach, il s’agit de Richard Bach, dont Illusions mentionne un Handbook of Messiahs ; cette bibliothèque virtuelle est alimentée par de nombreux contributeurs, et c’est Michelle Quinn qui a signalé ce titre ; Quine de Corbusier et Quinn de Bach sont les deux seules occurrences de QUIN parmi les centaines de titres répertoriés sur cette page.

 

Diverses circonstances entourent ces découvertes, et en sont d’ailleurs certainement en partie responsables, quoique je m’avoue incapable de déterminer quels ont pu être les éléments déterminants. Voici le récit fidèle des événements :

– Le 25 avril, un hasard m’a fait découvrir dans un Télérama que France-Musique programmait le 27 une émission sur Le Corbusier et Xenakis, à 13 h 42. Je suis si obnubilé par les rapports d’or que j’ai aussitôt pensé que 42 était le double du nombre de Fibonacci 21 suivant 13, or trois jours plus tard je devais découvrir que la structure 113+366 présente chez Bach comme chez Perec correspondait à une relation analogue dans la série rouge, où 183 suit immédiatement 113.

Ce même 25 avril, la nouvelle du jour était l’annonce de la retraite de Zidane après la Coupe du Monde. Ceci me conduisit à écrire un sonnet « Zidane », voir ici. Cette forme exigeant de faire rimer « e » avec « i » et « z » avec « n », il me vint d’utiliser George Bretzlee, et de faire rimer « on » avec un « onz’ » tiré du Je me souviens #293 de Perec, « Doit-on dire Six et quatre font tonze… ».

– Le 26 avril j’ai eu la curiosité de calculer les valeurs de George Bretzlee, découvrant ainsi leur relation d’or. Je pris également la peine de me renseigner sur Zidane, qui ne m’intéressait que par son nom. Il est né un 23 juin, date hautement perecquienne, en 72, et aura donc prochainement 34 ans. 34 est un nombre de Fibonacci, comme 13, son département natal, et mon sonnet avait une largeur de ligne de 47 (34+13) caractères. J’ai commencé ce soir là une première version d’un sonnet sur les noms George Bretzlee et Georges Perec, faisant apparaître différents rapports d’or.

Le soir, FR3 diffusait une émission sur Marseille, avec notamment un reportage sur le Cité Radieuse. Il n’y fut pas question du nombre d’or. Cette page conte comment une autre découverte essentielle sur le nombre d’or chez Perec coïncida également le 01/02/03 avec un reportage télé sur la Cité Radieuse, où de même le nombre d’or n’était pas évoqué. 

– Le 27 avril j’étais au rendez-vous de 13 h 42 avec Le Corbusier, dans l’émission Violon d’Ingres dont je ne me souviens que d’une autre écoute, pour l’émission du 9 mars qui était sur Perec… J’avais en fait dû la réécouter en différé, ayant oublié au moment voulu, bien qu’étant prévenu de longue date. Le mode de rediffusion de Musique m’avait contraint à écouter l’émission précédente, Les contes du jeudi, avec plaisir puisqu’elle était consacrée à Bach et l’amour. Ce 27 avril j’avais mis la radio à 13 h 03 car j’avais repéré que Les contes du jeudi étaient encore consacrés à Bach, ce qui n’est pas en soi étonnant puisqu’il s’agit d’une émission hebdomadaire de Gilles Cantagrel, spécialiste des Bach.

Cependant Cantagrel ne s’autorise une émission sur la famille Bach pas plus d’un jeudi sur 3, et il n’y avait rien d’obligatoire à ce que son créneau précède un Violon d’Ingres assez dingue pour passer en 7 semaines de Perec à Xenakis-Le Corbusier.   

Cette émission du 27 était consacrée aux rapports privilégiés du Cantor avec son cousin Johann Elias Bach. Sachant que Bach a établi une généalogie de sa famille, où il a attribué un numéro à chacun de ses membres, j’ai eu le 30 la curiosité de regarder quels étaient les numéros de Sebastian et d’Elias, 24 et 39, les nombres mêmes découverts en jouant avec les rangs des paires du CBT, tels que 24+39 = 63, multiple de la relation fibonaccienne 8+13 = 21.

Il ne fut pas question du nombre d’or dans Violon d’Ingres, bien que Xenakis ait utilisé le nombre d’or dans certaines de ses compositions, parmi d’autres outils mathématiques.

