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Deux paires en fis (suite)

 

 

Il est plutôt indispensable de lire d’abord ma page sur l’ode Toi l’été de Tom Lapnus.

Ce nom est le diminutif de Tomieslav Lapnus, dont la première intention était que, si TOM est MOT lu à l’envers, TOMIESLAV est l’anagramme de MOT-VALISE.

J’ai été conforté dans cette première idée par des relations gématriques :

– TOMIESLAV = 116, valeur de VERGILIVS (ce mot selon l’alphabet latin)

– TOMIESLAV LAPNUS = 116 + 83 = 199 = RAYMOND ROUSSEL

Or Virgile et Roussel étaient au premier plan de mon affaire, alors pourquoi chercher autre chose ?

Le nom de jeune fille de la femme de Tom est Irène Deferzenier, ainsi composé :

– IRENE bien sûr, en rappelant qu’il s’agit de l’anagramme de REINE, traduction de Queen, et le seul Tomislav qui me vienne à l’esprit est Tomislav Tvar, issu d’un roman d’Ellery Queen.

– DEFERZ est l’anagramme de Frédez, vrai nom de la « compagne » de Roussel, Charlotte Dufrène, née Marie Charlotte Frédez. Roussel a loué les services de cette jeune femme de 1910 jusqu’à sa mort en 1933.

– ENIER est le renversement de Reine.

Je suppose que j’avais procédé à cet ajout final parce que j’avais remarqué ceci :

IRENE DEFERZ = 51 + 64 = 115, qui ajouté à 199 donne 314, à quoi manque 51 pour parvenir à 365, le nombre clé des spéculations lapnusiennes.

Je suis tout à fait certain de n’avoir pas remarqué ceci :

CHARLOTTE FREDEZ = 102 + 64 = 166, sinon je n’aurais pas manqué d’exploiter le fait que Roussel avait choisi pour compagne une 166 s’accordant avec son 199 pour faire 365, alors que mes tentatives pour relier Roussel au calendrier julien étaient plus que bancales. Si mon dossier Virgile était solide, c’est d’abord parce que j’adore Roussel que j’ai souhaité le faire apparaître dans mon roman. Ironiquement, j’ai dû tricher pour trouver un 365 dans un texte de Roussel en 102 + 375 lettres en changeant de place un mot de 10 lettres – ce que je signale honnêtement en page 177 du roman –, voilant ainsi un 102 que je n’avais pas vu chez Charlotte.

 

C’est donc un hasard qui m’a conduit à donner à mon personnage principal un nom de la même valeur que celui de Raymond Roussel, ce qui a inspiré quelques détails de son histoire, notamment le nom de sa future femme, et c’est un autre hasard qui m’a fait choisir un nom de la même valeur que celui de la compagne de Roussel.

C’est toujours le hasard qui m’a fait choisir parmi les anagrammes d’Arsène Lupin IRENE LAPNUS dont les valeurs 51 et 83 se sont révélées non seulement en rapport d’or, mais aussi termes de la suite 32-51-83-134-217-351 qui m’a mené aux étonnantes découvertes sur Alphabets de Perec, or les valeurs 102 et 64 de Charlotte Fredez sont les doubles des termes 51 et 32 de cette suite. Ainsi ce nom offre-t-il aussi un rapport d’or, comme Irène Lanus, mais ce rapport se retrouve dans le nom de jeune fille, sous forme fragmentée :

IRENE  DEFERZ  ENIER = 51 + 64 (32+32) + 51

Ce que Guy Marchand appelle La passion selon Jean-Sébastien dans son livre homonyme, sous-titré De Luther au nombre d’or, est la fugue BWV 997 qu’il voit précisément architecturée selon le même principe, en 48 mesures d’une première partie, 60 ensuite, puis reprise des 48 premières mesures et fin. Il rassemble les deux fois 48 mesures pour obtenir 96, section d’or des 156 mesures totales. Cette reprise correspond tout à fait, nombre d’or en moins, à mon intention en forgeant ce nom, où IRENE et ENIER sont composés à partir de REINE. Marchand donne ailleurs l’exemple de la fugue BWV 541, dont il voit les 83 mesures idéalement partagées en 51 et 32.

