La passion selon John
Pour
les 65 ans de Jean-Pierre, le 2 août 07,
J’ai été particulièrement frappé par un point du Bach et le nombre de Van Houten & cie, souvent cité dans ces pages.
Le Chœur d’ouverture de la Passion selon Saint Jean débute par les trois curieuses notes de la première mesure, jouées aux flûtes : la flûte 2 commence par les notes ré et sol, soit D et G selon la notation allemande, tandis que la flûte 1 fait entendre, entre ces deux notes, un mi bémol tenu, soit ES ou S selon la notation allemande. Ceci serait une allusion à la formule SDG, abréviation de Soli Deo Gloria, « A Dieu seul revient la gloire », formule employée par Bach sous cette même forme abrégée SDG pour signer son exemplaire manuscrit du premier volume du Clavier bien tempéré.
Il est probable que ce SDG soit intentionnel, tant il était alors hardi de débuter une pièce par une telle disharmonie, et les musicologues n’avaient pas attendu Van Houten pour le supputer, mais voici ce qu’a apporté le Hollandais : la première partie de ce chœur, mesures 1 à 32, compterait 1847 notes d’orchestre exactement, ce qu’il lit 18-4-7, correspondant aux rangs des lettres S-D-G dans l’alphabet latin. Ensuite les parties construites sur le même matériel musical contiendraient 2138 notes d’orchestre, avec 2-1-3-8 correspondant aux notes B-A-C-H, ainsi qu’au nom du compositeur. Ces nombres 1847 et 2138 s’intègrent à une lecture totale de la musique écrite du Chœur, avec les autres parties et les notes de chœur, faisant apparaître les nombres « rosicruciens » de Van Houten…
Je n’y insiste pas car ce premier niveau, essentiel, résiste mal à une analyse objective. Très rapidement :
- On retrouve facilement les 1847 notes avancées pour les 32 premières mesures, sauf que Van Houten y a inclus les 2 notes achevant les phrases musicales des flûtes au début de la mesure 33. C’est en fait logique, ce qui l’est moins est d’omettre les premières notes correspondantes des autres instruments.
- Ce point serait discutable si les 2138 notes suivantes étaient obtenues selon un processus rigoureusement identique, or ce n’est pas le cas. Au plus bref encore, dans les 3 ensembles additionnés pour parvenir à ce total, Van Houten a compté ces notes d’orchestre là où il était impossible de les omettre, pour les points d’orgue des mesures 58 et 95, mais il n’a pas compté les notes du 3e temps de la mesure 78, là où il arrête l’ensemble médian (alors que les notes des flûtes sont comptées). Tout musicien comprendra qu’au moins les notes des violons, suivies d’un silence et d’une indication piano, ne peuvent être considérées comme appartenant à ce qui suit.
- Bach aurait facilement trouvé des solutions plus plausibles, sinon indiscutables, pour exprimer tel ou tel nombre dans un ensemble musical cohérent. Si malgré tout les analyses de Van Houten avaient une quelconque pertinence, il faudrait encore admettre que cette harmonie ne soit valable que pour la musique écrite : les 58 premières mesures sont ensuite jouées da capo, soit une nouvelle fois les (environ) 1847 notes, puis seulement la première partie (1087) des 2138 notes conjecturées…
Pour d’autres, c’est ce da capo qui signe l’harmonie numérique du Chœur, avec un rapport d’or 95/58…
- On entend en fait la séquence de notes DSG, qui est une forme attestée de signature bachienne (en fin de diverses cantates, comme BWV 168, 173a), mais qui se traduirait en chiffres par 4187 :

Un blogueur y voit la possibilité de lire, après demi-tour, Jh S B…
Il y a plusieurs années que j’ai « vérifié » les allégations de Van Houten ; il ne me semblait pas urgent de les démonter jusqu’à ce que mon attention soit attirée sur la pièce suivant immédiatement ce Chœur d’ouverture.
Le 1er avril dernier, dimanche des Rameaux, Stéphane Goldet passa dans son émission Sacrées musiques un extrait de la Passion correspondant aux 14 premiers versets du chapitre 18 de Jean, et elle commença par en lire le texte.
Jesus ging mit seinen Jüngern über den Bach Kidron...
Si j’écoute souvent cette Passion, je n’y prête guère attention aux « paroles », bien qu’elles soient d’Evangile. Ainsi le premier verset du texte contient le mot Bach !, « rivière », et le mot Kidron !, mais voyons d’abord Bach.
Ce n’est pas nécessairement par hasard ou par choix numérologique que la chère Stéphane a choisi ce 1/4 14 versets, 14 le nombre de B-A-C-H = 2-1-3-8, car ces premiers récitatifs forment un tout logique, mais c’est une réelle curiosité que cette première phrase musicale soit composée de 14 syllabes et 14 notes, aucune syllabe n’étant modulée.

Le premier verset de Jean 18 dans la traduction de Luther était :
Da Jesus solches geredet hatte, ging er hinaus mit seinen Jüngern über den
Bach Kidron; da war ein Garten, darein ging Jesus und seine Jünger.
