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16 tons

 

I owe my soul to the tympano score...

 

 

Sur cette page, j’étudiais rigoureusement toutes les relations d’or entre tonalités dans le Clavier bien tempéré, et je me permets de rappeler en détail la relation essentielle concernant les tonalités dans les deux volumes réunis.

 

Le calcul immédiat livre donc 4 relations d’or parmi les 24 totaux correspondant à chaque tonalité, avec une première particularité : sont présentes les 3 tonalités totalisant les plus grands nombres de mesures (289-287-283), et celle en totalisant le moins (125). L’examen conduit à un bel équilibre : le total des mesures correspondant à cette dernière relation d’or (328 = 203+125) correspond à la différence entre les 3 tonalités les plus lourdes et leurs mineures dorées (289+287+283 –179–177–175 = 328 = 203+125).  

 

ton

P1

F1

P2

F2

total

h

24

47

76

66

100

289  

cis

4

*39

#115

*62

#71

287

b

22

24

75

83

101

283

totaux :

P2 à

F2 à

321

538

859

C

1

35

27

34

83

179

fis

14

24

40

43

70

177

a

20

28

87

32

28

175

totaux :

P2 à

F2 à

196

335

531

 

H

23

19

34

46

104

203

c

2

38

31

28

28

125

 

Ceci permet de lier l’ensemble de ces relations dorées, la mineure de l’une constituant la majeure de la suivante, faisant apparaître ce qui pourrait ressembler à une signature (les tonalités sont rangées par poids décroissants) :

     h-cis-b / C-fis-a = 859 / 531

C-fis-a / H-c = 531 / 328

 H-c / H = 328 / 203

    H / c = 203 / 125

 

 Il y avait de fait déjà 4 tonalités BACH parmi les 3 relations lourdes, telles que h/C et b/a encadraient cis/fis, soient les tonalités 4 et 14, remarquables parce que les 4 lettres du nom BACH totalisent la valeur 14, et parce qu’à l’intérieur de ces deux seules tonalités les pièces individuelles sont 2 à 2 en relation d’or.

Autre curiosité à l’intérieur des 3 relations lourdes, découvertes sans se soucier de la répartition des mesures dans chaque tonalité, le découpage selon préludes et fugues permet de retrouver l’équilibre 203/125 de la dernière relation :

6 fugues lourdes :   538

6 fugues légères :   335

différence :              203

6 préludes lourds :   321

6 préludes légers :   196

différence :              125

 

Voilà. J’ai vu les relations dans cet ensemble de 8 tonalités constituer le « couronnement » de mes recherches, en regrettant toutefois que les tonalités A et B (la et si majeur) en soient écartés, les seules tonalités correspondant au nom du compositeur non utilisées.

J’avais pourtant tenté d’étudier diverses possibilités de les inclure, pas toutes semble-t-il car une nouvelle approche est apparue ce 19 avril, alors que j’envisageais de traduire ce « couronnement » en anglais.

Les 8 tonalités BACHbach totalisent 1642 mesures dans les deux volumes du Clavier bien tempéré. 1642 se répartit selon le nombre d’or en 1015 et 627, j’avais certainement déjà fait ce calcul, mais probablement pas songé à poursuivre un pas plus loin. La série 1642-1015-627 se prolonge par 388, qui n’est autre que la somme des mesures des tonalités AB.

En d’autres termes, Phi étant le nombre d’or, 1.618…, le rapport 1642/388 correspond au cube de Phi, 4.236…, et effectivement :

1642/4.236 = 387.63, arrondi au plus proche entier 388.

C’est une relation presque du même type qu’on avait avec les 3 couples de poids fort (h-C, cis-fis, b-a), totalisant 1390 mesures :

1390/4.236 =328.14, arrondi au plus proche entier 328, nombre de mesures du couple de poids faible (H-c).

Presque du même type, car ici le rapport est obtenu par rapport à l’ensemble BACHbach, couple AB inclus.

On peut aussi écrire BA = CHbach/2Phi, et ceci peut ouvrir à un ensemble idéalement « doré », tel que 1642 = 627-388-627, pourvu qu’il apparaisse un partage significatif des 1254 mesures en 627-627.

Aucun partage n’est possible avec les 6 nombres correspondant aux deux volumes. En séparant les 2 volumes, les 12 tons obtenus permettent 4 partages égaux 6-6, un seul semblant significatif, et il l’est au-delà de toute espérance. J’emploierai désormais le mot « tonalité » pour les 2 volumes réunis, et « ton » pour un seul volume.