 

J’ignorais, en composant l’ode Toi l’été, dans la genèse de laquelle interviennent indirectement Leblanc, Queen, Roussel, Bach, Perec, que je découvrirais plus tard des relations d’or objectives dans les œuvres de Queen, Bach et Perec, et voici qu’apparaît un indice, à vrai dire fort léger, lié à Roussel, dont je m’étais amusé à découper le nom en

RAYMONDOR  USSEL = 123 + 76 (deux termes de la suite de Lucas).

Le présent contexte du couple Lapnus m’amène à constater qu’outre Irène Lapnus = Arsène Lupin, il reste

TOMIESLAV  DEFERZENIER = 116 + 115 = 231, nombre déjà remarqué dans mes études lupiniennes car c’est la somme des 21 premiers nombres et c’est aussi la valeur des 21 lettres composant deux prétendus avatars de Lupin au rôle voisin dans deux œuvres de Leblanc :

SERGE RENINE + JIM BARNETT = 54 + 65 + 32 + 80 = 231

Ce qui m’amène à :

JIM-ARSENE  + BARNETT-LUPIN = 94 + 152, soit 2 fois 47 et 76, les termes de Lucas précédant 123 et 199, qui sont encore les valeurs de PEREC et GEORGES.

Il apparaît une Charlotte chez Leblanc, dans La-barre-y-va, où elle est la femme cachée de monsieur ARNOLD = 64 comme FREDEZ, qui tente de séduire Béchoux, l’ancien partenaire de Barnett qui appelle Lupin-Barnett à la rescousse dans cette affaire tournant autour de l’or d’un prétendu alchimiste et de son « procédé ». J’avais noté l’étonnante anagramme :  Monsieur Arnold = Raimond Rousnel (Roussel lui-même s’est mis en scène sous le nom de Noussel).

 

Roussel avait installé sa compagne Charlotte Frédez devenue Dufrène au 47 de la rue Pierre-Charron. Il se trouve qu’une aventure de Lupin, Le triangle d’or, commence dans cette rue même, et c’est une autre curiosité que le début de cette rue, où se situe le 47, est inclus dans l’actuel Triangle d’or, le quartier ultrachic délimité par les avenues Champs-Elysées, Montaigne et George V.  

 

Peut-être vais-je relire Leblanc et Roussel à la lumière de ces nouvelles pistes.

 

C’est le 1er mars que, parmi diverses recherches et vérifications liées à l’écriture de mon étude sur l’ode Toi l’été, j’ai eu l’idée d’étudier le nom Charlotte Frédez et découvert sa relation dorée avec celui d’Irène Lapnus. C’était l’anniversaire du 1er mars 05 où j’avais acheté le livre qui m’apprendrait la valeur de l’angle d’or, 51.83°, venant magnifier la relation d’or du 51 83 d’Irène Lapnus (voir ici).

Je me suis donc émerveillé d’avoir retrouvé la relation Raymond-Charlotte dans mon couple Tomieslav-Irène, en déplorant de ne pas l’avoir découverte lors de l’écriture du roman. Ce n’est que le lendemain que je me suis avisé que le nom de l’auteur du lapsus Fis-fis, ou fa # mineur au lieu de majeur, était Anne-CHARLOTTE REMOND. 

Les possibilités offertes par Radio-France m’ont permis de réécouter l’émission dans sa totalité.

Le Prélude et fugue de Bach en Fis annoncé en fa # mineur était une illustration musicale d’un feuilleton écrit par AC Rémond elle-même, Journal d'un cadet du Conservatoire, dont c’était le 5e épisode, relatant la journée du 18 mars 1943 du cadet, dont c’était le 18e anniversaire.