Ce n’est probablement pas Bach qui l’a modifié, le livret de la Passion étant essentiellement une adaptation due à BH Brockes en 1712, mais c’est bien Bach qui a écrit les 14 notes correspondantes, qu’il est tout à fait possible de découper en 2-1-3-8, ou plutôt en 8-3-1-2 :
- 8 croches pour la première partie de la phrase, ayant sa propre unité ;
- 3 demi-croches ;
- 1 demi-croche Bach ;
- 2 croches finales.
Une autre possibilité serait de partir de la note attribuée à Bach, do ou C, seule note de la phrase qui appartienne au nom BACH. Il y a 3 groupes de C, de 3, 2, et 1 notes, et 8 autres notes.
A remarquer que les notes de la première mesure sont, en notation allemande, G, ES ou S, C-C-C, et D, soit 3 C de rang 3, et les 3 fameuses notes SDG remarquables dans la première mesure de la pièce précédente, le Chœur d’ouverture. L’ordre GSD est le renversement du DSG réellement entendu alors, qui, si le blogueur susmentionné a raison, équivaudrait à une signature JhSB.
A noter aussi que le verset se poursuit et s’achève par 3 séries de 5 notes (ou syllabes), soit en tout 29 notes. 29 est la valeur des 3 lettres SDG, l’équivalence avec les initiales de Bach, JSB, étant souvent évoquée.
A constater encore que c’est au chapitre 18 = S que commence le récit de la Passion, qu’il ne serait pas impossible de partager ses 11 premiers versets en 4-7 (D-G) ou 7-4 (G-D).
En fait les 14 premiers versets de ce chapitre se répartissent plus immédiatement en 8-3-3, jalonnés par des arias ou chœurs sur des textes additionnels, non évangéliques.
Il va de soi qu’une grande part de ceci préexiste à Bach, et les seules questions raisonnables concerneraient en principe la manière dont Bach aurait pu illustrer les coïncidences préexistantes sur les nombres 14 et 29. Je ne vais pas aller plus avant car je ne dispose pas d’une édition critique de la Passion, indispensable pour tout travail sérieux, car Bach a constamment remanié cette œuvre pendant plus de 20 ans.
Si des petits nombres tels que 14 et 29 sont statistiquement plus probables que les impressionnants 1847 et 2138 dégotés par Van Houten, ils ont l’incommensurable avantage d’être réels, de même que le mot Bach dans le premier verset, les notes GSD dans la première mesure, etc.
Je ne m’intéresse pas qu’aux hypothèses raisonnables, et le mot Kidron m’a aussitôt évoqué une formidable énigme où Bach jouait un rôle.
Le Kidron ou Cédron est le nom d’un des torrents de Jérusalem, et de la vallée où il coule, vallée encaissée puisque kidron signifie « obscurité ». Voilà pourquoi j’ai été surpris de trouver un Mount Kidron dans un polar d’Ellery Queen, Le mot de la fin (1958). De fait une recherche Google sur « Mount Kidron » ne livre que ce roman, un autre sur lequel je reviendrai, et des pages où les expressions « Temple Mount » et « Kidron Valley » se succèdent.
La signature Ellery Queen cachait essentiellement Frederic Dannay, porté sur le mysticisme et auteur de plusieurs polars ambitieux à thème religieux. Le côté religieux n’est pas immédiat dans ce roman, malgré plusieurs noms hébraïques surprenants.
Le personnage principal est un nommé John Sebastian ! fils d’un autre John Sebastian et de sa femme Claire, que le hasard a fait naître à Mount Kidron, à la suite d’un accident de voiture, dans la nuit du 5 janvier 1905, la Nuit des Rois ou 12e nuit de Noël selon la désignation anglo-saxonne.
Le mystère du roman est lié à ce qu’il naquit des triplés cette nuit-là, qui seront désignés sous les noms de John 1, 2 et 3, et ce fait causera l’échec du plan criminel conçu par Arthur B. Craig, patron des Editions ABC. 1-2-3, A-B-C, John Sebastian B-A-C, il y a de quoi penser à Bach, bien que le nom Sebastian soit issu de la Nuit des Rois de Shakespeare (les jumeaux Viola et Sebastian).
Je n’avais aucune idée de ce que Bach pouvait venir faire ici jusqu’à ce que je découvre « Bach Kidron » au début du premier récitatif de la Passion. Et que j’examine d’un peu plus près les harmonies d’or alléguées pour le Chœur d’ouverture.
Dans Bach ou la Passion selon Jean-Sebastien, Guy Marchand reprend les analyses de Hirsch qui compte 95 mesures pour la musique écrite, et 57 mesures pour le da capo jusqu’au point d’orgue final mesure 58, ce qui lui fait envisager une structure Fibonacci 5-3 ou 3-2-3 (avec le facteur commun 19), remarquablement parallèle à celle du Chœur final de l’autre Passion (selon Matthieu), en 48-32-48 mesures bien marquées (3-2-3 avec le facteur 16).