On a en effet

b2 a1 c1-2 H1-2 = 627 d’une part, avec le couple faible c-H présent en totalité.

b1 a2 C1-2 h1-2 = 627 de l’autre, avec le couple fort C-h présent en totalité.

 C’est un chiasme au niveau du couple médian b-a, dont les composantes dans les volumes 1 et 2 sont fortement dissymétriques, qui permet ce magnifique équilibre, tel que les mêmes tons, majeurs et mineurs confondus, sont présents dans les deux groupes :

bacchh = 627

Voici un tableau montrant cette répartition des 16 tons bach, avec les relations d’or en bleu/rouge (203/125, 289/179, [184+99]/[115+60] et 627/388).

 

BABA

bacHcH

 

b2

a1

 

c1-2

H1-2

 

627

=

184

115

 

125

203

388

 

 

(+)

(+)

 

 

 

 

627

=

99

60

 

179

289

(BABA)

baChCh

 

b1

a2

 

C1-2

h1-2

 

De quoi rester BABA, et la répartition des tons mineurs baba a également de quoi étonner.

Pour équilibrer les 328 et 468 (différence 140) des relations cH et Ch, il fallait donc 299 et 159, or

299/Phi = 184.79, à arrondir au plus proche entier 185.

159/Phi = 98.27, à arrondir au plus proche entier 98.

Les relations vues ci-dessus seraient toujours valables avec ces nombres, pourvu de compenser par a1 = 114 et a2 = 61 (ce qui ferait perdre la belle relation R4), mais le « choix » réalisé (entre guillemets puisque je n’imagine aucune architecture consciente) actualise l’autre possibilité « acceptable », les sections d’or idéales se situant entre les entiers 184 et 185 d’une part, 98 et 99 de l’autre.

De fait, attendu qu’un rapport doré d’entiers est toujours approximatif, les solutions « choisies » compensent les approximations des rapports horizontaux donnés :

h/C = 289/179 < Phi, et 99/60 > Phi ; ensemble on a l’idéal partage de 627, 388/239.

H/c = 203/125 > Phi, et 184/115 < Phi ; ensemble on a le partage 387/240, pas si mauvais car 627 fait partie de la catégorie des nombres peu favorisés sous l’angle doré, sa section étant 387.507, très proche de 387 ½.

Si les partages idéaux 185-114 et 98-61 avaient été effectifs, ils auraient également conduit aux partages 387-240 et 388-239 pour les deux ensembles bachch.

A remarquer que les fractions 184/115 et 99/60 se simplifient, en 8/5 et 33/20. Ces réductions correspondent à des partages idéaux des sommes 13 et 53.

Dans les autres paires de tonalités concernées, C-h et c-H, il n’apparaît rien qui ressemble à une relation d’or croisée analogue à b2/a1 et b1/a2 pour la paire b-a. Prêter attention à ce fait, remarquable en soi, aurait pu conduire à découvrir le partage double bachch = 627, sans nécessité d’un recours à l’ordinateur pour analyser les 462 possibilités de partage 6-6 des 12 tons correspondants.

 

Si 627 fait partie de la plus mauvaise catégorie des « nombres dorés », alors son double 1254 est en corollaire favorisé, car sa section d’or est proche d’un entier (775.01). J’avais déjà repéré cette précision en étudiant les paires hHb/Cca (775/479), mais je n’y avais pas reconnu des nombres de la Série Rouge du Modulor, alors que j’étudiais ici plusieurs relations apparentées, concernant notamment les tons C et h.

 

Après avoir vu combien était remarquables ces tons mineurs a-b, il convient de s’intéresser aux tons majeurs A-B.

Jusqu’ici j’avais déploré à chaque fois que je voyais leurs totaux, 140 et 248, que ce ne fussent point 148 et 240, parfait partage d’or. Aujourd’hui je remarque que 140 correspond à la différence des paires C-h et c-H,

468 – 328 = 140, compensée dans l’équilibre « 627 » par

299 – 159 = 140, différence (b2+a1) – (b1+a2).

L’analyse attentive du détail de ces tons A-B révèle un équilibre insoupçonné jusqu’ici.

 

 

P1

F1

P2

F2

A

24

54

33

       29

B

20

48

87

93

 

Je rappelle que mes investigations sur l’autre couple doré cis-fis, le 4e du « couronnement », m’avaient conduit à découvrir les parfaits rapports dorés F/P dans fis, et P/P et F/F dans cis. Tout se passe comme si ces cas, uniques dans le CBT, constituaient un apprentissage permettant d’aborder ce qui se passe ici.