L’émission est réalisée par une dame dont j’ai calculé la valeur numérique :

MARIE DOMINIQUE MONTEL = 46+107+79 = 232 = 8 x 29

C’est encore fort curieux comparé au réalisateur de l’émission précédente :

GILLES     CANTAGREL    =    64  +  81   =    145    =  5 x 29

8 et 5 sont des nombres de Fibonacci…

Mais je n’en étais pas encore à des calculs aussi pointus en ce 27 où mon activité littéraire s’est bornée à achever le sonnet Perec-Bretzlee commencé la veille.

– C’est le 28 que les choses ont très vite progressé. Je savais déjà que les nombres de la paire BWV 883 se retrouvaient dans le Modulor, mais ce jour j’ai pensé à intégrer ce fait à une page en cours sur les rapports entre 813 et 883, une page faisant partie d’un ensemble si foisonnant qu’elle reste encore en plan.

Il se trouve, entre autres, que 883 est la somme de 813, nombre de notes de la fugue en fis BWV 859, et de 70, nombre de mesures de l’autre fugue en fis, BWV 883… Il se trouve encore que

HUIT CENT TREIZE = 58 + 42 + 83 = 183  (soit une permutation de 813)

Ceci est curieux rapport au roman « 813 », où toute permutation du nombre fatidique serait en fait aussi efficace que 813, mais je n’avais pas encore pensé  que 183 suivait les nombres 43-70-113 de BWV 883.

Les autres relations vinrent très vite après ce premier pas, me suggérant bientôt d’y consacrer une page indépendante.

 

Voilà pour le principal, du moins à ce stade, car de multiples autres petits faits pourraient être mentionnés.

Je ne résiste pas à celui-ci. Le 27 avril, les médias annonçaient une étonnante nouvelle : on avait découvert un message codé dans le jugement du procès intenté aux éditeurs de Da Vinci code, et le message fut effectivement décodé le lendemain. Le code utilisait les 8 premiers nombres de la suite de Fibonacci, 1-1-2-3-5-8-13-21, clé d’un décalage de type Vigenère, mais le juge facétieux avait introduit une « erreur » en utilisant en fait la suite 1-1-25-3-5-8-13-21.

Le message décodé était « Jackie Fisher who are you Dreadnought », allusion à l’amiral qui permit le lancement du cuirassé Dreadnought le 10 février 1906, presque exactement 100 ans avant le début du procès, le 27 février.

C’est ce 27 février qu’avait débuté l’affaire des sonnets Zidane, et c’est le 28 avril jour du décodage que je faisais ces découvertes qui n’auraient probablement pas eu lieu sans cette affaire.

 

Hier 3/5/6 où je pensais n’avoir plus qu’à relire cette étude la nouvelle de la matinée était

 

MOSCOU (AP) -- Un avion arménien s'est abîmé par mauvais temps tôt mercredi matin en mer Noire, alors qu'il s'apprêtait à atterrir à l'aéroport Adler, près de Sotchi (Russie), tuant les 113 personnes qui se trouvaient à bord, ont annoncé les autorités russes.

 

En concaténant non Corbusier mais la date 3/5/6, les deux nombres significatifs seraient 356 et 113, m’évoquant le CBT avec les 113 mesures de la seconde paire en fis et les 356 mesures des 4 paires en C et fis (= 4 fois 89, en pouces l’unité choisie pour le Modulor, correspondant à 226 = 2 fois 113 cm).

 

rémi schulz, le 4/5/6

 

 

Note1

Le lendemain de l’achèvement de cette étude, le 5/5/6 donc, la justice déclarait recevables les plaintes relatives au crash du Concorde du 25 juillet 2000, lequel avait aussi fait 113 victimes.

 

Note2

Le Corbusier a défini le Modulor comme « mesure harmonique à l’échelle humaine applicable universellement à l’architecture et à la mécanique. » Remarquant que tous les mots non triviaux de cette définition débutent par des lettres de rang fibonaccien, MHEHAUAM, je me demande si cette MHU, Mesure Harmonique Universelle, ne s’appliquerait pas qu’à l’Unique Homme Mégalo qui a conçu l’UHM, l’Unité d’Habitation de Marseille dont toutes les mesures sont issues du Modulor, jusqu’au mobilier intégré…

Ce qui est certain, c’est que Corbu ne pouvait ignorer l’équivalence ordinale des lettres, puisqu’il a fréquenté assidûment la villa E-1027, construite en 1928 par l’architecte Eileen Gray pour son amant Jean Badovici, proche de Corbu. Ce nom, à décomposer en E-10-2-7, correspond à l’entrelacement des initiales des amants, E-J-B-G. Après la mort de Badovici, Corbu a racheté la villa, sur le terrain de laquelle il a construit le cabanon « Modulor » où il a fini ses jours.