Or le da capo du Chœur d’ouverture compte bel et bien 58 mesures, et l’oublier peut faire perdre des pistes essentielles :
- Ce Chœur exécuté compte ainsi 153 mesures, or 153 est le nombre sujet à bien des exégèses de Jean 21,11 : Simon-Pierre et 6 apôtres reviennent bredouilles d’une pêche sur le lac de Tibériade, Jésus ressuscité les attend sur le rivage et leur demande de jeter à nouveau le filet, qu’ils ramènent rempli de 153 gros poissons.
- Le rapport 95/58 est plus proche du nombre d’or que 95/57. De fait 95-58 est le partage doré optimal de 153 en deux entiers, mais une analyse plus fine livre une possibilité époustouflante.

Voici la fin de la partition, limitée aux chœurs et continuo. Il est plus
précis de compter en noires, ainsi au premier temps de la mesure 95 suivi d’un
silence de 3 temps correspondent 94x4 + 1 noires, soit 377 noires, ce qui
frappe aussitôt ceux qui savent qu’il s’agit d’un nombre de la série de
Fibonacci, le 14e en l’occurrence.

Voici maintenant la réelle fin de la musique, après le da capo courant jusqu’au point d’orgue de la mesure 58. Du début de la partition à ce point d’orgue il y a 57x4 + 1 = 229 noires. Lors de la reprise il faut ajouter les 3 temps de silence de la mesure 95 et on arrive donc à 232 temps, à une unité du 13e nombre de Fibonacci, 233 !
Il n’y aurait pas grand effort pour parvenir à l’équilibre idéal 377-233, puisque, à l’exécution, le point d’orgue de la mesure 58 n’a pas même valeur dans la première partie, où il n’est pas obligé d’en tenir compte, que dans la reprise où la note se doit d’être allongée, sans pour autant être tenue trop longtemps. La valeur idéale pourrait être la blanche, et c’est bien une durée de cet ordre que j’ai observée dans les deux enregistrements en ma possession :
- Dans la version d’Edward Higginbottom (Naxos 8.557296), la durée totale du Chœur est de 553 secondes, et le silence de la mesure 95 intervient après 342", ce qui correspond exactement à la section d’or calculée (553 x .618034 = 341.77).
- Stephen Cleobury (Brilliant 93102/126) a choisi un tempo plus rapide, expédiant son affaire en 507" ; la césure survient encore au point d’or idéal calculé, 313".
- cette version de Peter Schreier, écoutable en ligne, donne 359" et 581", encore idéal.
Je ne garantis pas à la seconde près ces comptes, en assurant que je n’ai pas triché (attention pour qui voudrait vérifier qu’il ne faut pas se fier uniquement aux compteurs des appareils, la musique effective pouvant débuter plusieurs secondes après le début de la plage). S’il fallait les rectifier légèrement, ces résultats demeureraient néanmoins bien meilleurs que ce que propose Marchand en trichant, innocemment ou non, parce qu’il privilégie un schéma de césure aux 5/8es. Je m’étonne de cet aveuglement, car il pourrait s’agir d’une des pièces qui appuierait le mieux la thèse d’un Bach doré, du fait de ce long silence de près de 3 secondes qui coupe l’œuvre en deux parties on ne peut plus nettes, alors que la plupart des autres cas nécessitent des analyses musicales souvent discutables.
Par ailleurs il s’agit d’une pièce déjà remarquable par ses notes SDG de la première mesure. Si les 1847 et 2138 notes sont des vœux pieux de Van Houten, en revanche les 377 temps jusqu’au silence de la mesure 95, dernière mesure écrite, sont indiscutables, or 377 est le 14e nombre de la suite de Fibo, et il est divisible par 29, valeur de SDG.
Si on poursuit par le da capo, on a 377+232 temps réels, or 232 est un autre multiple de 29. 377/232 se réduit ainsi au rapport Fibo 13/8, avec un facteur commun 29 plus immédiatement significatif que le 19 (5+3) privilégié par Marchand.
Ceci offre un formidable écho avec l’une des découvertes de Van Houten, que j’ai soigneusement vérifiée et qui justifierait à elle seule l’acquisition de ce livre indispensable, malgré ses partis-pris rosicruciens. Il se trouve que les récitatifs de la Passion selon Saint Jean comptent 377 notes chantées par Jésus, et ceci est dû à Bach car les 15 paroles concernées comptent 360 syllabes, 7 d’entre elles étant modulées pour obtenir 17 notes supplémentaires. Etrangement, la première syllabe modulée est la 229e, alors que le point d’orgue de la mesure 58 du Chœur d’ouverture correspond au 229e temps, et la dernière note chantée est une modulation sur la dernière syllabe de Jésus, « bracht » (qui contient bach) du fameux Es ist vollbracht.
Mais il y a bien plus curieux. Van Houten considère que le noyau de ces paroles se trouve aux 6e et 7e paroles, évoquant la doctrine du Christ, dans la pièce d’ordre 14. Les 94 et 28 notes de ces paroles sont séparées par 50 notes réparties comme suit :
- 29 notes chantées par l’évangéliste ;
- 13 notes chantées par un serviteur du Grand Prêtre (ces 42 syllabes correspondent au verset 18,22 de Jean) ;
- 8 notes de l’évangéliste, Jesus aber antwortete (début du verset suivant).