Je remarque donc deux rapports dorés, 87/54 (partage idéal de 141) pour P2B/F1A et 33/20 (partage idéal de 53) pour P2A/P1B. Il est ahurissant que les autres nombres de chaque tonalité fournissent  les mêmes sommes 141 (48+93) et 53 (24+29).

Ceci est plutôt contourné, et ne serait que d’intérêt très moyen en dehors du contexte des relations bach. Nous avons vu que la séparation des tonalités a et b selon les 2 volumes du CBT permet d’obtenir 8 nombres tels que

627 = 184+115+125+203 = (99+60) + (289+179)

avec 99/60 et 289/179 constituant des approximations complémentaires de Phi, telles que (99+289)/(60+179) = 388/239 correspond au partage idéal de 627.

Et voici que les 8 nombres obtenus grâce au découpage prélude-fugue des tonalités A-B permettent un partage similaire, à partir de 388 section d’or de 627 :

194 = 24+29+48+93 =(33+20) + (87+54)

avec 33/20 et 87/54 constituant des approximations complémentaires de Phi, telles que (33+87)/(20+54) = 120/74 correspond au partage idéal de 194 moitié de 388.

Il est particulièrement frappant que le même rapport 99/60 ou 33/20 soit présent dans les deux cas, dans les configurations inverses b1/a2 et A2/B1.

 

Cette approche ne rend pas entièrement compte de la complexité du cas. Ainsi les rapports 87/54 et 33/20 sont en cascade, c’est-à-dire que 33 est aussi section d’or de 54, et 20-33-54-87 constitue donc la progression dorée correspondant à une « mise en 4 » de la moitié des 388 mesures A-B.

Une conséquence de ce fait est que les 140 mesures de A se répartissent idéalement en 87 et 53, en intervertissant les préludes 1 et 2 par exemple.

Cet autre tableau montre cette cascade et un autre groupe de 4 pièces totalisant 194 mesures. J’ai indiqué que certains préludes sont à reprises, ce qu’en général je ne prends pas en compte dans mes analyses. Il se trouve qu’il y a 4 préludes à reprises dans les 16 tons bach, et qu’ils correspondent précisément aux tons Bach, plus exactement à l’ordre rétrograde hcaB, la seule possibilité permise avec les deux volumes du CBT. Pour avoir Bach dans l’ordre il aurait fallu un 3e volume.

 

87

54

33

20

= 194

93 + 48

29 + 24

= 194

B2

a2

c2

h1

= Bach

87

32

28

47

= 194

 

Je découvre ceci en écrivant cette page, le 22/4, et ne sais qu’en penser. Il s’agit donc du seul choix permettant d’obtenir Bach dans l’ordre, ici rétrograde, ce qui correspondrait à 1 chance sur 1820 s’il était donné d’avoir 4 préludes à reprises parmi les 16 tons bach, mais il n’était en rien obligé que cette condition nécessaire soit remplie, et d’autres éléments sont troublants :

– il n’y a aucun prélude à reprises avant h1, seul dans ce cas dans le premier volume ;

– il n’y a aucun prélude à reprises après B2 ;

– entre hc et aB il y a 7 préludes doublés, de D2 à gis2, soit sur une séquence de 14 tons, 14 = Bach… Les 14 préludes 5 à 18 (D à gis) totalisent 441 mesures dans le volume 1 et 842 dans le volume 2, soit en tout 1283 mesures, ce qui a été considéré comme une « signature bachienne » 1.2-8.3 = a.b-h.c, les prélude et fugue en C ouvrant le volume 1 totalisant 1283 notes.

Si je n’imagine guère une architecture dorée intentionnelle dans le CBT, ces jeux ressemblent bien plus à ce qui est généralement accepté comme voulu par Bach, par exemple le peu discutable thème BACH du 14e et dernier Contrepoint de l’Art de la Fugue. La question reste pendante de savoir pourquoi Bach, dont la créativité semblait illimitée, a ressenti le besoin de prolonger 20 ans après le seul recueil qu’il ait nommé Clavier bien tempéré par une autre série de 24 préludes et fugues dans tous les tons. Peut-être ma folle démarche amène-t-elle un élément de réponse, et ce serait alors un autre formidable hasard que les 194 mesures de ces préludes Bach correspondent à la « clé » BA permettant d’envisager une architecture dorée incluant les 16 tons BACH. 

