ERIR est le propre de Bach
Mes
recherches sur le Clavier bien tempéré m’ont conduit à remarquer des
coïncidences faisant intervenir les numéros BWV concernés, ce qui ne peut
évidemment être imputé à une quelconque intention bachienne puisque la
classification BWV a été établie de 1946 à 1950 par le musicologue Wolfgang Schmieder.
De
nouvelles coïncidences m’ont porté à faire le point sur les relations impliquant
les numéros BWV des « paires en fis », soit les ensembles
Prélude-Fugue en fa# mineur, les 14es de chaque livre du CBT, les
seuls ou les nombres de mesures du Prélude et de la Fugue sont en rapport d’or,
selon tous les critères, ce qui m’avait particulièrement frappé puisque 14 est
le « nombre de Bach », B-A-C-H = 2-1-3-8.
J’ai
d’abord eu un motif personnel de m’émerveiller du numéro BWV de la paire 14 en
fis du second livre, 883, car j’avais composé plusieurs années avant de m’intéresser
au nombre d’or l’ode Toi l’été, pour illustrer le principe de parité
saussurienne évoqué dans mon roman Sous les pans du bizarre (1999).
Assez miraculeusement, j’avais ensuite pu utiliser l’ode sans changer une seule
de ses 72 lettres dans le cadre d’une contrainte numérique portant sur 60
lettres réparties en 10-11-12-13-14. Plus miraculeusement, j’ai pu découper
ainsi les 18 lettres du dernier vers,
la FaIm deS printempS
de manière
à exprimer 2-1-3-8 dans les 14 lettres significatives.
Par la
suite, je me suis avisé que la valeur numérique de l’ode était 883, numéro BWV
de la paire 14 en fis du second livre, alors qu’un total hasard, néanmoins
déterminé depuis l’écriture de l’ode, avait voulu que les lettres mises en
majuscules pour exprimer BACH = 14 étaient FIS(S).
J’ai
étudié ceci dès la première page où j’ai relaté la
propriété commune des paires 14, où je notais aussi une coïncidence effective à
l’intérieur du CBT : la section d’or entière de 883 est 546, or les 14
préludes 1 à 14 du premier livre du CBT totalisent 546 mesures.
Il y avait
une autre petite chose dont je n’ai pas retrouvé trace dans mes pages, qui me
semble aujourd’hui magnifiée par une nouvelle vision des choses.
J’avais vu
que 883/546 était la moyenne des deux rapports fibonacciens consécutifs
suivants :
21 et
34 > 21.21 + 34.13 = 441 + 442 = 883
13 21
13.21.2 546 546
Or la
moyenne des deux rapports fibonacciens consécutifs précédents est :
8
et 13 > 8.8 + 13.5 = 64 + 65 = 129
5 8
5.8.2 80 80
Ma page suivante m’amenait à constater que ces nombres
correspondaient aux dates de naissance et de mort de Bach (le 21 mars 80e
jour de l’année et le 28 juillet 209e, 129 jours plus tard), en
curieuse résonance avec les allégations de Van Houten et Kasbergen qui voyaient
en Bach un être en telle harmonie avec le cosmos qu’il aurait connu très tôt le
jour de sa mort, revenant en leitmotiv dans ses compositions, notamment sous la
forme 209.
J’ai
cherché si une combinaison immédiate 80-129 apparaissait dans le CBT, et en ai
trouvé une, en relation immédiate avec les précédents résultats puisqu’elle
concerne les 3 paires 12-13-14 du premier livre du CBT, concernant de plus les
tonalités f-moll, Fis-dur, fis-moll, de gématries 54+74+81
= 209.