Van Houten ne remarque pas que 29 x 13 = 377, le nombre des notes du Christ, et encore moins la possibilité de relier au schéma du Chœur 29x(13+8), ce qui ne l’empêche pas de proposer une interprétation dont il s’étonne lui-même : attendu que quelques silences coupent les 29 premières notes en 9-13-5-2, il lit 9-18-2-13-8 = J-S-B-AC-H…
Il lit encore la date de la mort de Bach le 28/7/1750 dans les deux paroles de Jésus présentes dans cette pièce d’ordre 14, où les mots de Jésus sont répartis en 14 fragments ponctués par des silences. La seconde parole est une question en 28 notes ou syllabes, la première contient un fragment qui est également une question, Was fragest du mich darum ?, en 7 notes ou syllabes, appuyée par un soupir généralement réservé aux fins de verset (alors qu’il s’agit ici du début du verset 18,21, et que la fin du verset 20 n’est marquée que par un demi-soupir). Voici pour le 28/7, et 1750 est lu dans les rangs de ces fragments : les 7 notes sont dans le fragment 7 (!) et les 28 notes dans les fragments 11-12-13-14 de somme 50, soit 7-50 lu (1)750 (note schulzienne : attendu qu’il y a 5 fragments, on pourrait aussi proposer 5x7x50 = 1750 tout rond).
Ainsi l’Evangile johannique ne se bornait pas à conter la Passion du Messie, conforme en tous points aux écrits de l’Ancien Testament, il annonçait 17 siècles à l’avance le jour exact de la mort de Johann Sebastian !
Van Houten a l’honnêteté de remarquer que le texte original de l’Evangile n’a subi aucune violence (je vois pour ma part quelques petites modifications par rapport à une version en ligne de la Bible de Luther, mais j’ignore si elle est fiable ou si le texte de Brockes ne comportait pas déjà ces modifications) : « On serait presque tenté d’imaginer que les nombres fondamentaux se rapportant à Bach se trouvent déjà inscrits dans le texte de l’Evangile. », écrit-il, « Mais sans doute est-il plus prudent de considérer qu’il a entrevu les possibilités d’une façon simple et géniale et qu’il les a exploitées. »
Je considère pour ma part qu’il a été ici fort proche d’une vision plus juste que son Bach prophète et rosicrucien. Lorsque certains éléments significatifs d’une œuvre dépassent clairement ce qui peut être attribuable à son créateur, il devient possible de faire l’économie des hypothèses hardies concernant le créateur. Si cela ne mène pas aussitôt à la compréhension totale du phénomène, du moins cette attitude peut-elle éviter de s’égarer définitivement dans des impasses.
Ainsi la présence par « hasard » d’un verset de 29+13 syllabes au cœur des paroles de Jésus me fait me demander si ce n’est pas le même genre de « hasard » qui a conduit aux 29x13 notes de ces paroles, ou aux 29x13 temps écrits du Chœur…
L’omniprésence du sacré ici peut amener à soupçonner l’intervention de puissances supérieures, mais le phénomène semble ignorer toute frontière, et j’entends démontrer maintenant que l’énigme concerne également un vulgaire polar.
A vrai dire, je ne qualifierais pas Le mot de la fin de vulgaire, et c’est même le roman de Queen dont les buts véritables me semblent le plus difficiles à cerner.
Toujours est-il que j’y ai déjà envisagé une relation, hors de toute logique, avec le nombre d’or chez Bach. Rares sont les romans qui suggèrent des rapports arithmétiques, et c’est le cas de celui-ci avec de mystérieux cadeaux au fameux John Sebastian contenant des objets en nombre variable. Après le 8e envoi le détective s’interroge : Huit boîtes, 13 objets. (…) Un rapport mathématique existait-il ?
Il y aura en tout 20 objets répartis en 12 envois, soit le rapport 5/3 envisagé par Marchand pour le Chœur (95/57 mesures), et je crois avoir montré le meilleur rapport 13/8 (377/232 temps).
Je l’ignorais alors, et mon lien avec Bach passait par le premier volume du Clavier bien tempéré, où deux ensembles prélude-fugue ont des nombres de mesure en rapport d’or optimal :
- l’ensemble 14 en fis avec 24-40 mesures ;
- l’ensemble 24 en h avec 47-76 mesures, la fugue s’achevant sur le fameux SDG.
24/40 = 12/20 ;14/24 = 7/12 : le 12e parmi les 20 objets faisait partie du 7e des 12 envois, et c’était un poisson d’or, en anglais golden fish, avec la possibilité de découper fish en fis-h, les 7e et 12e tonalités mineures, les seules d’or dans le Clavier bien tempéré.
Le fis-h anglais m’avait amené au ΙΧΘΥΣ grec, le poisson symbole du Christ pour les premiers chrétiens car ses deux premières lettres correspondaient aux initiales de Ιησους Χριστος, avec une stupéfiante harmonie : les 11 fugues (ou XI romain) de fis à h totalisent 610 mesures, valeur des lettres grecques IX (ou XI, le nom de la lettre initiale de Christos), et 15e nombre Fibo, idéalement réparties en 377 mesures pour les 7 premières fugues et 233 pour les 4 autres, s’achevant toujours sur SDG (G-D = 7-4, et DaG est le poisson hébreu, s’écrivant avec les seules consonnes DG).