C’est le 18/3/5 que j’ai découvert l’angle d’or de 51.83°, en m’émerveillant de la coïncidence avec les chiffres composant la date. Il y a d’autres possibilités ici avec la naissance du cadet le 18/3/25, faisant apparaître tous les chiffres qui sont aussi des nombres de Fibonacci, permettant de composer aussi bien 2138 que 5183 ou 813. On aurait encore le 5e épisode consacré au 18 ans du cadet, accompagné de 3 illustrations musicales…

L’émission s’achèvait avec un invité, Jean-Claude Dreyfus, qui récitait des extraits de deux poèmes de Jehan Rictus, L’hiver et Le printemps… Après vérification Rictus ne semble pas avoir chanté L’été qui était dévolu à Lapnus, mais une de ses œuvres les plus connues est La Charlotte prie Notre-Dame durant la nuit du Réveillon, souvent éditée avec Les soliloques du pauvre, où figurent Hiver et Printemps.

Dreyfus, Rictus, Lapnus, lapsus…

 

Les numérologues bachiens attribuent au nom complet en 3 éléments JOHANN SEBASTIAN BACH la valeur 158, en utilisant le vieil alphabet confondant i-j et u-v, alphabet déjà désuet à l’époque de Bach, lequel aurait fort bien pu calculer son nom selon l’alphabet de son temps qui n’a pas varié ensuite, et obtenir 166, la valeur de IRENE DEFERZENIER, femme de Lapnus que je reliais à Bach.

Comme je l’ai dit, IRENE et ENIER sont pour moi des anagrammes de « reine », et DEFERZ une anagramme de Frédez choisie pour son euphonie. J’ai relaté ici mon étonnement en apprenant que ferz signifiait « reine » en persan, dans le roman Le Huit où l’auteur faisait intervenir le jeu d’échecs, la suite de Fibonacci et Bach, imaginé en initié ayant codé le secret échiquéen dans une composition. Je me suis émerveillé de la possibilité d’identifier cette pièce aux 64 mesures, 8 x 8, du Prélude et fugue en fis BWV 859, réparti en 24 et 40 mesures, soit le 3+5 (fois 8) idéal correspondant à la décomposition fibonaccienne de 8 mentionnée dans le roman.

Je ne crois pas alors avoir vu FREDEZ = 64, pouvant se découper en FR + EDEZ = 24 + 40.

FR est une désignation classique du Fou du Roi, or j’envisageais dans mon roman de piéger le quadruple assassin par le mat du Fou et du Cavalier de Roussel, avec dans le rôle du fou Noël Médec, le dénigreur du CODE MALIN de Lapnus dont je m’étais plu à forger le nom selon la même équation KLMNO + CDE, mais avec K remplacé par EE au lieu de AI.

Je n’ai appris que plus tard que ferz était bien le nom de la pièce des échecs, mais ne signifiait pas du tout « reine », car dans le jeu originel il s’agit du ministre du roi, le vizir, dont ferz est une autre forme, assez reconnaissable. C’était amusant, car j’avais écrit en 2001 la nouvelle Le Sultan Rouge, primée au concours des Nouveaux Arsène Lupin, où Arsène s’alliait au vizir Aldeemar pour renverser son sultan, Zorim Alezblaz dont la description était calquée sur le célèbre vizir Iznogoud. Ce nom forgé à partir de jeux de mots immédiats se trouve avoir la valeur numérique 166.

Lupin découvrait dans cette nouvelle le trésor des Alezblaz, grâce au déchiffrement d’un quatrain énigmatique, lequel offrait l’acrostiche intentionnel PALM, dans lequel je voyais PAL (Arsène était menacé d’UN PAL SEREIN), AL (ses initiales), et LM (les initiales renversées de Leblanc, l’une des énigmes de « 813 »). Je n’avais aucune raison alors de faire le lien avec les capitales LAMP d’abord envisagées pour délimiter 2-1-3-8 lettres dans le dernier vers de l’ode, « La fAiM des Printemps », où les 14 lettres minuscules auraient alors eu la valeur 158, soit la valeur de JOHANN SEBASTIAN BACH que lui prêtent le plus souvent les numérologues.

 

* * * * *

 

Une toute autre piste maintenant, découverte grâce à un concours de circonstances des plus ténu.