Je n’avais
pas alors remarqué que les nombres de mesures des 3 paires, 80, 65 et 64,
correspondent aux nombres intermédiaires dans le calcul de la moyenne des
fractions 8/5 et 13/8, ce qui établit un autre lien avec le BWV 883 du livre 2.
|
|
P1 |
F1 |
PF1 |
|
P2 |
F2 |
PF2 |
|
|
12 |
22 |
58 |
80 |
f moll |
140 |
85 |
225 |
E |
|
13 |
30 |
35 |
65 |
Fis dur |
75 |
84 |
159 |
R |
|
14 |
24 |
40 |
64 |
859 fis
moll 883 |
43 |
70 |
113 |
I |
|
15 |
19 |
86 |
105 |
G dur |
96 |
72 |
168 |
R |
J’ai
inclus sur le tableau ci-dessus la paire 15 et les paires correspondantes du
second livre afin de faire apparaître une nouvelle découverte troublante. J’avais
remarqué que 129/80 était la seule relation dorée entre trois ensembles PF
consécutifs, mais ceci ne valait que pour un critère de calcul, celui sur la
musique écrite, ne comptabilisant pas les reprises de certains Préludes. En
tenant compte de ces reprises, il apparaît une seule autre relation entre trois
ensembles PF consécutifs, où ce sont encore les tonalités Fis-fis qui sont
concernées, avec 159+113 = 272 mesures ; ce n’est pas la tonalité
précédente f qui permet une harmonie dorée, mais la suivante, G, comptant 168
mesures en doublant les 48 mesures du Prélude.
272/168 se
simplifie en 34/21, le second rapport Fibo dont 883/546 est la moyenne.
Le
doublement du Prélude en f fait apparaître une harmonie interne 140/85 proche du
partage optimal de la somme 225, 139/86. Un couplage avec BWV 883 en parfaite
harmonie dorée donne 225+113 = 338, le terme suivant dans la suite de type Fibo
…-80-129-209-338-… soulignée par les tonalités correspondantes du premier
livre.
J’ai à
diverses reprises utilisé la correspondance entre les 24 tonalités du CBT et
les 24 lettres de son titre original, DAS WOHLTEMPERIRTE CLAVIER. Les
tonalités 12 à 15 ici concernées correspondent à ERIR, d’où le titre de cette
étude. Une Relation Réellement Remarquable concernait les trois PF
correspondant à des R dans le premier livre, de 65-105-170 mesures en comptant
les reprises du Prélude 24. Les rapports en cascade 170/105 et 105/65 se
simplifient en 34/21 et 21/13, dont la moyenne est 883/546.
Ce n’est
qu’en 2008 que j’ai vu le nombre 859 apparaître dans une multiple relation dorée, qui m’est un temps apparue comme ma plus
belle découverte.
Une
recherche systématique sur les nombres correspondant aux tonalités dans les
deux livres du CBT réunis a livré 4 harmonies dorées parfaites, 3 concernant
les nombres les plus grands, l’autre le nombre le plus petit.
Ces 3
nombres les plus grands sont 289-287-283 de h-cis-b, somme 859, en harmonie
avec 179-177-175 de C-fis-a, somme 531. Les fis sont toujours BWV 859 et 883,
leur harmonie avec les cis ayant été repérée 5 ans plus tôt. Il est
extraordinaire que ces cis-fis, ou tonalités 4-14, soient encadrés par b-a-C-h,
les 4 lettres de BACH=14. Il l’est aussi que la dernière harmonie soit entre deux
autres tonalités Bach, h-C, 203-125, dont la somme 328 appartient à la même
suite additive que 531-859.
Les 4
harmonies réunies totalisent ainsi 859+531+328 = 1718 mesures, double de 859.
Incidemment, Bach avait 33 ans en 1718, 33 valeur de fis, et il est
envisageable que certaines pièces du CBT achevé en 1722 aient été déjà
composées en 1718.
Ces
nombres 1718 et 33 offrent un étrange écho aux hypothèses de Van Houten sur l’Art
de la Fugue. Selon lui, la dernière partie du Contrepoint 14 aurait décrit,
mesure par mesure, les 66 années de 1685 à 1750 vécues par Bach, et c’est
assurément une curiosité que l’exposition du thème Bach du Contrepoint 14 se
fasse sur 14 mesures, et s’achève mesure 207 qui est la 1685e en
prenant en compte les 1478 mesures des 13 Contrepoints précédents.
Ainsi le
Contrepoint 14 aurait dû compter 272 mesures, mais Bach aurait décidé de garder
pour lui les 33 mesures correspondant aux 33 dernières années de sa vie, de
1718 à 1750, et le Contrepoint s’achève sur sa mesure 239, incomplète, formée
des 3 notes achevant les 3 thèmes superposés, fdd = 14, et de 7 croches au
ténor edchahd = 33, dernier clin d’œil de Bach selon Van Houten.