Note3

L’Unité compte 337 appartements, nombre qui a quelque écho doré avec 883 car c’est sa petite section d’or. La moyenne entre les deux rapports fibonacciens successifs 8/13 et 13/21 (ou H/M et M/U) est 337/546 (883 = 337+546).

L’UHM est située dans le 8e arrondissement de Marseille, code postal 13008 (= 16 x 813).

Note ultérieure 1

Fin mai, une voisine m’a passé quelques numéros récents du Figaro Magazine, que j’épluche volontiers depuis la coïncidence relatée ici. J’y fais aussi les mots croisés de Michel Laclos, où je trouve parfois une petite coïncidence avec mes préoccupations. Il y avait deux coïncidences dans le problème du 13 mai, plutôt importantes.

La définition du 17 horizontal était Etait intrépide chez les Anglais surtout dans la flotte. J’ai trouvé quand j’ai eu quelques lettres, mais j’en aurais été bien incapable un mois plus tôt, car il s’agissait de dreadnought, mot dont j’ignorais l’existence avant l’affaire du juge l’ayant codé dans son jugement sur la plainte en plagiat au sujet du Da Vinci Code. La couverture de ce numéro du FigMag montrait Audrey Tautou pour son rôle dans l’adaptation du roman.

La définition du 5 horizontal était A l’envers : cité en 64. Là il m’a fallu attendre d’avoir trouvé tous les mots verticaux pour déchiffrer nienom, soit Monein, petit bourg de 4000 âmes des Pyrénées-Atlantiques. Or j’aurais pu trouver, surtout à l’envers car cette inversion Monein en nié nom m’est si significative que j’en ai parlé dans un article publié en 2002 dans la revue Pan #25. Je ne détaille pas les coïncidences en cause, sinon qu’elles concernent une amie née un 20 mai, or c’est le 20 mai qu’est parue la solution de ce problème 20x20, avec ce 5  - Nienom.

Je présume que Laclos n’a pas été influencé par l’affaire du Da Vinci Code 15 jours plus tôt, et que son rôle doit se borner à choisir les définitions de grilles choisies assez longtemps à l’avance. Arthur Koestler s’est penché sur les coïncidences dans les mots croisés, dans Le Hasard et l’Infini, en signalant cette extravagante histoire du Daily Express qui publia le 1er juin 44 un problème où deux mots à découvrir étaient les deux principaux noms de code associés au Débarquement qui devait avoir lieu quelques jours plus tard (le 6, mais la date effective a été retardée suite aux conditions météo défavorables), OVERLORD désignant l’ensemble de l’opération, NEPTUNE son aspect naval.

Le MI 5 enquêta, mais l’auteur de la grille n’avait rien d’un espion.

Le DREADNOUGHT du FigMag offre un écho évident, du moins si la grille de Laclos a bien été conçue avant la rédaction du jugement où était codé ce nom du cuirassé anglais. Je remarque que le juge a voulu honorer le centenaire de la création du Dreadnought par l’amiral Fisher (« pêcheur ») en février 1906, or le Débarquement de 44 partage ce centenaire en 38 et 62 ans, découpage d’or idéal qui correspond de plus à la moyenne des trois paires Prélude-Fugue dorées en fis-h, que je lis volontiers fish, « poisson », et que je vois doublement équivalent à l’hébreu DG, toujours « poisson », correspondant aussi à deux notes en intervalle de quarte comme fis-h.

DG se prononce « dague », et j’expose ici à quel point il est formidable qu’un roman de Queen soit basé sur une série de 20 objets mystérieux dont le 20e est une dague (dagger en anglais) et le 12e (12 section d’or optimale de 20) un poisson d’or. Je vois dans ce même roman une grande signification aux dates inverses, le 1/6 et le 6/1.