La première fut la lecture en 2002 d’un roman « sur un thème policier » de Marcel Bardy, La vie s’arrête là… (1954). Lecture plutôt insipide, mais je m’y suis arrêté sur un détail témoignant d’une étonnante naïveté de l’auteur. Son inspecteur Rouard a réussi à noter un numéro de téléphone composé par un suspect, Jojo le marin : 472 36 95. Nous sommes à l’époque des centraux téléphoniques identifiés par des mnémoniques en 3 lettres, et l’inspecteur est confronté à l’inextricable épreuve de déterminer quel indicatif pourrait correspondre aux chiffres 472, sachant que 3 lettres GHI correspondent au chiffre 4 par exemple. Après quelques pénibles efforts, il découvre « à demi-suffoqué » (sic) qu’un seul indicatif correspond, GRA pour Gravelle.

J’ai gardé ce cas en mémoire, car 472 est un nombre cher aux rousselâtres, le « chiffre de la queue » des Impressions d’Afrique, que Jean Ferry par exemple a tenté d’utiliser comme clé de décryptement…

Il y a quelques semaines, j’ai épluché un vieux répertoire de mes parents, où je suis tombé sur des relations de Meudon qui avaient eu jadis un numéro en GRA, mais le GRA était barré et remplacé par 883, les 4 chiffres suivants restant inchangés. J’en ai conclu qu’une première réforme avait éliminé les vieux centraux, libérant de nombreuses possibilités inexploitées par les mnémoniques, et j’ai bientôt vu un rapport avec l’ode Toi l’été de valeur 883, laquelle devrait selon la logique saussurienne qui a présidé à son élaboration se présenter en 4 vers et 72 lettres :

Toi l’été tu es et seras

Rusée était ta loi, t’es

Seul afin d’emprunter

La faim des printemps

C’est une petite curiosité que dans cette forme théorique idéale les vers auraient eu chacun 18 lettres, alors que leurs nombres de phonèmes, le critère de composition retenu, sont différents.

 En oubliant un temps l’ode, 472 apparaît sous cette forme directe dans l’historique de l’écriture des Pans du bizarre, où, au départ, mon triangle de tête des latinistes assassinés se composait de :

    DANIEL BURNACHS = 131   (45 + 86)

   JACQUES COURTET = 178   (76 + 102)

ROLAND BOULENGER = 163   (64 + 99)

                                             –––

                                             472     

Ces noms avaient été choisis pour des raisons strictement littéraires, mais ma curiosité m’avait naturellement poussé à en calculer les valeurs, dont la somme m’avait paru de bon augure rousselien, puisque le suivant sur la liste était Tomieslav Lapnus =199 = Raymond Roussel, toujours par hasard.

Il ne subsiste cependant de Jacques Courtet que deux premiers chapitres imprimés à titre d’essai. Je n’ai pas tardé à m’apercevoir que Courtet se confondait avec Cortier, un nom incontournable, aussi Courtet est-il devenu Courtas. Daniel Burnachs est resté tel quel dans la première version imprimée, mais est devenu Adalin dans la version définitive, pour parachever une coïncidence gématrique due au changement précédent. 

Par ailleurs j’avoue ma tendance à réduire la collection Pierre de Gondol à ses 4 premiers titres, celui de Pouy bien sûr, puis le mien et ceux de mes amis Kerbellec et Brasseur. J’observais en 2001 parmi mes commentaires du 54e jour de Brasseur que cette triade correspondait à celle des latinistes :

                   REMI SCHULZ = 134   (45 + 89)

PHILIPPE G KERBELLEC = 171   (91 + 7 + 71)

       ROLAND BRASSEUR = 167   (64 + 103)

                                                 –––

                                                 472   

Je précise que j’ignorais en écrivant mon roman que Kerbellec et Brasseur seraient tentés par l’aventure. Ce n’est qu’après avoir lu mon manuscrit qu’ils se sont décidés, et quelques circonstances annexes, le retard du lancement de la collection, le désistement ou le retard d’autres auteurs pressentis par Pouy, ont fait que les Gondol 3 et 4 ont été Kerbellec et Brasseur, après Pouy et Schulz sortis en novembre 2000.

Je précise encore que ma fixation sur les 4 premiers Gondol est d’abord affective, et ne présume en rien de la qualité effective de ces romans par rapport aux suivants, tous commentés sur mes pages Gondol.