Sans
vouloir en aucune façon valider cette thèse, je remarque que
– fis = 33
est la 7e note de la gamme chromatique et la 14e
tonalité ;
– ce qui
se passe dans les tonalités fis du CBT est formidable en soi, mais les
relations d’or mises en jeu concernent précisément des nombres associés par Van
Houten à la mort de Bach, 209 correspondant au 28 juillet, 272 qui aurait été
la dernière mesure du Contrepoint 14 et la 1750e de l’Art de la
Fugue.
J’avais
jusqu’ici privilégié les comptes sans les reprises des Préludes, sinon seule
l’harmonie cis-fis subsiste parmi les 1718 mesures qui deviennent 1825. J’accorde
plus d’importance à ces reprises depuis que j’ai découvert que les 4 Préludes à
reprises des tonalités bachiennes concernaient précisément B-a-c-h, et que
leurs 194 ou 388 mesures correspondaient aux tonalités A-B absentes de la
quadruple harmonie précédente.
Bref un
tout nouveau résultat prenant en compte ces reprises est la somme pour les 14
premiers Préludes du CBT2, 1172, soit 1718 en ajoutant les 14 premiers Préludes
du CBT1, moyenne 859 entre CBT1 et CBT2. Voici le détail des opérations (où les
nombres soulignés correspondent aux Préludes à reprises, ici doublés) :
35 + 38 + 104 + 39 + 35 + 26 + 70 + 40 + 24 + 41 + 18 + 22 + 30 + 24 = 546
34 + 56 + 50 + 62 + 112
+ 61 + 71 + 72 + 108 +
216 + 72 + 140 + 75 + 43 = 1172
Je
rappelle que 546 est la section d’or de 883. Ainsi les 14 Préludes BWV 846 à
859 du CBT1 sont-ils en rapport avec 883, et leur adjoindre les 14 Préludes
correspondants du CBT2 (BWV 870 à 883) conduit-il au double de 859.
Bien
entendu les calculs divers sont opérés selon une logique rigoureuse : soit
aucune reprise n’est comptée, soit toutes les reprises sont comptées.
Les
1718 mesures des 14 premiers P1P2 me rappellent encore que les recherches à
partir des 1718 mesures des 4 relations dorées vues plus haut m’ont mené à 1718 mesures pour 14 F1F2 : à ces 4 relations
parfaites peut être ajoutée une 5e, moins bonne, Cis-E, et il reste
alors 14 autres tonalités où les Préludes totalisent 1302 et les Fugues 1718.
rémi schulz, le 22/02/11
Annexes :
Les Préludes à reprises se signalent par des subdivisions
qui ne manquent pas d’attirer l’attention de l’arithmologue. Si je n’avais
trouvé jusqu’ici aucun écho dans diverses analyses portant sur ces
subdivisions, ce n’est plus le cas pour les subdivisions des 6 premiers
Préludes à reprises du CBT2 ici concernés, qui comptent 144 mesures pour les
premières parties, 208 pour les secondes.
Mon ami JP Le Goff s’est intéressé aux nombres 52 et 36,
correspondant entre autres aux nombres de touches blanches et noires du piano
moderne, et a découvert une curieuse relation. Selon une très bonne
approximation, l’hypoténuse d’un triangle rectangle de côtés 52 et 36 est
63.25, ce qu’on peut écrire :
522 + 362 ≈ 63.252
J’ai multiplié ces nombres par 4 pour obtenir une relation
en nombres entiers, soit
2082 + 1442 ≈ 2532
remarquant qu’un chemin suivant le périmètre du triangle ABC
rectangle en C s’exprimerait, à partir de A jusqu’à B, par 208+144 = 352 (AC+CB)
en passant par les cathètes, puis de B jusqu’à A par 253 (renversement de 352).