J’ai envisagé le schéma 377-233 pour le Chœur de la Passion, variante du 377-232 plus rigoureux qui peut aussi être relié au ΙΧΘΥΣ car la valeur 610 de ΙΧ est complémentée par la valeur 609 de ΘΥΣ.
Les 153 mesures du Chœur, évoquant les poissons de Jean, et le Bach Kidron débutant le récit de la Passion me font considérer avec plus de sérieux une hypothèse envisagée pour Le mot de la fin, où 12 personnes sont réunies en l’honneur de l’une d’elles, John Sebastian, John 1 en l’occurrence car les 12 sont en fait 13 et John 1 a invité secrètement son jumeau John 3. Parmi les 13 il y a un félon qui a projeté d’assassiner John 1 mais c’est John 3 qui sera la victime.
Un félon parmi 12 personnes réunies en l’honneur d’une 13e, ça peut faire penser à la Passion, et Queen commettra quelques années plus tard dans Et le huitième jour… une parodie pascale sans équivoque. La question des jumeaux pourrait être rapprochée de certaines hypothèses expliquant la « résurrection » par un jumeau ayant subi le supplice à la place de Jésus…
Le lien avec l’Evangile de Jean pourrait être confirmé par un épisode du roman où il est tenté de relier chacun des 12 protagonistes au nombre 12. Alors qu’un lien est découvert pour chacun d’entre eux, que par exemple Dan Freeman porte pour prénom le nom d’un des 12 fils de Jacob, personne ne semble se souvenir lorsque vient le tour de John que c’est l’un des 12 apôtres, et non le moindre !
Le rappel du poisson hébreu, DG, m’a amené en me baignant ce 6/8/7 à un nouvel Eurêka ! Le Chœur est écrit en sol mineur, g tout court en allemand, et la musique écrite s’achève mesure 95 sur un accord de dominante, Ré majeur, D en allemand. Le long silence qui suit peut faire penser que la pièce est achevée, ce qui ne serait pas impossible, mais vient la reprise qui s’achève sur une résolution en sol mineur mesure 58, rendant la pièce autonome.
Ainsi au 95-58 constituant le partage doré idéal du nombre 153 (des poissons de Jean 21,11) se superpose Dg, le poisson dans la langue où a probablement été écrit cet évangile. Ce n’est pas tout car le court texte du Chœur, honorant un Herr, « Seigneur », qui n’est pas nommé mais qui est évidemment Jésus-Christ, donne ses qualités de Gottessohn et Herrscher, « Fils de Dieu » et « Rédempteur », les mots mêmes qui complétaient l’acrostiche du poisson grec ΙΧΘΥΣ, avec ΘΥΣ initiales de Θεου Υιος Σωτήρ, « Fils de Dieu Rédempteur ». Je rappelle que ces lettres numérales grecques ΘΥΣ ont pour valeur 609, le nombre total de temps du Chœur exécuté, indépendant des rallentandi et points d’orgue divers.
Je n’aurais pas découvert ces derniers points sans mon intérêt pour Queen, mais la question essentielle reste leur intentionnalité, toujours peu décidable. Une autre raison pourrait avoir guidé le choix de la tonalité g, impliquant sa dominante D : ma partition indique que la « première » de cette Passion a été donnée le Vendredi saint 7 avril 1724, un 7/4 ou G/D… Un nouveau hasard ? ou l’exploitation « simple et géniale » par Bach d’une possibilité magnifiée par SDG, épargnant l’hypothèse hardie de sa connaissance d’un mot hébreu ? Curieusement, Bach a supprimé le Chœur d’ouverture lors de l’exécution suivante en 1725, puis l’a réintroduit dans une version ultérieure.
Quoi qu’il en soit il s’ajoute à ceci que, en souvenir du supplice du Christ, le vendredi a été longtemps pour les chrétiens le jour du poisson, non pour son symbolisme mais par mortification ; c’était alors un péché de manger « gras » (de la viande) le vendredi. Le premier exemple de Synchronicité donné par Jung dans son essai homonyme concerne une série d’événements « poisson » survenus le vendredi 1er avril 1949, le rappel par un convive du déjeuner (poisson au menu) de la coutume du poisson d’avril débutant la série. Je rappelle que cette page n’existerait pas sans la diffusion du premier récitatif commentée par Stéphane Goldet le 1er avril dernier. Incidemment Bach, né le 21 mars 1685 en terre protestante, alors que la réforme grégorienne n’avait pas encore été appliquée, est en fait né un 31 mars grégorien.