 

Tout ce qui a été vu jusqu’ici porte à considérer les tonalités CcHh comme monolithiques, tandis que les 8 tons BbAa demandent des découpages internes pour dévoiler leur harmonie cachée. C’est une curiosité que BbAa totalisent 846 mesures, soit le numéro BWV de la première paire PF du CBT1, en C. Je rappelle que cette classification date du 20e siècle…

Les tons CcHh totalisent 796 mesures, offrant le partage idéal Hh/Cc = 492/304, soit  4 fois 123 et 76, moyennes idéales des paires PF lourdes Hh et légères Cc. Or non seulement 123 est le nombre de mesures du dernier PF du CBT1, en h, mais il se répartit en 47-76 selon prélude et fugue, le meilleur partage doré immédiat du CBT.

 

Chaque fois que je vois 47-76 je pense à PEREC-GEORGES, et le développement logique des dernières découvertes fait apparaître une relation magnifiant la similitude déjà constatée de deux entreprises, l’exploration des 24 tons du CBT et la combinatoire des 26 lettres dans Alphabets.

Le « couronnement », déjà longuement commenté, incite à joindre les tonalités cis-fis aux tons BbaaCcHh, d’autant que leurs 464 mesures semblent faire écho à la disposition en 6-4-6 tons correspondant à l’équilibre 627-388-627 : les 20 tons totalisent 464+1642 = 2106 mesures.

2106 se répartit selon Phi en 1302 et 804. Tous ces nombres sont multiples de 6, correspondant à la séquence 351-217-134, or Alphabets divise l’alphabet en ses 10 lettres les plus courantes, AEIOULNRST = 134, et les 16 autres, de valeur 217.

 

J’avais écrit ces derniers paragraphes avant de découvrir les préludes Bach à reprises. Inclure les reprises au calcul conduirait à 2106+194 = 2300, or 2300 était à l’époque un nombre analogue à ce qu’est aujourd’hui 351, somme des rangs des 26 lettres de notre alphabet. Les maîtres arithméticiens luthériens utilisaient volontiers ce nombre 2300 correspondant à la somme des valeurs triangulaires des 23 lettres de l’alphabet latin, ainsi un pasteur nommé Michael composa vers 1518 un ensemble de 316 vers ayant chacun cette valeur… En voici quelques-uns, ce lien permettant de les vérifier :

Ista est summa summarum = 2300

Summa summarum ex Alphabeto = 2300

Ex Alphabeto latino fit Numeris = 2300

Atque est Numerus Danielis = 2300

Ecce summa sacra totius Alphabeti = 2300

Et ecce fit pyramis triangulata. = 2300

Ecce hic Numerus est hoc Alphabetum = 2300

Ecce hoc viginti tribus literis = 2300

Et ex hoc numero computatio = 2300

 

rémi schulz, le 22/4, 112e jour de 2010

 

PS : Une petite explication pour mon titre et mon exergue. Il y a eu une chanson très populaire dans les années 60, Sixteen Tons, notamment dans l’interprétation de Paul Robeson. Son refrain s’achève sur I owe my soul to the company store.

J’ai d’abord procédé à un simple contrepet sur les deux derniers mots, devenant tompany score (score « partition » en anglais).

Pas très satisfait de tompany ne voulant rien dire, je me suis avisé qu’une seconde interversion permettait d’obtenir tympano, le préfixe « tympano- » rappelant aussi la musique.

J’ai vu ensuite qu’il y avait 12 lettres dans company store, et que mes interversions de deux paires de lettres équivalaient aux interversions dans les deux paires de tons a1a2 et b1b2 parmi les 12, pour compenser la différence entre h1h2C1C2 et H1H2c1c2 (l’anglais compensatory est l’anagramme de company store !)

Ma marotte gématrique m’a fait calculer la valeur de l’expression, 164, et constater que son partage doré 101-63 correspondait à celui entre lettres fixes MPANSORE et lettres mutées COYT.

J’ai achevé une première version de cette étude le 21 avril, avec cet exergue, avant de m’aviser le 22 des possibilités offertes par les préludes à reprises, soit la musique à l’oreille, au TYMPAN, plutôt que la seule musique écrite, la PARTITION, the SCORE.

Alors que mon étude amène à un ensemble de 20 tons, un autre sens de score est « vingt ».

 

J’ai constitué cette playlist sur YouTube avec les 4 préludes Bach dans cet ordre. Mes choix ont été très restreints par des conditions drastiques, tous les clips devant ne comporter que le prélude voulu avec toutes ses reprises, sans la fugue.