Je connaissais donc Pouy, Kerbellec et Brasseur, qui ont tout naturellement été parmi les premiers lecteurs du manuscrit, et dont les conseils m’ont été précieux pour l’établissement de la version définitive. Ils en ont été remerciés dans la dédicace figurant en page 7 du livre :

A Marie, Margaux, Phiphi, Poupou, Landor,

trois cent soixante et cinq mercis

C’est encore une phrase soigneusement calculée. « trois cent soixante et cinq mercis » vaut 365 en 29 lettres ; j’aurais préféré 30, mais ce premier résultat m’a paru suffisamment élégant pour ne pas chercher plus loin. Pour les dédicataires, le fait que 365 soit le produit des facteurs premiers 5 et 73 m’a décidé à en choisir 5, dont la somme des valeurs devrait être 365, le « à » accessoire permettant de parvenir au 366 de l’année bissextile. Les 5 dédicataires me sont venus spontanément, les formes de leurs prénoms étant exactes dans trois cas (Marie, Margaux, Roland) ; j’appelle couramment Philippe Kerbellec Phiphi, et sur ces bases il me fallait pour Pouy un nom de valeur 104 : « Poupou » convenait, et j’ignorais alors que c’était un surnom courant de JiBé ; autre circonstance favorable, mes 5 noms totalisaient 30 lettres.

JiBé aimant comme moi le vélo, le duo final « Poupou, Roland » est devenu « Poupou, Landor », en hommage à Poulidor, un autre Poupou.

 Je pensais aussi à « l’an d’or », l’année de César, et je devais découvrir bien plus tard à quel point cette suture Poupou-Landor pouvait être significative, car

– POUPOU = 104

– LANDOR = 64, section d’or de 104

– « Phiphi » est d’abord significatif à la lettre, car Phi ou la majuscule grecque Φ symbolise le nombre d’or 1.618, tandis que phi ou la minuscule φ symbolise la section d’or 0.618.

– PHIPHI = 66, et les noms Poupou et Roland sont chacun en 6 lettres, ce qui signifie donc qu’une lettre de Poupou est en moyenne en rapport d’or avec une lettre de Roland, ou du moins en rapport fibonaccien 13/8.  

– NOMBRE D OR = 67 + 4 + 33 = 104 

C’est une première curiosité de rencontrer cette égalité « poupou » = « nombre d’or » dans ce contexte, mais il est ahurissant que ce « nombre d’or » se trouve au centre d’une combinaison complète dorée, avec « nombre d’or » x « phi » = 64 (Landor), et « nombre d’or » x « Phi » = 168, valeur d’une expression codée dans l’autre phrase présente dans cette page 7, avant la dédicace :

J’en suis venu à soupçonner que le monde est non seulement plus bizarre que je ne le pense, mais plus bizarre, surtout, que quiconque ne peut le penser. 

F.I.J. Madlane

C’est une vraie citation, de JBS Haldane, légèrement modifiée de manière à contenir dans l’ordre les lettres qui m’étaient nécessaires, à savoir « vocalisations I », le titre du sonnet dont les vers sont codés dans les 14 chapitres du livre, avec des lettres d’un corps légèrement supérieur aux autres. Le titre  du sonnet tel qu’il se présente dans La disparition est en fait Vocalisations, mais Perec en a donné ultérieurement une version différente, aussi ai-je choisi cette forme qui a également une motivation numérique en résonance avec l’harmonie gématrique de la première forme du sonnet : les 14 lettres VOCALISATIONS I ont pour valeur 168 = 14 x 12, soit le nombre de pieds d’un sonnet en alexandrins, surtout lorsqu’il s’agit d’un sonnet en rimes uniquement masculines, comme Vocalisations récriture sans E de Voyelles de Rimbaud.