Curieusement encore, le Queen évoqué plus haut Et le huitième jour… (1964) se déroule pendant la Semaine sainte de 1944, où le Vendredi saint tombait aussi le 7 avril. Ce 7 avril le Maître de la communauté de Quenan est condamné et crucifié pour un crime qu’il n’a pas commis… L’Evangile de Jean y est cité, avec La lumière a brillé dans les ténèbres…
Les habitants de Quenan sanctifient la lettre N, lettre qui correspondait au Poisson d’or, 12e objet dans Le mot de la fin (1958). La mise à mort de John Sebastian le jour de son 25e anniversaire n’y est pas prévue par l’Ecriture, mais par l’alphabet même, car le 20e et dernier objet de cette série correspondant à l’alphabet acrophonique sémitique est un poignard, correspondant à la lettre Zayin ou Z, planté entre ses épaules. Je me perds en conjectures sur son nom anglais, dagger, prolongement du dag, poisson hébreu…
Avant de connaître les possibilités offertes par le Chœur, je remarquais que les notes D-G étaient comme FIS-H en rapport de quinte (ou quarte dans cet ordre).
Je m’en tiens là pour Queen, loin d’avoir épuisé le sujet. J’avais annoncé un autre roman avec Mount Kidron, il s’agit d’un roman fantastique pour la jeunesse, Le fantôme dans le miroir, laissé inachevé à sa mort en 1991 par John Bellairs (un John B !), terminé par Brad Strickland.
D’autres points très précis semblent se référer au Mot de la fin de Queen, sans qu’aucune raison ne m’en soit apparue, ce manque de lisibilité venant peut-être de l’interruption du projet initial.
Toujours est-il que le héros de ce roman est Lewis Barnavelt, jeune neveu du magicien Jonathan van Olden Barnavelt, lequel doit de toute évidence son nom à un important politique Hollandais, Johan van Oldenbarnaveldt, dont le sort a inspiré à John Fletcher en 1619 The Tragedy of Sir John van Olden Barnavelt. Ce John Barnavelt est passé directement fin 1618 de la tête de l’état à la condition la plus atroce, prisonnier soumis aux tortures abominables infligées aux hérétiques, exécuté le 13 mai 1619.
John B. s’est inspiré d’un John Bar…, victime d’une tragédie christique, en 1618, date évocatrice du nombre d’or (1.618…). Il a modifié son prénom en Jonathan, qui peut évoquer Dannay, le Queen principal dont le nom de naissance était Daniel Nathan.
Jonathan Barnavelt n’apparaît pas dans Le fantôme dans le miroir, où un sort projette Lewis en février 1828, sur la Mount Kidron Road enneigée… Il doit venir en aide à une famille nommée Weiss, le dénouement survenant « une semaine pleine après le 28 mars » grâce à la découverte d’un trésor. Pour moi, « une semaine pleine » signifie le huitième jour à compter du 28 mars, soit le 4 avril, qui était en 1828 le Vendredi saint, date clé de maintes œuvres, la Quête du Graal, la Divine Comédie…
Voilà, je ne peux guère en dire plus, ne sachant même pas si les éléments intrigants viennent de Bellairs ou de Strickland, desquels je n’ai rien lu d’autre.
Il faudrait encore ajouter à toutes ces bizarreries, qui n’ont a priori rien à voir avec Bach, des curiosités issues des deux livres de numérologie bachienne disponibles en français.
Van Houten n’a aucune idée d’un nombre d’or bachien, et par conséquent n’a pu repérer que les 377 notes du Christ correspondaient au 14e Fibo, et il n’attache d’importance qu’aux découpages qu’il effectue de ce nombre. Il n’a pas vu les 377 temps du Chœur, ni les 377 mesures des 7 fugues du Clavier bien tempéré, mais la structure de son livre en 58 exemples musicaux est telle que son étude totale des deux recueils du Clavier bien tempéré (exemple 49), se situe entre l’étude approfondie du Chœur (48), et celle des 377 notes du Christ (50).
Je ne vais parler que du titre du livre de Guy Marchand, qui, s’il avait été canadien anglais, aurait probablement été Bach or John Sebastian Passion. Qui aurait soupçonné que la mort d’un John Sebastian dans un polar oublié pourrait être un indice clé (la lettre N poisson est honorée par les quenanites pour sa forme de clé) pour analyser le Chœur de la St. John Passion ?
Je n’ai pas parlé de sa beauté, d’autres s’en sont chargés. Nul n’a le monopole du Chœur.
Achevé le 8/8/7, Rémi Schulz
Quelques trucs encore que je ne peux me résoudre à taire, n’ayant pu les caser précédemment.
En cours de rédaction j’ai repris Le mot de la fin, où la vie de John Sebastian doit démarrer vraiment la Nuit des Rois 1930, anniversaire de ses 25 ans où il doit prendre en main son héritage paternel, publier son premier livre de poèmes, La musique et l’amour, et épouser sa fiancée Rusty.
Il s’agit d’un surnom, son vrai prénom étant Yolande, or les valeurs numériques de John et Yolande dans l’alphabet de 26 lettres sont 47 et 76, les nombres de mesure du dernier prélude-fugue en h du Clavier bien tempéré (s’achevant sur SDG) qui sont non seulement en rapport d’or mais qui appartiennent à une suite importante liée au nombre d’or, la suite de Lucas (inconnue au temps de Bach) : 1-3-4-7-11-18-29-47-76-123…
Comme dans la suite de Fibo, chaque nombre est la somme des deux qui le précèdent, ainsi 47 = 18+29 et 76 = 29+47 ont en commun le Lucas 29, or 29 est précisément la valeur des lettres NO communes à JOHN et YOLANDE. Un beau couple décidément, dont la somme 123 aurait été aussi significative car leur mariage aurait signifié la ruine du tuteur de John, Arthur B. Craig qui avait fait quelques placements imprudents avec l’argent de John, engloutis suite au krach de 29 (!), d’où A-B-C (1-2-3) a conçu son plan alphabétique pour éliminer John.