Précisément pour cette raison, la coïncidence qui me frappait le plus parmi les multiples cas donnés par Koestler dans Le Hasard et l’Infini, est le dernier cas de la section L’ange des bibliothèques, à propos d’un poète attelé à une nouvelle forme de palindrome, qu’il nomme « croix » ; au moment même où il achève le poème, sur les mots « cette croix que j’ai construite »,  le 6/1 1969, on sonne à sa porte et c’est un prêtre qui lui présente une croix…

Il faudra encore se reporter à mes textes sur Queen pour mesurer à quel point tous ces éléments semblent étroitement imbriqués.

Note ultérieure 2

Le 20 juin, j’ai la curiosité de chercher sur Google « Quine Aristides », pour trouver 4 pages, les deux de la Bibliothèque Invisible où m’avait conduit la recherche « Corbusier Perec Bach », ma propre page, et celle d’un forum en français sur La Maison des feuilles, indiquant où y est mentionné Concatenating Corbusier, soit page 123. Je vais aussitôt voir, et découvre que cette mention apparaît dans la note 150 du livre de Danielewski, 150 étant la valeur de GEORGE BRETZLEE tandis que 123 est celle de GEORGES PEREC.

C’est évidemment un hasard à différents niveaux. D’abord le 150 de Bretzlee, alors que c’est la réunion des œuvres imaginaires de Quine et Bretzlee qui m’a amené à cette recherche.

Ensuite l’apparition de ce 150 page 123, dans l’édition française du moins. Mais c’est cette même édition française qui offre en couverture une illustration d’Eric Scala, représentant une spirale inscrite dans des rectangles en progression d’or.

Le contenu de la note 150 n’est pas indifférent puisque ce Quine aurait appliqué à la maison Navidson les Cinq Points du Corbusier (qui existent effectivement mais n’ont rien à voir avec le nombre d’or). Or comme il l’a été dit plus haut, le Modulor a inspiré la Quine qui reste aux dernières nouvelles une fantaisie hexagonale qui a peu de chances d’être connue de Danielewski.

Les nombres 123 et 150 correspondants aux deux noms de Perec offrant un partage doré, je me suis repenché sur ses deux seuls autres pseudonymes :

SERGE VALENE = 56 + 59 = 115

GARGAS PARAC = 53 + 39 = 92

Rien de doré dans ces nombres, mais 115 et 92 interviennent dans les remarquables coïncidences bachiennes étudiées ici. 92 est encore la valeur de JEANNERET, vrai nom du Corbusier que j’ai fait apparaître à côté de GEORGEBRETZLEE dans un des sonnets Zidane.

Au soir de ce 20 juin, une toute autre recherche m’a conduit à lire en ligne L’Epouvante, roman de Maurice Level de 1908. On y voit un journaliste du Monde (pas encore celui de Beuve-Méry) téléphoner à son journal, au 115-92.

Ainsi j’ai rencontré le même jour les 4 valeurs des différents noms de Perec, en deux couples fort resserrés, la note 150 de la page 123 et le numéro de téléphone 115-92.

Il y a encore beaucoup de résonances annexes qu’il serait long de détailler. Au premier niveau, je remarque néanmoins que Level a la rare propriété d’avoir un nom palindrome. L’adresse de la page où j’ai lu L’Epouvante inclut la date où elle a été mise en ligne (/2005/11/29/193-lepouvante-de-maurice-level), faisant apparaître la succession 51129, renversement des chiffres de 92-115, deux valeurs des pseudonymes de celui qui est le plus immédiatement évoqué à propos du palindrome.

Note ultérieure 3

Le 24 mars 08, j’ai découvert ce qui me semble ma plus belle relation dorée bachienne, obtenue en couplant deux relations dorées nommées R1 et R2. Une autre approche de cet ensemble de 8 tonalités serait d’y considérer les 6 tonalités BACH, soit

h-b-H, ou 24-22-23 (les trois dernières) pour les tonalités de poids fort, totalisant 289+203+283 = 775 mesures

et C-a-c, ou 1-20-2, totalisant 179+125+175 = 479 mesures

Ces nombres, comme leur somme 1254, sont des mesures de la Série Rouge.

La relation R2 couplait elle-même deux relations de tonalités dorées h-C et b-a, 283-175 et 203-125, de moyenne 243-150, or c’est modestement MOI qui ai découvert ceci un 24/3, MOI dont le nom selon l’état civil est

REMY SCHULZ = 150