Note ultérieure (29/09/07) : je suis tombé récemment sur un site donnant les 30 premières décimales du nombre d’or (ou de la section d’or), soit

1 (ou 0), 618 033 988 749 894 848 204 586 834 365

ce qui m’a permis de voir que les décimales 28-29-30 étaient 365, bel écho à la dédicace du roman à Margaux, Marie, Phiphi, Poupou, Landor en 30 lettres de valeur 365, les décimales significatives correspondant ici aux lettres non moins significatives DOR, Landor (l’an d’or) ayant été choisi au lieu de Roland pour les raisons indiquées plus haut.

Attendu que mes divers jeux numérologiques mettaient plutôt en jeu 60 lettres de valeur 730 (2 x 365), j’ai regardé quelles étaient les 30 prochaines décimales de Phi (ou phi), soit

638 117 720 309 179 805 762 862 135 448

Les 3 dernières décimales de cette seconde série de 30 me sont encore significatives, car la raison essentielle qui m’a fait coder Vocalisations I dans mon roman est sa relation particulière aux multiples de 56. Le bissexte julien est en effet le 56e jour de l’année, et la valeur latine de bisextus est 112, 2 fois 56. Le sonnet de Perec est formé de 112 mots de valeur moyenne exacte 56, et ses vers ont pour moyenne exacte 448.

Cette curiosité sur les 60 premières décimales de phi offre un écho avec la suite de Fibonacci, dont les derniers chiffres se répètent avec une périodicité de 60 termes.

 

Ainsi Poupou = 104 apparaît-il entre Vocalisations I = 168 et Landor = 64, harmonisé par Phi-phi.

Ce sont les termes d’une suite 168-104-64 qui se poursuivrait par 40 et 24, les nombres de mesures des Fugue et prélude en fis BWV 859, correspondant aux nombres de Fibonacci 3-5-8-13-21 multipliés par 8.

Comme je l’ai dit sur la page précédente, j’ai dissimulé dans les vers 8 et 13 de ce sonnet des anomalies, pour faire allusion à l’association 813, sans aucun souci de nombre d’or ni des 813 notes de la fugue BWV 859. J’ai donc codé au chapitre 8 loocal au lieu de alcool, et au chapitre 13 radin au lieu de nadir. Ces mots ont pour valeurs 58 et 46, de somme 104 ou 8 x 13. Par ailleurs les rangs de ces mots dans le poème sont les 66e et 102e, de somme 168.

Cette accumulation de 104-168 m’a amené à regarder ce qui se passait au 104e pied des 168 de Vocalisations, ce que l’auteur de l’article d’Europe sur Mallarmé et le nombre d’or envisageait pour d’autres sonnets, sans résultat significatif. Le 104e pied tombe ici sur le vins de divins dans le vers

U scintillations, ronds divins du flot marin

qui occupe la même position dans le sonnet original de Rimbaud

U cycles, vibrements divins des mers virides

Je suppose que l’illustre universitaire en question n’aurait pas manqué de déceler dans ce divins une allusion à la divine proportion, phi ; j’observe pour ma part qu’il apparaît une corrélation bien plus troublante dans l’autre sonnet célèbre de Rimbaud, Le dormeur du val, où le 104e pied tombe sur une césure inhabituelle, de plus sur une syllabe qu’on peut entendre « d’or » :

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme

 

Je me suis émerveillé de trouver dans mon ode une « loi rusée », synonyme de « code malin », anagramme d’ALCIMEDON. LOI RUSEE = 36 + 68 est encore une expression de valeur 104 = 8 x 13, de plus en 3 + 5 lettres, nombres de Fibonacci.

 

Dans mon roman Pouy était le responsable de l’assassinat des trois latinistes, d’abord de valeur 472 lors de la conception de l’intrigue, comme les trois loustics auxquels Pouy confierait les Gondol 2, 3 et 4. Je ne me hasarde pas à l’interprétation de cette égalité.

Parmi les coïncidences bienvenues lors de l’élaboration de l’intrigue, il y avait le fait que

JEAN BERNARD POUY = 30+62+77 = 169, soit le carré de 13 qui additionné au carré de 14 donne le nombre 365 de l’année, la relation découverte chez Virgile prétexte au roman. Une curiosité découverte après coup fait que la Dernière minute finale additionnelle s’achève sur « l’infâme individu de valeur 169. »

C’est une autre bizarrerie que la nécessité de parvenir au total 365 m’ait contraint à donner à Pouy un nom de valeur 104, section dorée de 169. N’y a-t-il pas là une contradiction avec ce qui précède, 104 section dorée de 168 ? Non, ce dernier rapport est meilleur (13/21), mais 104 est néanmoins la section optimale de 169, avec le même rapport 8/13 que 64/104.