Je rappelle que j’avais déjà rapproché les 24-40 mesures de l’autre prélude-fugue doré, en fis, des 12 envois à John totalisant 20 objets, avec le golden fis-h comme 12e objet. Dans un autre livre, Dannay a placé dans le bocal d’un poisson rouge, goldfish, 40 billets de loterie achetés par 24 personnes différentes.
Note ultérieure : Cette
« Yolande » des deux traductions françaises est originellement
« Yolanda » dans The finishing stroke. Ce n’est pas la 1e
fois que j’observe des « améliorations » significatives dans les
traductions de Queen.
Van Houten découpe les 94 lettres de la 6e parole de Jésus en 51-7-36, pour isoler le 7 qui l’intéresse. Les silences particuliers encadrant ce 7 peuvent justifier également un découpage 58-36, soit le partage d’or idéal de 94, ces nombres étant en fait les doubles des Lucas 18-29-47.
Cette parole précède le verset 18,22, avec sa signature bachienne (selon VH) ou le 29x13=377 que je suggère. VH voit une autre signature dans les 1836 mesures écrites de la Passion qui encadrent ces 6 mesures, avec 1836 = 918x2 lu 9-18-2, JSB. Sans avoir vérifié ce total, je remarque 1836=51x36 (alors que VH lit dans la somme 48 des rangs des 9 fragments correspondants 2x1x3x8).
58x36 donne 2088, nombre de mesures écrites du premier volume du Clavier bien tempéré, écrit peu avant la Passion (1722 et 1724). Dans le second volume du Clavier bien tempéré, vingt ans après, Bach n’a pas signé le dernier prélude-fugue par SDG, mais a introduit dans le Prélude les premières notes caractéristiques, un demi-ton plus bas, de l’avant-dernière pièce de la Johannespassion, le chœur Ruht wohl.
J’ai cité l’exemple particulièrement frappant des 377-233 mesures des dernières fugues du premier volume du Clavier bien tempéré, mais j’ai rencontré ces nombres couplés également dans le second volume, ainsi que dans l’édition posthume de l’Art de la Fugue, où, vraisemblablement, c’est par pure ladrerie que son éditeur a interrompu la dernière fugue au premier temps de sa 233e mesure (alors qu’il disposait de 6 mesures supplémentaires de cette fugue dont la fin semble irrémédiablement perdue).
Une page récente, contant diverses coïncidences autour d’auteurs policiers d’initiales BACH, m’avait amené à évoquer incidemment Einstein. Sa suite touffue examinait divers noms dorés particuliers, tels que leurs initiales correspondent à des notes en rapport de quinte. Je n’avais pas alors pensé que c’était le cas d’Einstein, dont les valeurs offrent aujourd’hui une remarquable correspondance avec le Chœur :
EINSTEIN = 95, débutant par un E alors que les 95 mesures écrites s’achèvent sur l’accord de D, un ton sous E ;
ALBERT = 58, débutant par un A alors que les 58 mesures du da capo s’achèvent sur l’accord de g, un ton sous A.
Ceci ne démontre bien évidemment rien, sinon que, comme l’indique la belle anagramme découverte par Jacques Perry-Salkow :
RIEN N’EST ETABLI
Le 9/8/7, ou 987 qui est le Fibo suivant 233-377-610 :
La lecture du passage précité de Synchronicité (et Paracelsia dans l’édition française) m’a envoyé à Aïon, toujours de Jung. Le chapitre Le Signe des Poissons débute par des considérations sur l’acronyme IChThUS, et mentionne en note une curiosité que jusqu’ici je n’avais fait aucun effort pour éclaircir : la présence dans les chants (en grec) de la Sibylle d’Erythrée, prétendument composés avant l’ère chrétienne, de 27 vers donnant, à 3 lettres près, un acrostiche Ιησους Χρειστος Θεου Υιος Σωτήρ, les mots mêmes donnant l’acrostiche ΙΧΘΥΣ… Hum, se dira tout bon sceptique, mais ce n’est pas la véracité de la chose qui m’intéresse.
Saint Augustin s’en est fait le propagandiste, et en a proposé une traduction latine (un brin orientée) où l’acrostiche était parfait. Ce Judicii signum tellus sudore madescet est devenu un hymne officiel de l’Eglise jusqu’au 16e siècle.