L’apparition des nombres 208 et 144 dans le CBT ne peut
pointer vers les touches blanches et noires du piano moderne qui ne s’est
imposé qu’au siècle suivant, le CBT ayant été composé pour les 51 touches du
clavecin usuel (30+21), mais les « 48 » font cependant aujourd’hui
partie du répertoire pianistique de base, et cette relation ne dépare pas dans
cette page essentiellement consacrée aux coïncidences avec les numéros BWV…
Poursuivant dans cette voie, il est curieux que les 8 P2
sans reprises parmi les 14 totalisent 468 mesures, Plus Petit Commun Multiple
des nombres 52 et 36, c’est à dire qu’on peut écrire pour ces 14
Préludes :
– les 6 à reprises = (52+36) x 4 (ou par 8 en comptant les reprises)
– les 8 sans reprises = (52x36) : 4
Incidemment, chaque fois qu’un 14 apparaît, il est tentant
d’en chercher un découpage 2-1-3-8. Le 8 est immédiat ici, et les emplacements
et découpages des Préludes à reprises peuvent se conjuguer pour faire
2-3-1 :
– les 2 premiers (2-5) offrent des découpages selon une
division par 7 (12/16 = 3/4 et 16/40 = 2/5) ;
– les 3 suivants (8-9-10 consécutifs) offrent des découpages
selon une division par 9 (16/20 = 24/30 = 48/60 = 4/5) ;
– le dernier (12) offre un découpage selon une division par
5 (28/42 = 2/3).
(les 5 autres Préludes à reprises offrent d’autres
découpages, tous différents, correspondant à des divisions par 2,3,25,47,87)
--------
Ce qui a été dit plus haut des échos entre le CBT et l’Art
de la Fugue, concernant fis = 33, a un autre prolongement.
Le critère principal pour le dénombrement des mesures dans
le CBT est donc la prise en compte ou non des reprises des Préludes. Il y a 11
Préludes à reprises, totalisant 616 mesures, or 616 est aussi la valeur des 40
notes des 4 thèmes BACH de l’exposition du Contrepoint 14, mesures 193 à
207 :
b a c h cis d cis h cis d = 120
f e g fis gis a gis fis gis a = 188
b a c h cis d cis h cis d = 120
f e g fis gis a gis fis gis a = 188
Incidemment, 352 pour les 6 premiers P du CBT2, entre 47
pour le seul P du CBT1 et 217 pour les 4 derniers P du CBT2, correspond aux 4/7es
de 616.
Un critère secondaire est les variantes éditoriales, ce qui
semble au niveau des mesures ne concerner que le dernier Prélude du
CBT2, en h correspondant à la dernière lettre de Bach. Il en existe deux
notations, en noires en 66 mesures, et en croches en 33 mesures. La seconde a
longtemps prévalu, car présente sur le plus vieux manuscrit complet du CBT2, de
la main d’Altnikol gendre de Bach, mais il a ensuite été retrouvé un autographe
de Bach en 66 mesures.
D’autres cas de doubles notations autographes, notamment
pour l’Art de la Fugue, accréditeraient aisément l’idée que Bach se
fichait éperdument de ses nombres de mesures, mais passons, puisqu’il ne s’agit
pas ici de prétendre retrouver ses intentions.
Toujours est-il que ce 33 ou 66 achevant le CBT offre un
curieux écho aux 66 mesures achevant le Contrepoint 14 selon Van Houten,
réduites à 33 par Bach.
Les possibilités de doublement concernent donc les 616
mesures des 11 P à reprises, et les 33 mesures de ce dernier P, soit en tout
649, ce qui correspond aux deux relations d’or autour des tonalités fis,
– 209 = 129 + 80 dans le CBT1,
– 440 = 272 + 168 dans le CBT2.
Ces nombres additionnés livrent le rapport doré 401/248,
avec 401 correspondant aux tonalités Fis-fis des deux livres du CBT (où il n’y
a pas de reprises). 248 correspond à deux tonalités du CBT12, la 7e
en Es (sans reprises) et la 21e en B initiale de Bach (sans compter
les reprises du P2).
Avant de découvrir la possibilité d’architecture des 8
tonalités bachiennes détaillée ici, je déplorais de
trouver pour B-A 248-140 plutôt que 240-148 en rapport doré. Je m’amuse
aujourd’hui de trouver cette harmonie 401-248 dont les chiffres peuvent se
réarranger en 240-148, autre harmonie dorée, ou en 144-208, le découpage vu
plus haut des 1e et 2e parties (ou parties A et B) des 6
premiers Préludes à reprises du CBT2.