 

A peu près au moment où je découvrais ces coïncidences gématriques autour du nom de Pouy, une autre piste m’amenait à l’implication de Pouy, à son corps défendant, dans une curiosité objective autour du nombre d’or.

Poupou Pou-y est d’abord connu du grand public pour son Pou-lpe, or les Poulpes sont parus dans la collection de poche Baleine, laquelle publiait aussi d’autres polars que les Poulpes, disons des non-Poulpes.

Or il se trouve que du début à la fin de la collection Baleine, sur près de 250 titres, la proportion de Poulpes par rapport aux non-Poulpes flirte avec le nombre d’or, avec des rencontres exactes si nombreuses et parfois si remarquables que j’y consacre cette page spéciale.

Je n’imaginais guère d’intention dans cette harmonie, et effectivement Pouy et le directeur de Baleine ont été surpris de sa révélation.

 

Le directeur de Baleine était Antoine de Kerversau, également membre de 813, sous le numéro 728. J’ai déjà dit la signification bachienne que j’attribuais au fait que Pouy soit le membre 2 de 813, et voici que les deux personnes qui m’ont permis de publier Sous les pans du bizarre, l’éditeur Kerversau et Pouy, sont les numéros 728 et 2, de somme 730, le nombre caché dans l’ode Toi l’été. Mieux, je tire ces renseignements du numéro 70 de la revue trimestrielle 813 (mars 2000), qui publiait à l’époque une fois par an la liste des adhérents de l’association. J’ai d’autres numéros qui donnent cette liste, avec de menues variantes, mais c’est ce numéro 70 que je garde à portée de la main, y ayant noté diverses choses.

Je rappelle que dans la première version de l’ode, ses 5 majuscules avaient pour valeur 70, et ses 67 minuscules 813.

Autre curiosité, l’association 813 a été créée en 1980, 70 ans après la publication du roman « 813 » (aussi bien en feuilleton qu’en volume). 1980 est un autre nombre clé dans mes exégèses bachiennes.

730, c’est deux ans de 365 jours. Or l’AN est présent aussi bien dans ANtoine que dans jeAN-bernard, et ceci offre encore un écho à une autre coïncidence involontaire de mon roman. Le point capital reliant Pouy aux coïncidences virgiliennes était son Suzanne et les ringards, construit autour d’un poème de Marilyne Desbiolles de 366 mots, où les 3 occurrences du mot Suzanne occupaient des positions privilégiées. Mon personnage Shoshana Darring est une conséquence immédiate de cet équilibre, Shoshana étant Suzanne en hébreu, et Darring l’anagramme de « ringard ». Ce n’est qu’en écrivant cette étude que j’ai entièrement pris conscience que si AN est en suzANne, SHANA, l’an en hébreu, est en shoSHANA.

 

Page 33 de ce numéro 70 de 813 où est donné le numéro 2 de Pouy, un dessin de Jacques Hincker, légendé « tueur exécutant un morceau de musique » montre un gangster défouraillant sur un pupitre portant la Suite Française BWV 813 de Bach.

Cette Suite est pour moi un exemple particulièrement frappant de l’absurde qui guette le chercheur. Lorsque j’ai étudié les possibilités dorées chez Bach, un domaine privilégié m’a paru être les danses, pièces généralement formées de deux parties parfaitement délimitées, ne prêtant à aucune confusion. J’ai épluché ce qui m’était accessible, et une seule danse s’est avérée offrir une division satisfaisante, la Gigue concluant cette Suite, avec deux parties de 32 et 52 mesures, soit 4 fois 8 et 13, nombres de Fibonacci. Dans un livre de 400 pages serrées entièrement consacré au nombre d’or chez Bach, l’auteur ignore ce cas et n’en a pas de meilleur à proposer, à moins qu’il ait délibérément omis celui-ci tant il apparaît déconcertant qu’un exemple 8-13 apparaisse dans le BWV 813.