Mais voici ce qui m’a fait réagir : c’est dans la Cité de Dieu, livre 18, chapitre 23, qu’Augustin a livré sa traduction (on peut en lire ici une version en anglais respectant l’acrostiche), or 18-23 est aisément lu AH-BC par Van Houten, soit une signature de BACH qu’il valide par exemple dans les deux premières Variations canoniques, en 18 et 23 mesures. Par ailleurs la 7e parole de Jésus, dont les 28 notes ou syllabes prophétiseraient la date de la mort de Bach, est toute entière contenue dans le verset 18,23 de Jean. Avant même la première édition hollandaise du livre de Van Houten, l’organiste Georges Guillard donnait en 1985 un aperçu de ses thèses dans JS Bach et l’orgue, y citant notamment sa lecture des 18-23 mesures des Variations canoniques ; ce Que Sais-Je ? paru en 1987 porte le numéro 2318 !
Avant ce verset vient le 18,22 déjà cité et son découpage immédiat en 29-13 notes-syllabes. J’avais donné 29x13 = 377, le 14e Fibo, sans signaler qu’il s’agit d’un cas général pour les Fibos pairs, tel ici que 13 est le 7e Fibo et 29 le 7e Lucas (F2n = Fn.Ln). Le poisson hébreu DG (דג) a pour valeur 7 (le gimel hébreu est l’ancêtre de notre C), et SEPT se dit en hébreu sheva’a (העבש, lorsqu’il s’accorde avec un nom masculin), de valeur 377. Que de 7 et de 377 ! en rappelant que ce sont 7 apôtres qui ont pêché les 153 poissons. Le 7e fils de Jacob est Gad (גד), toujours de valeur 7, nom signifiant « bonheur ».
Ce 7 est donc un 4+3, « quatre » se disant en hébreu arba’a (העברא) de valeur 278. Apparaît encore quelque chose de fascinant. Je n’ai pas vérifié tous les comptes de Van Houten qui dénombre 1112 notes dans la première (et dernière) partie de 58 mesures, soit 4 fois 278 ! et c’est un chœur à 4 voix ! Je ne peux suivre son découpage acrobatique visant à faire apparaître des nombres rosicruciens, mais je constate une possibilité évidente donnée par le découpage immédiat de ces 58 mesures :
- 396 notes pour une première partie 19-31 suivie d’un silence de deux mesures du chœur (là où VH compte 1847 notes d’orchestre) ;
- 160 notes sur un thème différent (33-40) ;
- 556 notes à partir de la mesure 40 pour un retour élaboré du premier thème.
Or 396 + 160 = 556. Cette parfaite égalité est étonnante au vu de la grande diversité des nombres de notes par voix, mais je ne vois pas quoi en dire. Le silence des mesures 31-32 partage au plus simple en 396-716, et là je réagis car la différence entre les valeurs de SEPT et QUATRE en hébreu est 377 – 278 = 99, et 396 = 99 x 4. Ainsi la première exécution du Chœur sur le texte Herr, unser Herrscher dessen Ruhm in allen Landen herrlich ist s’achève sur 4x278 notes et l’accord g (=7) ; viennent ensuite 1088 notes sur un autre texte, dont je ne sais que faire (mais les visions de VH à ce sujet sont intéressantes) ; puis la première partie du da capo s’achève sur 4x377 notes sur le texte Herr… et l’accord D (=4) ; puis la fin jusqu’à l’accord g et un total de 3312 notes de chœur, nombre riche en multiples. Il va de soi qu’il est délirant d’envisager une quelconque intentionnalité bachienne derrière ceci, mais l’est-ce moins que la thèse de VH ? et sa publication dans une collection musicologique sérieuse ?
Puisque l’heure est au délire, je ne sais plus si j’ai mentionné ailleurs une remarque sur le partage 377-233 des 11 fugues du Clavier bien tempéré : j’avais déjà vu que le 377 des 7 fugues 14 à 20 correspondait au « sept » hébreu, or une autre approche fait correspondre les 24 lettres du titre choisi par Bach, DAS WOHLTEMPERIRTE CLAVIER, aux 24 tonalités effectives : dans cette optique, aux 4 dernières fugues totalisant 233 mesures correspondent les lettres VIER, soit « quatre » en allemand.
Résumons : le Chœur totalise 153 mesures, dont 95 écrites s’arrêtant au 377e temps, sur l’accord D, le da capo de 58 mesures s’arrêtant 232 temps plus tard sur l’accord g.
Son introduction instrumentale débute aux secondes flûtes par les notes DG. S’y superpose le ES des premières flûtes (mon mauvais esprit me souffle que le nom actuel de nos Services secrets, jadis appelés la Piscine, est la DGSE).
Bon, j’essaierai d’y revenir quand je serai calmé…
23/3 de l’an suivant (2008) : Pâques, ainsi le Vendredi saint était cette année le 21/3/8, 283+1e anniversaire de la première représentation de la Passion (283+1 puisque cette étude a été initiée la Semaine sainte 2007 par le passage à l’émission de Stéphane Goldet des 14 premiers versets le 1/4). Je suis encore à l’écoute de Sacrées Musiques ce 23/3, et Me Goldet a choisi un « extrait du chœur d’ouverture de la Passion selon Saint-Jean » ; il s’agit de la reprise finale, après le silence vertigineux de la 95e mesure, ainsi ont été omis en ce 23/3 les 377 premiers temps de l’œuvre.