Ce cas prend une autre dimension dans le cadre de l’association 813 et de cette page de la revue 813 où figure le numéro 2 de Pouy, car cette suite 813 est la 2e Suite Française, et son « exécution » demande les reprises de chaque partie ; on doit jouer en fait 2 fois les 32 mesures, puis 2 fois les 52, soit 64 et 104, cette dernière valeur correspondant notamment à POUPOU et NOMBRE D’OR.

La dernière page foliotée de ce numéro 70 est la page 70. Juste au-dessus du pied de page énonçant 70 813, … figure un compte-rendu de la parution aux éditions L’œil d’or d’un recueil consacré à James Ellroy.

 

Mon roman a été traduit en espagnol, mais sans que le traducteur ait pris contact avec moi, aussi les jeux volontaires ou non de certains textes avaient peu de chances d’y trouver des équivalences. J’ai néanmoins eu la curiosité d’étudier ce que devenait l’ode dans Extranas apariencas :

Tu, el verano Eres y seras

astuta Era tu ley y estas

SOLO

Para toMar prestada

el hambre de laS prImaveraS

Le traducteur, Marc Reig, a tout de même eu le souci de conserver les majuscules intempestives, jusqu’à leur nombre, 12. L’ode compte en espagnol 84 lettres, un autre multiple de 12, je doute qu’il soit intentionnel, de même que sa gématrie, qui dans notre alphabet de 26 lettres serait 1020.

1020 m’évoque le titre de mon roman, Sous les pans du bizarre, en 20 lettres, ce que je n’ai pas expressément choisi, mais il est entré dans ma décision ultime que cette expression de 20 lettres figurerait à côté de mon nom de 10 lettres, ce qui pouvait honorer l’anniversaire de Dannay, l’auteur de The golden Summer, né un 20/10 ou 10/20 à l’anglaise.

Il ne m’était pas indifférent non plus que la valeur de ces 30 lettres soit 398, soit 2 fois 199, valeur de Raymond Roussel, ou directement la gématrie de l’hébreu hamachim, « cinquante ».

Il apparaît une erreur sur la couverture du roman de Brasseur, le 4e Gondol, également présente dans les premiers catalogues de la série : Le cinquante quatrième jour est écrit sans le tiret obligatoire dans l’adjectif ordinal, ainsi CINQUANTE devient un mot isolé, de valeur 104, en rapport d’or avec le prénom de l’auteur comme avec le 4e mot du titre, ROLAND = JOUR = 64.

Ceci ne peut que souligner une autre curiosité, 64 est aussi la section d’or optimale de 103, valeur de BRASSEUR.

 

 

Comme déjà dit, l’ode Toi l’été a d’abord été le vers « Toi l’été tu es et seras », resté sans suite satisfaisante jusqu’à l’idée de la contrainte « saussurienne » d’où a jailli le poème presque spontanément, en deux groupes de mots séparés par le « Seul » équilibrant les manques.

Sans ce « Seul », les apports ont des valeurs numériques dans le rapport 8/13 :

Rusée était ta loi, t’es = 224 = 8 x 28

Afin d’emprunter La fin des printemps = 364 = 13 x 28

J’ajoute que ce 364 = 13 x 28 est considéré par certains comme un nombre bachien.

 

Indépendamment, Pouy et moi, ainsi probablement que d’autres curieux, avons découvert une curiosité gématrique liée au nombre 813 :

HUIT CENT TREIZE = 58 + 42 + 83 = 183  (soit une permutation de 813)

Ceci est curieux rapport au roman « 813 », où toute permutation du nombre fatidique serait en fait aussi efficace que 813, mais je n’avais pas encore pensé  que 183 suivait les nombres 43-70-113 de BWV 883.

Je savais vaguement que 183 cm était la taille idéale de l’homme selon le Modulor du Corbusier, mais tant d’autres relations sont venues après ce premier pas que j’y consacre une page indépendante.